Affaires et économie

L’extraordinaire machine québécoise à créer des emplois

L’économie du Québec avance à pas de tortue, mais elle créé des emplois à un rythme étonnant.

Le Québec compte 129 900 emplois de plus depuis 12 mois, ce qui correspond à 45 % de l’augmentation canadienne. Plus intéressant encore, le secteur privé, avec 134 500 emplois de plus, compensait les pertes enregistrées dans le secteur public. Il y a dans cette seule phrase trois bonnes nouvelles : beaucoup d’emplois sont créés, le secteur public est en régime minceur et le secteur privé semble capable de prendre la relève.

Le rythme de création d’emplois a diminué le mois dernier, mais le Québec a tout de même réussi à ajouter 5500 emplois, alors que l’Ontario (-31 200) et la Colombie-Britannique (- 15 900) subissaient des pertes.

Comment expliquer une telle performance compte tenu de l’anémie de l’économie ?

Joëlle Noreau, économiste principale au Mouvement Desjardins, met les choses en perspectives. Le Québec était en mode rattrapage en 2012 après une année misérable en 2011. Le Québec subissait une saignée de 69 500 emplois au quatrième trimestre de 2011, dont 52 000 emplois de moins dans le secteur privé. L’ensemble du Canada ajoutait près de 200 000 emplois en 2011, dont 91 000 emplois en Ontario, alors que le Québec en perdait 51 000.

Il n’empêche que ces 130 000 emplois de plus depuis 12 mois sont impressionnants. Il y a néanmoins un revers à cette médaille. Si les employeurs embauchent sans augmenter leur production, c’est que la productivité régresse et que les entreprises québécoises sont moins compétitives face aux concurrents étrangers, ici et sur d’autres marchés. Cela est préoccupant.

Par contre, il y a sur le marché des milliers d’emplois à combler. Plusieurs entreprises sont à la recherche de personnel qualifié. Cela peut expliquer en partie pourquoi l’emploi est à la hausse alors que la croissance économique est chétive.

Autre facteur à surveiller. Le marché de la construction résidentielle était encore très robuste en 2012 au Québec. Les données de janvier laissent voir un certain tassement qui pourrait avoir un impact sur le marché de l’emploi.

À suivre.

Voici un tableau provenant des Études économiques de Desjardins :