Affaires et économie

Nos champions à l’international : Future Electronics

Installé à Pointe-Claire, Future Electronics est l’un des cinq principaux distributeurs de composantes électroniques au monde. Et l’homme à sa tête, Robert Miller, est l’un des patrons les plus énigmatiques qui soient, dit Pierre Duhamel.

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Photo : Future Electronics

Si l’on se fie au magazine américain Forbes, il y aurait Lino Saputo, les Desmarais et lui, tout de suite après, dans la liste des hommes les plus riches du Québec. Sa fortune de 2,4 milliards de dollars le place au 780e rang du classement annuel compilé par la publication d’affaires.
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Pourtant, peu le connaissent. À peu près personne ne l’a interviewé, et il existe même très peu de photos de Robert Miller, le plus secret et le plus énigmatique des grands patrons québécois.

Future Electronics, l’entreprise qu’il a créée en 1968 alors qu’il avait 22 ans, est l’un des cinq principaux distributeurs de composantes électroniques au monde, avec des ventes de cinq milliards de dollars. Elle compte 5 500 employés, répartis dans 169 établissements qui ont pignon sur rue dans 42 pays. Le siège social de cette belle machine se trouve sur boulevard Hymus, à Pointe-Claire, mais il y a deux autres quartiers généraux : l’un à Londres et l’autre à Singapour.

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Future Electronics se targue d’être le seul distributeur mondial capable de desservir des clients de toutes tailles.

Un fabricant a besoin d’un processeur quatre cœurs pour multimédia ? Future Electronics peut lui en vendre un pour 136,48 dollars, en provenance de l’un de ses quelques 280 fournisseurs.

L’entreprise est aussi un fournisseur de technologies d’éclairage, et j’ai appris sur son site qu’elle avait contribué à éclairer dernièrement plusieurs artères de Guangdong, en Chine — ou encore la plage de Niendorf, en Allemagne, sur le bord de la mer Baltique.

Future Electronics emploie des centaines d’ingénieurs et de concepteurs qui œuvrent sur les projets des clients. Mais c’est un autre facteur qui la distingue de ses principaux concurrents.

L’entreprise montréalaise s’est implantée de façon organique, sans jamais faire d’acquisitions. De ce fait, elle n’aurait aucune dette, ce qui lui permet d’offrir des conditions de financement très avantageuses, notamment en achetant et en conservant pendant quelques mois le matériel requis avant de le facturer au client.

Le magazine Forbes, auquel je faisais référence en début d’article, a réussi l’impossible il y a quelques mois : décrocher une entrevue avec Robert Miller. On apprend de lui qu’il est un ergomane de classe mondiale ! Il lui est arrivé de travailler 765 jours de suite, sans prendre une seule journée de congé. Il participe aux entretiens d’embauche non seulement des cadres supérieurs, mais aussi des futurs cadres intermédiaires.

Ses employés seraient aussi traités aux petits oignons. Ils ont sur place, à leur disposition, un centre d’entraînement ouvert 7 jours par semaine et 24 heures par jour, puis une clinique médicale, sur place également. Elle serait fréquentée par 50 personnes à chaque jour. Quant aux travailleurs qui viennent au bureau à vélo, ils ont droit à un repas gratuit le vendredi midi.

Robert Miller dit aussi qu’il a donné la moitié des profits engrangés depuis 25 ans à différentes œuvres de charité, notamment aux victimes du tremblement de terre en Haïti, du tsunami au Japon et du typhon aux Philippines.

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À propos de Pierre Duhamel

Journaliste depuis plus de 30 ans, Pierre Duhamel observe de près et commente l’actualité économique depuis 1986. Il a été rédacteur en chef et/ou éditeur de plusieurs publications, dont des magazines (Commerce, Affaires Plus, Montréal Centre-Ville) et des journaux spécialisés (Finance & Investissement, Investment Executive). Conférencier recherché, Pierre Duhamel a aussi commenté l’actualité économique sur les ondes du canal Argent, de LCN et de TVA. On peut le trouver sur Facebook et Twitter : @duhamelp.