Affaires et économie

De l’argent frais pour les cerveaux montréalais

Montréal entend se tailler une place sur l’échiquier mondial de l’intelligence artificielle.

(Photo: Getty Images)
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À Montréal, chercheurs, entreprises et autorités publiques mettent les bouchées doubles pour que la ville se taille une place de choix sur l’échiquier mondial de l’intelligence artificielle. Depuis sa création, en avril 2016, l’Institut de valorisation des données (IVADO), une initiative liée entre autres à l’Université de Montréal, a récolté plus de 200 millions de dollars d’entreprises privées et du gouvernement fédéral. Il réunit de nombreux chercheurs, comme le professeur Yoshua Bengio, un pionnier dans le domaine, à la tête de l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal, le plus grand centre de recherche public au monde en intelligence artificielle. Le chercheur voyait depuis plusieurs années ses étudiants quitter le Québec pour se joindre à des labos américains ou européens de géants, comme Google ou Facebook. Avec cet argent frais, il a pu recruter en janvier pas moins de 22 chercheurs postdoctoraux venant de 13 pays.

IVADO veut contrer l’exode des cerveaux en incitant les entreprises québécoises à miser sur l’intelligence artificielle. On espère aussi que des sociétés étrangères créeront des filiales à Montréal. En décembre dernier, Microsoft Ventures, un nouveau fonds de capital de risque, a choisi d’investir ses premiers dollars dans Element AI, un incubateur d’entreprises fondé à Montréal en octobre par Bengio et des entrepreneurs privés. En plus de mettre 4,5 millions de dollars dans IVADO, Google a pour sa part créé à l’automne 2016 une division Intelligence artificielle dans ses bureaux montréalais.