Affaires et économie

Les voitures électriques à un point tournant

En 2017, l’auto électrique est finalement rentable. Mais son autonomie est souvent limitée. Malgré cette contrainte, le temps est-il venu d’acheter une voiture à batterie ?

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(Illustration: Alain Pilon pour L’actualité)

Jean-François Fortin, technicien en technologies de l’information de 38 ans de Lévis, aimerait bien pouvoir dire qu’il a acheté sa Nissan Leaf 2015 par conscience environnementale. Mais ce sont les économies qu’il fera au cours des prochaines années, sur le carburant notamment, qui l’ont motivé. « Et maintenant que j’ai fait le saut, je ne retournerai pas en arrière ! »

Ce papa de deux enfants fait partie des 13 454 Québécois qui, au 31 décembre 2016, possédaient une voiture hybride rechargeable ou 100 % électrique, soit 61 % de plus qu’en 2015. Les économies qu’ils réalisent sur le carburant sont certes attrayantes, mais le prix de vente de ces véhicules demeure élevé, malgré les rabais à l’achat accordés par l’État québécois. Et la grande majorité des modèles ne permettent toujours pas de parcourir de grandes distances sans avoir à s’arrêter pour recharger la batterie. Tout bien considéré, est-ce le temps de prendre le virage électrique ?

« Nous approchons, mais nous ne sommes pas encore arrivés au point où la voiture électrique est un bon choix pour tous les propriétaires de véhicule », estime George Iny, président de l’Association pour la protection des automobilistes. Actuellement, chaque automobiliste doit faire ses calculs pour déterminer s’il fera ou non des économies avec une voiture électrique, en fonction du prix d’achat, du nombre d’années où il compte garder sa voiture, mais aussi de ses habitudes.

Qu’elle soit 100 % électrique ou hybride, la voiture « verte » est pour l’instant un bon achat pour l’automobiliste qui parcourt au moins 15 000 km par année, pour que le faible coût d’utilisation vaille la peine d’être considéré, mais moins de 100 km par jour (à cause de l’autonomie limitée des modèles actuels). L’acheteur idéal aura donc aussi un deuxième véhicule à sa disposition, à essence celui-là, pour les longs trajets. Il faut également disposer d’un endroit approprié pour brancher sa voiture à la maison. Pas question d’étaler un fil électrique sur la chaussée pour recharger sa voiture stationnée de l’autre côté de la rue !

Par exemple, un automobiliste qui roule 20 000 km par année et prévoit conserver sa voiture pendant six ans aura avantage à choisir une Nissan Leaf S 2016, un modèle 100 % électrique qui se vend 34 788 dollars, plutôt qu’une Honda Civic EX 2017, qui elle coûte 25 845 dollars. Une fois toutes les dépenses prises en compte, il aura économisé 4 400 dollars en six ans par rapport au propriétaire de la Honda. S’il choisit plutôt la Chevrolet Volt, un modèle hybride rechargeable qui se vend environ 40 340 dollars, ce même consommateur aura économisé 2 000 dollars après six ans par rapport au propriétaire de la Civic.

Ces chiffres, calculés par L’actualité avec l’aide de l’Association des véhicules électriques du Québec et de l’Association pour la protection des automobilistes, tiennent compte du prix d’achat, du coût en énergie, mais aussi des frais d’installation d’une borne de recharge à la maison et de la valeur de revente moindre des véhicules électriques.

Ces calculs tiennent compte également du rabais offert par Québec à l’achat d’une voiture électrique ou hybride neuve, qui atteint 8 000 dollars selon le modèle, et qui compense en partie le prix d’achat élevé. Depuis le 1er avril dernier, les acheteurs de modèles usagés reçoivent aussi une aide financière maximale de 4 000 dollars.

Toujours selon les calculs faits par L’actualité, avec l’essence à 1,20 $ le litre, il en coûterait quelque 11 500 dollars en carburant au propriétaire de la Civic pour parcourir 20 000 km par année pendant six ans. Dans les mêmes conditions, la Leaf coûterait seulement 2 200 dollars en électricité.

Si vous occupez un emploi qui demande des déplacements et que vos frais sont remboursés par votre employeur, par exemple 0,50 $ du kilomètre, la voiture électrique offrira un avantage certain, explique Robert Dupuy, porte-parole de l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ). Le calcul est simple : votre voiture électrique ne coûte en énergie et entretien que 0,02 $ du kilomètre. Plutôt que 0,40 $ pour une voiture compacte traditionnelle, c’est 0,48 $ que vous empochez à chaque kilomètre !

En plus des économies, les électromobilistes (un mot récemment créé pour désigner les propriétaires de véhicules électriques) disent apprécier le silence et l’absence de vibrations du véhicule. « Conduire, c’est maintenant relaxant », dit Caroline Lachance, 36 ans, propriétaire d’une Leaf 2015, qui habite à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Laurentides.

Outre l’absence d’effluves en provenance du tuyau d’échappement, l’entretien minimal est un autre avantage apprécié. Il n’y a pas de vidange d’huile à faire. Et les plaquettes de frein ont une durée de vie au moins deux fois plus longue, parce qu’elles sont peu sollicitées — les véhicules électriques comptent en effet un deuxième système de freinage, qui recharge la batterie. À Québec, les conducteurs de voitures électriques peuvent par ailleurs emprunter la voie réservée de l’autoroute Robert-Bourassa et ainsi éviter jusqu’à 30 minutes de congestion.

Une étude publiée en 2016 par le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG), situé à Montréal, montre que la voiture électrique en elle-même est un produit plus « vert » que la voiture à essence, si on tient compte de son cycle de vie — c’est-à-dire la production, la fabrication des batteries, la consommation d’énergie et la fin de vie, soit la façon dont on s’en défait lorsqu’elle est prête pour la casse.

Malgré tout, le nombre limité de bornes de recharge sur les routes — il y en avait 1 650 au 30 novembre 2016, selon l’AVEQ — et l’autonomie limitée de la plupart des modèles restent un frein aux longs déplacements. Caroline Lachance, dans les Laurentides, et Jean-François Fortin, à Lévis, disent tous deux rouler au maximum 110 km au plus froid de l’hiver avant de devoir recharger leur Leaf 2015. Pour se rendre à Gatineau, un trajet de 160 km, Caroline doit arrêter 30 minutes à Montebello pour brancher sa voiture à une borne publique de recharge rapide. Mais la cuvée 2017 d’autos électriques pourrait bien pallier cet inconvénient : déjà, la Chevrolet Bolt 2017 promet jusqu’à 383 km d’autonomie.

Est-ce donc finalement le temps d’acheter une auto électrique ? Oui… si vous êtes l’utilisateur idéal.

Voitures électriques et hybrides au Québec

13 454 : nombre au 31 décembre 2016

100 000 : objectif de Québec pour 2020

« C’est inatteignable. Il va falloir que le gouvernement se dépêche de garnir de bornes les grands axes routiers. » –Robert Dupuy, porte-parole de l’Association des véhicules électriques du Québec

Civic Berline Ex 2017
Chevrolet Volt LT 2017
Nissan Leaf S 2016
Prix
25 485
40 340
34 788
Prix après taxes, subvention et financement
31 583
41 369
34 487
Borne (après taxes, installation et subvention)
---
744
744
Énergie (20 000 km par an pendant 6 ans)
11 520
3397
2232
Entretien (freins, vidange d’huile)
2575
1058
230
Valeur de revente (estimée) après 6 ans
14 017
16 943
10 436
Coût total d'utilisation sur 6 ans
31 661
29 625
27 259
Différence avec la Civic
---
2037
4403

(Sources: Association des véhicules électriques du Québec et Association pour la protection des automobilistes)

Si un véhicule a été nommé voiture verte de l’année 2017 et voiture nord-américaine de l’année 2017, c’est parce qu’il se distingue sur le plan de la durabilité et de la commodité. La Chevrolet Bolt EV en est l’exemple parfait. Imaginez ne plus devoir faire le plein, grâce à une batterie durable d’avant-garde qui permet à votre véhicule de parcourir 383 km en mode entièrement électrique, sans produire de gaz d’échappement.

Avec la Bolt EV, place à l’efficacité grâce à deux fonctionnalités qui vous permettront d’optimiser vos déplacements : le système de freinage Regen on Demand et le système de conduite à une pédale. Le premier vous permet de ralentir sans utiliser les freins en tirant tout bonnement une palette sur le volant. L’énergie qui est normalement perdue lors du freinage est alors convertie en électricité utilisable, puis transférée vers la batterie.

Le système de conduite à une pédale fonctionne de façon similaire. Quand vous roulez à faible vitesse, il vous permet de ralentir et d’immobiliser votre véhicule en lâchant la pédale de l’accélérateur, tout simplement, ce qui contribue à réduire l’utilisation des freins et à accroître l’autonomie du véhicule. Ces fonctionnalités sont bénéfiques pour l’environnement… et votre portefeuille.