Affaires et économie

53% d’«analphabètes fonctionnels»? Voyons voir…

Une affirmation abusive, réductrice et qui manque sérieusement de mise en contexte, dit l’économiste Pierre Fortin.

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On entend fréquemment affirmer en mode catastrophe chez nous que « 53 % des Québécois de 16 à 65 ans sont des analphabètes fonctionnels. » Cette affirmation est abusive, réductrice et autocentrée. Elle est abusive, parce qu’en fait un grand nombre de personnes qualifiées d’analphabètes fonctionnelles fonctionnent très bien dans leur vie personnelle, économique et communautaire de tous les jours. Elle est réductrice, parce qu’elle traite sans distinction toutes les catégories d’âge : les jeunes de 16 à 24 ans qui sont encore aux études, les vieux adultes de 45 à 65 ans qui ont marqué le passé et les nouveaux adultes de 25 à 44 ans qui annoncent l’avenir. Elle est autocentrée, parce qu’elle ignore le contexte interprovincial et international.

L’affirmation concernant les 53 % est tirée des résultats pour le Québec de l’enquête du Programme pour l’évaluation internationale des compétences des adultes (PEICA) réalisée par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) auprès des populations de 16 à 65 ans de 33 pays en 2012 et en 2015.

Les deux principales compétences mesurées par l’enquête sont la littératie, c’est-à-dire l’aptitude à comprendre et à utiliser les textes écrits, et la numératie, c’est-à-dire l’aptitude à comprendre et à utiliser l’information mathématique. Pour chacune de ces deux compétences, les répondants sont classés dans l’un ou l’autre de six niveaux d’aptitude, de 0 à 5, en ordre de compétence croissante. Par souci de simplicité, il est d’usage d’analyser les résultats en constituant deux grandes catégories regroupant, d’une part, les niveaux 0, 1 et 2 et, d’autre part, les niveaux 3, 4 et 5. La compétence des répondants de la première catégorie peut tout naturellement être qualifiée de « faible ou insuffisante ». La compétence des répondants de la seconde catégorie peut, à l’inverse, être dite « bonne ou excellente ».

Affirmation abusive

Le consortium scientifique international mandaté par l’OCDE pour surveiller l’enquête du PEICA rejette fermement l’idée qu’il y aurait un seuil fonctionnel ou minimal absolu de littératie ou de numératie qui permettrait de considérer une personne au-dessus du seuil comme compétente (« alphabète ») et en-dessous comme non compétente (« analphabète ») pour faire face aux exi­gences de la société actuelle. Selon le consortium, il n’y a pas de coupure absolue entre l’analphabétisme et l’alphabétisme, mais un continuum de degrés de compétence. On ne trouve nulle mention dans les publications officielles de l’OCDE de l’appellation « analphabètes fonctionnels » qui a été utilisée au Québec récemment pour désigner l’ensemble des répondants dont la compétence est jugée faible ou insuffisante, c’est-à-dire de niveau 0, 1 ou 2.

Par exemple, l’OCDE classe au niveau 2 de compétence en littératie « les adultes [qui] sont en mesure d’intégrer au moins deux informations en fonction de critères, de les comparer, de les mettre en opposition ou d’engager une réflexion à leur sujet, et d’effectuer des inférences de faible niveau. Ils sont capables de parcourir des textes numériques pour localiser et repérer les informations dans différentes parties d’un document. » De même, l’organisme classe au niveau 2 de compétence en numératie « les adultes [qui] sont en mesure de reconnaître et d’agir sur des informations et des concepts mathématiques se trouvant dans différents contextes courants dont le contenu mathématique est assez explicite ou visuel, avec relativement peu de distracteurs. Les tâches peuvent demander de procéder en deux étapes ou plus, et par exemple d’effectuer des calculs avec des nombres entiers et des nombres décimaux, des pourcentages et des fractions, des mesures et des représentations spatiales simples, des estimations, et d’interpréter des données et des statistiques relativement simples dans des textes, des tableaux et des graphiques. »

Nous savons tous qu’un grand nombre de personnes qui satisfont tout au plus à ces critères de niveau 2 pour la littératie ou la numératie fonctionnent néanmoins très bien dans leur vie personnelle, sont économiquement productives et contribuent positivement à leur communauté. On n’a pas besoin d’aller plus loin pour comprendre qu’il est passablement exagéré d’appeler ces gens « analphabètes fonctionnels ».

Affirmation réductrice

La question du vocabulaire étant réglée, je veux surtout m’employer à juger la portée réelle des résultats québécois de l’enquête du PEICA 2012 de l’OCDE en les plaçant dans un juste contexte générationnel et international. Cela va permettre de démontrer que l’affirmation voulant que la compétence de 53 % des Québécois de 16 à 65 ans soit faible ou insuffisante est réductrice et autocentrée.

Mesurer les habiletés cognitives d’une population en mettant tout le monde dans le même sac sans égard à la génération et à la catégorie d’âge à laquelle chacun appartient est grossièrement réducteur. Cela empêche de porter un diagnostic juste et précis sur la situation et l’évolution véritables de la littératie et de la numératie et d’y apporter les correctifs appropriés si nécessaire. Pour évaluer ce que les résultats de l’enquête du PEICA signifient, il faut voir dans quelle mesure la maîtrise des compétences est différente selon qu’on est jeune ou vieux.

À cette fin, le tableau 1 décompose les résultats de l’enquête pour les répondants de 16 à 65 ans du Québec en trois grandes catégories d’âge : les 16 à 24 ans, les 25 à 44 ans et les 45 à 65 ans. Il rapporte séparément, pour chaque catégorie, les pourcentages des répondants québécois dont les compétences en lecture (littératie) et en mathématiques (numératie) ont été jugées « bonnes ou excellentes », c’est-à-dire classées aux niveaux les plus élevés (3, 4 ou 5) de compétence.

Tableau 1. Pourcentages des répondants de 16 à 24 ans, de 25 à 44 ans et de 45 à 65 ans du Québec dont les compétences en lecture (littératie) et en mathématiques (numératie) ont été jugées bonnes ou excellentes (niveaux 3, 4 ou 5 de compétence) dans l’enquête du PEICA 2012 de l’OCDE

Catégorie d'âge Littératie Numératie
Les 16 à 24 ans 51 % 50 %
Les 25 à 44 ans 58 % 54 %
Les 45 à 65 ans 36 % 33 %
Ensemble des 16 à 65 ans 47 % 44 %

Source : Institut de la statistique du Québec.

Le chiffre de 47 % pour la littératie dans la dernière ligne du tableau 1 correspond exactement à l’affirmation sous examen voulant que 53 % des Québécois de 16 à 65 ans fussent des « analphabètes fonctionnels ». Car en effet, si 47 % ont une compétence bonne ou excellente (de niveau 3, 4 ou 5), cela veut dire que les autres, soit 53 %, ont une compétence faible ou insuffisante (de niveau 0, 1 ou 2). De son côté, le chiffre de 44 % dans la dernière ligne signifie que 56 % des Québécois de 16 à 65 ans seraient, pour ainsi dire, des « analphabètes mathématiques ».

Les données du tableau 1 présentent le profil des compétences par âge en 2012. Il est très caractéristique : pour la littératie comme pour la numératie, le niveau de compétence augmente quelque peu lorsqu’on passe du groupe des jeunes de 16 à 24 ans à celui des nouveaux adultes de 25 à 44 ans, puis il chute de façon prononcée quand on transite au groupe des adultes d’âge mûr de 45 à 65 ans. Au départ, les compétences des jeunes de 16 à 24 ans progressent à mesure qu’ils avancent en âge parce qu’une forte proportion d’entre eux est encore aux études. Par exemple, en 2016, 68 % des jeunes de ce groupe au Québec et 61 % dans les autres provinces canadiennes étaient étudiants. De l’autre côté du spectre, lorsqu’on passe du groupe des 25 à 44 ans à celui des 45 à 65 ans, la dégringolade des compétences bonnes ou excellentes est magistrale. La chute est de 22 points de pourcentage en littératie (de 58 % à 36 %) et de 21 points en numératie (de 54 % à 33 %).

Pourquoi y a-t-il une différence si marquée  entre les niveaux moyens de compétence des 25 à 44 ans et ceux des 45 à 65 ans ? Deux facteurs se conjuguent. Le premier abaisse la performance des 45 à 65 ans : l’âge qu’ils ont. À partir du milieu de la quarantaine, plus on vieillit, plus les compétences en lecture et en mathématiques s’affaiblissent. Pas très vite, mais continuellement. Difficile de « réparer des ans l’irréparable outrage. » Le second facteur accroît la performance des 25 à 44 ans : la génération à laquelle ils appartiennent. Les niveaux de compétence des Québécois se sont améliorés avec le temps. Les taux de littératie et de numératie des 25 à 44 ans d’aujourd’hui sont supérieurs à ceux qu’affichaient les 45 à 65 ans d’aujourd’hui lorsqu’ils avaient eux-mêmes 25 à 44 ans il y a 20 ans. La performance des nouveaux adultes d’aujourd’hui est donc meilleure que celle des « vieux » adultes d’aujourd’hui pour deux raisons qui s’additionnent : à la fois parce que ces vieux adultes ont pris de l’âge et parce que les niveaux moyens de compétence des nouveaux adultes ont progressé de génération en génération.

Comment sait-on que les niveaux moyens de compétence des Québécois en lecture et en mathématiques se sont améliorées de génération en génération au cours des dernières décennies ? On le sait parce que le niveau moyen de scolarité atteint par les 25 à 44 ans a constamment augmenté et que la recherche contemporaine a démontré à répétition que les niveaux de compétence en lecture et en mathématiques sont fortement influencés par le nombre d’années d’études complétées.

Le graphique 1 résume l’évolution du niveau moyen de scolarité des 25 à 44 ans du Québec depuis 1990 en suivant deux sous-groupes de cette catégorie d’âge : ceux qui n’ont acquis aucun diplôme (les décrocheurs permanents) et ceux qui ont obtenu un diplôme au-delà du secondaire (professionnel, collégial, technique ou universitaire). On y constate, d’une part, que le taux de décrochage permanent a énormément baissé depuis 25 ans, étant passé de 27 % en 1990 à 8,5 % en 2016 ; et, d’autre part, que la détention d’un diplôme au-delà du secondaire a considérablement augmenté, étant partie de 43 % en 1990 pour atteindre 77 % en 2016.

La conclusion qui s’impose est que ce ne sont pas les niveaux de compétence de la population entière des 16 à 65 ans qui permettent de bien juger le point où le Québec est présentement rendu en matière de littératie et de numératie, mais bien plutôt ceux de la population des jeunes adultes de 25 à 44 ans. Les 16 à 24 ans sont en formation, ils ne sont pas encore arrivés à maturité et leurs niveaux de compétence à l’entrée dans la vie adulte sont encore inconnus. Les 45 à 65 ans, eux, relèvent du passé plutôt que du présent. Ils ont connu un déclin naturel dû à l’âge, tout en formant une génération qui a été moins nombreuse que les 25 à 44 ans d’aujourd’hui à avoir affiché des niveaux de compétence bons ou excellents au départ lorsqu’ils avaient eux-mêmes 25 à 44 ans il y a 20 ans. On sait enfin que les niveaux définitifs de littératie et de numératie de chaque génération sont atteints au milieu de la vingtaine et demeurent stables au moins jusqu’au début de la quarantaine, avant de fléchir par la suite. Cela établit sans conteste les niveaux de compétence du groupe des 25 à 44 ans comme les meilleurs indicateurs contemporains en la matière.

Affirmer que la compétence en littératie est bonne ou excellente pour seulement 47 % des Québécois de 16 à 65 ans et faible ou insuffisante pour 53 % d’entre eux informe mal sur la réalité présente. C’est grossièrement réducteur. La façon juste et précise d’évaluer la situation, selon les données du tableau 1, est de se concentrer sur les compétences du groupe phare des 25 à 44 ans, dont la compétence en littératie était bonne ou excellente pour 58 % d’entre eux et faible ou insuffisante pour 42 % selon l’enquête du PEICA 2012. Une remarque identique s’applique à l’évaluation de la numératie.

Affirmation autocentrée

On peut trouver réconfortant de pouvoir affirmer que « seulement » 42 % de nos jeunes adultes ont un niveau de littératie faible ou insuffisant plutôt que d’entendre répéter continuellement qu’une majorité de 53 % de notre population totale est « fonctionnellement analphabète ». A priori, cependant, 42 % est un chiffre qui peut encore faire peur.

Comment donc juger si c’est un gros ou un petit chiffre ? On ne peut le savoir en restant autocentré. Pour bien se connaître et se comprendre, il est essentiel de se comparer aux autres. Faisons-nous mieux ou pire qu’ailleurs ? À quel rang le Québec se classe-t-il en littératie et en numératie au niveau interprovincial canadien et au niveau international ? Faute de répondre adéquatement à cette question, toute affirmation centrée uniquement sur nos propres résultats va aller pourrir dans la poubelle des éphémérides médiatiques, parce qu’elle ne dira pas si nous devons nous en inquiéter ou non ni comment nous devons réagir en tant que parents ou en tant qu’artisans de notre système d’éducation.

Le tableau 2 compare les niveaux de littératie et de numératie des 25 à 44 ans du Québec à ceux des 24 pays avancés de plus de 3 millions d’habitants qui ont participé à l’enquête du PEICA en 2012 ou en 2015. Essentiellement, il établit que les pourcentages des jeunes adultes québécois qui sont jugés bons ou excellents en littératie et en numératie (respectivement 58 % et 54 %, tel que rapporté au tableau 1) sont voisins de ceux des autres provinces canadiennes (59 % et 52 %) et des médianes des 24 pays avancés (57 % et 54 %). Le Québec se trouve au milieu du peloton : il fait mieux que la moitié des pays et moins bien que l’autre moitié. Trois pays font le podium dans les deux champs de compétence : le Japon, la Finlande et les Pays-Bas. Les pays scandinaves (Suède, Norvège et Danemak) et la Flandre belge suivent de près. Fait notable, le Québec fait aussi bien que l’Allemagne et la Corée du Sud et mieux que les cinq autres très grands pays : l’Angleterre, la France, les États-Unis, l’Espagne et l’Italie. (L’ascension de la Corée du Sud et de Singapour depuis deux décennies est également remarquable, mais elle n’est pas mise en lumière par les données du tableau 2.)

Tableau 2. Pourcentages de la population de 25 à 44 ans dont les niveaux de littératie (compétence en lecture) et de numératie (compétence en mathématiques) ont été jugé « bons ou excellents » au Québec et dans les 24 pays avancés de plus de 3 millions d’habitants qui ont participé à l’enquête du PEICA de l’OCDE en 2012 ou en 2015

Pays ou région Littératie Numératie
Québec 58 % 54 %
Pays du « G9 »
Japon 82 % 71 %
Corée du Sud 60 % 51 %
Canada (excluant le Québec) 59 % 52 %
Royaume-Uni (Angleterre seulement) 55 % 47 %
Allemagne 54 % 56 %
France 51 % 46 %
États-Unis 49 % 39 %
Espagne 40 % 36 %
Italie 35 % 36 %
Pays nordiques
Finlande 76 % 71 %
Suède 67 % 64 %
Norvège 66 % 63 %
Danemark 61 % 64 %
Autres pays d'Europe
Pays-Bas 70 % 64 %
Belgique (Flandre seulement) 61 % 63 %
République tchèque 57 % 58 %
Slovaquie 57 % 58 %
Autriche 55 % 57 %
Irlande 51 % 42 %
Grèce 32 % 33 %
Australasie et autres pays d’Orient
Australie 62 % 51 %
Nouvelle-Zélande 61 % 53 %
Singapour 53 % 55 %
Israël 44 % 43 %
Ensemble des 24 pays
Médiane 57 % 54 %

Note : Les pays « avancés » sont ceux qui sont désignés comme tels par le Fonds monétaire international. Les pays du « G9 » comprennent ceux du G7, inscrits au tableau, plus l’Espagne et la Corée du Sud, dont les revenus intérieurs sont maintenant supérieurs à celui du Canada. La compétence d’un répondant est dite « bonne ou excellente » si elle est jugée de niveau 3, 4 ou 5 selon les critères de l’enquête du PEICA.

Sources : OCDE; ISQ; estimation PF.

La comparaison internationale qu’effectue le tableau 2 corrige l’affirmation autocentrée au sujet de la majorité d’« analphabètes fonctionnels » qui domineraient le Québec. Elle place les résultats québécois dans une perspective beaucoup plus équilibrée. D’une part, elle démontre que la panique qui s’est répandue récemment au Québec au sujet de nos taux de littératie et de numératie dans l’enquête du PEICA n’est absolument pas justifiée. Tout particulièrement, que le Québec fasse aussi bien ou mieux que tous les pays du G7 sauf le Japon n’est pas rien. Mais, d’autre part, la comparaison nous invite implicitement à redoubler d’efforts pour nous hisser au-dessus de la médiane et aller rejoindre les pays les plus performants, comme le Japon justement, la Finlande, les Pays-Bas, la Scandinavie, la Flandre, la Corée du Sud et Singapour.

Et l’avenir ?

Les compétences en littératie et en numératie des générations de jeunes adultes de 25 à 44 ans du Québec vont-elles continuer à s’améliorer dans l’avenir ? On pourrait le croire, au vu des résultats obtenus par les jeunes du Québec dans les enquêtes périodiques du Programme international de suivi des acquis (PISA), géré lui aussi par l’OCDE. Ces enquêtes mesurent à tous les trois ans les compétences en lecture, en mathématiques et en sciences des élèves de 15 ans inscrits dans les écoles secondaires, soit dix ans avant qu’ils atteignent l’âge de la maturité cognitive (25 ans). La dernière enquête, celle du PISA 2015, a couvert 72 pays (voir le rapport officiel pour le Canada).

Les résultats obtenus par les 15 ans du Québec en lecture et en mathématiques dans les cinq enquêtes du PISA réalisées en 2003, 2006, 2009, 2012 et 2015 sont stables et relevés. Leur validité statistique a été confirmée par le consortium scientifique international qui supervise les opérations, y compris pour 2015 alors que le taux de participation des écoles québécoises a malheureusement été faible (voir l’Annexe A du rapport officiel de 2015, et une analyse supplémentaire). En moyenne pour ces cinq enquêtes, parmi les 24 pays avancés retenus au tableau 2, les élèves québécois se sont maintenus au 5e rang en lecture (derrière les Sud-Coréens, les Finlandais, les Singapouriens et les autres Canadiens) et au 3e rang en mathématiques (derrière les Singapouriens et les Sud-Coréens).

La performance des élèves de 15 ans du Québec dans les enquêtes du PISA n’annonce aucune dégradation tendancielle des compétences des jeunes Québécois. Mais, pour rassurante qu’elle soit, cette bonne performance jusqu’ici ne peut encore rien dire de définitif sur l’évolution future des taux de littératie et de numératie de nos 25 à 44 ans. Tout va dépendre du cheminement des compétences de nos plus jeunes après l’âge de 15 ans. La progression va se poursuivre si, et seulement si, leur taux de décrochage permanent continue à diminuer et leur taux de diplomation au-delà du secondaire continue à augmenter, comme cela a été le cas jusqu’en 2016 selon l’illustration du graphique 1.

Redoubler d’efforts en éducation doit faire partie de la batterie des politiques publiques les plus importantes pour le présent et l’avenir, avec l’investissement en recherche fondamentale, la restauration et le développement de nos infrastructures, le redressement qualitatif de nos services de garde éducatifs à l’enfance et la prévention en santé.