Monde

Des bunkers pour se protéger de Kim Jong-un

Avec la crise nord-coréenne qui gagne en intensité, la demande d’abris nucléaires fait… boum.

(Photo : Bunker Atlas Survival Shelter)

« Ça explose ! » Ron Hubbard n’aime pas le double sens de ses propos, mais il ne voit pas comment décrire autrement la demande soudaine d’abris nucléaires que fabrique son entreprise, Atlas Survival Shelters.

Alors que l’entreprise californienne ne vend normalement qu’une dizaine de bunkers par année, l’entrepreneur s’attend à en écouler plus de 1 000 au cours des prochains mois. « Tout ça, c’est à cause de la Corée du Nord. »

L’entrée d’un bunker construit par Atlas Survival Shelters aux États-Unis.

La hausse de l’intérêt, constatée aussi par plusieurs autres fabricants d’abris, a d’abord pris naissance au Japon. L’Empire du Soleil-Levant, principal allié des États-Unis dans la région avec la Corée du Sud, est depuis longtemps à portée des missiles nord-coréens.

Mais la multiplication des tests balistiques au cours de l’hiver et du printemps derniers a ravivé la peur des habitants de l’archipel nippon. Les requêtes étaient d’ailleurs si nombreuses que Ron Hubbard a décidé d’y ouvrir un bureau des ventes.

En juillet, ce sont des Américains qui se sont mis à appeler, après le tir réussi d’un missile balistique intercontinental capable d’atteindre, en théorie, les États-Unis. La « frénésie » n’a cessé d’être alimentée depuis par la dangereuse joute verbale que se livrent Donald Trump et le régime nord-coréen. « Le téléphone n’arrête pas de sonner », dit Ron Hubbard.

Un abri d’Atlas Survival Shelters, en chemin vers l’endroit où il sera enterré.

Le modèle de base d’Atlas Survival Shelters commence à 10 000 dollars américains. Il est juste assez grand pour accueillir un lit superposé, une toilette, un baril d’eau et une réserve de nourriture. L’abri n’est pas conçu pour survivre à une explosion nucléaire, mais pour se protéger des radiations subséquentes pendant 28 jours. « Après cette période, 99 % de la radioactivité s’est dissipée », affirme M. Hubbard.

Les prix augmentent rapidement selon le degré de confort et de protection désirés. Le modèle « condo », autour de 100 000 dollars américains, héberge un groupe de six avec une salle de bains privée, une zone de décontamination, une cuisinette, du rangement et un casier pour ranger ses armes à feu. Pour 1,5 million de dollars américains, vous obtenez un complexe qui peut accueillir 117 personnes, avec un gymnase et des espaces récréatifs.

Le modèle « condo » d’Atlas Survival Shelters.

Seul problème : construire, transporter puis installer un bunker demande du temps, et les nouveaux clients d’Atlas Survival Shelters devront attendre plusieurs mois avant de pouvoir s’enfermer à double tour dans leur abri.

Avec un peu de chance, la crise se sera dissipée d’ici là.