Des prières qui polluent
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Des prières qui polluent

En 2016, la contamination a atteint des niveaux records dans la Yamuna, qui traverse New Delhi. 

En Inde, les dieux aussi polluent. En septembre, pour conclure les fêtes à la gloire des divinités Ganesh (Ganesh Chaturthi) et Durga (Durga Puja), des milliers d’idoles sont abandonnées dans les lacs et rivières, dans un rituel d’adieu. Souvent faites de plâtre et couvertes de peinture contenant des produits chimiques, comme le mercure et le plomb, elles contaminent la vie aquatique.

En 2015, le National Green Tribunal (NGT), chargé des questions d’environnement, a interdit l’utilisation de ces matériaux… sans grand résultat. L’année suivante, au terme du Ganesh Chaturthi, la contamination a atteint des niveaux records dans la Yamuna, qui traverse New Delhi. Selon le Comité de contrôle de la pollution de Delhi, le degré de pollution de l’eau était de 10 fois supérieur au niveau létal pour la vie aquatique.

« Rien dans la religion hindoue n’exige l’immersion des idoles dans une rivière », explique Antara Shome, qui organise la Durga Puja dans son quartier de Chittaranjan Park, à New Delhi. Il y a trois ans, son comité a creusé un bassin pour l’immersion de la déesse. D’autres s’organisent pour faire fabriquer des idoles à l’ancienne, avec des matériaux biodégradables, comme l’argile et le bambou.

Ces initiatives restent toutefois isolées. « Des règles ont été fixées, mais elles ne sont pas appliquées », s’indigne le militant écologiste Akash Vashishta. À la suite d’une requête qu’il a présentée fin septembre, le NGT a ordonné au gouvernement d’aménager des lieux d’immersion et de nettoyer les portions de rivière où les statues ont été jetées.