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Projet d’extraction/traitement de terres rares de 1,3 milliard $ pour Bécancour

Un projet de traitement de terres rares verra le jour à Bécancour. Le vaste complexe de 1,3 milliard $ sera construit à partir de 2016 pour une ouverture en 2017. La future usine hydrométallurgique de Minéraux rares Quest devrait employer plus de 300 personnes. De plus, au moins 500 personnes oeuvreront à temps plein à la phase de construction. Les usages des terres rares sont nombreux. Le minerai extrait se retrouve dans les téléphones cellulaires, les éoliennes, les moteurs électriques, les écrans plats et plusieurs autres composantes technologiques. La Chine produit 95 pour cent des terres rares pour le marché mondial. Près de 98 pour cent de cet approvisionnement est constitué de terres rares dites «légères». Le projet de Quest porte quant à lui sur des terres rares «lourdes», de plus grande valeur. Avec le projet de Bécancour, annoncé mardi, Quest deviendra la première société à posséder une usine de ce genre en Amérique du Nord. La minière allègue que cette usine offrira une nouvelle source d’approvisionnement qui viendra compenser certains aléas chinois liés à la tarification et à la disponibilité du minerai. L’entreprise canadienne a décidé d’aller de l’avant avec ce projet après avoir analysé les résultats de l’étude de préfaisabilité de la Zone-B de Lac Strange, située à environ 220 kilomètres au nord-est de Schefferville. Ce gisement avait été découvert en 2009. Le minerai en vrac tiré de la Zone-B de Lac Strange sera transporté par camions jusqu’à un port, qui sera construit par Quest, près de Voisey’s Bay au Labrador. Le minerai voyagera ensuite par bateau jusqu’au port de Bécancour avant d’être replacé dans des camions, jusqu’à l’usine où il sera séparé en quatre produits. L’usine de traitement comprendra notamment un bâtiment de stockage du soufre, une usine d’acide et une usine d’extraction par solvant. Le nouveau maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, souligne que l’arrivée du projet survient au moment où la ville est confrontée à des enjeux économiques de taille. Les menaces récentes d’Alcoa, qui a laissé planer la possibilité de fermer ses usines au Québec si les tarifs préférentiels d’électricité n’étaient pas révisés, ont miné le moral de la population. «Nous sommes devant plusieurs défis: celui de conserver les emplois de l’aluminerie ABI de Bécancour et celui du besoin de diversifier notre économie», a indiqué le maire Dubois, qui a néanmoins précisé que la dimension environnementale ne peut plus se dissocier du volet économique. Le ministre de l’Environnement, Yves-François Blanchet, a parlé d’un nécessaire encadrement «rigoureux» et «raisonnable», puisque ce type d’exploitation implique des substances qui nécessitent d’être traitées et manipulées avec soin en raison de la présence de radioactivité. M. Blanchet assure toutefois que les niveaux de radioactivité en cause sont «bénins». Peter Cashin, président et chef de la direction de Quest, reconnaît que l’acceptation sociale sera l’un des premiers facteurs de succès pour l’implantation de l’usine. Il a d’ailleurs confirmé qu’il soumettra son projet aux fins d’examen par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement du Québec (BAPE). Quest a aussi annoncé la mise sur pied du «Comité de suivi Quest-Bécancour», un organisme qui compte réunir les élus, divers représentants locaux dont l’Union des producteurs agricoles (UPA) et des membres des communautés autochtones. «C’était important pour nous d’être transparent et nous souhaitons recevoir les avis de la collectivité, afin de connaître et répondre à ses inquiétudes», a ajouté M. Cashin. Quest entend permettre aux membres du comité de visiter l’usine pilote, entièrement intégrée, en 2014. Une ligne téléphonique directe, un site Internet où consulter les mises à jour sur le projet et les dates de rencontres prévues font aussi partie des engagements de Quest. «Nous sommes conscients des préoccupations concernant l’impact du site d’élimination des résidus et des sous-produits issus du traitement des éléments des terres rares, comme l’uranium et le thorium», a reconnu M. Cashin. Le président de Quest a précisé avoir choisi la ville de Bécancour en sachant qu’il s’y trouvait une main-d’oeuvre hautement qualifiée avec de l’expérience cumulée dans les industries lourdes. La livraison des premiers produits de l’usine devrait s’amorcer en 2018.