Politique

À quel point le scandale Duffy nuit-il à Stephen Harper ?

La firme de sondage Angus Reid a tenté de mesurer l’effet Duffy-Wright sur les troupes conservatrices. Voici ce qu’elle a trouvé.

Le sénateur Mike Duffy et le premier ministre Stephen Harper, en mai 2010, à Ottawa. (photo: The Canadian Press / Jake Wright)
Le sénateur Mike Duffy et le premier ministre Stephen Harper, en mai 2010, à Ottawa (photo: La Presse Canadienne/Jake Wright)

Le procès du sénateur déchu Mike Duffy est entré dans une phase cruciale depuis deux semaines, avec les témoignages des proches collaborateurs de Stephen Harper. Les courriels versés en preuve et les versions contradictoires à la barre sont de nature à nuire au Parti conservateur, en pleine campagne électorale.

À quel point ?

Question difficile, puisqu’il reste encore l’équivalent de deux campagnes électorales habituelles avant le 19 octobre. Et le procès se déroule en été, moment où la population est moins attentive à l’actualité.Politique

La firme de sondage Angus Reid a tenté de mesurer l’effet Duffy-Wright sur les troupes conservatrices. Après avoir interrogé 1006 Canadiens les 19 et 20 août, elle a trouvé ceci.

D’abord, est-ce que les gens suivent ce dossier? Tout porte à croire que oui :

– 25 % des répondants le suivent de près et en ont parlé avec des amis ou la famille ;

– 34 % ont suivi le déroulement aux nouvelles et peuvent avoir une conversation sur le sujet ;

– 33 % ont lu les grands titres dans l’actualité ;

– 7 % n’ont rien lu, vu ou entendu.

Si on regarde les deux premiers éléments, il semble que 59 % des Canadiens suivent les rebondissements d’assez près.

Maintenant, qu’en pensent-ils ?

À la question «Croyez-vous la version des faits de Stephen Harper, selon laquelle il ne savait pas que Nigel Wright avait payé la facture des dépenses du sénateur Duffy ?» :

– 20 % croient Harper ;

– 59 % ne croient pas la version de Harper ;

– 22 % disent ne pas savoir.

Lorsque Angus Reid creuse pour connaître l’allégeance politique des répondants, on constate que 23 % des conservateurs «mous» et 6 % des conservateurs «purs et durs» ne croient pas la version du premier ministre. C’est dire que ces 29 % d’électeurs qui s’identifient aux conservateurs ne croient pas sa version des faits.

Les conservateurs «mous» représentent une tranche d’électeurs plus critique dans la campagne conservatrice, dans la mesure où leurs votes pourraient se déplacer ailleurs ou rester à la maison le jour du scrutin.

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Près de 61 % des Canadiens estiment que ce scandale n’est pas uniquement celui de Nigel Wright et de Mike Duffy — comme le répète Stephen Harper depuis près de deux semaines —, mais qu’il touche un problème plus important au sein du bureau du premier ministre, et que cet enjeu aura une incidence majeure dans cette campagne électorale. Environ 39 % pensent que ce scandale est localisé et qu’il constitue une distraction, alors que d’autres enjeux sont plus fondamentaux.

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Près de 56 % des répondants affirment que cette affaire a un effet négatif sur leur perception de Stephen Harper, 30 % disent qu’elle n’a aucun effet et 5 % déclarent que leur opinion de Harper s’est améliorée.

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Cela ne veut toutefois pas dire que ce scandale sera leur priorité le jour du scrutin, puisque 72 % des répondants affirment que d’autres enjeux seront plus importants au moment de voter, le 19 octobre.Capture d’écran 2015-08-21 à 10.29.28