Politique

L’Assemblée nationale est sexiste et en voici la preuve

EXCLUSIF: Une enquête de L’actualité révèle à quel point ce sont des hommes qui détiennent le pouvoir à l’Assemblée nationale. Des données inédites. Des pistes de solution.

Les femmes ont le droit de se présenter aux élections provinciales depuis 1940, mais sept décennies plus tard, les politiciennes québécoises sont loin d’être les égales de leurs collègues masculins. Temps de parole, postes d’influence et budgets: le pouvoir est encore entre les mains des hommes, révèle une enquête inédite de L’actualité.

Toutes proportions gardées, un homme député intervient en moyenne 33 % plus souvent à l’Assemblée nationale qu’une députée, ses prises de parole sont 40 % plus longues et il dépose également 25 % plus de projets de loi. Une élue prononce en moyenne 185 mots au cours d’une séance de l’Assemblée nationale, et un homme, 245. Autrement dit, 29 hommes seulement auraient suffi pour tenir des propos équivalant — en nombre de vocables — à ceux de l’ensemble des 38 femmes qui ont siégé ces deux dernières années.

Grâce à un programme informatique codé sur mesure, L’actualité a passé au peigne fin les transcriptions officielles de toutes les séances tenues dans le Salon bleu pendant les deux premières années du gouvernement Couillard. Les mots prononcés par chacun des députés de mai 2014 à juin 2016 — au fil des périodes de questions, des débats sur les projets de loi, des déclarations des députés — ont été méticuleusement comptabilisés et triés. Au total, notre algorithme a analysé près de 7,5 millions de mots. (Notre méthodologie se trouve à la fin de ce texte.)

Ce travail de moine révèle une tendance inquiétante: toutes proportions gardées, les politiciennes s’expriment nettement moins à l’Assemblée nationale que leurs collègues masculins. Ce phénomène, combiné au faible nombre de femmes élues (29 % des députés en avril 2016), accentue d’autant plus la sous-représentation politique des Québécoises.

 

 

Une analyse plus fine des données révèle que l’écart est encore plus grand au sein du cabinet ministériel. Un ministre titulaire prononce en moyenne 59 % plus de mots, intervient 122 % plus souvent et dépose 141 % plus de projets de loi qu’une ministre du même rang.

Les plus gros portefeuilles — Santé, Éducation, Famille, Finances, Emploi, Affaires municipales, Sécurité publique, Transports — sont tous aujourd’hui gérés par des hommes. Dans le cabinet Couillard, les ministres titulaires masculins disposent d’un budget moyen 14 fois plus important que celui des femmes. Avec davantage de responsabilités viennent davantage d’occasions de se faire entendre.

Pourtant, selon notre analyse, les femmes ministres titulaires sont des parlementaires plus expérimentées que leurs collègues. Les états de service de ces députées comptent en moyenne 16 mois de plus que ceux des hommes, un écart de 19 %.

Stéphanie Vallée, par exemple, a été adjointe parlementaire de 2007 à 2012, puis porte-parole de l’opposition jusqu’en 2014, avant d’être promue à la Justice. Julie Boulet, la ministre la plus expérimentée du gouvernement Couillard, a d’abord occupé les sièges de ministre responsable et de ministre déléguée de 2003 à 2007, avant d’être titulaire des Transports, puis de l’Emploi, et finalement du Tourisme.

À l’inverse, des députés masculins ont été parachutés aux plus importants ministères dès leur premier mandat, en 2014: Gaétan Barrette à la Santé et aux Services sociaux, François Blais à l’Emploi et à la Solidarité sociale, Carlos Leitão aux Finances, Martin Coiteux au Conseil du Trésor et Jacques Daoust à l’Économie. Ils font partie des députés qui s’expriment le plus au Salon bleu.

Stéphanie Vallée soutient que les budgets ne suffisent pas pour juger de l’importance d’une fonction. «Aujourd’hui, on a Hélène David à l’Éducation supérieure, Dominique Anglade à l’Économie, Lise Thériault à la Condition féminine et aux PME. Ce sont des postes stratégiques qui doivent être analysés au-delà du simple portefeuille. Moi-même, je suis à la Justice, un des piliers de notre démocratie.»

Il n’en reste pas moins que les hommes du cabinet Couillard, ministres titulaires et responsables compris, ont actuellement l’emprise sur 90 % des budgets ministériels, selon nos calculs. Au bout du fil, la députée péquiste Agnès Maltais pousse un profond soupir en réagissant à nos chiffres. «Le monde politique n’a pas encore réussi à incarner le changement qu’il y a eu dans la société», dit-elle.

Quand les femmes mènent la danse

Bien que les députées s’expriment nettement moins que leurs confrères, certaines élues font figure d’exception. L’actualité a analysé le discours de quatre d’entre elles: Agnès Maltais (PQ), Françoise David (QS), Stéphanie Vallée (PLQ) et Nathalie Roy (CAQ). Chacune à leur manière, elles se hissent au sommet des députées les plus actives dans leur parti respectif.

De l’importance de la fonction

La députée de Taschereau a été leader parlementaire de l’opposition officielle pendant un an, d’avril 2014 à mai 2015, ce qui l’a amenée à intervenir plus souvent à la Chambre pendant cette période. «Il a fallu que je tape du pied pour obtenir cette fonction. C’est systémique. Ce n’est pas que les gens pensent qu’on ne pourrait pas le faire. C’est parce qu’ils voient des hommes d’abord.»

Selon la politicienne, les postes d’influence réclament souvent plus de mordant, une mentalité plus guerrière, qu’on associe encore aujourd’hui davantage aux hommes. «Les femmes se battent et défendent leurs points différemment», dit Agnès Maltais. Malgré tout, sur les 35 leaders parlementaires désignés depuis 1965, seulement 3 étaient des femmes.

Le PQ est la seule formation politique, actuellement, où une députée s’exprime autant qu’un député. C’est aussi le parti qui présente le plus petit écart entre les deux sexes au chapitre de l’expérience parlementaire. «On veille à ce que l’on ait des femmes dans les circonscriptions gagnantes, ce qui leur permet de durer, dit Agnès Maltais. Pour marquer une société, pour occuper des postes de responsabilité, pour vraiment changer les choses, il faut durer.»

Quand L’actualité a demandé à Agnès Maltais si elle avait déjà été victime de sexisme, un silence pesant s’est installé. «Trop délicat, a-t-elle finalement laissé tomber. Il faudrait que j’y pense pour ne pas embarrasser des collègues. Si j’y pense, je vous recontacterai…»

Être de tous les combats

«Si un projet de loi me tient à cœur, je vais essayer d’intervenir à chaque étape, indique la députée de Gouin pour expliquer ses nombreuses interventions. Aussi, s’il y a des motions présentées par le premier ministre, c’est souvent moi qui vais prendre la parole pour notre parti. J’interviens sur tous les dossiers qui sont les miens: famille, aînés, CPE, éducation et tout ce qui est pauvreté, inégalités. Ça finit par en faire pas mal. En fait, c’est très rare qu’il y ait une séance de l’Assemblée nationale où je ne m’exprime pas.»

Pour l’instant, seul Québec solidaire a pris l’engagement ferme de présenter autant de candidates que de candidats lors d’élections générales — ce qu’il a fait d’ailleurs au scrutin d’avril 2014. Les autres formations étaient loin de la parité: 23 % de candidatures féminines à la CAQ, 28 % au Parti libéral et 37 % au Parti québécois.

Si les partis ont tant de mal à mettre des visages féminins sur leurs bannières et pancartes, c’est «parce que trouver des femmes candidates, ça demande trois fois plus de travail, croit Françoise David. Les hommes se proposent. Les femmes, il faut leur parler, parler, parler…»

Selon Hélène Charron, du Conseil du statut de la femme, de façon générale, l’éducation des filles les prépare à placer au centre de leurs préoccupations d’adultes «l’effet de leurs choix sur tout leur entourage». Alors que les garçons apprennent plutôt à prendre des décisions d’abord et à tenter de convaincre les autres de les suivre après, explique la sociologue. Autrement dit, les hommes décident très rapidement de se lancer en politique et gèrent les conséquences par la suite, alors que les femmes évaluent d’abord les répercussions possibles.

Les candidates potentielles semblent aussi redouter plus que les hommes certains aspects de la vie publique. «La peur des médias, c’est hallucinant chez les femmes, constate Françoise David. Elles craignent beaucoup que toute leur vie ne soit étalée au grand public.»

Quand L’actualité a demandé à la députée si elle trouvait l’Assemblée nationale sexiste, elle a préféré la qualifier de «patriarcale». «C’est une vieille institution, pleine de rituels et de traditions, ajoute-t-elle. C’est un boys’ club. Pendant longtemps, les hommes ont été seuls, donc il y a des cultures qui sont longues à changer.»

Le discours stratégique

La députée de Gatineau a été nommée ministre de la Justice en avril 2014, ce qui l’a rapidement propulsée au devant de la scène au Salon bleu. «La justice fait souvent la une des quotidiens, indique l’élue. Des éléments suscitent des questions à l’Assemblée nationale, et donc, je dois répondre. J’ai aussi déposé plusieurs projets de loi, certains qui ont commandé plus de salive que d’autres. Il y a aussi le jeu du cadran. On essaie de prendre tout le temps nécessaire pour réduire le nombre de questions subséquentes. Des collègues ont un plaisir fou à s’exprimer, d’autres sont plus effacés. Je me suis toujours considérée de cette catégorie-là.»

Au début de sa carrière, la politicienne faisait six heures de route pour rentrer de Québec à Maniwaki, en Outaouais, afin de retrouver sa famille. «Lorsque je me suis lancée en politique, en 2007, ma fille était en 1re année. Pendant toute sa scolarité, elle a eu une mère qui était à Québec trois, quatre, cinq jours par semaine. Notre vie privée fait parfois les frais de notre vie publique.»

Lors de son assermentation comme ministre de la Justice, Stéphanie Vallée raconte avoir entendu des «oh, elle est bien jeune». «J’avais quand même 42 ans, dit-elle. À cet âge-là, Robert Bourassa avait déjà été premier ministre. Un homme n’aurait probablement pas eu droit à ce type de commentaire.»

L’expérience de la joute verbale

«J’ai été journaliste presque toute ma vie, dit Nathalie Roy. Vingt ans de direct à la télévision, c’est un atout majeur. Je suis également avocate. Et j’ai une grande gueule! J’utilise mon temps au maximum. La première fois que je me suis levée à l’Assemblée nationale, je pensais à l’histoire de l’institution. C’est un cadeau que les électeurs vous font. Et la responsabilité est lourde, parce que vous ne voulez pas les décevoir.»

La députée de Montarville pour la Coalition Avenir Québec (CAQ) assure que les femmes sont fortes et résilientes. «S’il y en a un qui essaie de me piler sur les pieds, il va frapper un mur!» Mais la députée, aussi pugnace soit-elle, se rend à l’évidence: «On est loin d’un gouvernement ou d’une société où la démocratie fait que les femmes ont autant de temps de parole ou de pouvoir que les hommes. On ne va pas se le cacher.»

Celle qui a présenté les informations pendant près de 20 ans à TQS (aujourd’hui V), Radio-Canada et TVA compatit avec ses collègues qui n’ont jamais été sous les feux des projecteurs. «Quand vous parlez, vous le faites pour défendre des idées qui seront contestées, démolies. Tu t’en vas à la guerre chaque fois. Et le public est beaucoup plus critique à l’égard des femmes que des hommes. On vous juge constamment sur votre apparence, surtout sur les réseaux sociaux.»

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La parité au bout du tunnel

Après l’élection, en 1961, de la toute première députée à l’Assemblée nationale, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, la représentation politique des femmes a connu quatre décennies de hausse constante, jusqu’à atteindre 30 % des sièges en 2003.

En 2007, le gouvernement libéral de Jean Charest compose pour la première fois un conseil des ministres paritaire. Nathalie Normandeau, nommée vice-première ministre, se retrouve aux Affaires municipales, Monique Jérôme-Forget aux Finances et au Conseil du Trésor, Michelle Courchesne à l’Éducation et à la Famille, Julie Boulet aux Transports, Line Beauchamp au Développement durable et à l’Environnement, pour ne citer que celles-ci.

La même année, Pauline Marois devient la première chef officielle d’un parti politique au Québec, le Parti québécois. En septembre 2012, elle est élue première ministre. C’est historique: une femme dirige le Québec!

Depuis 2003, toutefois, le pourcentage d’élues n’augmente plus, oscillant autour de 30 % élection après élection, tout comme le pourcentage de candidates. Et c’est sur ce dernier point qu’il faudrait se concentrer, selon Hélène Charron, directrice par intérim de la recherche au Conseil du statut de la femme. «Le recrutement, c’est vraiment la première étape.»

La logique veut que plus le nombre de candidates est élevé, plus grandes seront les chances d’avoir des élues. Et plus grand sera le réservoir dans lequel le premier ministre pourra puiser pour constituer un conseil des ministres proche de la parité. Plus grandes aussi seront les chances de voir une femme chef de parti ou leader parlementaire.

Les partis se mettent généralement en mode recrutement un an avant les élections, explique Hélène Charron. Quand la machine est en marche, le vote n’est plus très loin, souvent dans moins de six mois. «C’est beaucoup trop court pour convaincre les femmes qui hésitent, croit Hélène Charron. Beaucoup de personnes pensent que si le processus était davantage en continu et se faisait sur une période plus longue, on arriverait à recruter plus de femmes.» L’adoption d’une loi imposant des élections générales à date fixe pourrait aider les partis à déclencher le recrutement plus tôt — le prochain scrutin est prévu le 1er octobre 2018.

Certaines études laissent également entendre que les jeunes filles, par leurs relations familiales, leur parcours scolaire et leur exposition aux médias, sont moins en contact avec le monde politique que les jeunes hommes. Une fois adultes, elles sont moins dans la mire des recruteurs des partis.

Le revenu moyen des femmes, inférieur à celui des hommes, pourrait également rebuter celles-ci à se lancer dans des campagnes électorales qui nécessitent parfois de vivre de ses économies pendant plusieurs mois.

L’absence de mesures de soutien pour les parents est un autre facteur qui rendrait les femmes réticentes à se lancer en politique. «Nous sommes vraiment en retard de ce point de vue là, dit Hélène Charron, du Conseil du statut de la femme. À peu près partout dans le monde, il y a au moins des congés de maternité pour les parlementaires. Au Québec, il n’y a rien du tout.»

Les hommes aussi se butent à une difficile conciliation travail-famille. Benoit Charette, député de Deux-Montagnes et porte-parole de la CAQ pour la réforme des institutions démocratiques, avait 32 ans lors de sa première élection, en 2008. Sa femme venait d’accoucher de leur troisième enfant. «C’est souvent très déchirant, dit-il. J’ai plus de collègues grands-parents que de collègues avec de jeunes enfants. Nos réalités sont donc complètement différentes. Nos conjoints ou conjointes sont appelés à jouer un rôle de première importance dans les circonstances. En même temps, je refuse de négliger mon rôle de père.»

L’ajout de services de garde à l’Assemblée nationale, la possibilité de voter par procuration et la présence par vidéoconférence sont autant de pistes à envisager pour attirer des politiciens plus jeunes, qui viennent de fonder une famille ou qui souhaitent le faire. Car c’est aussi grâce à la venue d’une nouvelle génération, tant masculine que féminine, que le Salon bleu pourrait dépoussiérer quelques habitudes.

«La nouvelle génération de députés sera plus encline à appuyer des femmes, qui vont dire: est-ce qu’on peut changer les façons de faire? soutient Françoise David. J’ai de l’espoir avec leur arrivée.» Même son de cloche chez Nathalie Roy. «Ce qui me rend optimiste, c’est de voir les parlements étudiants avec autant de filles que de garçons. Mon message, c’est: go les filles, c’est votre place autant que celle des garçons!»

Les partis devront toutefois renverser une lourde tendance: l’âge moyen des députés est aujourd’hui de 53 ans, soit 14 ans de plus qu’en 1970…

Une autre voie pour accroître la présence des femmes en politique serait de forcer les partis à présenter des candidates. «Moi qui n’étais pas de cet avis, j’en suis rendue là», concède la députée péquiste Agnès Maltais. Idem pour Françoise David, de Québec solidaire. «On a tout essayé: l’éducation, le mentorat. Ça fait 30 ans qu’on en parle et, de toute évidence, ça ne suffit pas.»

Le Conseil du statut de la femme propose de modifier la Loi électorale du Québec pour obliger tous les partis à présenter entre 40 % et 60 % de candidates, sous peine d’importantes amendes. Dans un rapport publié en 2014, le Directeur général des élections du Québec soulignait qu’il faudrait même songer à la disqualification des partis en cas de non-respect des quotas — rien de moins — pour avoir une loi réellement efficace.

Pour preuve, la France. En juin 2000, l’Hexagone a adopté une loi sur la parité, qui exige des partis la présentation de 50 % de candidates. Les grandes formations ont accumulé les pénalités financières annuelles depuis l’élection de 2012: 4 millions d’euros pour l’Union pour un mouvement populaire (UMP) et 1,2 million pour le Parti socialiste. Le nombre d’élues a augmenté, passant de 12,3 % en 2002 à 26,9 % en 2012, mais la parité est loin d’être atteinte.

L’adoption d’un mode de scrutin proportionnel mixte, comme le demandent certains partis, pourrait aussi encourager davantage les candidatures féminines. Le scrutin dit «majoritaire uninominal» qui a cours au Québec serait en fait l’un des moins avantageux pour les femmes, selon les recherches de la doctorante Jennifer Rosen, de l’Université Northwestern, aux États-Unis, qui a comparé la représentation politique des femmes dans 168 pays de 1992 à 2010. Avec un système proportionnel, si un parti obtient 30 % du vote populaire, il occupe 30 % des sièges. Un tel système imposerait aux formations politiques de séduire le plus d’électeurs possible, en présentant des candidats aux profils variés… dont des femmes. Par ailleurs, cela éviterait aux femmes d’être directement en compétition avec un homme pour l’obtention d’un siège dans une circonscription. L’un et l’autre seraient alors plutôt complémentaires.

Méthodologie

Notre script, codé en langage de programmation Python, a analysé les transcriptions officielles du Journal des débats de l’Assemblée nationale du 20 mai 2014 au 10 juin 2016.

Chaque intervention par un député a été sauvegardée. Le programme a ensuite compilé le nombre de mots, en excluant les chiffres, les articles (le, la, etc.) et les prépositions (de, à, etc.).

Pour chaque député, l’algorithme a compté le nombre de séances de l’Assemblée nationale qui ont eu lieu depuis sa plus récente élection. Sa date de démission a été prise en compte, le cas échéant. Le nombre de mots prononcés au total par le député a ensuite été divisé par le nombre de séances comptabilisées. Même chose pour le nombre d’interventions. Cela permet de comparer tous les députés entre eux, y compris les députés démissionnaires et nouvellement élus.

Pour les projets de loi, notre programme informatique a extrait du site Web de l’Assemblée nationale tous les projets de loi présentés par chaque député de mai 2014 à juin 2016. Tout comme pour le nombre de mots et d’interventions, le nombre de projets de loi a été divisé par le nombre de séances de l’Assemblée nationale ayant eu lieu pendant le mandat du député. Le résultat a ensuite été multiplié par 100 pour obtenir un taux par 100 séances.

L’expérience des députés est calculée en nombre de jours écoulés depuis leur toute première élection jusqu’au moment de l’analyse des données ou de leur date de démission, le cas échéant. Certains députés ont été élus, puis ont été battus, avant d’être élus de nouveau. Ces cas-là sont pris en compte par notre logiciel, qui exclut alors la pause dans le mandat de l’élu.

Pour calculer la proportion des budgets ministériels qui sont sous l’emprise des hommes, nous avons compilé les crédits par portefeuille du Budget de dépenses 2016-2017. Notre calcul tient compte des ministres titulaires et des ministres responsables. Nous avons exclu les ministres délégués, puisqu’ils agissent généralement sous la direction d’un ministre titulaire, selon la définition officielle de l’Assemblée nationale. Nous avons également exclu le premier ministre, puisque son rôle est difficilement comparable à celui des autres ministres.