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L’année politique en cinq actes

Effet Trump, élections en Allemagne et en France, scrutin en Colombie-Britannique, courses à la direction du Parti conservateur et du NPD, voilà un échantillon des choses à surveiller en 2017.

Depuis l'élection américaine, Angela Merkel s'est imposée comme le principal contrepoids à Donald Trump. (Photo Merkel: S. Struck / Newzulu / PC; Trump: O. Douliery / Abaca / La Presse Canadienne)
Depuis l’élection américaine, Angela Merkel s’est imposée comme le principal contrepoids à Donald Trump. (Photo Merkel: S. Struck / Newzulu / PC; Trump: O. Douliery / Abaca / La Presse Canadienne)

Au lendemain de la victoire présidentielle de Donald Trump, ce n’est pas Justin Trudeau, l’étoile montante dans les cercles progressistes internationaux, qui a lancé un avertissement au futur occupant de la Maison-Blanche, mais plutôt Angela Merkel.

Pendant que le premier ministre canadien montrait patte blanche, la chancelière allemande fixait les balises de la relation qu’elle entend entretenir avec le futur président.

«La démocratie, la liberté, le respect du droit et de la dignité humaine, quels que soient l’origine, la couleur de peau, la religion, le sexe, l’orientation sexuelle ou les opinions politiques: c’est sur la base de ces valeurs que je propose au futur président des États-Unis de travailler étroitement l’un avec l’autre», a-t-elle prévenu.

Le Canada, sous son gouvernement libéral, a beau être cité en exemple pour son retour au front de la lutte contre les changements climatiques, son refus de l’austérité budgétaire et sa politique d’accueil de réfugiés en provenance du Moyen-Orient, il n’a pas l’influence d’une grande puissance comme l’Allemagne à la table des nations.

Depuis l’élection américaine, Angela Merkel s’est imposée comme le principal contrepoids à Donald Trump sur la scène internationale. Vu du Canada, dont le gouvernement est philosophiquement en porte-à-faux avec la nouvelle administration américaine, cela fait des élections fédérales qui se dérouleront en Allemagne l’automne prochain le scrutin à surveiller en 2017. La présidentielle française qui aura lieu au printemps est également un événement incontournable.

La victoire du candidat républicain aux États-Unis aura-t-elle, comme l’espèrent les partis d’extrême droite européens, un effet de domino ou, au contraire, suscitera-t-elle un ressac contre le discours anti-immigration ambiant? D’ici la fin de l’année, on verra si Trump a des pieds d’argile ou si son populisme de droite fait école. Dans un cas comme dans l’autre, ce sera déterminant pour la suite des choses.


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Au Canada, c’est dans le cadre de la succession de Stephen Harper qu’on pourra mesurer l’effet Trump. La candidate ontarienne Kellie Leitch avait déjà entrepris de se poser en championne de l’identité canadienne, menacée, selon elle, par des immigrants aux valeurs rétrogrades. Cette ancienne ministre de Stephen Harper — autrefois responsable du dossier de la condition féminine — a accueilli la victoire de Trump à bras ouverts.

Elle affirme s’inscrire dans la même mouvance que le futur président en matière de contrôle de l’immigration. Selon Kellie Leitch, il faut imposer un test aux futurs arrivants au pays pour s’assurer que leurs convictions sont en symbiose avec celles de la majorité canadienne. À l’instar de Trump, elle dit également être la candidate des gens ordinaires, qui veulent se débarrasser de la rectitude politique que leur imposeraient les élites.

S’il faut en croire les sondages, l’appétit pour les politiques de Donald Trump au Canada est limité. Seulement 14 % des Canadiens auraient voté pour lui au début novembre. Mais les admirateurs du futur président sont proportionnellement plus nombreux parmi les sympathisants conservateurs. On pourra mesurer l’importance de ce courant lors du vote au leadership conservateur de mai prochain.

Le printemps s’annonce également chaud en Colombie-Britannique, mais pour une raison très différente. Parmi les provinces populeuses, c’est la seule qui ira aux urnes en 2017. La campagne pourrait tourner en référendum sur la volonté du gouvernement Trudeau de mettre en chantier de nouveaux projets controversés d’oléoducs. Si la tendance se maintient, les enjeux du vote britanno-colombien dépasseront largement le cadre de la politique provinciale — et créeront de vives tensions au sein du NPD fédéral.

En plus de devoir choisir un successeur à Thomas Mulcair l’automne prochain, le Nouveau Parti démocratique devra en effet composer avec une aile albertaine dont la réélection à Edmonton passe par la construction de pipelines et une base militante viscéralement réfractaire à ces projets. Il y aura fort à faire pour éviter un schisme entre les néo-démocrates au pouvoir à Edmonton et le parti fédéral.

À la même date l’an prochain, le Québec sera officiellement en mode préélectoral. La rentrée à l’Assemblée nationale du ministre Pierre Moreau aidera-t-elle le premier ministre à redresser la cote de son parti auprès de l’électorat francophone et à éviter que le vote d’opposition ne se coalise derrière la CAQ ou le PQ? Ou encore le retour dans les affaires d’un des rares ministres populaires de l’équipe libérale fera-t-il rêver les militants du parti d’un changement de garde? On se reparlera de tout cela et de bien d’autres choses d’ici la fin de l’année.