Où sont les circonscriptions les plus sûres ?
Politique

Où sont les circonscriptions les plus sûres ?

Notre chroniqueur Philippe J. Fournier, de Qc125, a compilé les circonscriptions où les partis ont le plus de chances de l’emporter lors du scrutin du 1er octobre prochain.

Voici un exercice intéressant qui m’a été demandé par les élus de plusieurs partis : classer les 125 circonscriptions selon les probabilités de victoire pour chacune des formations, principalement celles qui aspirent au pouvoir le 1er octobre prochain.

  • Les circonscriptions solides sont celles où un parti remporte plus de 80 % des simulations.
  • Les circonscriptions pivots sont celles où aucun parti ne remporte au moins 80 % des simulations. Sur les figures, elles sont indiquées par des couleurs pâles.
  • Les pivots blancs sont les circonscriptions où aucun parti ne remporte au moins 60 % des simulations. Ces circonscriptions hautement incertaines sont représentées par des cases blanches.

La route vers 63 sièges pour la CAQ

[Cliquez pour agrandir]

  • Les 28 premières cases sont des circonscriptions où la dernière projection Qc125 accorde plus de 99 % des chances à la CAQ de l’emporter. Il s’agit ici d’une nette progression pour le parti de François Legault, qui n’a remporté que 19 sièges en 2012 et 22 sièges en 2014. Parmi ces 28 circonscriptions, on en compte 5 remportées par les libéraux en 2014 : Portneuf, Champlain, La Prairie, Montmorency et Charlesbourg, ainsi qu’une circonscription péquiste : Saint-Jean. On retrouve aussi la nouvelle circonscription de Les Plaines (dans les Basses-Laurentides).
  • Plus loin dans la liste, nous retrouvons : no 39 Brome-Missisquoi, une circonscription libérale depuis 1980 ; no 40 Trois-Rivières (libérale depuis 2003, à l’exception d’un bref passage adéquiste de 2007 à 2008) et n41 Argenteuil. Le seuil de 41 circonscriptions, total de sièges remportés par l’ADQ de Mario Dumont en 2007, n’a pas été dépassé par un autre parti que le PQ et le PLQ depuis les 56 sièges de l’Union nationale en 1966.
  • Avec les chiffres actuels, la CAQ remporterait 48 circonscriptions solides (où elle remporte plus de 80 % des simulations), le n48 étant Lotbinière-Frontenac. Parmi ces 48 sièges, 17 ont été remportés par le PLQ en 2014, contre 8 pour le PQ.
  • Des positions no 49 (Mégantic) à no 56 (Verchères) se trouvent les circonscriptions pivots où la CAQ est projetée en tête (probabilité de victoire inférieure à 80 %).
  • La position no 63, le seuil de la majorité, est la circonscription de Jean-Talon, dans la Capitale-Nationale. Malgré des élections extrêmement serrées en 1994 et en 1998, les électeurs de Jean-Talon n’ont jamais envoyé un député d’un autre parti que le PLQ depuis la création de la circonscription, en 1966.

La route vers 63 sièges pour le PLQ

[Cliquez pour agrandir]


  • Nous pouvons reconnaître la base inébranlable du PLQ dans les deux premières rangées du diagramme. En effet, parmi les 29 circonscriptions solides libérales se trouvent les 13 circonscriptions de l’ouest de Montréal, les cinq circonscriptions de la région de l’Outaouais et quatre circonscriptions sur les six lavalloises.
  • Les difficultés pour le PLQ commencent à la position no 30 Laporte, circonscription où le PLQ est favori, mais qui est une circonscription pivot avec la CAQ. Il en est de même pour les no 31 Soulanges, no 32 Vimont et no 33 Châteauguay.
  • La circonscription du chef libéral Philippe Couillard, Roberval, est aussi une circonscription pivot et se trouve à la position no 35.
  • Des positions no 38 Îles-de-la-Madeleine à n44 Côte-du-Sud sont les pivots blancs où le PLQ remporte au moins 40 % des simulations. À partir de no 46 Abitibi-Est, la probabilité de victoire du PLQ descend sous le seuil de 33 %.
  • Pour se rendre à 63 sièges, avec les chiffres actuels, le PLQ devrait remporter no 54 Rosemont et no 57 Sainte-Marie–Saint-Jacques. Si vous vous demandez comment ces deux circonscriptions montréalaises peuvent être plus favorables au PLQ que no 64 Vanier-les-Rivières, no 68 Charlesbourg ou no 77 Portneuf, sachez qu’il s’agit ici d’une conséquence des appuis monstrueux de la CAQ dans la région de la Capitale-Nationale. En effet, les sondages des derniers mois, toutes maisons confondues, nous indiquent que le PLQ pourrait être balayé de la région de Québec. Évidemment, ces chiffres peuvent toujours changer d’ici l’élection.

La route vers 63 sièges pour le PQ

[Cliquez pour agrandir]


  • Selon les chiffres de la dernière projection Qc125, seulement six circonscriptions sont considérées comme solides (probabilité de victoire supérieure à 80 %) pour le Parti québécois. Elles sont : no 1 Matane-Matapédia, no 2 René-Lévesque, no 3 Bonaventure, no 4 Gaspé, no 5 Rimouski et no 6 Duplessis.
  • Les circonscriptions no 7 Lac-Saint-Jean à no 13 Bourget sont des circonscriptions pivots où le PQ est présentement favori. Vient ensuite no 14 Joliette, la circonscription de la vice-chef Véronique Hivon, le premier et seul pivot blanc où le PQ est présentement favori.
  • À la position no 21 se trouve la circonscription d’Hochelaga-Maisonneuve, un bastion péquiste de longue date qui est dans la mire de Québec solidaire.
  • Les positions no 26 Saint-François et no 27 Dubuc sont des circonscriptions où, selon la projection, auront lieu des courses à trois. Le Parti québécois est actuellement projeté troisième derrière la CAQ et le PLQ dans chacune de ces circonscriptions (toutes deux remportées par le PLQ en 2014).
  • Afin de remporter le même nombre de sièges qu’en 2014, soit 30, le PQ doit ensuite ravir trois autres circonscriptions libérales : no 28 Maurice-Richard (anciennement Crémazie), no 29 Rouyn-Noranda–Témiscamingue et no 30 Abitibi-Est.
  • À la position no 38, soit le total de sièges remportés par le PQ en 2007 sous la gouverne d’André Boisclair, se trouve la circonscription longueuilloise de Vachon, siège de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet.

Les circonscriptions pour QS

[Cliquez pour agrandir]


  • Les circonscriptions de Gouin et de Mercier, à moins d’un revirement titanesque, devraient demeurer solidaires lors des prochaines élections.
  • La circonscription de Manon Massé, Sainte-Marie–Saint Jacques, penche lourdement en faveur de Québec solidaire. Mme Massé a remporté cette circonscription par moins d’une centaine de votes en 2014, mais ses deux principaux rivaux (le PLQ et le PQ) ont aussi perdu des plumes à Montréal depuis 2014.
  • Rosemont, la circonscription du chef péquiste Jean-François Lisée, sera particulièrement intéressante à suivre maintenant que l’ancien chroniqueur Vincent Marissal a annoncé son intention d’y défendre les couleurs de QS en octobre prochain. Le Parti québécois y est présentement favori avec QS non loin derrière.
  • La candidature de Catherine Dorion pour Québec solidaire changera-t-elle la donne dans Taschereau ? Les probabilités d’une victoire solidaire sont de moins de 1 %, selon la dernière projection Qc125, mais nous suivrons les chiffres des prochains mois avec attention.

En conclusion

Avec le budget de la semaine dernière et les annonces de candidatures du dernier mois, les prochains sondages devraient nous éclairer sur les états d’âme des électeurs à moins de six mois des élections.

Lorsque les nouveaux chiffres seront publiés, je compilerai et mettrai à jour la projection électorale sur le site Web de L’actualité.

Le classement utilise les données de la dernière projection électorale Qc125 (8 mars 2018). Les circonscriptions sont ordonnées selon deux variables :

  1. En ordre décroissant de probabilité de victoire selon les 50 000 simulations de la projection.
  2. Lorsque les probabilités tombent à zéro, les circonscriptions sont classées selon l’écart du vote populaire moyen entre le parti et le meneur dans la circonscription.

Pour la CAQ, le PLQ et le PQ, le classement contient les 125 circonscriptions. Pour QS, le classement se limitera aux 11 circonscriptions les plus probables pour ce parti.

Évidemment, il y a certainement un niveau d’incertitude avec ce type de classement (la circonscription no 28 n’est pas nécessairement et absolument plus sûre que la no 29). Néanmoins, ces listes peuvent nous éclairer sur la stratégie qu’adopteront les partis politiques en vue du scrutin.