Santé et Science

Les Morgellons, pur délire parasitaire

La maladie des Morgellons, dont des milliers de gens se disent atteints sur la planète, est une forme de psychose et non une maladie causée par un agent infectieux ou toxique, selon une étude publiée par les Centers for Disease Control.

Voilà qui devrait (idéalement) clore le débat sur ce problème de santé très à la mode chez les conspirationnistes en tout genre (certains l’attribuent même aux extraterrestres !).

Depuis quelques années, des dizaines de milliers de gens se plaignent de problèmes dermatologiques d’un genre bien particulier.

Ils ont l’impression d’avoir été infestés par des insectes, se grattent et conservent des lésions en permanence, dans lesquelles on trouve des résidus fibreux.

En 2002, une mère au foyer américaine a donné le nom de «maladie des Morgellons» à ce problème, et montré une fondation pour financer la recherche.

À force de lobbying, la Morgellons Research Foundation a réussi à décider le gouvernement américain à faire enquête.

L’étude publiée la semaine dernière dans la revue PLOS One par les chercheurs des CDC a porté sur 115 cas identifiés, en collaboration avec la fondation, de maladie des Morgellons.

La conclusion des chercheurs est sans appel.

D’une part, cette maladie est très rare, puisqu’elle toucherait  moins d’une personne sur 25 000. On est donc loin d’un mal rampant et très répandu. La victime typique est dans la cinquantaine, et c’est une femme d’origine caucasienne.

D’autre part, malgré toutes les analyses, aucun indice qu’il y ait une cause infectieuse ou environnementale à cette maladie n’a pu être retracé. Les fibres retrouvées sont du coton, qui vient de toute évidence des vêtements.

Les gens atteints sont pourtant bien malades: en plus de leurs problèmes de peau, ils souffrent souvent de fatigue, de dépression et de troubles de mémoire.

Pour les chercheurs, la cause la plus probable est claire : la maladie des Morgellons serait d’ordre psychiatrique.

Elle s’apparenterait au syndrome d’Ekbohm, ou délire dermatozoïque, une forme de psychose bien connue dans lequel les patients (des femmes dans la cinquantaine surtout) se croient infectés de parasites.

Le résultat ne surprend guère les médecins, nombreux à avoir déjà suggéré ce diagnostic à leurs patients suite à leurs examens cliniques.

N’eut été du battage médiatique autour de cette soi-disant «nouvelle mystérieuse maladie», et du lobby de quelques personnes, on aurait même pu se passer de l’étude des CDC…