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Au menu cette semaine, le budget Trump et ses conséquences sur la science aux États-Unis et au Canada, la reproductibilité des études en neurosciences, l’acceptabilité sociale et le déclin de la drogue chez les jeunes.

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Budget Trump: la science à terre

Le premier budget de Donald Trump prévoit des compressions draconiennes dans la science financée par le gouvernement fédéral américain en 2018. Les National Institutes of Health (NIH) perdraient 20 % de leur budget, soit six milliards de dollars. Ces 27 instituts, qui financent la recherche en santé de leurs chercheurs et des universités, sont aussi aux prises avec une restructuration majeure.

Le président envisage en outre de sabrer le budget de l’Agence de protection de l’environnement (dont 40 % de son budget de recherche), le financement du Bureau de la science du Département de l’énergie et celui de Sciences de la terre de la Nasa, qui comprend tous les programmes de l’agence liés au climat et à l’environnement.

(Photo: iStockPhoto)

Selon le Washington Post, la National Oceanic and Atmospheric Administration, principal organe de recherche sur le climat, verrait ses fonds réduits et subirait aussi une réorganisation qui éliminerait plusieurs programmes de recherche et d’éducation. Même si toutes ces compressions ont peu de chances d’être adoptées telles quelles par le Congrès, elles annoncent des heures sombres et auront des conséquences qui iront bien au-delà du mandat de Donald Trump.

Des centaines de chercheurs canadiens risquent de voir leurs recherches souffrir des compressions du présent budget Trump. En 2016, les NIH ont attribué 40 millions de dollars de subventions à 123 projets de recherche dirigés par des universitaires du Canada. À elle seule, l’Université McGill a reçu quatre millions de dollars, et plus de deux millions sont allés à l’Université de Montréal.

Neurosciences inexactes?

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle est-elle vraiment fiable? Une étude publiée l’an dernier dans la revue PNAS a eu l’effet d’une bombe quand ses auteurs ont annoncé que le taux de faux positifs décelés par l’IRMf pourrait atteindre 70 %. Cette étude a été critiquée, mais d’autres auteurs ont aussi noté que les études effectuées par IRMf ont tendance à être peu reproductibles, c’est-à-dire que si une étude est refaite, elle ne donne pas les mêmes résultats. Dans les dernières années, des spécialistes avaient d’ailleurs mis en évidence des failles dans la manière dont les appareils et leurs logiciels transforment les données en images. Pour tenter d’enrayer ce phénomène, les journaux du prestigieux groupe Nature viennent d’annoncer qu’ils exigeraient désormais des chercheurs une série de renseignements beaucoup plus détaillés sur les modalités d’usage de l’IRMf dans les études qu’ils publient.

L’IRMf est largement utilisée en neurosciences depuis 25 ans pour analyser en temps réel l’activité cérébrale et comprendre comment le cerveau fonctionne. Elle est à l’origine de plusieurs grandes avancées scientifiques, et les images spectaculaires qu’elles génèrent ont grandement contribué à populariser la recherche sur le cerveau.

Plus d’électronique, moins de drogue?

La consommation de drogues, d’alcool et de tabac chez les adolescents américains est en déclin constant depuis une dizaine d’années et a atteint un nouveau minimum en 2016, selon les résultats de l’enquête Monitoring the Future, menée chaque année par des chercheurs de l’Université du Michigan auprès de 45 000 jeunes de 12 à 16 ans. La nouvelle génération consomme trois fois moins d’amphétamines que dans les années 1990 et deux fois moins de médicaments d’ordonnance (utilisés comme drogues) qu’en 2004.

Pourquoi? Au-delà de l’effet des campagnes de prévention, le New York Times rapporte que beaucoup de chercheurs s’interrogent sérieusement sur un lien possible avec l’usage croissant des appareils électroniques, consoles de jeux, téléphones et médias sociaux, potentiellement capables d’exalter la dopamine, hormone du plaisir. Au point de rendre les drogues moins désirables? Cela reste à vérifier.

Pour ou contre l’acceptabilité sociale?

Usine, pipeline, échangeur routier, ligne électrique… les grands projets d’infrastructures font l’objet de débats aussi nombreux qu’acrimonieux. Mais comment déterminer s’ils sont acceptables, alors que la définition même de l’acceptabilité sociale est l’objet de tout autant de débats? Auteurs de l’essai Acceptabilité sociale: sans oui, c’est non (Écosociété, 320 p., en librairie le 4 avril), les universitaires Pierre Batellier et Marie-Ève Maillé se sont penchés sur la question. Leur but: aider «les personnes qui sont engagées dans une lutte contre les hydrocarbures, le nucléaire ou contre l’exploitation irréfléchie de nos ressources naturelles» dans leur démarche contre «le manque de courage politique, la manipulation et les mensonges des élites économiques et politiques». De quoi éclairer les débats, à défaut de les calmer.