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Au menu: la disparition d’un grand scientifique et humaniste québécois, un dangereux insecticide en sursis, l’effondrement de la science brésilienne et une foule d’activités scientifiques.

Avec la mort accidentelle du professeur Mark Wainberg, le 11 avril, le Québec a perdu l’un de ses plus grands scientifiques.

Mark Wainberg (1945-2017)

Agé de 71 ans, Mark Wainberg était professeur en médecine et en microbiologie et immunologie à l’Université McGill, et directeur du Centre SIDA McGill, qu’il avait mis sur pied en 1984. Ce montréalais d’origine formé en virologie à McGill, puis aux États-Unis, a commencé à faire de la recherche sur le sida dans les années 1980. En 1989, en collaboration avec Bernard Belleau, de Biochem Pharma, il a découvert les propriétés antivirales de la lamivudine (3TC), un des premiers médicaments efficaces pour traiter le sida. Il a publié près de 500 études au cours de sa carrière et a joué un rôle majeur dans le développement des thérapies combinant plusieurs médicaments.

Président de l’International AIDS Society de 1998 à 2000, Mark Wainberg avait notamment organisé le 13 Congrès international sur le sida, à Durban, en Afrique du Sud, en 2000, un événement clé dans la lutte contre le sida.

Le chercheur était aussi un grand humaniste, qui a milité sans relâche pour que les populations les plus vulnérables dans les pays en développement aient un meilleur accès aux médicaments. Son engagement indéfectible a sans aucun doute sauvé la vie de très nombreuses personnes. Il était officier de l’Ordre du Canada, officier de l’Ordre national du Québec, et chevalier de la Légion d’honneur en France.

Insecticide en sursis

Le nouveau directeur de l’Environmental Protection Agency (EPA), Scott Pruitt, a mis fin au processus d’interdiction du chlorpyrifos, entamé en 2015. L’EPA avait pourtant estimé que les risques pour la santé et l’environnement associés à cet insecticide était largement supérieurs à ses bénéfices. L’interdiction aux États-Unis de ce pesticide, l’un des plus toxiques en usage actuellement, aurait pu sonner son glas. Au Canada, le chlorpyrifos est toujours autorisé, mais en cours de réévaluation depuis 11 ans. Dans son rapport de 2016, la Commissaire à l’environnement et au développement durable fédérale a vertement critiqué le laxisme de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire dans ce dossier.

La science brésilienne anéantie

Dans son plus récent budget, présenté fin mars, le gouvernement du Brésil a annoncé des coupes draconiennes en sciences et en environnement. Les fonds alloués au ministère de la Science, de la Technologie, de l’Innovation et des Communications chutent de 44 %, dégringolant à 2,8 milliards de réals (1,2 milliard de dollars canadiens). Interviewé par le magazine Nature, le président de l’Académie des sciences du Brésil, Luiz Davidovich, a qualifié le geste du gouvernement de véritable bombe atomique. Le budget du ministère de l’Environnement est, pour sa part, amputé de 43 %, laissant la maigre somme de 446 millions de réals (189 millions de dollars) pour gérer les innombrables défis de ce grand pays, dont la déforestation de l’Amazonie, qui a repris de plus belle après presque une décennie d’embellie.

Science en fête

Plusieurs rencontres scientifiques d’envergure ouvertes au public auront lieu en mai au Québec. Le congrès de l’Acfas, du 8 au 12 mai à l’Université McGill, regroupe plus de 200 colloques spécialisés réservés aux congressistes, mais les présentations sous forme de communications libres et les activités grand public sont ouvertes à tous et gratuites. À voir, notamment, une exposition et une table ronde sur les villes de demain, et des visites guidées de l’Institut neurologique de Montréal. Les 12 et 13 mai, c’est le retour des 24 heures de sciences, qui réunissent près de 400 visites, conférences, expositions, démonstrations… présentées dans tout le Québec. La fête se poursuit dans le reste du Canada avec l’Odyssée des sciences, organisée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et génie du Canada du 12 au 21 mai. Efficace pour promouvoir la culture scientifique? Des experts en discuteront, ainsi que de bien d’autres sujets, aux Journées internationales de la culture scientifique, les 4 et 5 mai à Montréal.