Santé et Science

Actus sciences : un dinosaure exceptionnel

En Alberta, un fossile présente un état de conservation rarement vu. Aussi : une étrange étude sur le pénis comme construction sociale, et une nouvelle politique scientifique pour le Québec.

Photo: Royal Tyrrell Museum

Le Royal Tyrrell Museum de Drumheller, en Alberta, expose depuis peu un fossile de dinosaure dont l’état de conservation est considéré comme exceptionnel par les spécialistes. Découvert en 2011 par un travailleur de la pétrolière Suncor dans la région de Fort McMurray, ce nodosaure est un dinosaure cuirassé d’environ 1 300 kilos qui a vécu il y a de 110 à 112 millions d’années. Au vu de l’état du fossile, les paléontologues croient que par un concours de circonstances plutôt rare, le corps de cet herbivore terrestre pourrait, peu après sa mort, avoir été emporté par une rivière jusque dans une mer aujourd’hui disparue, où il s’est enfoncé dans les sédiments marins, qui l’ont préservé de la dégradation. Il a fallu six ans aux paléontologues albertains pour le dégager de son enveloppe. Le dinosaure pétrifié ressemble à une statue sculptée, dont on peut observer les moindres détails de la carapace.

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Le pénis comme construction sociale

Deux universitaires américains, le philosophe Peter Boghossian et le mathématicien James A. Lindsay, ont piégé l’important éditeur scientifique Taylor & Francis, qui publie 2 500 revues savantes. Ils ont réussi à faire paraître dans une de ses revues une étude complètement farfelue, écrite sous de faux noms et truffée de références inventées, dans laquelle ils prétendaient, avec force jargon et arguments pleins de non-sens, que le pénis n’était pas un attribut sexuel masculin, mais une construction sociale. Moyennant des frais de publication de 625 dollars, la revue Cogent Social Sciences, « un journal multidisciplinaire en accès libre revu par les pairs couvrant les sciences sociales », a accepté leur étude. Après que Boghossian et Lindsay eurent révélé toute l’histoire dans la revue Skeptic, l’éditeur a retiré l’étude, annonçant dans un communiqué laconique qu’il avait failli dans le choix de ses deux experts ayant formé le comité de lecture. Une excuse plutôt bidon, dans la mesure où il n’y a pas besoin d’être spécialiste de quoi que ce soit pour vérifier si une référence ou le nom d’un chercheur n’ont pas été inventés !

Dans l’industrie de l’édition scientifique, les publications en libre accès — dans lesquelles les auteurs peuvent faire paraître leurs textes à condition d’en assumer les frais — sont de plus en plus à la mode, nombre de chercheurs étant prêts à y contribuer pour enrichir leur liste de publications. Est-ce un modèle d’avenir ? Non, concluent sans hésitation Peter Boghossian et James Lindsay.

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Nouvelle politique scientifique au Québec

La ministre de l’Économie, de la Science et de l’Innovation du Québec, Dominique Anglade, a dévoilé la nouvelle Stratégie québécoise de la recherche et de l’innovation 2017-2022 (SQRI), qui remplace la politique scientifique du précédent gouvernement péquiste, laquelle n’a jamais été appliquée. L’Association francophone pour le savoir (Acfas), voix des chercheurs du Québec, estime que ce nouveau plan répond à de nombreuses attentes des chercheurs. Selon elle, la stratégie montre notamment que Québec a la volonté de respecter l’équilibre entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée. L’ajout de 180 millions de dollars sur cinq ans au budget des Fonds de recherche du Québec est également bien accueilli, tout comme l’idée de bâtir une stratégie sur cinq ans plutôt que sur trois, comme c’était le cas avec la SQRI des anciens gouvernements libéraux. Reste à voir si le plan d’action à venir, qui précisera les détails de la mise en œuvre de la stratégie, respectera un certain équilibre entre la recherche et l’innovation en sciences pures et en sciences sociales.

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Un Africain à l’OMS

Un Africain a été nommé à la direction de l’Organisation mondiale de la santé, une première depuis la création de cette agence onusienne, en 1948. Ancien ministre de la Santé de l’Éthiopie, le Dr Tedros Adhanom, 52 ans, est un spécialiste renommé en recherche sur le paludisme. Il entend accroître la transparence à l’OMS, critiquée ces dernières années, notamment pour sa gestion de l’épidémie d’Ebola.

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Deux femmes de sciences dans le gouvernement français

Deux femmes scientifiques figurent parmi les ministres du nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron. Frédérique Vidal, nommée ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, était présidente de l’Université Nice-Sophia-Antipolis depuis 2012 et auparavant chercheuse en génétique moléculaire. Agnès Buzyn, médecin chercheuse en hématologie, prend le poste de ministre des Solidarités et de la Santé. Chercheuse spécialisée dans les leucémies et la greffe de moelle osseuse, Agnès Buzyn présidait jusque-là la Haute autorité de santé, l’agence scientifique chargée d’évaluer le système de santé français.