Santé et Science

Actus sciences: tout Paris sans voiture!

Paris pousse plus loin le concept de ville sans voiture! Aussi, révolution environnementale à Ottawa, l’édition génétique et ses dangers et nouvelles priorités dans la recherche militaire.

Photo: Pixabay

Paris sans voiture

Malgré le mécontentement des automobilistes, la Ville de Paris a annoncé cette semaine qu’elle tiendrait à l’automne une Journée sans voiture d’encore plus grande ampleur que celle de 2016, alors que 650 km de rues avaient été fermés à la circulation. Le dimanche 1er octobre prochain, pour la première fois, la capitale française sera donc intégralement interdite aux voitures, scooters, motos, camions et autobus de tourisme. Seuls les transports en commun, taxis et véhicules d’urgence seront autorisés à circuler.

Cet événement symbolique, explique la mairesse Anne Hidalgo, a pour but de permettre à la population de voir sa ville autrement et de la sensibiliser aux impacts de la circulation sur la qualité de l’air. Une idée que ne partage visiblement pas le maire Coderre, pourtant présent aux côtés de madame Hidalgo à l’occasion du Congrès Métropolis, tenu cette semaine à Montréal, lors duquel on a discuté des grands enjeux des villes, dont le climat. La Journée mondiale sans voiture n’est plus célébrée au Québec depuis plusieurs années.

Révolution environnementale à Ottawa

Les députés fédéraux qui siègent au Comité permanent de l’environnement et du développement durable de la Chambre des communes, à Ottawa, viennent de proposer une vaste refonte de la Loi sur la protection de l’environnement, qui date de 1999. Les multiples modifications proposées, si elles sont adoptées, auront des impacts énormes pour la santé de la population et des écosystèmes.

Les députés proposent d’abord d’inclure dans la loi canadienne la notion de droit à un environnement sain, comme l’ont déjà fait une centaine de pays. Cette mesure est considérée par de nombreux juristes comme essentielle pour donner plus de mordant aux lois environnementales. Ils demandent aussi que la Loi sur la qualité de l’environnement prévale sur toutes les autres lois fédérales régissant des produits potentiellement à risque (par exemple les lois sur les produits de consommation, sur les engrais, les aliments et drogues). Le Comité veut plus de transparence et propose l’étiquetage obligatoire des dangers inhérents à l’usage de tous les produits contenant des substances toxiques ainsi que l’adoption de des normes fédérales pour la qualité de l’eau potable. Le comité estime également que les perturbateurs endocriniens devraient être considérés comme des produits toxiques.

Les députés proposent aussi le renversement du fardeau de la preuve, notamment pour les substances reconnues comme cancérigènes, toxiques pour la reproduction. Ces substances seraient interdites d’usage à moins que le fabricant d’un produit qui en contient fasse la preuve au gouvernement que l’usage proposé ne présente pas de danger et qu’il n’existe pas de substitut viable.

Cette mesure a bien peu de chance d’être adoptée telle quelle, mais c’est la première fois qu’elle fait partie d’une recommandation officielle aussi détaillée en haut lieu. Le Comité de l’environnement et du développement durable est constitué de six députés libéraux, trois conservateurs et une néo-démocrate.

CRISPR, entre science et business

La publication fin mai d’une étude montrant que la méthode d’édition génétique CRISPR Cas9 provoque des mutations inattendues dans le génome a entraîné une chute de 15% de la valeur des actions de l’entreprise développant des applications de cette technologie considérée comme révolutionnaire. Des industriels qui considèrent cette étude comme trompeuse ont exigé de la revue Nature Methods — qui l’a publiée — qu’elle la retire de sa publication.

Jusqu’à quel point des intérêts économiques peuvent-ils empêcher les scientifiques de faire leur travail et de publier le résultat de leurs travaux, fussent-ils contraire à ce qu’ils espèrent? Nature Methods a refusé de retirer cette étude et a répliqué par un éditorial appelant à plus de précaution dans la conduite des innombrables études portant sur cette technologie. Pour pouvoir réellement évaluer l’intérêt de CRISPR, dit l’éditeur, il faudrait que les chercheurs rapportent systématiquement les effets non désirés et publient les métadonnées sur lesquels ils s’appuient, d’une manière standardisée.

Recherche militaire au programme

La nouvelle Politique de défense du Canada, annoncée début juin, inclut un volet de relance de la recherche et de l’innovation : 1,6 milliard de dollars doivent être investis au cours des 20 prochaines années dans de nouveaux partenariats de recherche entre la Défense nationale, le secteur privé et les universités. Thèmes prioritaires : la santé mentale des militaires, la cyberdéfense, les carburants de remplacement, les systèmes pilotés à distance, le Big Data et la lutte aux engins explosifs improvisés.