Santé et Science

Actus santé: pour y voir clair

La refonte pour réglementer les produits naturels ne va pas assez loin, selon des médecins. Aussi, la carapace des crevettes pourrait sauver nos articulations, et la grande variabilité des prix des médicaments.

(Photo : iStockPhoto)

La refonte proposée par le ministère de la Santé du Canada pour resserrer la réglementation autour des produits de santé naturels (PSN) ne va pas assez loin pour protéger le public, déplore le Dr Matthew Stanbrook dans un éditorial du Canadian Medical Association Journal (CMAJ). Santé Canada propose de classer les PSN en trois catégories de risques. Les produits jugés « à risque élevé » feraient l’objet d’une évaluation complète pour s’assurer de leur innocuité, tandis que les produits « à faible risque » seraient soumis à une évaluation sommaire.

Selon toute vraisemblance, les produits homéopathiques seraient classés dans la catégorie « à faible risque », s’inquiète le Dr Stanbrook. Il rappelle le cas récent d’un produit homéopathique vendu aux États-Unis pour soulager la poussée dentaire chez les bébés. Ce produit, censé contenir des quantités très diluées de belladone, une plante très toxique, a causé la mort d’au moins 10 poupons. Morale de l’histoire : on ne peut connaître le risque sans d’abord l’évaluer.

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La modération a meilleur goût

La majorité des Québécois ont réduit leur consommation d’alcool depuis cinq ans, selon une enquête quinquennale réalisée par Éduc’alcool. La consommation moyenne est passée de 3,3 à 3 verres standards par semaine. La consommation moyenne par occasion, elle, est passée de 2,5 à 2,2 verres.

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Fin de l’exode

De moins en moins de médecins formés au Canada vont exercer aux États-Unis, constate le Dr Thomas Freeman, de l’Université Western Ontario, qui a épluché la base de données de l’American Medical Association (AMA). Dans les années 1990, jusqu’à 250 médecins diplômés au Canada faisaient leurs valises chaque année pour s’installer chez nos voisins du Sud. En 2015, seulement 27 médecins ayant obtenu leur diplôme au Canada entre 2009 et 2011 figuraient dans la base de données de l’AMA. Le chercheur invoque différentes raisons pour expliquer la fin de l’exode, dont le réinvestissement dans les soins de santé au Canada après les coupes des années 1990.

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De la crevette dans les genoux

La carapace des crevettes pourrait venir au secours de nos articulations, selon Caroline Hoemann, professeure au Département de génie chimique de Polytechnique Montréal. Son équipe étudie comment la chitosane (un biopolymère fabriqué à partir de la carapace de ces crustacés) peut prévenir la dégradation du cartilage et soulager l’arthrose. Des résultats prometteurs obtenus avec des cellules in vivo ont été publiés dans la revue Biomaterials. Les premiers tests sur les humains sont prévus pour bientôt.

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Grand écart

D’une région du monde à l’autre, le prix des médicaments peut varier de 600 %, révèle une étude menée dans 10 pays riches dotés d’un système de santé universel. C’est au Canada que les prix sont le plus élevés. Les Canadiens consomment la même quantité de médicaments que les habitants des autres pays, dont l’Allemagne, la Grande-Bretagne ou la Suède. « Or, en 2015, ils auraient dépensé collectivement 2,3 milliards de moins s’ils avaient payé le prix moyen qui a cours dans les autres pays », calcule le Dr Steven Morgan, qui publie ses résultats dans le Canadian Medical Association Journal (CMAJ). Le régime mixte public-privé d’assurance médicaments en vigueur au Canada est moins efficace pour maintenir les coûts bas.