Stanley Vollant : Le médecin qui marche
Santé et ScienceChanger le monde

Stanley Vollant : Le médecin qui marche

Pour le Dr Stanley Vollant, 52 ans, premier chirurgien autochtone du Québec, changer le monde passe par une marche de 6 000 km parmi les 11 Premières Nations et communautés inuites du Québec, qui se conclura en 2018. L’objectif : sensibiliser les autochtones à l’importance de l’activité physique, et inspirer les enfants à poursuivre leurs rêves.

Le plus important pour les autochtones, est-ce de retrouver les bienfaits de l’activité physique ou de lutter contre le décrochage scolaire ? À quoi faut-il s’attaquer ?

Les deux sont liés. De nombreux problèmes de santé qui s’observent chez les Premières Nations sont dus à la sédentarité. J’ai passé les sept dernières années de ma vie à prêcher par l’exemple. Mon message aux enfants : ils peuvent croire en leurs rêves. Si je suis devenu médecin, eux peuvent rêver d’être le premier astronaute ou le premier premier ministre canadien d’origine autochtone. Mais on a aussi besoin d’électriciens, de soudeurs, de mécaniciens, d’ingénieurs, d’avocats… Tout ça passe par le système scolaire. Sur le plan de la santé, la sous-scolarisation mène au diabète, à l’obésité morbide, au suicide.

Qu’est-ce qui reste à faire pour changer le monde ?
On changerait le monde si on assurait à tous les enfants l’accès à un toit, suffisamment de nourriture et un climat familial sain. C’est ce qui manque dans la plupart des communautés autochtones actuellement, mais aussi dans certains quartiers de Montréal. Quand tu n’as rien pour déjeuner, que tes parents sont intoxiqués et que tu fréquentes une école où les enseignants sont à bout, pas facile de croire à tes chances de t’en sortir.

Y a-t-il de l’espoir ?
Depuis le génocide culturel des écoles résidentielles, les autochtones ont mis trois générations à glisser vers l’état actuel d’affliction. Ils auront besoin de trois générations pour remonter la pente. Je ne m’attends pas à voir beaucoup d’améliorations de mon vivant… mais l’espoir est là.