Actus science: le point sur l'autisme
Santé et Science

Actus science: le point sur l’autisme

Au menu cette semaine : le point sur l’autisme au Québec, une révolution dans le système métrique et le prix des nouveaux médicaments.

L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a publié son nouveau bilan de surveillance du trouble du spectre de l’autisme au Québec. En 2014-2015, 17 000 personnes âgées de 1 à 17 ans ont reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme (TSA) ayant été déclaré à la Régie de l’assurance maladie à la suite d’une visite médicale ou d’une hospitalisation.

L’INSPQ confirme que la prévalence annuelle du TSA chez les 1 à 17 ans, c’est-à-dire la proportion de la population de jeunes de 1 à 17 ans qui a reçu ce diagnostic dans l’année, a augmenté de façon continue de 2000 à 2015, passant de moins de 1/1000 à plus de 4/1000. En 2014-2015, 12 jeunes de 1 à 17 ans sur 1000 ont reçu un diagnostic de TSA : 19/1000 pour les garçons et 4/1000 pour les filles.

L’INSPQ a constaté que cette prévalence varie beaucoup d’une région du Québec à une autre, allant de 0,7% à 1,8% chez les 4 à 17 ans. Les raisons de cette différence ne sont pas claires : elle pourrait être attribuable en partie au fait que des familles quittent les régions rurales ayant moins de services, ou à des différences dans la sensibilisation de la population. Les prévalences les plus élevées se retrouvent à Montréal puis en Montérégie, les moins élevées dans la région de Québec et en Abitibi. L’étude de l’INSPQ confirme que le TSA touche autant les riches que les pauvres, et qu’il est associé à un risque plus élevé d’autres problèmes de santé physique et surtout mentale. Le taux de mortalité des 1 à 24 ans est trois fois plus élevé chez les personnes atteintes de TSA que dans le reste de la population du même âge.

Bonne nouvelle en revanche, un nouveau Centre de recherche sur l’autisme vient de voir le jour à l’Institut neurologique de Montréal, grâce à un don de 16 millions de dollars de la Fondation Azrieli.

Un kilo, c’est un kilo!

Grande nouvelle dans le monde de la métrologie! La Conférence générale des poids et mesures, qui gère depuis 1875 le Système international utilisé presque partout dans le monde (à l’exception notable des États-Unis), vient de confirmer qu’elle est désormais prête à redéfinir le kilogramme et à fixer définitivement la valeur des constantes physiques sur lesquelles sont basées toutes les autres unités du système international, comme le mètre ou la seconde. La tâche peut sembler anodine et elle n’aura aucun impact sur ce que mesure, par exemple, les balances dans les épiceries. Mais les scientifiques qui ont besoin de valeurs ultra précises pour faire avancer la recherche verront la différence.

Le perfectionnement du système universel de mesure mobilise des dizaines de chercheurs à travers le monde depuis des décennies. Le kilogramme était depuis 2005 la dernière unité à être définie en référence à un objet – un cylindre de platine iridié connu sous le nom du Grand K, conservé à Paris depuis 1889. Les six autres unités du système (mètre, seconde, ampère, kelvin, mole et candela) sont déjà définies à partir de propriétés physiques fondamentales. Le mètre, par exemple, est la distance parcourue par la lumière dans le vide pendant une durée de 1/ 299 792 458e de seconde. En 2011, on a découvert qu’en 100 ans, le Grand K avait perdu 50 microgrammes. Une perte minime, mais inacceptable dans un domaine qui a besoin d’une précision extrême!

En 2011, la Conférence internationale des poids et mesures avait choisi de baser sa nouvelle définition du kilogramme sur une formule basée sur la constante de Planck, une constante foondamentale intervenant dans les lois de la physique quantique et qui vaut environ 6,626070133  ×  10−34  m2 kg / s. Il restait à pouvoir mesurer cette grandeur avec une précision suffisante, et avec plusieurs méthodes différentes pour garantir le résultat.

C’est une équipe de chercheurs du Conseil national de recherches du Canada, à Ottawa, qui a mis un point final à ce travail en établissant la valeur de cette constante ce printemps, dans une étude publiée dans la revue Metrologia,  avec une marge d’erreur inférieure à 10 milliardième.  Fin octobre, le Committee on Data for Science and Technology, un autre organisme international, a statué que la constante de Planck est désormais assez précise pour qu’elle puisse servir de base à une nouvelle définition du kilogramme, qui sera entérinée en 2018 et entrera en vigueur le 20 mai 2019.

Bataille sur le prix des médicaments brevetés

Montréal in vivo, la grappe industrielle des sciences de la vie de la métropole, s’est jointe à une coalition d’organismes canadiens des sciences de la vie pour se plaindre du peu d’écoute qu’ils reçoivent du Conseil d’examen du prix des médicaments brevetés, une instance fédérale qui s’assure que les médicaments ne sont pas vendus à des prix excessifs au Canada. Le groupe reproche au gouvernement d’être incohérent en encourageant l’innovation d’une main tandis qu’il tente de réformer la manière dont il fixe les prix de l’autre, ce qui mettrait en péril l’industrie des sciences de la vie au Canada.

Mais Ottawa semble fermement décidé à faire du ménage dans les prix, avec ou sans l’avis de l’industrie. Dans son rapport annuel, sorti fin octobre, le Conseil indique que les ventes de médicaments brevetés ont augmenté de 2,6 % en 2016 pour atteindre 15,5 milliards de dollars. En date du 31 mars 2017, 101 enquêtes étaient en cours relativement à des prix de médicaments brevetés possiblement excessifs. Difficile de plaindre le secteur pharmaceutique quand on apprenait fin octobre que les profits de la compagnie Pfizer ont doublé au troisième trimestre entre 2016 et 2017 pour atteindre 2,84 milliards de dollars, une performance que les analystes expliquent par les bonnes ventes des nouveaux médicaments contre les cancers qui ont plus que compensé la perte de brevets sur d’anciens traitements. En mars dernier, l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux du Québec, l’INESSS, a refusé qu’un des médicaments de Pfizer destiné au traitement du cancer du sein métastatique soit remboursé au Québec, estimant qu’il était beaucoup trop cher en regard du bénéfice qu’il procure comparé au traitement existant. Un seul comprimé de Ibrance, qui doit être pris quotidiennement, coûte 300 dollars. Le ratio coût/efficacité gagné par l’ajout de ce traitement dépasserait les 400 000 dollars par année de vie gagnée selon l’INESSS.