Faut-il avoir peur… du zona ?
Santé et Science

Faut-il avoir peur… du zona ?

Cette maladie, quoique peu dangereuse, est très pénible pour les personnes qui en souffrent. Heureusement, il y a des moyens d’y échapper !

Le Canada est le premier pays à homologuer un nouveau vaccin contre le zona, le Shingrix, de la société GlaxoSmithKline, qui sera offert en janvier. Pour le promouvoir, GSK jouera avec vos nerfs, en publicisant les histoires vécues de patients qui ont souffert pendant des mois de complications. Pourtant, vous avez de grandes chances d’y échapper !

Le zona est dû à un virus de la famille de l’herpès, connu sous le nom de virus varicelle-zona. Répandu sur toute la planète, il donne d’abord la varicelle, maladie contre laquelle on vaccine les poupons de 18 mois depuis une quinzaine d’années. Après la varicelle, le virus n’est pas toujours éliminé. Il se tapit dans des nerfs, d’où il peut réémerger des décennies plus tard lorsque les anticorps s’affaiblissent. Il donne alors le zona, une maladie qui touchera une personne sur trois au cours de sa vie (généralement passé la cinquantaine) et dont la prévalence augmente avec l’âge. La moitié des gens de 85 ans ont déjà souffert de cette affection. Faute de recul, on ne sait pas encore si le vaccin contre la varicelle diminuera le risque de zona.

Si cette maladie n’est pas vraiment dangereuse, sauf pour les personnes immunodéprimées, elle est cependant très pénible. La plupart des cas surviennent dans un nerf entre deux côtes et entraînent des rougeurs, mais surtout une vive sensation de brûlure, qui s’estompe graduellement pour disparaître en trois à six semaines.

Parmi les gens touchés, une personne sur cinq aura ensuite des épisodes plus ou moins prolongés et intenses de douleurs qui pourront ressurgir à l’occasion. Par ailleurs, dans un cas sur 10 environ, le zona survient dans un nerf optique ou auditif. Il peut alors, exceptionnellement, engendrer des complications sérieuses, telles que la cécité ou une paralysie faciale. Bref, même si le zona n’est pas toujours dramatique, il n’est ni rare ni anodin.

S’en protéger par un vaccin est assurément une bonne idée. Tout comme le premier vaccin contre le zona, homologué au Canada en 2009, le Shingrix est sûr et cause peu d’effets secondaires. Il est en outre beaucoup plus efficace que son prédécesseur, le Zostavax II, de la société Merck. Selon les études cliniques menées auprès de 37 000 personnes, le Shingrix permettrait d’éviter 97 % des cas de zona, y compris chez les septuagénaires.

Seul hic ? Ces deux vaccins coûtent environ 200 dollars et ne sont pas remboursés par l’assurance maladie au Québec. La dépense vaut-elle la peine ? À chacun d’y voir, en fonction de ses finances personnelles et de sa tolérance au risque. Chose certaine, on peut aussi bien vivre sans être vacciné, ou encore attendre que le vaccin finisse par être remboursé ou que son prix baisse.