Faut-il avoir peur… du smog ?
Santé et Science

Faut-il avoir peur… du smog ?

« L’OMS estime que 92 % de la population du globe vit désormais dans des régions où la qualité de l’air laisse à désirer. »

Après Pékin, déjà célèbre pour la récurrence et l’intensité de ses épisodes de smog, c’était au tour de New Delhi, l’automne dernier, d’être plongée dans cet épais nuage jaunâtre de particules fines, d’ozone et d’autres polluants. Mais la population de ces deux mégapoles asiatiques n’est pas la seule à étouffer. Le phénomène est de plus en plus répandu dans le monde et cause, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ trois millions de décès prématurés par an, principalement des suites de maladies cardiovasculaires et respiratoires.

L’OMS estime que 92 % de la population du globe vit désormais dans des régions où la qualité de l’air laisse à désirer, du fait de l’urbanisation galopante. La circulation automobile et le chauffage au bois ou au charbon sont les premiers à l’origine de cette pollution. De 2008 à 2013, la pollution de l’air en ville a crû de 8 % à l’échelle de la planète, selon l’OMS. Les cinq pays où la pollution de l’air fait le plus de victimes sont, par ordre d’importance, la Chine et l’Inde, puis, loin derrière, la Russie, le Nigeria et le Pakistan.

Le seuil de pollution à partir duquel on considère que les risques pour la santé augmentent a été fixé en 2005 à 10 parties par million (ppm). À Montréal, le niveau moyen annuel de particules fines, spécialement dommageables pour les poumons, était de 7 ppm en 2016. Et c’est le centre-ville de la métropole qui a le plus mauvais bilan : l’indice de qualité de l’air, qui combine l’ensemble des polluants, y a été classé comme « mauvais » pendant 11 jours en 2016. Rien à voir avec Delhi, où la moyenne annuelle du taux de particules fines dans l’air est de… 122 ppm !

La prise de conscience du danger évolue. Poussées par un programme mondial visant à diminuer nettement la pollution de l’air d’ici 2030, un nombre grandissant de villes passent à l’action — d’abord en mesurant la qualité de l’air, puis en tentant de l’améliorer et de mettre la population à l’abri quand elle se détériore. L’OMS surveille désormais plus de 3 000 villes. Parmi celles-ci, la moitié des villes des pays à revenu élevé et le tiers de celles de pays à revenu faible ou intermédiaire ont réduit leurs niveaux de pollution de plus de 5 % dans les cinq dernières années. Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir : quantité de villes d’Asie et d’Afrique enregistrent encore des moyennes annuelles plus de 10 fois supérieures au seuil sécuritaire !