Actus science : l'intelligence artificielle, c'est du chinois ?
Santé et Science

Actus science : l’intelligence artificielle, c’est du chinois ?

La Chine veut devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle. Aussi, nouvelle protection pour l’Amazonie, disparition d’un grand chercheur et le point sur les nouveaux antibiotiques.

Intelligence artificielle : la Chine sort le grand jeu

Depuis que la Chine a publié, l’été dernier, son plan d’action en vue de devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle d’ici 2030, les annonces se multiplient. En janvier, le gouvernement a lancé à Pékin la construction d’un immense parc technologique entièrement consacré à l’IA, pour un coût de deux milliards de dollars. Il veut y accueillir 400 entreprises et y installer un centre de recherche universitaire national dans ce domaine. En décembre, Google a annoncé l’ouverture du Google China IA Center, son premier centre d’importance voué à ce sujet en Asie. Les capitaux affluent, notamment ceux mobilisés par Kai-Fu Lee, qui fut chercheur puis directeur chez Apple, Microsoft et Google avant de mettre sur pied un fond de capital de risque à Pékin. Son entreprise, Sinovation Ventures, a déjà investi plus de 600 millions de dollars dans des sociétés d’intelligence artificielle en démarrage. Pour l’instant, les entreprises chinoises sont à la traîne, comparativement à celles de la Silicon Valley. Mais avec des salaires plus bas qu’aux États-Unis, une main-d’œuvre bien formée et la possibilité d’exploiter des données très, très massives en raison de la population du pays, la Chine compte bien rattraper rapidement son retard.

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Bonne nouvelle pour l’Amazonie !

Le gouvernement du Pérou a annoncé la création d’un nouveau parc national en plein cœur de l’Amazonie, voué à protéger de précieux écosystèmes ainsi que les peuples autochtones qui vivent aux environs. Le parc national Yaguas couvre près de 900 000 hectares, soit environ 20 fois l’île de Montréal. Il est situé le long de la rivière Putumayo, au nord-est du Pérou, près des frontières avec la Colombie et le Brésil. Cette vaste zone reculée est encore intacte, selon les scientifiques, qui y ont dénombré entre autres plus de 3 000 espèces de plantes, 500 espèces d’oiseaux, 160 espèces de mammifères et environ 550 espèces de poissons.  C’est une des zones du monde les plus riches en biodiversité d’eau douce. Communautés autochtones voisines et écologistes bataillaient ensemble depuis près de 30 ans pour protéger ce grand espace vierge des ravages de la déforestation et de l’exploitation minière qui sévissent aux alentours.

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Décès d’un bâtisseur

Le Québec a perdu le 21 janvier un des grands bâtisseurs de son système de recherche et d’innovation en la personne de Louis Berlinguet, décédé à l’âge de 91 ans. Après avoir commencé sa carrière de professeur à l’Université Laval en 1950, le biochimiste s’était rapidement impliqué dans l’administration de la recherche et la mise sur pied de politiques scientifiques. Nommé vice-président à la recherche du réseau des Universités du Québec à sa fondation, en 1969, il joue un rôle clé dans la création de l’Institut national de la recherche scientifique, qui emploie aujourd’hui plus de 150 professeurs-chercheurs. Cette année-là, il est aussi président de l’Acfas. Par la suite, il occupera de multiples postes à l’échelle provinciale, fédérale et même internationale. Louis Berlinguet fut notamment vice-président du Centre de recherche pour le développement international du Canada, attaché scientifique à l’ambassade du Canada en France, premier conseiller scientifique et  sous-ministre aux Sciences et à la Technologie du gouvernement de Pierre-Elliott Trudeau, et président du Commonwealth Research Council, à Londres, avant de prendre la direction de l’Institut de recherche en santé et en sécurité au travail du Québec, puis celle du Conseil de la science et de la technologie du Québec, qu’il occupa jusqu’en 1997. Il contribuera ensuite largement à l’élaboration de la Politique scientifique du Québec de 2001, mise sur pied par le ministre Jean Rochon.

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Un palmarès pour les nouveaux antibiotiques

Les fabricants de médicaments en font-ils assez pour tenter de découvrir et de commercialiser de nouveaux antibiotiques susceptibles de remplacer ou de venir en appui à ceux dont l’efficacité décroît ? L’ONG néerlandaise Access to Medicine Foundation a profité du sommet économique de Davos pour lancer un très intéressant palmarès qui classe les sociétés pharmaceutiques, les entreprises de biotechnologies et les fabricants de médicaments génériques selon leurs efforts en ce sens.

Au total, 28 nouveaux antibiotiques sont dans des phases avancées de tests, indique ce palmarès. La société GSK mène le bal, devant Johnson & Johnson. Seulement deux de ces médicaments potentiels font déjà l’objet de plans visant à les utiliser avec parcimonie, par exemple en les prescrivant seulement si les antibiotiques existants ne fonctionnent pas. L’ONG y voit une façon de s’assurer qu’ils ne perdent pas rapidement de leur efficacité. Neuf entreprises, Pfizer en tête, participent activement à des programmes de surveillance de la résistance aux antibiotiques, menés dans un total de 147 pays. Mais seules quatre entreprises ont commencé à ne plus verser de primes à leurs représentants en fonction du volume d’antibiotiques qu’ils vendent, une mesure que l’ONG considère comme importante pour faire diminuer l’usage non essentiel des antibiotiques et préserver ainsi le plus longtemps possible leur efficacité. L’augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques est, selon l’Organisation mondiale de la santé, une des plus graves menaces à la santé dans le monde.