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Il a soigné la Nouvelle-France

Peinture à l’huile de Pierre Mignard, Musée de l’Île Sainte-Hélène.En Nouvelle-France, on ne soignait pas que les âmes. Le chirurgien bourguignon Michel Sarrazin y débarque en 1685, dans la petite colonie de 15 000 habitants regroupés en 12 paroisses catholiques disséminées le long du Saint-Laurent. Il a 26 ans. Dans le contexte de la guerre interminable des Français contre les Anglais et les Iroquois, et compte tenu de la dureté de la vie dans le Nouveau Monde, ses compétences seront vite appréciées. Il sera d’ailleurs assez rapidement nommé « chirurgien-major » des troupes du Roy.Il soigne sur tous les fronts, médecin à l’Hôtel-Dieu de Québec, chirurgien des troupes à Montréal. Lourde tâche, d’autant que Sarrazin n’est pas une force de la nature. Il aura d’ailleurs de très sérieux ennuis de santé durant l’été de 1692. Lors d’un séjour à Montréal, il doit entrer lui-même à l’hôpital, où il passera un mois entre la vie et la mort. L’affaire est assez sérieuse pour qu’il rédige son testament. Contre ses propres attentes, il se remet sur pied. À 32 ans, il décide d’abandonner la chirurgie ; il se retire du monde, fait son entrée au Séminaire de Québec et ambitionne de devenir prêtre.Un an plus tard, il retourne en France. La vocation sacerdotale du chirurgien ne tient pas la route, et Michel Sarrazin quitte le Séminaire pour s’inscrire en médecine à Paris. Il faut noter qu’au 17e siècle être chirurgien ne voulait pas dire, et de loin, être médecin. Les deux corporations étaient nettement distinctes et la médecine tenait le haut du pavé. Le chirurgien était considéré comme un « ramancheux », celui qui amputait, cautérisait, soignait les plaies vives et ouvertes, les blessures et les fractures. Il versait aussi dans la pharmacopée, question d’apaiser les douleurs, de réduire les enflures ou de favoriser la cicatrisation.À 38 ans, Michel Sarrazin est reçu docteur en médecine à Reims. La nouvelle parvient en Nouvelle-France, où l’on manque cruellement de médecins. Après des négociations serrées le Dr Sarrazin est très à cheval sur les principes de la reconnaissance, du statut et des émoluments , ce dernier décide de revenir au pays. Il se mettra à l’ouvrage sans perdre de temps, car une épidémie de purpura (maladie caractérisée par de petites hémorragies disséminées de la peau) éclate sur le navire durant la traversée, et le docteur lui-même en est atteint.La décennie qui suit son retour est fort occupée. Michel Sarrazin soigne les « grands de ce petit monde », Mgr de Laval et Mgr de Saint-Vallier. Il traite l’hydropisie chronique (qui entraîne des oedèmes généralisés) du gouverneur de Callières. En 1700, il est le médecin-chef de l’Hôtel-Dieu, des Ursulines et de l’Hôpital général. Sa tâche est colossale. Il s’attaque à la pleurésie avec assez de bonheur. Il doit faire face à l’épidémie de petite vérole qui ravage la vallée du Saint-Laurent en 1702-1703. Il s’intéresse aussi au cancer et aux soins antidouleur. Soeur Marie Barbier de l’Assomption, de la congrégation de Notre-Dame, à Montréal, vient à Québec le consulter pour une plaie au sein. Cette plaie était ouverte, la maladie progressait. Sarrazin reconnut un cancer. Pour la sauver d’une mort aussi certaine que prochaine, il osa tenter une mastectomie. Il semble bien que l’opération fut un grand succès à tous égards : soeur Marie Barbier retourna à Montréal et elle vécut encore 39 ans, sans souci de santé.Dans l’intervalle, le Dr Sarrazin commence à répertorier les plantes canadiennes en testant leurs vertus curatives. Il devient correspondant canadien de l’Académie des sciences de Paris. Botaniste sur le terrain, Sarrazin herborise et envoie à Paris des spécimens, qu’on ajoutera à la collection du Jardin des Plantes. À l’Académie, on donnera à une plante américaine répertoriée par Sarrazin le nom scientifique de Sarracena purpurea. Sarrazin fera la première étude scientifique complète sur la nature du phénomène de la sève de l’érable à sucre. Il fera aussi connaître les vertus du bleuet canadien, que les Amérindiens utilisaient abondamment. Mais sa curiosité était plus vaste encore. Malgré ses laboratoires de fortune, il devient biologiste et anatomiste, montrant une folle passion pour l’étude de certains animaux sauvages d’Amérique. Il observe avec précision la forme du piquant de ce qu’il appelle le « porte épy ». Mais là où il donnera sa pleine mesure, ce sera dans l’observation de la physiologie du castor et du rat musqué. Ses mémoires scientifiques sur le castor sont des ouvrages majeurs. Il a commencé ses recherches dès 1701. Pendant des années, il poursuivra une recherche obsédante, décrivant tout dans le moindre détail anatomique.En 1712, à l’âge de 53 ans, il se marie. Ce célibataire endurci, bourreau de travail, convole en justes noces à Montréal avec Marie Anne Hazeur, qui n’a que 20 ans. C’est une Canadienne de Québec, fille d’une famille riche. Son père a été membre du Conseil supérieur ; c’est un homme d’affaires très en vue.Avec la jeune épouse vient une fortune. L’épouse, pour sa part, hérite d’un époux bien particulier. On le dit chagrin, rêveur, mélancolique, pessimiste et parfois cynique. Il y a chez Sarrazin une certaine amertume. Sans être casanier, il est surtout routinier, nullement mondain, simplement absorbé par son travail. Ce n’est pas un aventurier et, malgré sa passion pour les animaux sauvages, il ne fréquente pas le territoire et ne va pas en forêt. Bien sûr, il voyage beaucoup entre Québec et Montréal ; il ira une fois en Gaspésie évaluer son fief dit de l’Étang. Mais sa vie se résume à ses habitudes urbaines dans la petite ville de Québec, qui compte alors 7 000 habitants. Il aura deux enfants avec Marie Anne Hazeur.S’il est vrai qu’il a un caractère chagrin, il n’en demeure pas moins que l’homme est bon et généreux. C’est un excellent médecin. Toutefois, ni sa pratique ni ses travaux savants ne l’ont enrichi. Pis encore, il a l’impression d’avoir été floué. C’est que Michel Sarrazin, simple correspondant de l’Académie sur le terrain, aspire à une plus belle reconnaissance : il se voit membre à part entière de ladite Académie. Lui qui a disséqué, observé, décrit, révélé et découvert des données originales sur les plantes et les animaux d’Amérique a vu ses travaux repris par de grands noms, Réaumur, Fontenelle, qui, disons-le, en ont injustement reçu le mérite. Il faut être à Paris pour rayonner et nul ne saurait briller dans une province éloignée.Michel Sarrazin vieillit dans l’impatience et l’amertume. Profitant de la fortune de sa femme, il commet l’imprudence de se lancer dans le commerce. Il y a une carrière d’ardoise sur ses terres de l’Étang, en Gaspésie. L’affaire semble prometteuse et il décide de l’exploiter. L’intention est de fournir de l’ardoise pour la construction des toits des maisons et édifices de Québec et de Montréal, proposition architecturale mais aussi gage de sécurité dans la lutte contre les incendies. Cependant, rien n’est gagné. Se pose d’abord le problème de la main-d’oeuvre qualifiée. De surcroît, le coût du transport s’avère prohibitif. L’un dans l’autre, cette aventure commerciale s’écroulera rapidement, non sans engloutir une partie du patrimoine foncier que Sarrazin avait engagé en tant que promoteur principal. Pour se reprendre et se refaire, l’homme discret s’engage alors dans une autre entreprise de taille : les pêcheries. Ce qui devait lui rapporter gros lui coûta ce qui restait de son patrimoine. Cette dernière affaire le ruina.En 1734, à 75 ans, Michel Sarrazin pratique encore la médecine. Les épidémies faisant toujours leurs ravages, la société de Québec ne peut se passer des services d’un aussi bon médecin. C’est en soignant des malades à l’Hôtel-Dieu que Sarrazin contracte une fièvre maligne venue d’un navire en provenance de la France. De cette fièvre, il ne se relèvera pas : il meurt quelques jours plus tard, en septembre 1734. L’homme qui soignait si bien les malades a rejoint la cohorte des vies épuisées.À sa façon, Sarrazin fut un explorateur, un ermite au long cours, un homme résistant, étonnant, éprouvé par les obstacles, usé par son temps. À la manière des savants les plus méticuleux, n’avait-il pas compris des pans entiers de la nature du monde nouveau dans lequel il vivait, comme si l’Amérique française était un gros castor, avec sa cour de rats musqués et de porcs-épics, avec un peu de sirop d’érable pour son bonheur et une coupe de bleuets contre le cancer ?

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VHP 101

La foire aux questions La section « Foire aux questions » du site Infovph.ca, conçu par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada, fournit des informations sur la manière de contracter le VPH, l’infection des hommes, le traitement, les causes, les signes et symptômes, le dépistage et la vaccination. Cliquez ici Cancer du col de l’utérus Le cancer du col de l’utérus est fortement lié au VPH. Santé Canada propose un excellent document sur le dépistage de ce type de cancer. Cliquez ici La Société canadienne du cancer, de son côté, fournit de l’information sur la dysplasie, l’état précancéreux du col de l’utérus. Elle rappelle aussi que ce problème de santé est assez fréquent et se traite facilement. Bref, pas de panique ! Cliquez ici Une section pour les parents Que dire à son enfant au sujet du VPH ? Cette section du site Web Infovph.ca offre un excellent tour de piste pour papa et maman. Cliquez ici …et pour les ados ! Voici trois sections du site Web Infovph.ca pertinentes pour les jeunes. « Mon premier examen pelvien et le test de Pap » Qu’est-ce que c’est ? Quand le faire ? Comment ça se déroule ? « Quoi dire à ton partenaire sexuel au sujet du VPH ? » Comment s’y prendre pour transmettre un message simple et clair. « Défi VPH » Un jeu pour tester ses connaissances sur le VPH. Comment parler du VPH à l’école ? Le site Web Infovph.ca offre aussi une trousse d’information pour les intervenants en milieu scolaire. Les outils comprennent entre autres des plans de leçons et des présentations à l’intention des élèves. Cliquez ici Le point de vue de la Société canadienne du cancer Saviez-vous que des études en cours évaluent la vaccination contre le virus du papillome humain pour les garçons et les hommes ? Cet article recense aussi les différents vaccins anti-VPH et les formes de cancer qu’ils permettent de prévenir. Cliquez ici Les recommandations de l’Agence de la santé publique du Canada Pour comprendre les modes de prévention et les recommandations du gouvernement fédéral relatives à la vaccination, la surveillance et le contrôle. Cliquez ici

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Bon vaccin, bad politique ?

Qu’est-ce que le VPH ? — Le virus du papillome humain (VPH) est l’un des plus répandus chez les humains. Une quarantaine de types de VPH touchent les muqueuses de la zone anogénitale. Ils sont alors transmissibles sexuellement et, dans de rares cas, de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement. Le condom ne protège qu’en partie. En Amérique du Nord, plus de deux personnes sur trois seront infectées par un VPH au cours de leur vie, souvent dès l’adolescence. Heureusement, au moins neuf fois sur dix, le virus passe inaperçu et disparaît en quelques mois. Pourquoi vacciner des fillettes de neuf ans ? — À cet âge, les fillettes n’ont encore eu aucun contact avec le VPH et le vaccin semble plus efficace à ce moment que plus tard. « C’est comme pour le vaccin contre l’hépatite B, qu’on donne depuis des années », soutient Monique Landry, médecin-conseil au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, en réponse aux groupes qui craignent qu’on ne sensibilise trop tôt les fillettes à la réalité des MTS. Elles recevront deux doses espacées de six mois et une troisième, cinq ans plus tard. En guise de rattrapage, on vaccinera aussi, mais seulement pendant quatre ans, les filles de 3e secondaire. Quel lien y a-t-il entre VPH et cancer ? — Compliqué ! Quand le virus ne disparaît pas tout seul, il peut, après plusieurs années, finir par provoquer un cancer. Presque tous les cancers du col de l’utérus sont ainsi causés par le VPH. Beaucoup plus rarement, il cause aussi d’autres cancers, par exemple ceux de l’anus, du pénis ou de la vulve. Quinze types de VPH sont cancérigènes. Sept fois sur dix, le virus à l’origine du cancer du col de l’utérus appartient au type 16 ou 18. Au Québec, près de 300 femmes contractent chaque année cette maladie et 80 en décèdent. Les femmes pauvres sont de loin les plus touchées. Leur système immunitaire est affaibli par de mauvaises conditions de vie et elles sont moins nombreuses à passer régulièrement le test de Papanicolaou — le fameux frottis vaginal ou « Pap test » —, qui permet de repérer des lésions précancéreuses que l’on peut ensuite traiter avant qu’elles dégénèrent. La papillomatose laryngée, maladie grave qui peut survenir à la suite d’une infection pendant l’accouchement, touche environ trois nouveau-nés sur 100 000. Les enfants atteints subissent en moyenne 13 interventions chirurgicales étalées sur plusieurs années avant d’espérer en être débarrassés. Les condylomes, causés neuf fois sur dix par les souches 6 et 11 de VPH, sont plus fréquents : de 20 000 à 25 000 Québécois se font traiter chaque année. Faire enlever ces verrues n’est pas une partie de plaisir… Le vaccin est-il efficace ? — L’efficacité du vaccin Gardasil, fabriqué par le géant américain Merck, est peu contestée : la quasi-totalité des femmes vaccinées lors des études ont présenté une forte réaction immunitaire, signe que leur organisme était prêt à fermer la porte au virus. Le Gardasil a été approuvé dans 103 pays ces dernières années, dont le Canada, en 2006. Mais le Gardasil ne protège que contre quatre types de VPH, à savoir les types 6, 11, 16 et 18. Il ne prévient donc pas tous les cancers ni les condylomes. Même vaccinées, les femmes doivent continuer à passer des frottis pour déceler toute anomalie. « On craint que le vaccin ne donne un faux sentiment de sécurité aux jeunes filles », déplore Nathalie Parent, coordonnatrice de la Fédération du Québec pour le planning des naissances, qui s’oppose à la campagne de vaccination et préférerait qu’on consacre plus d’argent à la promotion du test de Papanicolaou et à l’éducation sexuelle. Comme pour tout nouveau vaccin, on ne sait pas combien de temps dure la protection. « On sait qu’elle est d’au moins cinq ans », affirme James Mansi, directeur scientifique pour les vaccins de Merck Frosst à Montréal. Est-il sécuritaire ? — Le Gardasil est surveillé de près, notamment aux États-Unis, où 16 millions de doses ont déjà été distribuées. Après enquête, les Centers for Disease Control and Prevention ont notamment conclu que les 20 décès rapportés depuis deux ans n’avaient rien à voir avec le vaccin. Pourquoi est-il si cher ? — Merck affirme avoir consacré plus de 250 millions de dollars à la mise au point du Gardasil. Les études cliniques, très complexes pour ce type de produit, ont porté sur plusieurs dizaines de milliers de femmes. Une seule dose coûte 135 dollars. Et il en faut trois ! Faut-il avoir confiance ? — Le Gardasil est une affaire de très gros sous. Après le scandale du Vioxx, Merck mise beaucoup sur ce vaccin, qui, selon certains économistes, ne devrait lui rapporter pas moins de deux milliards de dollars par an d’ici 2010 ! Le Gardasil est soutenu par la campagne de lobbying la plus énergique de l’histoire des vaccins. D’autant que Merck doit faire vite : l’unique vaccin concurrent, le Cervarix, du groupe GlaxoSmithKline, est déjà approuvé dans plusieurs pays — mais pas au Canada. Au Canada, Ken Boessenkool, conseiller politique principal de Stephen Harper jusqu’en 2004, s’est inscrit dans le registre des lobbyistes pour le compte de Merck en février 2007, avec pour mission de suivre la stratégie nationale d’immunisation. Au même moment, le Comité consultatif national de l’immunisation recommandait le vaccin, soulignant qu’il restait d’importantes questions de recherche à approfondir avant de lancer des campagnes dans les écoles. Mais deux mois plus tard, le ministre des Finances, Jim Flaherty, prenait les scientifiques de court en débloquant 300 millions de dollars pour un programme de vaccination universelle contre le VPH dans tout le pays ! Quant à Ken Boessenkool, il est désormais enregistré comme lobbyiste mandaté par la société Taser… Est-on allé trop vite ? — « On a respecté les mécanismes normaux d’approbation d’un vaccin ; seule l’étape du financement a été accélérée », croit Monique Landry. La décision a d’ailleurs été applaudie par la Fédération canadienne des obstétriciens et gynécologues, qui considère que le Gardasil est un progrès majeur pour la santé des femmes. « La campagne est prématurée », affirmait pourtant récemment Abby Lippmann, professeure d’épidémiologie à l’Université McGill, dans un numéro spécial du Journal de l’Association médicale canadienne consacré au vaccin. En avons-nous pour notre argent ? — Vacciner toutes les filles de 4e année coûtera de 12 à 13 millions de dollars par an au Québec. La campagne demandera donc 25 millions de dollars chaque année pendant quatre ans, puis de 12 à 13 millions par la suite. Les 75 millions accordés par Ottawa pour le Québec seront donc épuisés en trois ans. Pour Monique Landry, médecin-conseil au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, le jeu en vaut quand même la chandelle. « Même à ce prix, les analyses économiques prouvent que ce vaccin est l’un des plus rentables et un excellent investissement dans la santé publique », affirme-t-elle. En 2005, un économiste de l’Agence du cancer de la Colombie-Britannique estimait quant à lui que le prix du vaccin ne devrait pas dépasser 60 dollars, pour qu’il soit plus rentable de vacciner que de traiter les maladies occasionnées par le VPH. Le Gardasil profiterait-il davantage à Merck qu’aux victimes potentielles du cancer ? De nombreux éthiciens s’interrogent. Cet argent n’aurait-il pas été mieux investi dans le test de Papanicolaou, dans l’éducation sexuelle en milieu défavorisé, voire dans la prévention ou la guérison d’autres maladies tout aussi graves ? « Ce vaccin est typique de la fuite en avant technologique qui caractérise notre système de santé », croit Pascale Lehoux, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les innovations en santé à l’Université de Montréal. Persuadés qu’ils se font avoir, des groupes de femmes et de jeunes ont demandé un moratoire.

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Le défi de l’énergie

Hydro-électricitéLe prix élevé de l’électricité à bon marché par Pierre Fortin – Septembre 2008 Sans une hausse de 50 % des tarifs d’électricité d’ici quatre ou cinq ans, un dérapage énergétique est à prévoir au Québec. Ruée vers la Baie-James par Dominique Forget – Printemps 2007 La Baie-James, terre d’hydroélectricité? Plus seulement. Aujourd’hui, les chercheurs d’or se disputent ce territoire. Les alternatives: les bio-carburants, les énergies atomique, éolienne et solaire La Gaspésie, eldorado énergétique ? par Pierre Duhamel – Septembre 2007 Jean-Yves Lavoie rêve d’y exploiter un gisement de pétrole de «classe mondiale». Robert Vincent veut y capter ses «gisements» de vent. Des trésors d’énergie ! La Suède roulera au bois par Jonathan Trudel – Avril 2008 La Suède veut mettre fin à sa dépendance au pétrole. Pour y parvenir, elle mise sur les biocarburants issus de la forêt. La fièvre de l’uranium par François Guérard – Avril 2008 Le prix de ce métal radioactif ne cesse de monter. Ça tombe bien : le Canada en regorge. Les prospecteurs en cherchent jusque dans le sous-sol du Québec. Mais la fortune annoncée a un prix. Bagarre écologique en vue ! Pétrole Comment combattre le prix de l’essence ? Par Pierre Fortin – Août 2008 Il suffit de faire comme les Européens : rouler moins et de façon économique.

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Nos amies les bactéries

Les bactéries sont des centaines de milliards à peupler notre peau, notre bouche, nos poumons, notre appareil digestif et nos organes génitaux. Elles assument une grande variété de fonctions, pour la plupart bénéfiques : régulation, protection, assimilation des nutriments, etc. Les scientifiques n’en savent malheureusement guère plus sur elles, la médecine et la biologie moléculaire s’étant principalement concentrées, ces dernières années, sur l’étude des cellules et du génome humains. Toutefois, des chercheurs ont récemment manifesté un nouvel intérêt pour ces micro-organismes et découvert avec étonnement qu’ils pourraient jouer un rôle clé dans certaines pathologies, dont l’asthme et les allergies. Un peu partout dans le monde, des scientifiques ont donc commencé à se rassembler pour faire le recensement des milliers d’espèces de bactéries qui nous habitent et ainsi établir notre « microbiome ». De ces organismes, ils veulent tout savoir : leur génome, leur nombre, leur rôle, leur emplacement et ainsi de suite. La tâche est évidemment colossale, comparable à celle du séquençage du génome humain. Déjà, en avril, les Européens ont lancé MetaHIT, programme de recherche sur les bactéries du tube digestif. De leur côté, les Américains prévoient démarrer l’an prochain le Human Microbiome Project, qui étudiera les bactéries de la peau, de la bouche, de la gorge, des poumons, des intestins et du vagin. Certains rêvent qu’une fois ce travail terminé, dans quatre ans environ, on sera en mesure de tracer le profil bactérien de chaque patient, comme on peut connaître son génome. Et qu’alors on pourra modifier sa flore bactérienne pour influer sur sa santé. Génération malbouffe Des chercheurs de l’Université de Calgary ont examiné 367 aliments destinés aux enfants. Résultats : • 70 % des produits examinés contenaient trop de sucre ; • 23 %, trop de gras ; • 17 %, trop de sel ; • 89 %, en tout, contenaient trop de sucre, de gras ou de sel ; • 63 % vantaient pourtant leur valeur nutritionnelle sur l’emballage. Hadronthérapie Il y a du nouveau dans l’arsenal thérapeutique contre le cancer. Des scientifiques d’un peu partout dans le monde planchent sur un successeur à la radiothérapie : l’hadronthérapie. La technique est semblable, mais au lieu de bombarder les tumeurs de rayons X, on projette des faisceaux de particules — protons, neutrons ou ions — qui provoquent la mort des cellules touchées. Les essais révèlent une plus grande précision, de sorte que les cellules saines entourant les tumeurs ne sont pas endommagées. On peut ainsi augmenter les doses de radiation et, du coup, accélérer les traitements. Il n’existe encore que quelques appareils d’hadronthérapie, qui se trouvent tous dans des laboratoires de recherche en physique des particules. Une vingtaine d’autres sont en construction, dont plusieurs seront destinés à des centres médicaux. Un accent d’ailleurs Rose Doré a passé sa vie dans le sud de l’Ontario. Mais depuis qu’elle a été victime d’un accident vasculaire cérébral, il y a deux ans, elle s’est mise à parler avec l’accent terre-neuvien. C’est le premier cas canadien répertorié d’une affection neurologique rare appelée « syndrome de l’accent étranger ». Seulement une vingtaine d’autres cas ont été signalés dans le monde, dont celui d’une femme vivant au Royaume-Uni qui a pris l’accent jamaïcain. Ailleurs dans le monde Un an seulement après avoir interdit la cigarette dans les lieux publics, l’Écosse voit d’importants changements dans ses hôpitaux. Le nombre de crises cardiaques a chuté de 17 % et, selon les médecins, ce seraient les non-fumeurs qui bénéficieraient le plus de la nouvelle politique. Horloge biologique masculine Avis à ceux qui planifient de fonder une famille : il n’y a pas que l’âge de la femme qui compte, celui de l’homme aussi. Une récente étude menée en France sur plus de 12 200 couples révèle que les chances de procréer chutent lorsque l’homme est âgé de plus de 35 ans, tandis que les risques de fausse couche augmenteraient en flèche. Les auteurs de l’étude supposent que le matériel génétique contenu dans le sperme des hommes plus âgés serait de moindre qualité, ce qui pourrait provoquer des fausses couches. La pilule de l’exercice Perdez du poids sans vous lever de votre fauteuil ! Ce n’est pas la promesse d’une publicité de télé-achat, mais l’espoir des scientifiques de l’Institut Salk,en Californie.Ils pensent avoir mis au point un médicament capable de reproduire les effets de l’exercice physique… sans exercice physique. Des souris qui ont pris le médicament pendant quatre semaines ont accru de 44 % leur endurance physique et développé leurs fibres musculaires. Cette pilule donnerait au corps l’impression qu’il s’entraîne quotidiennement en trompant des enzymes qui régulent le métabolisme des cellules. Bien sûr, il reste encore au moins une décennie de recherche pour comprendre les effets secondaires sur l’humain avant que les gens puissent rester au lit une heure de plus au lieu de faire leur jogging matinal. Espérance pour une population obèse ou nouvelles possibilités de dopage ?

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La grande illusion du recyclage

Même Pôpa, le personnage incarné par Claude Meunier dans la série-culte La petite vie, diffusée à Radio-Canada dans les années 1990, y perdrait son latin. Lui qui pourtant adorait jouer avec ses « vidanges » deviendrait dingue devant la liste de ce qu’on peut mettre ou pas dans son bac de recyclage. Une liste qui varie d’une ville à l’autre, voire d’une saison à l’autre ! À Québec, on ne doit pas y placer de sacs plastique. À Sherbrooke, on doit le faire, à condition de les grouper dans un sac. À Montréal aussi… mais en prenant soin d’enlever les coupons de caisse. Certaines municipalités recyclent les plastiques portant les nos 1 à 7, sauf le 6 (le styromousse). D’autres les acceptent tous, avec ou sans symbole. Gatineau et Rivière-du-Loup ne prennent pas ceux qui portent le no 3. Le bac bleu de Sorel est l’un des seuls où l’on peut mettre les appareils ménagers de moins de 2,2 kilos, mais pas les capsules de bière. À Lévis, le bac de recyclage est noir, alors que de l’autre côté du fleuve, c’est la couleur… du bac à ordures. Au secours ! Une fois sa liste démêlée, Pôpa ferait sans doute une syncope en voyant que certains centres de tri remettent un cinquième du contenu du bac… au dépotoir ! Le recyclage repose sur une illusion. Celle qui fait croire qu’en plaçant son bac sur le bord du trottoir on fait un excellent geste pour l’environnement. En réalité, le Québec est à des années-lumière de s’occuper de ses poubelles en suivant les principes du développement durable. La politique sur la gestion des matières résiduelles élaborée par l’État en 1998 est loin d’avoir atteint ses objectifs. Et l’industrie du recyclage est un tel fouillis au Québec qu’on pourrait croire que les règles ont été établies par Réjean, le gendre menteur de Pôpa ! Pour l’instant, la gestion du recyclage ressemble à une énorme dispute entre enfants de maternelle laissés à eux-mêmes. Jamais au cours d’une enquête je n’ai entendu autant de dénonciations off the record et de procès d’intention. Les fonctionnaires chargés d’élaborer et de faire appliquer la politique ? Des incapables ! Les villes, qui organisent la collecte ? Des traîne-savates ! Les contribuables ? Des hypocrites ! Les recycleurs ? Des profiteurs, qui exportent les déchets en Chine sous couvert de bonnes œuvres ! En février dernier, une commission parlementaire a mené une consultation en vue de conseiller le ministère du Développement durable dans l’élaboration d’une nouvelle politique sur la gestion des matières résiduelles, qui devrait être présentée cet automne. La lecture de la cinquantaine de mémoires déposés par les organismes de tout poil concernés par la gestion des déchets donne une idée de l’ambiance : sauf rares exceptions, chacun commence par expliquer qu’il fait de son mieux. Puis montre du doigt celui qui l’embête, avant de demander au gouvernement de sévir. Les bons élèves, car il y en a, sont perdus dans le flot de récriminations. La première politique portant expressément sur les déchets, en 1989, prévoyait diminuer de moitié avant 2000 la quantité envoyée au dépotoir. Mais elle n’a cessé d’augmenter, l’enfouissement étant toujours, et de loin, la solution la plus économique. La politique suivante, de 1998 à 2008, a aussi manqué son but principal : réduire à la source la quantité de déchets. Chaque Québécois a jeté 404 kilos de résidus en tous genres en 2006, soit 14 % de plus qu’en 2004 ! On n’a pas non plus atteint les objectifs de récupération. Les municipalités devaient ramasser 60 % des matières compostables (restes alimentaires, cartons de pizzas souillés, gazon, feuilles, herbes…). Elles en récupèrent 8 %. Or, ces déchets comptent pour près de la moitié du poids des poubelles et sont à l’origine des odeurs et GES dégagés par les dépotoirs — 7,5 % des émissions totales du Québec. La sensibilisation demeure un éternel défi. Même à Victoriaville, une pionnière, les employés du centre de tri trouvent chaque jour des couches sales dans les bacs de recyclage — parfois des carcasses de chevreuil à la saison de la chasse ! Comment en sommes-nous arrivés là ? Et surtout, comment repartir sur des bases plus solides ? La politique sur la gestion des matières résiduelles que prépare Québec est cruciale. Ce plan sur 10 ans déterminera si les Québécois continueront à jeter de plus en plus et à mal gérer leurs déchets… ou s’ils prendront le véritable virage vert. Dans la plupart des villes, la collecte sélective a commencé à la fin des années 1980. Une partie des déchets, surtout des emballages, sont devenus « matières résiduelles », susceptibles d’être « valorisées », au mieux en les réemployant (comme une canette de bière qu’on remplit de nouveau), en les recyclant (comme le papier qui sert à en faire d’autre) ou, en dernier recours, en les brûlant pour produire de l’énergie. C’est le fameux principe des 3RV — réduction, réemploi, recyclage et valorisation. Combien de Québécois « recyclent » ? Et que mettent-ils dans leurs bacs ? On ne le sait pas précisément. Mais Recyc-Québec a calculé que près de la moitié des déchets (48 %) étaient « valorisés » en 2006, contre un huitième il y a 20 ans. « Le Québec partait de loin et a rattrapé une bonne partie de son retard », estime Karel Ménard, du Front commun pour une gestion écologique des déchets, regroupement qui milite pour encourager d’autres options que l’enfouissement et l’incinération. Reste qu’on est loin de l’objectif de récupération de la politique de 1998, soit 65 % de tous les déchets. Et il a peu de chances d’être atteint, selon le vérificateur général du Québec, qui, dans son rapport 2006, critiquait vertement le ministère du Développement durable et Recyc-Québec pour leurs méthodes de suivi et d’application de la politique. « Le gouvernement a tardé à adopter les règlements, et bien des villes, dont Montréal, ont traîné les pieds pour s’y conformer », explique Marc Olivier, chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle du cégep de Sorel-Tracy, qui enseigne la gestion des déchets à la maîtrise en environnement à l’Université de Sherbrooke. Et on n’a pas sévi contre les éléments récalcitrants. Car à l’école du recyclage, c’est un État timide et mal organisé qui encadre des élèves indisciplinés, avec un programme pédagogique qui n’a jamais été évalué ! « Dans les dernières années, on a surtout mis sur pied des outils de gestion. Il n’y a pas de réflexion globale, comme en Europe, où les spécialistes universitaires en écologie industrielle ont beaucoup inspiré les politiques », dit Hélène Gignac, qui dirige le Centre de transfert technologique en écologie industrielle, à Sorel. « On ne regarde pas assez ce qui se fait ailleurs. » Actuellement, certaines initiatives, comme la multiplication des sacs plastique compostables, nuisent au rendement. « Ces sacs sont le meilleur exemple de ce qui se passe quand on n’a pas de vision globale », dit Daniel Gaudreau, PDG de Gaudreau Environnement, une des grandes entreprises de recyclage du Québec. « On en a fait la promotion sans prévoir que les gens allaient les mettre dans leurs bacs et que les centres de tri ne pourraient pas les séparer des autres plastiques. Mais comment voulez-vous fabriquer des bancs publics ou des vêtements en plastique recyclé si une partie de celui-ci se dégrade rapidement ? » Selon Marc Olivier, le Québec manque d’analyses objectives pour savoir s’il fait les bons choix, par exemple pour la consigne ou la collecte sélective. « On se base uniquement sur des chiffres peu fiables et de l’information partisane », croit-il. Il faut dire que les recherches sur la gestion des déchets et du recyclage sont quasiment inexistantes au Québec. Recyc-Québec a certes un service de planification et de recherche, « mais nous ne faisons ni l’une ni l’autre, faute de moyens », reconnaît Jeannot Richard, vice-président responsable des secteurs municipal, industriel, commercial et institutionnel pour l’organisme. « Tous nos revenus sont versés aux programmes dont ils sont issus, explique-t-il. La redevance pour les pneus usagés, par exemple, doit aller à la gestion des pneus. » La quantité de déchets et l’organisation de la collecte ne sont pas les seuls problèmes. Une fois les bacs ramassés sur les trottoirs, les ennuis continuent. Sur les 36 centres de tri que compte le Québec, certains remettent au rebut plus du cinquième des matières qu’ils reçoivent, d’autres à peine 1 %, selon les déclarations faites — volontairement — à Recyc-Québec. Et personne ne sait exactement ce qu’il advient du reste. Ni les centres de tri ni les recycleurs ne sont tenus de divulguer ces données de nature commerciale. Le Québec manque aussi d’infrastructures de base pour traiter certains rebuts, notamment les résidus dangereux et les appareils électroniques (voir Trouver une solution pour les appareils électroniques ). Par ailleurs, on n’a pas encore trouvé le moyen de s’attaquer efficacement aux poubelles des industries, des commerces et des « institutions » — les ICI, dans le jargon du recyclage. Contrairement aux municipalités, les tours de bureaux, hôpitaux, épiceries ou usines n’ont pas la responsabilité légale de la salubrité publique. Leurs déchets sont gérés par des entreprises spécialisées, qui s’en débarrassent selon les lois. Et rien ne les oblige à en faire plus. Selon le dernier bilan de Recyc-Québec, les ICI ont trouvé une solution autre que le dépotoir ou l’incinérateur pour à peine la moitié des 5,6 millions de tonnes de déchets qu’ils ont générées en 2006, alors que la politique visait 80 %. Dans ce domaine, la principale avancée — pas tout à fait désintéressée — vient de la Société des alcools du Québec et des entreprises associées à la Table pour la restauration hors foyer (organisme sans but lucratif composé de partenaires des secteurs public, privé et associatif), qui se sont engagées à verser six millions de dollars sur trois ans pour organiser la collecte sélective dans les lieux publics, bars, hôtels et restaurants. Histoire d’améliorer le piètre bilan des ICI en matière de recyclage, mais aussi, disent les mauvaises langues, pour contrecarrer toute velléité d’étendre la consigne aux bouteilles de vin et d’eau ! En 10 ans, le gouvernement québécois a quand même adopté quelques règlements qui ont permis de mettre un peu d’ordre dans le fouillis (voir Des règlements qui ont du bon). « Les mesures les plus structurantes ont été mises en place et les progrès vont désormais être beaucoup plus rapides », promet Mario Bérubé, chef du Service des matières résiduelles au Ministère. Karel Ménard, du Front commun pour une gestion écologique des déchets, est moins optimiste : « On a réussi à ce que le dossier reste à l’ordre du jour, mais on se félicite trop vite des progrès accomplis. » À quoi ressemblera la nouvelle politique du ministère du Développement durable ? « On va certainement s’attaquer à la question des matières compostables », avance prudemment Mario Bérubé. Et il y a bien des chances pour qu’on augmente la taxe d’enfouissement (actuellement de 10 dollars la tonne), qui, de l’avis de la majorité, est bien trop basse pour que le recyclage soit viable. « Il faudrait qu’elle soit d’au moins 40 dollars la tonne », croit Karel Ménard. Pour progresser, il faudra avoir le courage d’appliquer des solutions radicales. Pourquoi, par exemple, ne pas tout bonnement interdire les barquettes de styromousse si elles sont trop compliquées à recycler ? La Chine ne vient-elle pas de proscrire les sacs plastique ? Les Québécois ne manquent pas de bonne volonté. Mais comme Thérèse, qui, dans La petite vie, avait du mal à réussir son pâté chinois, ils trouvent la recette un brin difficile. Certes, la liste des ingrédients nécessaires pour bien gérer nos poubelles est plus complexe que celle du pâté chinois. Mais encore faut-il relever ses manches pour s’y attaquer… Les solutions 1. Des instructions simples, SVP ! Comment en est-on arrivé à ce système kafkaïen d’instructions pour les bacs ? Chaque ville organise la collecte à sa manière, avec plus ou moins de succès et de moyens. Les décisions se prennent au gré des discussions entre la municipalité et ses syndicats, les entreprises privées et les organismes sans but lucratif engagés dans la fourniture de bacs, la collecte, le tri, le traitement, le transport ou l’élimination des déchets, et les villes voisines. « Pour que les gens y participent efficacement, il faut que le recyclage devienne un réflexe et qu’il soit simple », croit Daniel Gaudreau, PDG de Gaudreau Environnement, une des entreprises les plus actives en matière de gestion des matières résiduelles, qui réclame qu’on revienne à des principes de base. D’abord, uniformiser la couleur des bacs. « Partout dans le monde, on sait qu’on doit s’arrêter au feu rouge et passer au vert. Ce devrait être aussi clair pour la couleur des bacs. Mais on décide plutôt en fonction du modèle que les fabricants bradent ! » Ensuite, dit-il, laisser le tri aux spécialistes. « On demande des choses beaucoup trop compliquées aux résidants simplement parce que certains centres de tri sont sous-équipés ou font mal leur travail. » Près de la moitié des 36 centres de tri du Québec n’ont pas un volume suffisant pour disposer d’équipement et de main-d’œuvre performants, et devraient bientôt fermer, si l’on en croit le diagnostic posé ce printemps par des chercheurs du CRIQ, pour le compte de Recyc-Québec. Les chercheurs recommandent de les regrouper et de les obliger à rendre compte de leur performance à Recyc-Québec. « On va devoir transporter le contenu des bacs sur de plus grandes distances, mais il va être mieux trié et mis en valeur », croit Marc Olivier, chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle du cégep de Sorel-Tracy. 2. S’inspirer de ce qui fonctionne Pourquoi le Québec n’imiterait-il pas, par exemple, certaines régions allemandes où, pour restreindre le volume de déchets que les habitants peuvent jeter, on leur donne une amende au-delà d’une certaine quantité ? Même des expériences québécoises pourraient en inspirer d’autres. Victoriaville est l’une des rares municipalités, avec Sorel-Tracy, Lac-Mégantic et quelques autres, à avoir dépassé les objectifs fixés il y a 10 ans par le gouvernement : on y recycle 67 % des déchets. « Ça fonctionne bien parce que nos contribuables ont intégré depuis longtemps le réflexe du recyclage, grâce au travail de pionnier accompli par Normand Maurice », croit le maire, Roger Richard. Le reste, dit-il, n’est qu’une question de volonté politique. Normand Maurice, théologien de formation et professeur, est considéré comme le père de la récupération et du recyclage au Québec. Décédé en 2005, il a été à l’origine de nombreux bons coups du Québec en la matière. En 1989, il a fondé à Victoriaville le premier Centre de formation en entreprise et récupération du Québec (CFER ; prononcer « sait faire »), avec l’idée de faire d’une pierre deux coups : recycler et valoriser déchets et décrocheurs, en apprenant aux seconds à devenir des travailleurs productifs et autonomes grâce au traitement des premiers. Aujourd’hui, 19 CFER trient et recyclent une partie des déchets du Québec. Et plusieurs ont été vendus à des entreprises privées — comme le centre de tri de Gaudreau Environnement, à Victoriaville — ou sont devenus indépendants — comme Tricentris, à Lachute et à Terrebonne, qui trie le contenu des bacs de recyclage de plus d’un demi-million de Québécois. À Victoriaville, le petit atelier de récupération de peintures de Normand Maurice est aujourd’hui le fleuron du recyclage à la mode québécoise. En quelques années, cet atelier est devenu une usine, Peintures récupérées, vendue par la suite à Laurentides. C’est là que sont fabriquées les peintures de la marque Boomerang, vendues dans le monde entier. Pressés par Normand Maurice, des détaillants comme Rona ont commencé à accepter les vieux pots de peinture dans leurs succursales. Puis, en 1997, les fabricants de peintures ont mis sur pied Éco-peinture, organisme chargé de percevoir 25 cents sur chaque pot vendu pour financer la récupération et le recyclage. Quand le gouvernement du Québec a finalement adopté son règlement sur la responsabilité élargie des producteurs de peintures, en 2000, tout était déjà fait. Et le Québec est désormais le champion mondial de la peinture réemployée. Louis Coulombe, collaborateur de longue date de Normand Maurice et actuel PDG de Peintures récupérées, n’entend pas en rester là. Depuis 2005, son entreprise reprend huiles usagées, colles, solvants, piles et pesticides. Les gens peuvent les déposer à des points de collecte dans 500 villes du Québec. Depuis ce printemps, l’entreprise collecte aussi les fameuses ampoules fluocompactes, grâce à un partenariat avec la Fédération québécoise des municipalités. « En un mois et demi, 80 villes avaient déjà installé nos boîtes de récupération pour ces ampoules. C’est la preuve qu’il y a un vrai besoin ! » dit Louis Coulombe. Il n’en revient pas qu’Hydro-Québec ait fait la promotion de ces ampoules contenant du mercure sans se soucier de ce qu’il en adviendrait à la fin de leur vie utile. « On commence seulement à organiser la collecte, dit-il. Et comme pour la peinture, on mettra sur pied nos propres procédés de recyclage si on ne trouve pas de techniques performantes sur le marché. » D’ici peu, grâce aux efforts de cet homme simple et discret mais drôlement efficace, nos vieilles piles et ampoules pourraient être exportées en France, où on en extraira les métaux au moyen d’une technique qui n’existe pas encore ici. Là-bas, 36 % des ampoules fluocompactes sont déjà recyclées, à la suite d’un programme de responsabilité des producteurs entré en vigueur en 2005. Louis Coulombe espère bien importer la technique et ouvrir une usine au Québec d’ici quelques années. Pour l’instant, sans tambour ni trompette, il s’apprête à agrandir et à robotiser l’usine de peintures… 3. Favoriser le compostage Partout au Québec, les lignes Info-compost mises sur pied par les villes ne dérougissent pas et les séances de formation affichent souvent complet. Le compostage est à la mode ! Laval, Sherbrooke, Victoriaville, Saint-Hyacinthe et d’autres municipalités plus petites ont déjà implanté la collecte dite « à trois voies » : leurs résidants séparent les ordures ménagères, matières recyclables et matières organiques dans trois bacs collectés en alternance. À East Hereford et Saint-Venant-de-Paquette, deux villages de l’Estrie, on ramasse désormais les ordures une fois par mois — contre deux fois par semaine à Montréal ! Dans les années 1990, les villes du Bas-Richelieu, elles, ont opté pour la méthode du tri-compostage, inventée par la société Conporec, de Sorel-Tracy : ordures et matières organiques ne sont pas séparées à la source, mais à la sortie de l’usine. Les deux sont placées ensemble dans un bioréacteur, où les matières organiques se compostent, et on sépare ensuite le compost des résidus. Mais bien des villes, dont Montréal, n’ont pas encore choisi comment se défaire des restes de table de leurs habitants et préfèrent donc leur apprendre à se débrouiller eux-mêmes. Le hic, c’est qu’une fois que la ville a ramassé ces matières dites « putrescibles », il existe de nombreuses manières de les traiter, mais aucune n’est parfaite. Les grands centres de compostage installés à l’extérieur prennent de la place, sont parfois malodorants et victimes du syndrome du « pas dans ma cour ». Les techniques de traitement en usine, par gazéification par exemple, sont coûteuses et parfois encore expérimentales. Très sollicités par les vendeurs de techniques de traitement, les services municipaux ne savent plus à quel saint se vouer… Selon l’« expert » à qui l’on s’adresse, la technique de Conporec, par exemple, est décrite comme la solution miracle (plus de tri à faire) ou le diable en personne (le compost obtenu serait de piètre qualité). Montréal, elle, songe à installer des usines de gazéification pour transformer ses déchets en énergie, mais elle réclame que l’État québécois subventionne ces installations… à hauteur de près d’un milliard de dollars ! 4. Multiplier les écocentres et ressourceries Qu’advient-il des débris de construction ou de rénovation, des produits dangereux, pneus, vêtements, appareils électroménagers usagés et autres produits que l’on dépose aux écocentres ou ressourceries présents dans la plupart des régions du Québec ? À Montréal, le plus récent bilan dressé auprès des six écocentres de l’île montre que les deux tiers des matières déposées ont été valorisées. « Les services sont encore insuffisants pour qu’il soit réellement pratique de traiter ces déchets », croit cependant Marc Olivier, chercheur au Centre de transfert technologique en écologie industrielle du cégep de Sorel-Tracy. Dans les grands centres, la file de voitures à l’entrée est parfois décourageante ! Les premiers écocentres du Québec sont inspirés de l’expérience française des déchetteries, qui a pris son envol au début des années 1990. Mais les deux systèmes n’ont pas évolué à la même vitesse : en France, il y a plus de 4 000 déchetteries, car elles sont imposées par la loi. On ne roule pas plus de quelques kilomètres sans voir un panneau annonçant la prochaine ! Au Québec, le répertoire de Recyc-Québec recense seulement 62 écocentres. Et bonne chance pour les trouver. Chaque déchetterie française répond aux besoins d’environ 16 000 personnes, contre 125 000 pour un écocentre québécois… 5. Trouver une solution pour les appareils électroniques Récupérer les appareils électroniques désuets qui traînent dans les sous-sols du Québec semble aussi difficile que d’emprunter un outil à Ti-Mé, le Pôpa de La petite vie ! « On a essayé plusieurs formules, de la collecte porte à porte aux journées de récupération, mais aucune solution n’est aussi efficace que la reprise chez les détaillants », dit Sylvie Castonguay, directrice générale du réseau des CFER. À condition de trouver des détaillants prêts à participer ! L’an dernier, l’équipe de l’émission La vie en vert, à Télé-Québec, a réussi à convaincre la chaîne Bureau en gros de se servir de ses magasins comme points de collecte pour les CFER. « Bureau en gros a mis toutes ses conditions pour que ça lui coûte le moins cher possible. Et nous avons dû prendre à notre charge le transport ainsi que la formation des employés qui préparent les boîtes, raconte Sylvie Castonguay. Nous avons reçu 25 000 dollars de l’entreprise et 20 000 dollars de Recyc-Québec pour financer le système… Mais ça n’a pas suffi ! » L’opération est victime de son succès. De septembre 2007 à mars 2008, 424 tonnes d’appareils usagés ont été rapportées dans la soixantaine de magasins Bureau en gros et transportées jusqu’aux CFER, où environ 200 jeunes en formation ont eu la lourde tâche de démanteler tout cela. « En sept mois, l’opération nous a coûté environ 75 000 dollars, les revenus provenant des métaux servant tout juste à couvrir les frais de transport, mais pas le traitement du verre, qui coûte de 8 à 10 dollars par écran. » En décembre dernier, Sylvie Castonguay a menacé de tout arrêter si de l’argent ne rentrait pas illico. En mars, le ministère du Développement durable lui promettait 117 000 dollars, mais début août, elle en a reçu le tiers… et une lettre d’un autre ministère, celui de l’Emploi et de la Solidarité sociale, lui annonçant qu’il ne pourrait finalement lui verser les 5 000 dollars promis. « On aurait besoin de 250 000 dollars pour continuer. Car on reçoit de plus en plus de matériel et nos coûts de transport augmentent. On ne peut pas faire travailler nos jeunes comme des esclaves ni faire faillite ! Si personne ne nous vient en aide d’ici le 31 août, on arrête pour de bon. » D’autres détaillants et quelques fabricants ont entrepris eux aussi de récupérer divers appareils électroniques, surtout des cellulaires. Le ministère du Développement durable devrait proposer dans les mois à venir un règlement sur la responsabilité élargie des producteurs d’appareils électroniques. Un problème auquel une table de concertation réunissant 30 organismes (fabricants d’ordinateurs, détaillants, recycleurs et organismes gouvernementaux), sous la houlette de Recyc-Québec, tente de trouver une solution depuis 2003 ! Comme ce fut le cas pour la peinture dans les années 1990, le règlement sur la responsabilité élargie risque fort d’entrer en vigueur… quand tout sera terminé ! 6. Penser globalement « On a beaucoup ciblé les municipalités. Il faut maintenant s’attaquer aux entreprises, qui ont besoin de règlements pour avancer », dit Hélène Gignac, directrice du Centre de transfert technologique en écologie industrielle. « Regardez ce qui s’est passé avec Kyoto et les émissions de GES : les entreprises ne voulaient pas en entendre parler… jusqu’à ce qu’elles constatent tout le bénéfice qu’elles pouvaient en tirer ! » Pour régler la question des matières résiduelles en entreprise, dit-elle, « il faut des programmes fédéraux et provinciaux, des obligations de résultats, des encouragements et des pénalités ». Pour Claude Villeneuve, titulaire de la Chaire en éco-conseil à l’Université du Québec à Chicoutimi, il est grand temps de penser le système de manière plus globale, depuis le design et la mise en marché des produits de consommation jusqu’à leur élimination finale. « La publicité pousse à consommer, donc à polluer. On devrait obliger les publicitaires à indiquer la quantité de GES émis par ce qu’on veut nous vendre. En appliquant l’approche de “cycle de vie” [NDLR : l’analyse systématique de toutes les incidences environnementales, depuis la fabrication d’un produit jusqu’à son élimination], on pourrait réduire les répercussions sur l’environnement de façon notable. Pour cela, il faudrait responsabiliser non seulement les consommateurs, mais aussi les producteurs et les distributeurs. » Débat La guerre des bouteilles Faut-il consigner certains contenants ? Le cas des bouteilles de bière est entendu : comme on peut les reremplir, il serait idiot de les placer dans des bacs de recyclage, où elles risqueraient de se briser. Mieux vaut donc les retourner aux brasseurs, au moyen de la consigne. Pour les bouteilles de boissons gazeuses (consignées), de vin et d’eau (non consignées) ainsi que pour les autres contenants ou contenus, c’est la chicane permanente entre toutes les parties, entretenue à grand renfort d’arguments fallacieux et de chiffres peu fiables. Les centres de tri et recycleurs de plastique et de papier voudraient qu’on retire le verre des bacs, car ses débris contaminent les autres matières. La SAQ, les embouteilleurs et les détaillants sont contre la consigne, préférant ne pas avoir à gérer les bouteilles vides. Les environnementalistes, eux, voudraient plus de produits consignés pour forcer ceux qui les fabriquent à prendre davantage de responsabilité dans la gestion des emballages. Recyc-Québec, qui pourrait trancher, n’a pas un avis neutre sur la question, puisque ses activités sont en bonne partie financées… par la consigne. La commission parlementaire sur le sujet a recommandé le statu quo. L’expert Claude Villeneuve lui donne raison. « La consigne est un outil et une des clés de la réduction à la source des déchets, mais ce n’est pas une solution absolue. Je ne suis pas sûr que cela vaille la peine d’aller jouer là-dedans, au point où nous en sommes. » Recyclez votre magazine Les entreprises qui vendent contenants, emballages ou imprimés au Québec — comme Les Éditions Rogers, qui publient L’actualité — sont tenues depuis mars 2005 de financer la moitié de la collecte sélective effectuée par les municipalités, par l’intermédiaire de l’organisme Éco-Entreprise Québec. En 2006 et 2007, elles ont versé 54 millions de dollars à cet organisme, qui a remis 51 millions à Recyc-Québec, qui a lui-même remis 47 millions aux municipalités. L’organisme et les pouvoirs publics prétendent que la responsabilité partagée entre entreprises et municipalités est la solution idéale pour que le système devienne rapidement performant. Les municipalités, elles, réclament à grands cris qu’Éco-Entreprise Québec finance l’intégralité de la collecte. Des règlements qui ont du bon 1999 : loi sur la qualité de l’environnement, qui oblige les municipalités régionales et les communautés urbaines à adopter le Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR). La plupart l’ont fait entre 2004 et 2005, Montréal en 2006. En 2008, seule la MRC de La Tuque ne s’est pas encore pliée à la loi. 2005 : règlement sur la compensation pour les services municipaux, qui oblige les entreprises à financer jusqu’à 50 % des coûts nets de la collecte sélective municipale par l’intermédiaire d’Éco-Entreprises Québec. 2006 : règlement sur l’enfouissement et l’incinération de matières résiduelles, qui impose aux propriétaires des centres d’enfouissement une redevance de 10 dollars pour chaque tonne enfouie. Le ministère du Développement durable redistribue aux municipalités 85 % de la somme perçue, pour qu’elles financent une partie de leur PGMR. Qu’advient-il de vos déchets ? Type Destination Métaux Des récupérateurs alimentent les grandes fonderies. Verre La fonderie Unical, à Longueuil, en fait de la laine minérale. Plastique et papier Les lois du marché prévalent. « Une partie importante ne trouve pas preneur quand la qualité du tri laisse à désirer. On exporte donc des ballots en Chine, car ils contiennent trop d’impuretés, alors que des recycleurs comme Cascades doivent en importer de l’étranger », explique Jeannot Richard, de Recyc-Québec. Polystyrène (styromousse) Il n’y a pas d’usine à proximité pour le traiter, et ce plastique est trop léger pour être transportable de manière économique sur de longues distances. Piles Moins de 5 % des 100 millions de piles vendues chaque année sont recyclées. Des fonderies récupèrent les métaux des piles rechargeables. Les autres sont stockées dans des lieux sécurisés en raison des métaux toxiques qu’elles renferment. Appareils électroniques Leur recyclage repose surtout sur les épaules d’organismes sans but lucratif sous-financés. Le Québec est de loin la province canadienne où l’on composte le moins : 13 % des ménages québécois font leur compost ou ont un bac pour la collecte, contre 27 % des Canadiens, 34 % des Ontariens et 91 % des habitants de l’Île-du-Prince-Édouard ! En Nouvelle-Écosse, les déchets compostables sont interdits d’enfouissement depuis 1998. Nos poubelles grossissent plus vite que nos portefeuilles ! Quantité de déchets générés par habitant : + 56 % Dépenses des ménages : + 38,5 % Produit intérieur brut : + 32,5 % (de 1996 à 2006) Seuls 6 % des appareils électroniques sont recyclés. Près des deux tiers aboutissent dans un centre d’enfouissement. Un peu plus du quart (28 %) sont redistribués dans des établissements scolaires ou des CPE grâce au programme Ordinateurs pour les écoles, mis sur pied en 1993 par le fédéral. Dans les jardins et arrière-cours, la population québécoise de vers rouges (qui permettent de composter les déchets organiques à l’intérieur) est en nette augmentation. Qu’est-ce que ça coûte ? 155 dollars : coût annuel moyen par foyer au Québec pour la collecte et le traitement de l’ensemble des déchets (recyclables ou non), selon les déclarations faites par les municipalités au ministère des Affaires municipales (2006).

Le nez dans la poubelle Santé et Science

Le nez dans la poubelle

Qui n’a pas déjà retrouvé sur le trottoir, le lendemain du jour des poubelles, les sacs et objets mis au chemin la veille? Ou son bac de recyclage encore à moitié plein? Ordonner ses poubelles n’est certes pas plaisant, et peut parfois mener à des amendes. Déchargez-vous le coeur, et racontez-nous vos meilleures histoires de poubelles! Vous pouvez utiliser l’espace au bas de cette page, créé pour écrire des commentaires.

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De belles initiatives de recyclage

Gaudreau Environnement Victoriaville compte l’une des entreprises les plus actives en matière de gestion des matières résiduelles. Fondée en 1958, Gaudreau Environnement fait à la fois la collecte, le tri, le compostage et l’enfouissement des déchets, et en recycle certains. « Nous essayons de récupérer le plus de matières différentes pour leur trouver des débouchés. Notre centre de tri est l’un des rares qui récupère les sacs de plastique et les barquettes de styromousse », explique Daniel Gaudreau, PDG de l’entreprise. L’homme d’affaires passe son temps à sillonner le monde pour repérer nouvelles idées et technologies prometteuses. Il n’a même pas de bureau fixe dans son entreprise ! « Si l’enfouissement était plus coûteux, on pourrait faire beaucoup de progrès », estime-t-il. Mais ce patenteux dans l’âme, qui a déposé un mémoire incendiaire à la commission parlementaire, continue de travailler sans attendre aucune aide. « Dans moins de cinq ans, j’espère installer un centre de tri nouveau genre à l’entrée du site d’enfouissement, où des machines retireront des déchets de nouvelles matières, comme des objets en métal ou en céramique, pour les retraiter. On pourrait par exemple ramasser les vieux grille-pains qu’on met aujourd’hui au dépotoir. » Son objectif : 85 % de recyclage dans moins de cinq ans ! Et pour réussir, Daniel Gaudreau et le maire Roger Richard ont décidé de mettre en commun leurs ressources. L’an dernier, ils ont mis sur pied la Société de développement durable d’Arthabaska, une société mixte détenue à 51 % par 12 des 24 municipalités de la MRC et à 49 % par Gaudreau Environnement. La SDDA, un partenariat public-privé unique en son genre au Québec, est désormais propriétaire du centre de tri et d’un nouveau site de compostage et d’enfouissement technique ultraperformant exploités jusque-là par Gaudreau. But du jeu : prémunir la MRC contre la raréfaction attendue des sites d’enfouissement et l’augmentation des coûts, tout en permettant à l’entreprise d’être encore plus performante. Bref, transformer les déchets non pas en résidus difficilement valorisables… mais en dollars sonnants et trébuchants ! var so = new SWFObject(« /images/dossiers_speciaux/gaudreau.swf », « menu », « 400 », « 270 », « 6 », « #ffffff »); so.addParam(« wmode », « transparent »); so.write(« flashcontent9 »); Cette vidéo corporative de Gaudreau Environnement explique les trois principales activités de l’entreprise: La collecte et le tri des matières recyclables La collecte des matières compostables La déchetterie et le poste de transbordement Peintures récupérées Il est loin le temps où les ados de Normand Maurice raclaient les fonds de pots avec des spatules de cuisine ! En 2007, Peintures récupérées et ses 50 employés ont ramassé 4 700 tonnes de peinture — plus de deux fois plus qu’en 2001 — pour en faire les 16 couleurs de la marque Boomerang, ainsi que des teintures intérieures et extérieures vendues au Canada et dans d’autres pays. Même les pots en métal sont recyclés ! Crédits photos : Benoît Aquin CFER Depuis 1997, le CFER de Bellechasse, dans le petit village de Saint-Raphaël, est partenaire de l’organisme Ordinateurs pour les écoles, à qui il achemine les ordinateurs pouvant être réemployés. Ce centre est une école-entreprise, qui accueille des jeunes présentant un retard pédagogique important. Les jeunes du CFER apprennent à décortiquer les équipements, trier les métaux, les plastiques et le verre, et le réseau des CFER — ils sont désormais sept à reprendre le matériel électronique — trouve des recycleurs. Les métaux sont récupérés dans une fonderie de Rouyn, les plastiques sont mis en ballots et, pour l’instant, envoyés en Chine. Le verre est traité à la fonderie Xtrata de Belledune, au Nouveau-Brunswick. Crédits photos: Nadine Bouchard Tricentris À Terrebonne, l’organisme à but non lucratif Tricentris a inauguré ce printemps un des plus grands centres de tri du Québec, capable de traiter 75 000 tonnes de matières par an. Né en 1990 de l’association de villes et d’une commission scolaire de la région de Lachute qui voulait créer son Centre de formation et de récupération en entreprise (CFER), Tricentris a un centre de tri à Lachute depuis 10 ans et trie déjà les déchets recyclables d’une centaine de municipalités des régions de Montérégie, Lanaudière, Laurentides et Outaouais. Ces images ont été prises à l’usine Tricentris de Terrebonne. Les employés prélèvent les matières recyclables sur les convoyeurs. Tout est trié et inspecté, avant d’être entreposé puis mis en ballots, à l’exception du verre, qui n’est pas compactable. À la fin du processus, les marchandises seront acheminées vers l’acheteur. Déchets au départ, ces matières recyclables sont devenues des ressources! Il n’y a pas de son sur cette vidéo. var so = new SWFObject(« /images/dossiers_speciaux/tricentris.swf », « menu », « 400 », « 300 », « 6 », « #ffffff »); so.addParam(« wmode », « transparent »); so.write(« flashcontent9 »);

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Le guide du recyclage pratico-écolo

1. Ce qu’on ne devrait jamais placer dans un bac de recyclage, peu importe dans quelle ville on demeure : Papier carbone, ciré, métallisé ou plastifié. Essuie-tout et mouchoirs en papiers. Vitres, miroir, vaisselle en porcelaine ou en verre, ampoules. Produits dangereux et leurs contenants. Piles, batteries, contenants sous pression. Tout ce qui peut se prendre dans les tapis convoyeurs : cintres, tuyau d’arrosage, ficelle… Tout ce qui se composte. 2. On peut déposer restants de peinture, huile à moteur et piles dans de nombreuses quincailleries. La plupart des résidus domestiques dangereux sont repris dans les écocentres et garages municipaux. 3. De nombreuses villes éditent un bottin du recyclage et réemploi dans lequel on peut trouver la liste des rebus repris et les coordonnées des organismes responsables. Sinon, téléphoner aux renseignements généraux ou au service de l’environnement de la ville. 4. Le matériel électronique usagé peut être déposé gratuitement dans tous les magasins Bureau en gros, des écocentres et des ressourceries. La Société de recyclage des piles usagées, mise sur pied par les fabricants de piles rechargeables, récupère celles-ci, ainsi que les cellulaires usagés, dans des boîtes installées dans des commerces et bâtiments municipaux comme les casernes de pompiers de Montréal. Pour chercher le point de collecte le plus proche de chez vous : http://www.rbrc.org/cellarecycler/dropoff/index.php D’autres services sont disponibles localement, répertoriés dans les bottins municipaux du recyclage et du réemploi. 5. Mes 3RV pour remplir son bac sans se tromper : Regarder la documentation municipale, Relire souvent (les changements et oublis sont fréquents), Râler (certaines listes sont vraiment peu claires!)… et Vérifier (en appelant à la Ville pour savoir quoi faire avec les emballages qui ne sont pas dans la liste). Quelques chiffres Quantités de déchets générés par habitant en 2006 Matière Quantité (kg) Matières organiques 179 Papier/carton 79 Encombrants et résidus de construction 56 Plastique 30 Verre 26 Textile 13 Métal 12 Résidus domestiques dangereux 2 Autres 7 Total 404 Que sont devenus ces déchets? Lieu de destination Quantité (kg) Enfouissement ou incinération 278 Collecte sélective 69 Collecte des matières organiques (feuilles, herbe, résidus de table) 15 Consigne 6 Collecte des résidus dangereux 1 Encombrants récupérés par les ferrailleurs, ressourceries et comptoirs d’économie familiale 32 Textile récupéré par les comptoirs d’économie familiale, ressourceries et friperies 3 Total 404 Source : Caractérisation des matières résiduelles du secteur résidentiel au Québec 2006-2007, Recyc-Québec et Éco-Entreprises Québec. Ressources complémentaires Peintures récupérées du Québec Gaudreau Environnement Tricentris CFER Bellechasse RBRC: Société de recyclage des piles recharchables CTTEI : Centre de transfert technologique en écologie industrielle FCQGED : Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets Recyc-Québec Action RE-buts: Coalition montréalaise pour une gestion écologique et économique des déchets Guide pour la valorisation des matières compostables dans les ICI Le portail de l’environnement du Québec

Santé et Science

Le guide du compostage domestique

Qu’est-ce donc que le compostage ? C’est un processus de décomposition contrôlée de la matière organique. Dans la nature, toute matière organique (synonyme : matière vivante) se décompose grâce à l’action de différents organismes, dont les bactéries, les champignons microscopiques et les vers de terre. Dans le cas du compostage, on imite ce processus tout en offrant aux organismes décomposeurs, « nos employés bénévoles », les meilleures conditions afin qu’ils travaillent efficacement. Un bon geste pour la Terre et la terre Le compostage domestique est une excellente façon de faire un geste concret pour la protection de l’environnement. En effet, les matières compostables constituent 40 % du volume de vos ordures. Lorsque vous les compostez à la maison, ces matières sont détournées des lieux d’enfouissement ou des incinérateurs, où elles causent des dommages à l’environnement en produisant, entre autres, des gaz à effet de serre. De plus, vous fabriquez gratuitement l’amendement idéal pour maintenir la santé du sol de vos aménagements et, par ricochet, la santé de vos plantes. Si vous hésitiez à vous adonner au compostage, c’est aujourd’hui que vous devriez vous y mettre, car vous avez entre les mains le petit « coup de pouce » qui vous manquait. Mais attention : sachez qu’on peut devenir accro du compostage. Que peut-on composter ? Les matériaux compostables sont des résidus organiques destinés à la poubelle. On les classe habituellement en deux catégories, soit les matériaux « verts » (riches en azote) et les matériaux « bruns » (riches en carbone). D’autres matériaux sont à proscrire. Les matériaux verts Résidus de fruits et de légumes Restes de pains, de pâtes alimentaires, de céréales et de légumineuses Résidus de café (y compris le filtre) Sachets et résidus de thé et de tisane Résidus verts du jardin : fleurs fanées, débris de la taille des arbres et arbustes, plantes adventices (mauvaises herbes) Poils d’animaux et cheveux Rognures de gazon La meilleure façon de valoriser les rognures de gazon demeure l’herbicyclage, pratique qui consiste à les laisser au sol lors de la tonte. Si vous tenez à composter les rognures de gazon, assurez-vous de les mélanger avec des matériaux « bruns » ou faites-les sécher de 24 à 48 heures avant de les mettre au composteur. Cela permettra d’éviter les problèmes d’odeur. Les matériaux bruns Feuilles mortes Brindilles Branches coupées finement ou déchiquetées Copeaux et sciure de bois Aiguilles de conifères Papier journal (encre noire seulement) Paille Tissus de fibres naturelles non colorés D’autres matériaux peuvent être utilisés. C’est le cas des coquilles d’œufs, des terreaux d’empotage et du compost. Les matériaux à éviter Viandes et os Poissons, crustacés et coquillages Produits laitiers (lait, yogourt, fromage) Huiles et gras Plantes malades Plantes montées en graines ou plantes à rhizomes Plantes traitées avec des pesticides Feuilles de rhubarbe Cendres de bois Contenu du sac de l’aspirateur Charpie de la sécheuse Excréments et litière des animaux domestiques Excréments humains Le contenant de récupération de cuisine Pour faciliter la récupération des résidus de cuisine, munissez-vous d’un petit récipient ayant une capacité de quatre à huit litres. Un simple contenant vide de crème glacée ou un contenant de litière à chat feront l’affaire. Quel composteur choisir ? Un composteur est une boîte en plastique ou en bois dont les parois devraient être rigides et légèrement aérées. Il ne devrait pas comporter de fond (le compost doit être en contact avec le sol), mais devrait être muni d’un couvercle et d’un système pour récupérer le compost mûr. Il n’existe pas vraiment de composteur qui soit idéal pour tous, mais il y a un composteur idéal pour vous. Voici les critères que vous devriez considérer pour le choisir : Vos besoins La capacité moyenne des composteurs vendus sur le marché varie de 10 à 12 pi3 (de 0,28 à 0,34 m3), ce qui est adéquat pour la majorité des ménages. Par contre, si vous avez une famille nombreuse, si votre terrain est très grand et si le jardinage est votre loisir préféré, vous aurez avantage à opter pour un composteur de capacité supérieure, soit de 20 à 35 pi3 (de 0,6 à 1 m3). Vos goûts et vos préoccupations environnementales Votre choix s’arrêtera-t-il sur un composteur en plastique ou en bois ? Ceux en plastique sont légers et se transportent facilement. De plus, ils se montent rapidement sans outils et ils résistent à la décomposition. Mais cette dernière caractéristique peut être considérée comme un inconvénient si vous avez la « fibre écolo ». En effet, parce que le plastique se décompose très lentement, il encombrera les lieux d’enfouissement pendant des centaines d’années. De plus, le plastique est fabriqué à partir du pétrole, ressource non renouvelable. Si vous choisissez un composteur en bois, optez pour un composteur fabriqué avec un type de bois qui offre une résistance naturelle à la décomposition, tel que le cèdre ou le mélèze, ou encore pour un composteur fait de bois torréfié. Enfin, si vous jetez votre dévolu sur un composteur rotatif, sachez que ce type de composteur n’est pas toujours à la hauteur des attentes. Et c’est sans compter son coût d’achat, souvent exorbitant. Ce composteur peut être utile là où il n’est absolument pas possible de mettre un composteur directement en contact avec le sol, dans le cas d’une terrasse de pavé, par exemple. Votre budget Le coût d’un composteur peut varier de 30 $ à 250 $. Mais inutile de réhypothéquer la maison pour vous adonner au compostage, car vous pourrez dans la plupart des cas payer de 60 $ à 80 $ pour un composteur qui fera très bien l’affaire. D’ailleurs, afin d’encourager la pratique du compostage, certaines municipalités offrent des composteurs à prix réduits ou un remboursement à l’achat d’un composteur. Informez-vous. Vos talents de bricoleur Si le bricolage n’a pas de secret pour vous, vous pourrez, avec un minimum d’effort, fabriquer un composteur en bois. Pourquoi ne pas en profiter pour recycler le bois dont vous ne savez que faire ? Si vous êtes plutôt du style « bricoleur du dimanche », pensez à transformer une vieille poubelle de plastique en composteur. C’est simple, il s’agit de percer des trous ayant un diamètre d’un centimètre, qui seront espacés de 10 à 15 cm tout autour de la paroi de votre poubelle, puis de découper et d’enlever le fond. Un composteur, c’est bien, mais deux, c’est excellent Peu importe le modèle pour lequel vous opterez, sachez qu’il est grandement avantageux de posséder deux composteurs. Cela facilite la gestion du compost, puisqu’il est ainsi possible de laisser la maturation se poursuivre dans un composteur pendant qu’on continue à alimenter l’autre. Et le compostage en tas ! Si vous possédez un grand terrain à la campagne, le compostage en tas pourra être une solution intéressante, puisque cette technique offre la possibilité de composter des quantités importantes de matières organiques. Pour faciliter la gestion de votre tas, assurez-vous que sa hauteur et sa largeur n’excèdent pas respectivement un mètre et un mètre et demi. De plus, veillez à ce que votre tas soit recouvert d’une toile géotextile ou d’un vieux tapis. Les méthodes de compostage La méthode de l’accumulation graduelle La première étape consiste à mettre de 10 à 20 cm de matériaux bruns au fond du composteur. Par la suite, les matériaux verts sont ajoutés selon leur disponibilité ; les matériaux bruns seront ajoutés périodiquement, de façon à respecter approximativement la proportion de deux parts de « brun » pour une part de « vert ». Une pelletée de terre ou de vieux compost sera également nécessaire de temps à autre. Celle-ci servira à introduire des employés bénévoles dans votre compost (micro-organismes et vers de terre). La méthode de compostage en une opération ou « méthode lasagne » Cette méthode se pratique au printemps, si vous avez accumulé vos résidus de cuisine dans des seaux de plastique à l’extérieur durant l’hiver. Dans cette recette de lasagne, l’alternance habituelle « pâte, sauce, fromage » est remplacée par « brun, vert, terre ». Voici comment procéder : Mettez une couche de 8 à 10 cm de matériaux bruns. Ajoutez une couche de 4 à 5 cm de matériaux verts. Étendez une couche de 1 cm de terre ou de vieux compost. Arrosez si les matériaux sont secs. Continuez l’alternance des matériaux bruns, verts et de la terre jusqu’à ce que votre composteur soit plein ou jusqu’à ce que vous n’ayez plus de matériaux. Terminez par du « brun » et arrosez. Le lombricompostage (ou vermicompostage) Vous résidez en appartement et vous n’avez pas la possibilité de composter à l’extérieur ? Qu’à cela ne tienne. Si la cohabitation avec de petits animaux domestiques peu dérangeants ne vous rebute pas, vous êtes candidat pour le lombricompostage. Il s’agit d’une méthode de compostage qui se pratique à l’intérieur à l’aide de petits vers rouges, qui seront nourris régulièrement avec les résidus de cuisine. Le compost qui en résulte est idéal pour les plantes d’intérieur. L’entretien du compost Une fois que vous aurez démarré l’une ou l’autre des méthodes de compostage (ou les deux successivement), vous devrez penser à offrir à vos petits employés bénévoles les conditions idéales pour qu’ils travaillent efficacement. Et ces conditions se résument à leur fournir de la nourriture (c’est déjà fait), de l’air et de l’eau. Ainsi, il importe de conserver le compost légèrement humide, de le remuer régulièrement ou de le retourner une fois dans la saison. La récolte de l’or brun Vous êtes impatient de récolter votre compost ? Sachez que vous pourrez peut-être le faire après trois mois si vous avez la possibilité et le goût d’y mettre beaucoup d’efforts. Il vous faudra peut-être attendre jusqu’à trois ans si vous laissez la nature à elle-même. Mais il y a fort à parier que vous pourrez récolter votre « or brun » à la même date l’an prochain si vous commencez maintenant et si vous y consacrez en moyenne une quinzaine de minutes par semaine. Alors, ne tardez plus ! Les propriétés et l’utilisation du compost Le compost nourrit les vers de terre et les micro-organismes du sol, qui se chargent de transformer cette matière en aliments assimilables par les plantes. Il retient l’eau et les éléments minéraux des sols sablonneux et améliore la structure des sols argileux. Enfin, il a un effet protecteur contre les maladies et les insectes nuisibles des plantes. Utile partout au jardin, le compost sera intégré au sol des plates-bandes et du potager. Étendu sur la pelouse en très fine couche, il lui procurera une nouvelle vitalité. Pour en savoir plus Consultez Le livre Tout sur le compost : Le connaître, le faire, l’acheter et l’utiliser, par Lili Michaud, Éditions MultiMondes, 2007. Téléchargez Le document Le compostage facilité, offert dans le site de Recyc-Québec. Visitez Le « Site de démonstration en compostage domestique » du Jardin botanique Roger-Van den Hende, situé au 2480, boulevard Hochelaga, à Québec.