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Comment ça marche ?

Les résultats sont communiqués au bout de quelques semaines et le plus souvent affichés sur une page personnelle (accessible grâce à un mot de passe) du site Internet de l’entreprise. Ils sont présentés sous la forme d’une suite de lettres (A,T, G et C, symbolisant les quatre bases de l’ADN : adénine, thymine, guanine et cytosine) qui indiquent vos différentes mutations génétiques — ou marqueurs. Portant chacune un numéro, ces mutations témoignent des échanges biologiques entre les populations, de leur implantation géographique et de leurs migrations. Les résultats déterminent à quel haplogroupe (famille d’ADN mitochondrial ou de chromosome Y) vous appartenez, celui-ci étant également désigné par des lettres et des chiffres. Ces données sont accompagnées d’un certificat (à encadrer !) et d’une carte géographique montrant les migrations de vos ancêtres. Enfin, libre à vous de transférer votre information personnelle dans la banque de données de l’entreprise : qui sait de quels cousins vous pourriez faire la connaissance ?

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Les différents tests

ADN mitochondrial (ADNmt) L’ADNmt étant transmis, intact, d’une mère à tous ses enfants, ce test peut être effectué tant sur les hommes que sur les femmes. L’ADNmt retrace les ancêtres de la seule lignée maternelle (votre mère, la mère de votre mère, et ainsi de suite) et peut remonter à plus de 100 000 ans. Comme le test du chromosome Y, celui de l’ADNmt permet de déterminer l’haplogroupe (famille d’ADNmt ou de chromosome Y, voir ci-dessous) auquel une personne se rattache et de savoir si celle-ci a des origines européennes, asiatiques, africaines ou amérindiennes. On a répertorié une trentaine d’haplogroupes ADNmt (lignages matrilinéaires) principaux dans le monde. Deux personnes qui appartiennent au même haplogroupe ADNmt ont en principe une ancêtre matrilinéaire proche, même s’il est difficile d’évaluer quand cette ancêtre a vécu. Chromosome Y (chrY) Le chromosome Y n’étant transmis que de père en fils, ce test ne peut être pratiqué que sur des hommes. Portant sur la seule branche paternelle directe, il permet de déterminer à quel haplogroupe chrY (lignage patrilinéaire) un individu appartient et de savoir (comme dans le cas de l’ADNmt) si celui-ci a des origines européennes, asiatiques, africaines ou amérindiennes. On connaît une vingtaine d’haplogroupes chrY au sein de la population mondiale. Le test du chromosome Y est souvent utilisé par des personnes ayant le même nom de famille pour vérifier si elles ont un ancêtre en commun. Autosome On appelle ainsi tous les chromosomes non sexuels, transmis à la fois par le père et la mère. Très controversée (à la fois pour ses connotations raciales et pour son manque de précision), l’analyse des autosomes est censée mesurer le « mixage ethnique » d’une personne en indiquant le « pourcentage génétique » des différents apports (amérindien, européen, asiatique, africain) dont elle est constituée. Mais attention ! Les résultats ne précisent ni à quelle branche (paternelle ou maternelle) ils se rattachent ni à quelle tribu particulière ils renvoient.

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Ancêtre, es-tu là?

La ville de Rochefort, dans l’ouest de la France, est aussi austère qu’un port de guerre. Ce qu’elle fut. Elle a été construite par et pour la marine. Ses rues à angle droit, ses maisons basses en pierre calcaire, ses volets gris claironnent tous le même message : « On ne rigole pas dans les rangs ! » C’est de là que serait originaire mon ancêtre, Pierre Arseneault, pilote côtier qui s’est installé en Acadie vers 1671. Le conditionnel s’impose, car peut-être s’est-il contenté de s’y rendre pour, de là, prendre le bateau pour « une épopée des plus brillants exploits », comme d’aucuns le chanteraient plus tard. On sait peu de choses de ces premiers Français qui ont pris racine dans le Nouveau Monde. Dans le cas de Pierre, par exemple, on ignore même s’il est parent avec un autre Arseneault, prénommé François, qui a débarqué sur les rives du Saint-Laurent vers 1664. Ce Pierre est d’ailleurs si mystérieux qu’une de ses descendantes, l’historienne Pauline Arseneault, responsable des archives anciennes du département de la Charente-Maritime, à La Rochelle, lui trouve quelque chose de louche. « C’est très rare qu’il reste si peu de traces de quelqu’un, explique cette Acadienne. On peut penser qu’il a cherché à cacher son identité. » A-t-il voulu échapper à la justice ? à un créancier ? à une femme ? Nul ne le sait. Je sillonne les rues de Rochefort en pensant à lui. Comme moi, ce Pierre a certainement dû voir les rares bâtiments qui subsistent de ce temps-là. À son époque, la petite église Notre-Dame-de-Rochefort était déjà ancienne, puisqu’elle remonte au 12e siècle. Il a dû admirer l’impressionnante corderie royale, alors toute neuve, où l’on a fabriqué les cordages des navires de Louis XIV. Il n’a pas pu rater non plus le petit château du seigneur de Rochefort, Henri de Cheusses. C’est aujourd’hui un musée de la marine, dont les modèles réduits donnent une idée de la fragile splendeur des frégates qui bravaient alors l’Atlantique Nord. À Rochefort, les Arseneault (nom qu’on écrit souvent Arceneaux en Louisiane et Arsonneau en France) ont laissé peu de traces. À l’église Saint-Louis, une plaque en marbre commémore un curé Arsonneau, archiprêtre dans les années 1820. Dans l’annuaire téléphonique, une seule personne porte ce patronyme. Sa famille habite là « depuis toujours », m’a assuré Claude Arsonneau, 72 ans, qui ignore si un ancêtre a déjà été tenté par l’aventure américaine. Pour Pierre, quel périple ce fut ! De sa vie à Beaubassin, village près de Sackville, en Nouvelle-Écosse, où il s’est installé, on connaît certains détails. Un recensement indique qu’il possédait déjà, quelques années après son arrivée, un fusil, huit bœufs, six cochons et 30 « arpens en labours ». Pas si mal, finalement, pour un pilote côtier. Ces renseignements proviennent du Dictionnaire généalogique des familles Arsenault (MultiMondes, 2000), dont les 766 pages recensent, d’Aaron à Zoël, 9 300 familles de ce nom. L’auteur de l’ouvrage, Denis Savard, est journaliste à la Presse Canadienne, à Toronto, et se passionne pour l’histoire. Lorsque je l’ai joint au téléphone, il m’a appris qu’un Américain originaire de Louisiane, Fred Arceneaux, avait déjà mis en ligne (dans www.ysearch.org) son arbre généalogique et son patrimoine génétique. Ce Fred est un descendant de François, et non pas, comme c’est mon cas, de Pierre. Si je subissais moi-même un test ADN, m’a suggéré Denis Savard, je pourrais comparer mes gènes à ceux de Fred. Si nous possédions le même chromosome Y, transmis de père en fils, nous pourrions en conclure que François et Pierre étaient issus de la même famille. Cela reviendrait à dire que tous les Arseneault d’Amérique sont cousins. Honnêtement, le projet ne m’emballait pas outre mesure. Les histoires d’hérédité me laissent d’ordinaire un peu sceptique. D’abord parce qu’elles me semblent douteuses. Je suis, j’en suis bien sûr, Michel à Jean-Paul à Alphonse à Pierre à Ambroise à Pierre à Simon à Joseph à Charles fils à Charles père à Pierre. Mais ne suis-je pas aussi, et peut-être surtout, s’il est question de génétique, le fils de leurs femmes ? Il suffit que l’une des 10 mères de cette lignée ait donné naissance à un enfant illégitime pour que je ne sois plus porteur du chromosome Y de mon aïeul biologique présumé. L’une d’elles a pu prendre un amant ou être violée. Cette dernière hypothèse est loin d’être saugrenue, d’autant que l’Acadie a longtemps vécu en état de siège, les Anglais l’ayant attaquée bien avant les atrocités commises pendant la déportation de 1755. La génétique m’enthousiasmait donc moins que la généalogie, ce travail de fourmi qui permet d’établir une filiation en exhumant des documents d’archives. Les généalogistes s’appuient sur l’état civil, une émanation de l’État de droit, qui m’est cher. Leur conception de la famille correspond, là aussi, à mes principes : on est digne des enfants qu’on reconnaît, pas de ceux qu’on engendre. Si mon père m’avait adopté, il ne m’aurait donc jamais transmis son chromosome Y. Mais ne l’appellerais-je pas papa ? Entre le sang et l’encre, entre l’inné et le droit, mon cœur avait donc tranché. Pourtant, j’étais curieux. La première fois que j’ai parlé à mon confrère Savard, j’avoue lui avoir demandé s’il était de la famille de son célèbre homonyme, le joueur des Black Hawks. Pourquoi avais-je posé la question, si je me moquais tant de la génétique ? (Naturellement, vous tenez à connaître la réponse : ce sont des cousins éloignés.) Malgré mes réticences, j’ai donc envoyé trois échantillons de ma salive à iGENEA, laboratoire suisse et partenaire de la société américaine Family Tree DNA, pour un test ADN. J’allais donc savoir si j’étais un parent de Fred. Si nous avions suffisamment de marqueurs en commun, cela signifierait que nos aïeuls respectifs, François « le Québécois » et Pierre « l’Acadien », avaient été de proches parents. Quelques semaines plus tard, lorsque j’ai reçu mes résultats, j’ai téléphoné à Zurich. Ayant compté 22 concordances, je voulais m’assurer d’avoir bien compris les liens qui m’unissaient à Fred. « Vous êtes de la même famille, c’est clair ! » s’est exclamée mon interlocutrice. C’est-à-dire que nos ancêtres, il y a une douzaine de générations, avaient 99 % de chances d’être apparentés. Fred se métamorphosait donc en lointain cousin, comme, du reste, tous les Arseneault d’Amérique, puisque leurs deux ancêtres étaient parents. Je n’en savais pas beaucoup plus sur Pierre, bien entendu, mais je savais désormais qu’il n’était pas le premier de sa famille à se laisser tenter par le continent aux contours encore flous ; sur cette terra incognita, François l’avait précédé. La généalogie avait, grâce à la génétique, fait un petit pas. Mais je restais un peu dubitatif. À quoi bon savoir que les dizaines de milliers d’Arseneault d’Amérique sont de vagues cousins, quand je suis de ceux qui aiment à croire qu’ils sont, comme tous les hommes — excusez mon vocabulaire —, des frères ?

Précieux comme un bleuet Santé et Science

Précieux comme un bleuet

Les biochimistes saluent ses vertus anticancéreuses et les consommateurs l’adorent. Poussé par la forte demande mondiale, le prix moyen du bleuet a presque doublé de 2004 à 2006, passant de 75 ¢ à 1,34 $ la livre.

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Notre aventure ADN

En nous embarquant dans cette machine à remonter dans le temps, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Allions-nous découvrir des zones inconnues de notre généalogie? Un ancêtre insoupçonné allait-il sortir du placard? Une aïeule amérindienne cachée? Nenni! Mais si nul secret de famille n’a été exhumé, ce test d’ADN nous a finalement amenés bien plus loin que tout ce que nous imaginions : aux sources mêmes de notre espèce, l’Homo Sapiens. « Nos gènes racontent une histoire qui commence il y a plus de 100 000 ans, explique le généticien britannique Bryan Sykes, dans son best-seller Les sept filles d’Ève, Génétique et histoire de nos origines (Albin Michel, 2001). « Et dont les tout premiers chapitres sont dissimulés dans les cellules de chacun de nous. » En voici quelques lignes… Nos résultats Les cinq « cobayes » de L’actualité ont fait analyser une série de 12 marqueurs génétiques (mutations) dans leur ADN mitochondrial (transmis de la mère à tous ses enfants) et/ou le chromosome Y (seulement transmis de père en fils), auprès de la compagnie Family Tree DNA (FTDNA). Bien que basique, ces tests nous ont permis d’identifier les haplogroupes (lignages maternel et paternel) auxquels nous appartenons. (Les haplogroupes sont baptisés par des lettres majuscules ; les chiffres et les lettres minuscules indiquent les clades et « sous-clades » ou sous-groupes). De plus, dans le cas de Ralph et de Daniel, ils ont fait apparaître de nombreux jumelages parfaits – c’est-à-dire présentant des mutations génétiques similaires – avec des membres de la banque de données de FTDNA. Cela ne veut toutefois pas dire que tous sont forcément leurs « cousins » : pour les distinguer, il faudrait faire analyser de plus nombreux marqueurs. En attendant, nous nous sommes trouvé, entre cobayes, des points communs inattendus. Trois appartiennent à l’haplogroupe « U » pour leur lignage maternel (Ralph, Isabelle et Tamara) et deux sont porteurs du « R1b1 » pour leur lignage paternel (Ralph et Daniel). Sources : Family Tree DNA, et Jacques Beaugrand, coprésident du Projet ADN d’Héritage français. Nos fiches d’identité photo : Marie-Reine Mattera photo : Marie-Reine Mattera photo: Jean-François Bérubé photo: Marie-Laure Godefroy photo : Marie-Reine Mattera Ralph Boncy : Européen de père en fils Première ancêtre maternelle connue : Modeste Lespérance, née Al-Bouhessi, née en Abyssinie ou au Yémen en 1773. Déportée en Haïti comme esclave au milieu du 18e siècle. Haplogroupe ADN mitochondrial : U6a1. La signature génétique de la lignée maternelle de Ralph se retrouve notamment chez plusieurs tribus de la Sierra Leone et de la Guinée Bissau, en Afrique de l’ouest. L’haplogroupe U serait apparu en Asie centrale il y a environ 50 000 ans, il s’est ensuite divisé en sous-groupes, le U6 migrant vers le Proche-Orient et l’Afrique. (Voir aussi les fiches de Isabelle Grégoire et Tamara Melnikova). Premier ancêtre paternel connu : Jean-Baptiste Boncy, « mulâtre libre », né autour de 1750 en Haïti. Haplogroupe chromosome Y : R1b1c. C’est la signature plus courante des hommes d’Europe de l’ouest– et, en raison de l’immigration, de ceux d’Amérique du nord. Comme le chromosome Y se transmet de père en fils, le test démontre à coup sûr que l’ancêtre de Ralph était Européen (blanc) du côté paternel. (Voir aussi la fiche de Daniel Chrétien). Commentaire : « Mon père était noir et, en faisant ce test, j’avoue que je pensais plus au côté africain de mon ancêtre mulâtre Jean-Baptiste Boncy qu’à son origine européenne (l’autre moitié), largement confirmée par le test. Je suis toutefois déçu de n’avoir pas pu confirmer mon ascendance de l’Afrique de l’est, côté maternel, en raison du manque de données existantes. Peut-être qu’un jour l’ADN me donnera la réponse. » Daniel Chrétien : Pure laine d’Europe Première ancêtre maternelle connue : Mélanie Simard (arrière grand-mère), née au Québec en 1876. Haplogroupe ADN mitochondrial : H. Cet haplogroupe prédomine actuellement en Europe, représentant environ 40% des lignées maternelles. Premier ancêtre paternel connu : Jacques Chrétien, originaire de la Touraine (France), dont le fils Vincent a émigré en Nouvelle-France en 1663. Haplogroupe chromosome Y : R1b1. Comme Ralph Boncy, Daniel appartient à l’haplogroupe le plus fréquent en Europe de l’ouest (65% des français sont R1b1). Apparus avant ou pendant la dernière glaciation (32 000 – 21 000 ans avant notre ère), les porteurs de R1b1 se sont concentrés dans les refuges du sud de l’Europe. Ils furent les premiers Homo Sapiens Cro-Magnon européens, et donc les premiers artistes – auteurs notamment des peintures rupestres de la grotte de Lascaux. Commentaire : « Les deux tests confirment ce que je savais déjà par les arbres généalogiques de mon père et de ma mère : mon ascendance d’Europe de l’ouest (France et Angleterre). Comme l’analyse de l’ADN n’explore que les lignées paternelle et maternelle directes, il ne donne peut toutefois donner indication sur une possible origine amérindienne par ma grand-mère paternelle. » Isabelle Grégoire : de l’Asie centrale à la Corse Première ancêtre maternelle connue : Françoise Demartini (arrière grand-mère) d’ascendance grecque, née en Corse au milieu du 19e siècle, mère de Camille, ma grand-mère née sur la même île en 1895. Haplogroupe ADN mitochondrial : U3a. Ce sous-groupe de l’haplogroupe U est plutôt rare en Europe (1% de la population actuelle). On le retrouve en plus grande proportion chez les populations tsiganes, et également en Asie centrale et en Afrique du nord. Premier ancêtre paternel connu : François Grégoire, né à Montpellier en France en 1665, arrivé en Nouvelle-France vers 1685. Haplogroupe chromosome Y : R1b1 (test réalisé par mon père) – le dénominateur commun des Européens de l’ouest, et le même que celui de Ralph Boncy et Daniel Chrétien. Commentaire : « Le test confirme mes origines maternelles méditerranéennes… même si ma peau de blonde semble les contredire! Si j’ai été un peu déçue de ne trouver aucun match parfait dans la banque de données de FTDNA, cela m’a donné le goût d’en savoir plus dès que celle-ci sera plus complète. Et comme l’échantillon d’ADN est conservé par le laboratoire pendant 25 ans… ça laisse de la marge! » Tamara Melnikova : Des cousins lapons? Première ancêtre maternelle connue : Anna Pchenitchnaya (arrière grand-mère) née en Ukraine en 1887. Haplogroupe ADN mitochondrial : U5b1. Les U5 étaient les toutes premières femmes de notre espèce à coloniser l’Europe, environ 50 000 ans avant notre ère. Cet haplogroupe serait apparu au sud ou à l’est de la mer Noire, avant d’essaimer en Europe et de remonter vers le nord. On retrouve aujourd’hui beaucoup de porteurs de U5b1 (comme Tamara) en Scandinavie, tout particulièrement chez les Lapons (Saame). Commentaire : « Je suis d’origine ukrainienne et je m’attendais à trouver un lien avec les tataro-mongols qui occupaient le territoire de l’Ukraine du 12e au 14e siècle. C’est leur sang qui explique nos cheveux et nos yeux foncés, à la différence des autres peuples slaves. Or le test m’a plutôt appris que l’une de mes ancêtres a probablement vécu en Scandinavie et que j’ai des « cousins » en Laponie. Ça explique peut-être mon attirance pour la mer Baltique, mon lieu de vacances préféré… » Binh An Vu Van : Fièrement Asiatique Première ancêtre maternelle connue : Trâ`n thi. Nghi (arrière arrière grand-mère), est née au Vietnam vers 1880. Haplogroupe ADN mitochondrial : B. Il s’agit de l’haplogroupe Han chinois, très ancien (60 000 avant notre ère). Plus de 25% des Chinois, Vietnamiens, Cambodgiens et Thaïlandais seraient de cet haplogroupe. Compte tenu de la population mondiale c’est sans doute le plus fréquemment rencontré sur la planète. Apparu en Asie centrale, il s’est propagé en Asie, atteignant le Japon et le Pacifique sud-est et vers le nord, jusqu’en Sibérie. Il y a environ 15 000 ans, l’haplogroupe B s’est divisé : un sous-groupe a traversé le détroit de Béring jusqu’en Amérique du nord puis du sud. Une bonne partie de Amérindiens d’aujourd’hui en possèdent une forme (B2). Commentaire : « Je ne suis pas très surprise des résultats puisque mon histoire a été assez linéaire. Mes plus anciens ancêtres connus étant tous vietnamiens, j’ai toujours supposé que leur ascendance était chinoise. Mais la confirmation de mes racines et de son terreau me font porter un peu plus fièrement mes traits asiatiques. Soudain, mon « bagage génétique » devient concret et précieux. Il m’inscrit dans l’histoire humaine. »

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La guerre des racines

Si c’est sa petite sœur ou son oncle, tout baigne. Sinon, les deux systèmes racinaires se livreront une guerre sans merci ! C’est ce qu’a découvert l’équipe de Susan Dudley, biologiste de l’Université McMaster, à Hamilton, en Ontario, en étudiant la roquette de mer (caquillier édentulé), une plante assez répandue sur les rivages québécois. « Une découverte fascinante », s’enthousiasme le Dr Jacques Brisson, du centre de recherche en biologie végétale du Jardin botanique de Montréal. « Mais qui a peu de chances de révolutionner nos jardins. Parce qu’il reste à savoir si ce système de détection est commun dans la nature. Et parce qu’il est presque impossible au jardinier de déterminer le lien de parenté entre deux plants de tomates… »

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Le Dr robot fait sa ronde

Il s’appelle RP7 (RP pour remote presence ou présence à distance). Et il permet au médecin d’être au chevet de ses patients hospitalisés même quand il est à des milliers de kilomètres de l’hôpital ! Grâce à un logiciel de pointe et à une manette fixée sur son ordinateur portable, le médecin commande le robot, qui roule dans les couloirs de l’hôpital pour faire sa ronde. Celui-ci peut hocher et tourner la « tête » (un écran plat où apparaît en temps réel le visage du médecin), zoomer sur une blessure ou une plaie, et même porter un stéthoscope ! Mis en marché depuis quelques années par l’entreprise californienne In Touch Health, RP7 est aussi utilisé dans les salles d’urgences et, de plus en plus, en région éloignée. Une étude menée au Sinai Hospital de Boston semble montrer que l’emploi du robot, qui permet au patient hospitalisé de voir son médecin plus souvent, écourterait le séjour à l’hôpital. Plus d’une centaine sont déjà en poste dans des hôpitaux, aux États-Unis surtout.

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Un p’tit joint, une p’tite granule…

Un petit local anonyme, rue Rachel, à Montréal. Deux hommes pèsent des paquets de fleurs verdâtres, qu’ils glissent ensuite dans des sachets de plastique. Tout à l’heure, des clients se présenteront à la porte, à commande électronique, et prendront possession de la marchandise. Nous sommes chez un revendeur de drogue bien particulier : le Centre Compassion, où quelque 500 malades achètent du cannabis pour soulager des symptômes comme la douleur, les nausées, les spasmes musculaires. Un deuxième centre, le Club Compassion, est installé rue Papineau, à Montréal, alors que d’autres ont pignon sur rue en Ontario et en Colombie-Britannique. Après deux années de démêlés avec la justice, le Centre Compassion fournit de la marijuana à des gens atteints de cancer, de sclérose en plaques, d’épilepsie, d’arthrite, de sida et d’autres maladies chroniques. Cette activité n’est pas légale, mais tolérée : puisque le ministère de la Santé du Canada accorde le droit à certains malades de se soigner à l’aide de cannabis, quelqu’un doit les approvisionner, tranchait, en 2002, le juge Gilles Cadieux de la Cour supérieure du Québec. Dans les années 1970, personne n’aurait imaginé que la substance fétiche des hippies serait un jour utilisée comme médicament. Déjà, des comprimés ou des aérosols à base d’extraits de cannabis, comme le Marinol ou le Sativex, sont vendus en pharmacie. La science commence à reconnaître le potentiel thérapeutique d’une plante qui fut utilisée pendant des milliers d’années pour soigner une foule de maux. « Les découvertes sur les propriétés du cannabis ne cessent de se multiplier », affirme le Dr Pierre Beaulieu, anesthésiste et pharmacologue au CHUM. Mais la marijuana demeure une drogue controversée. L’Association médicale canadienne s’oppose à son usage — sous forme d’herbe, du moins — à des fins médicales. Et le Collège des médecins du Québec de même que la Fédération des ordres des médecins du Canada interdisent à leurs membres d’en prescrire. On juge que les effets thérapeutiques de cette plante n’ont pas fait l’objet d’études assez poussées et que son innocuité n’a pas été démontrée. Quant au rapport Nolin, publié en 2002 par le Comité spécial du Sénat canadien sur les drogues illicites, il affirmait que la mari, consommée de façon modérée, était moins dangereuse pour la santé que l’alcool ou le tabac. Mais il s’interrogeait du même souffle sur les risques potentiels de cette drogue pour les adolescents, dont les cerveaux seraient plus vulnérables. Alors, qui croire ? La marijuana n’a pas toujours été considérée comme une substance dangereuse. Jusqu’à la fin des années 1930, on en trouvait sous forme de sirop dans la plupart des pharmacies des pays occidentaux, pour traiter les nausées, la migraine et l’arthrite. La reine Victoria s’en servait pour soulager ses crampes menstruelles. En 1890, des bonbons au cannabis et au sucre d’érable étaient vendus dans les confiseries. Mais en 1942, sous la pression du Bureau américain des narcotiques, le cannabis est retiré de la pharmacopée des États-Unis : selon ses détracteurs, il engendre la toxicomanie, la psychose et la dépendance. En 1988, le vent tourne. Des chercheurs découvrent dans le cerveau, la moelle épinière et le système immunitaire des récepteurs qui s’activent au contact des cannabinoïdes, ingrédients actifs de la plante. Et, surprise, ces récepteurs se trouvent justement dans des zones liées à la douleur, à l’appétit, aux nausées et aux spasmes musculaires. « Nos patients affirment que fumer du cannabis les soulage », explique le Dr Mark Ware, spécialiste de la douleur au Centre universitaire de santé McGill. Ce médecin a participé à l’étude COMPASS (Cannabis for the management of pain : assessment of safety study), qui apportera peut-être les preuves que les médecins réclament. Dans sept centres hospitaliers un peu partout au Canada, on a évalué les effets de la plante sur des gens atteints de sclérose en plaques, d’arthrite ou de douleurs chroniques. « Le but de l’étude est d’abord de vérifier si l’usage de la marijuana est sécuritaire et d’en déceler les effets secondaires qui risquent d’affecter nos patients », ajoute le Dr Allan Gordon, directeur du Wasser Pain Management Centre à l’Hôpital Mount Sinai de Toronto. Les résultats devraient être publiés dans quelques mois. Pendant ce temps, des chercheurs travaillent sur des médicaments à base d’extraits de cannabis. Le Dr Pierre Beaulieu, du CHUM, a étudié les effets de la nabilone sur la douleur postopératoire. Ce médicament est déjà prescrit contre les nausées et les vomissements provoqués par la chimiothérapie. Contre la douleur aiguë, toutefois, ses performances sont décevantes. « Les dérivés du cannabis paraissent moins efficaces sur la douleur postopératoire que sur la douleur chronique », explique le médecin. Par ailleurs, certains patients semblent mieux soulagés par la plante complète, ajoute-t-il. « Jusqu’ici, on n’a testé que 3 de ses ingrédients actifs, alors qu’elle en contient plus de 60. Certains composés sont peut-être plus efficaces que d’autres. Et la synergie de l’ensemble a peut-être des propriétés que nous ne connaissons pas encore. » Parlez-en à Patrick Hardy, Montréalais de 27 ans atteint de la maladie de Crohn, une inflammation chronique de l’intestin. Au milieu de la table du salon, dans le petit appartement qu’il partage avec sa conjointe, trône une pile de livres sur les façons de cultiver le pot. Le ministère de la Santé du Canada a remis à Patrick Hardy, comme à quelque 1 000 autres patients, un permis l’autorisant à faire pousser sa propre marijuana. En feuilletant les pages d’un catalogue, le jeune homme me décrit les différentes variétés offertes, affublées de noms qui évoquent des teintes de rouge à lèvres : Bubble Gum, Grapefruit Haze, Blueberry Punch, Jamaican Grape… « Aucun médicament ne réussit à me soulager aussi efficacement, avec aussi peu d’effets secondaires », dit-il. Dans un autre coin de la pièce se trouve un curieux objet qui ressemble à une toupie. Grâce à cet inhalateur, Patrick Hardy peut absorber l’équivalent de trois joints par jour, sans aspirer de fumée. L’appareil chauffe les fleurs de la plante, et le gaz qui résulte de cette opération s’accumule dans un sac. On l’inhale ensuite grâce à un petit cylindre fixé au sac. C’est plus compliqué que de rouler un joint, mais beaucoup moins dommageable pour les poumons. Car les réserves émises par les médecins s’expliquent en partie par le fait que la combustion du cannabis, comme celle du tabac, libère des substances nocives. De plus, les joints sont dépourvus de filtre et les consommateurs inspirent profondément chaque bouffée. Les fumeurs réguliers de cannabis souffrent des mêmes symptômes que les fumeurs de tabac : toux, respiration sifflante, bronchite. « Un joint équivaut à sept cigarettes », explique le Dr Donald Tashkin, qui étudie l’effet des drogues sur les maladies pulmonaires à l’Université de Californie. Les craintes pour la santé des poumons ne sont pas le seul facteur qui joue contre l’usage thérapeutique du cannabis. Le tétrahydrocannabinol (THC), principal ingrédient actif de la plante, procure une sensation de bien-être, de détente, d’insouciance. La perception du temps, des couleurs et des sons est altérée. La coordination des mouvements, la mémoire à court terme et le raisonnement aussi. « Certains patients n’aiment pas le high causé par le pot, dit Marc-Boris St-Maurice, fondateur du Centre Compassion établi rue Rachel. Des psychiatres ont parlé de « psychose cannabique » pour décrire la désorientation et la confusion que produit parfois cette drogue. Près de une admission en service psychiatrique sur 1 000 est celle d’un consommateur de marijuana en proie à la paranoïa, au délire et même aux hallucinations. Mais comme le soulignent les auteurs du Rapport Nolin, ces statistiques ne tiennent pas compte de l’état mental du patient avant son hospitalisation ni des autres drogues qu’il aurait pu consommer en même temps que la mari. « Parler de psychose me semble excessif », dit le Dr Lester Grinspoon, psychiatre et professeur à l’Université Harvard, qui étudie les effets du cannabis depuis 40 ans. « Par contre, un consommateur inexpérimenté qui absorbe une trop grande quantité de marijuana peut ressentir une forte anxiété. » Personne n’est jamais mort d’une surdose de cannabis : il faudrait en consommer 681 kilos en moins de 15 minutes, d’après une étude citée par le pharmacologue Mohamed Ben Amar dans son livre Les psychotropes. En revanche, un bad trip peut être pénible. Il faut dire que la concentration en THC du cannabis est de 10 à 15 fois plus forte que dans les années 1970. « Il y a 30 ans, on fumait seulement les feuilles, qui n’en contenaient que de 1 % à 2 %, explique le caporal Roch Côté, du bureau de la GRC de Montréal. Aujourd’hui, on consomme les fleurs, qui en renferment davantage. » De plus, les plants de culture hydroponique, nourris avec un engrais versé directement dans l’eau qui recouvre leurs racines, sont plus riches en THC que ceux cultivés dans le sol. Des croisements entre les variétés de marijuana ont aussi engendré des plants dont la teneur en THC est plus élevée. « Le cannabis contient maintenant de 15 % à 19 % de THC, et même plus, ajoute le policier. Par contre, la rumeur voulant que certains joints soient vaporisés avec des drogues chimiques comme le PCP relève de la pure fantaisie. » Les détracteurs du pot s’inquiètent aussi de l’existence possible d’un lien entre le cannabis et la schizophrénie. « L’usage de cette drogue pourrait être un facteur de risque, au même titre que la génétique ou les antécédents familiaux », dit le psychiatre Emmanuel Stip, de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine, à Montréal. En effet, chez le quart de la population, une particularité génétique augmenterait le risque de présenter des symptômes de schizophrénie ou de psychose. Mais le gène en cause s’exprimerait uniquement chez les gens qui ont fumé du cannabis à l’adolescence. D’autre part, la marijuana est une substance qu’apprécient les schizophrènes, car elle soulage leurs symptômes. « Paradoxalement, elle augmente aussi leurs rechutes, ce qui peut expliquer une certaine concordance entre les chiffres », dit Stéphane Potvin, qui travaille à une étude sur le sujet au Centre de recherche Fernand-Seguin, de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine. Quels sont les effets du cannabis sur les fonctions cognitives ? En Jamaïque et au Costa Rica, on a mené de vastes enquêtes auprès des grands amateurs de mari. La majorité d’entre eux s’estimaient plus intelligents et plus performants lorsqu’ils avaient fumé un joint. Or, des tests ont démontré que ce n’était pas le cas. Après des années d’utilisation, les gros consommateurs d’herbe éprouvaient plus de difficulté à mémoriser une liste de mots et réagissaient plus lentement que la moyenne de la population. La plupart récupéraient néanmoins leurs fonctions cognitives après avoir cessé leur consommation. Une exception : les jeunes initiés au cannabis avant l’âge de 16 ans conservaient parfois un déficit de l’attention. La marijuana conduit à une perte de motivation, estiment 82 % des Québécois interrogés dans un sondage CROP effectué en 2007. L’OMS doute de la justesse de cette perception. Et un comité d’experts venant d’Allemagne, de Belgique, de France et des Pays-Bas conclut, dans un document intitulé The Cannabis 2002 Report, que l’apathie des jeunes fumeurs de pot résulte plutôt de problèmes psychologiques présents avant le début de leur consommation. Nathalie Néron, coordonnatrice du programme jeunesse du Centre Dollard-Cormier (Montréal), qui vient en aide aux toxicomanes, ajoute : « J’ai observé dans ma pratique que de nombreux jeunes qui abusaient du cannabis à l’adolescence avaient manifesté des troubles de comportement dans l’enfance. » Certains d’entre eux utiliseraient cette substance pour calmer leur anxiété. Des ados en difficulté peuvent fumer de 8 à 10 joints par jour, selon la spécialiste. « Mais les problèmes de consommation ne touchent que 5 % des utilisateurs, précise-t-elle. N’oublions pas que 85 % des jeunes qui consomment du cannabis le font de façon occasionnelle. » Devient-on accro à la marijuana ? Les spécialistes croient qu’un usage excessif peut entraîner une dépendance psychologique, accompagnée d’une légère accoutumance physique. Mais cette éventualité serait plus faible qu’avec d’autres drogues. Selon les critères établis par l’Association américaine de psychiatrie, 9 % des personnes qui prennent du cannabis en deviennent dépendantes, comparativement à 15 % pour l’alcool, 17 % pour la cocaïne, 23 % pour l’héroïne et 32 % pour le tabac. Les hommes seraient plus susceptibles de devenir accros au pot, de même que les jeunes de 15 à 24 ans. Ce dernier fait est troublant, car c’est dans ce groupe d’âge que la consommation est la plus importante et qu’elle tend à augmenter. L’Enquête sur les toxicomanies au Canada (2004) révèle qu’un certain pourcentage de la population fait un usage régulier du cannabis : 14,1 % des Canadiens de plus de 15 ans en avaient fumé au cours des 12 mois précédant l’étude. De ce nombre, 20 % en avaient pris une fois par semaine, 18 % en avaient consommé tous les jours et… 34,1 % se disaient incapables de contrôler leur consommation. Des chiffres encore plus récents feraient des Canadiens les plus grands fumeurs de cannabis en Occident. Selon l’édition 2007 du Rapport mondial sur les drogues, publié par les Nations unies, 16,8 % des Canadiens ont dit avoir fumé au moins une fois de la mari en 2004. Par comparaison, 12,6 % des répondants américains ont admis en avoir fumé, contre 8,7 % des Britanniques, 8,6 % des Français, 6,1 % des Néerlandais. Pourtant, rares sont les adultes qui se présentent au Centre Dollard-Cormier à cause d’une dépendance au cannabis. « Des jeunes dans la vingtaine vont parfois nous consulter, ajoute Nathalie Néron. Mais la plupart des adultes qui nous demandent de l’aide sont des polytoxicomanes qui ont également une dépendance à d’autres substances, comme l’alcool, la cocaïne ou les médicaments. » Les experts s’entendent sur un point : la mari ne mène pas à des drogues plus fortes. Ce consensus se retrouve dans le rapport Nolin comme dans la plupart des études qui ont été faites un peu partout dans le monde. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon l’Enquête sur les toxicomanies au Canada, 44,5 % des Canadiens de plus de 15 ans ont déjà goûté au cannabis, alors que seulement 10 % d’entre eux ont déjà essayé la cocaïne, et 1 %, l’héroïne. Le chercheur Mohamed Ben Amar rapporte également que dans des pays comme les Pays-Bas, où la culture et la consommation de cannabis sont permises, moins de 8 % des fumeurs de pot essaient les drogues dures. Quoi qu’il en soit, les effets de la marijuana sur le cerveau n’ont pas fini de surprendre. Par exemple, on a découvert que cette drogue possédait un effet antidépresseur, du moins à court terme. « Les zones cérébrales associées à la douleur sont situées tout près des centres de l’humeur et de l’anxiété, explique la Dre Gabriella Gobbi, chercheuse au Centre universitaire de santé McGill. Voilà pourquoi le cannabis agit sur ces deux problèmes à la fois. » La marijuana pourrait-elle remplacer les antidépresseurs ? Certainement pas, selon la psychiatre. Par contre, les recherches sur cette drogue pourraient révolutionner le traitement de certaines maladies. On sait que dans des situations particulières, comme lorsqu’on se livre à une activité physique, le cerveau sécrète son propre « cannabis », sous la forme de substances appelées endocannabinoïdes. Leur effet est semblable à celui de la marijuana et permettrait donc de soulager la douleur, les spasmes musculaires et les nausées, en plus de calmer l’anxiété et d’améliorer l’humeur. « Mais sans que nous ayons à fumer un joint », précise la Dre Gobbi. L’automne dernier, l’équipe de Gabriella Gobbi a mis au point un médicament, le URB597, qui augmente la quantité de ce cannabis endogène dans le corps en bloquant l’action des enzymes qui le détruisent. « Cette nouvelle molécule pourrait remplacer de façon plus sûre le cannabis dans le traitement de la douleur et de la dépression », affirme la chercheuse. Mais il faudra compter plusieurs années avant que ce médicament soit offert en pharmacie. Au moment où les gouvernements commencent à permettre l’usage du cannabis thérapeutique, la science serait-elle en train de découvrir des moyens de s’en passer ? · Les effets du cannabis sur la santé · La consommation du cannabis en chifres · Le pot mène-t-il à la délinquance ? · Le pot est-il nocif pour le cerveau des adolescents ? · La petite histoire du cannabis thérapeutique · Des médicaments à base de cannabis · Une dépénalisation de fait

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Un p’tit joint, une p’tite granule…

Les effets du cannnabis sur la santé Hypothalamus Le cannabis augmente l’appétit, ce qui pourrait aider les patients souffrant du cancer ou du sida. Nausées La marijuana soulage les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie anticancéreuse, parfois de façon plus efficace que les médicaments classiques. Cerveau Mémoire L’usage abusif et prolongé du cannabis peut s’accompagner de troubles de la mémoire, de la concentration et de l’attention, et réduire la capacité de traiter de l’information complexe. Schizophrénie Le cannabis augmenterait les risques d’être atteint de cette maladie mentale chez les jeunes de moins de 17 ans qui présentent une prédisposition génétique. Moelle épinière Douleur Le cannabis atténue certaines douleurs chroniques, comme les maux de tête, les douleurs neuropathiques et les douleurs cancéreuses. Relaxant musculaire Les propriétés relaxantes et antispasmodiques du cannabis peuvent être utiles aux patients souffrant de sclérose en plaques et de lésions de la moelle épinière. Système reproducteur À long terme, la consommation de fortes quantités de marijuana peut entraîner une baisse de la libido ainsi qu’une diminution de la testostérone et du nombre de spermatozoïdes chez l’homme. Chez la femme, l’abus du cannabis peut interrompre l’ovulation. (Sources : Louis Léonard et Mohamed Ben Amar, Les psychotropes : Pharmacologie et toxicomanie, Les Presses de l’Université de Montréal, 2002. Mohamed Ben Amar, « Cannabinoids in Medicine : A Review of Their Therapeutic Potential », Journal of Ethnopharmacology, 2006.) La consommation du cannabis en chiffres • 70 % des 18 à 24 ans ont consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie. • 30 % des 15 à 17 ans et 47 % des 18 à 19 ans en ont fumé au cours des 12 mois précédant l’enquête. • 10 % des 45 ans et plus en ont consommé durant la même période. • 8 % des 12 à 19 ans en consomment une fois par semaine ; 3 % une fois par jour. • Les hommes (50 %) sont plus nombreux que les femmes (39 %) à y avoir goûté. • On a fumé du cannabis au moins une fois dans : – 43 % des ménages à faible revenu ; – 45 % des ménages à revenu moyen ; – 55 % des ménages à revenu élevé. — (Sources : Enquête sur les toxicomanies au Canada [2004] et ministère de la Santé du Canada) Le pot mène-t-il à la délinquance ? Nathalie Néron, coordonnatrice du programme jeunesse du Centre Dollard-Cormier, en doute. « Le cannabis est un dépresseur du système nerveux : sous l’effet de cette drogue, on a plus tendance à s’écraser qu’à devenir agressif », dit-elle. Néanmoins, si on abuse de cette substance, fumer du pot peut coûter jusqu’à 20 dollars par jour. « Le manque d’argent pour se procurer de la marijuana peut inciter certains ados à commettre des vols par effraction. Toutefois, la principale activité illégale des jeunes qui sont dépendants de cette drogue est la vente de cannabis pour payer leur propre consommation. » Serge Brochu, chercheur au Département de criminologie de l’Université de Montréal, étudie depuis 20 ans les liens entre drogue et criminalité. « Le cannabis ne rend pas violent, dit-il. Mais le fait que cette substance soit illégale place certains ados en contact avec l’illégalité. Si un adolescent est dépendant du cannabis, mais qu’il n’a pas d’argent pour en acheter, son revendeur va peut-être lui en prêter. Puis, pour rembourser sa dette, il devra rendre de “ petits services ”, comme transporter des sacs de drogue… » La plupart des jeunes ne mettent pas le doigt dans cet engrenage, tout simplement parce que leur consommation est épisodique. « Au cours de nos enquêtes, nous avons toutefois remarqué un autre lien entre délinquance et cannabis, ajoute le chercheur. Certains jeunes sont attirés par la déviance ; ils aiment prendre des risques et consomment de la drogue ou commettent des méfaits justement parce que c’est interdit. » Le pot est-il nocif pour le cerveau des adolescents ? « Le cannabis diminue l’attention et la concentration, explique le psychiatre Richard Cloutier, chef médical du Centre Cormier-Lafontaine. C’est pourquoi l’usage abusif de cette drogue a des répercussions sur le rendement scolaire. Mais nous ignorons encore quels sont ses effets à long terme sur le cerveau des adolescents. » Une étude menée au Département de psychiatrie du Centre médical de l’Université Duke, en 2000, arrivait à une conclusion inquiétante : le cerveau de jeunes qui avaient consommé de la marijuana avant l’âge de 17 ans était plus petit et renfermait moins de matière grise que celui des adolescents qui n’en avaient jamais fumé. Mais, fait valoir le Dr Cloutier, les jeunes qui abusent du cannabis consomment souvent d’autres substances, ce qui rend les relations causales difficiles à établir. Par contre, la corrélation entre cannabis et schizophrénie se précise. « Ce trouble mental apparaît entre l’âge de 20 et 30 ans chez les garçons et un peu plus tard chez les filles. Nous savons maintenant que chez les jeunes prédisposés génétiquement à la schizophrénie, le cannabis fait apparaître la maladie 10 ans plus tôt. » Or, ce sont 10 années précieuses qui sont ainsi perdues. « Si un jeune adulte a le temps de terminer des études, d’occuper un emploi ou de vivre en appartement avant sa première crise, il lui sera plus facile de retrouver une vie normale lorsque sa maladie sera contrôlée », conclut le psychiatre. La petite histoire du cannabis thérapeutique Depuis le 30 juillet 2001, le règlement sur l’accès à la marijuana à des fins médicales permet aux patients qui en font la demande d’utiliser le cannabis pour soulager leurs symptômes. Actuellement, 1 492 patients bénéficient de cette mesure. Pour y avoir droit, on doit être atteint d’une maladie comme la sclérose en plaques, le cancer, le sida, l’épilepsie, de lésions de la moelle épinière ou de certaines formes d’arthrite, et présenter une confirmation écrite de ce diagnostic signée par un médecin. La marijuana peut soulager la douleur chronique, les spasmes musculaires, les nausées et une perte d’appétit sévère. Le programme a été mis sur pied après que des malades eurent défendu devant les tribunaux leur droit d’utiliser cette drogue. Terry Parker, un Ontarien qui souffrait d’épilepsie, a été accusé de possession illégale de marijuana en 1997. Il plaida sa cause devant le juge Patrick Sheppard, qui lui donna raison, considérant que, en vertu de la Charte des droits et libertés, un malade a le droit de suivre un traitement qui le soulage. Jim Wakeford, un Ontarien atteint du sida, a ensuite dénoncé en justice l’ambiguïté de la loi : des gens avaient obtenu la permission de consommer du cannabis pour soulager leurs souffrances, mais il leur était interdit d’en acheter ou de le cultiver. Aujourd’hui, le ministère de la Santé du Canada accorde aux patients qui le demandent le droit de posséder du cannabis. Ces malades peuvent aussi obtenir un permis pour cultiver leur propre marijuana ou désigner quelqu’un qui le fera à leur place. Ils ont aussi la possibilité de l’acheter du Ministère. En 2001, ce dernier a signé une entente avec Prairie Plant Systems, qui cultive des plants de cannabis dans des mines désaffectées au Manitoba. Mais certains patients soutiennent que le pot manitobain n’est pas efficace et préfèrent se le procurer chez d’autres fournisseurs, comme les Clubs Compassion. Par ailleurs, ces clubs ont établi leurs propres règles. « Nous ne vendons pas de cannabis à n’importe qui, explique Philippe Gauvin, du Club Compassion de la rue Papineau. Les malades doivent se présenter avec un diagnostic de leur médecin. » Par contre, les clients des clubs n’ont pas besoin d’un permis du ministère de la Santé du Canada. Ce qui veut dire qu’ils pourraient, en principe, être accusés de possession illégale. Un jour, le cannabis thérapeutique sera peut-être vendu à la pharmacie du coin. Sous le gouvernement libéral, on prévoyait mettre sur pied un projet-pilote, de concert avec certaines pharmacies au pays. L’idée suit son cours : le Ministère est toujours en pourparlers avec les ordres professionnels et les associations de pharmaciens de chacune des provinces. C’est à suivre. Des médicaments à base de cannabis En ce moment, trois médicaments brevetés à base de cannabis sont offerts au Canada : • Le Sativex soulage les douleurs causées par la sclérose en plaques. Composé d’extraits du cannabis, dont le THC et le cannabidiol, ce médicament se présente sous forme de pulvérisateur qu’on vaporise dans la bouche. Il n’est pas remboursé par le régime d’assurance médicaments du Québec. • Le Marinol est le nom de commerce du dronabinol, un THC synthétique qui calme les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie. Ce médicament freine aussi la perte d’appétit et la perte de poids chez les gens atteints du sida. Il est couvert par l’assurance médicaments. • Cesamet est le nom de commerce de la nabilone, substance synthétique analogue au THC, également utilisée contre les nausées et les vomissements causés par la chimiothérapie. Elle est aussi couverte par l’assurance médicaments. Une dépénalisation de fait Le cannabis demeure interdit au Canada depuis l’adoption de la Loi fédérale sur l’opium et les drogues narcotiques, en 1923. Officiellement, la possession ou le trafic de trois kilos ou moins de cannabis peut entraîner une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans. À plus de trois kilos, l’emprisonnement à vie devient possible. Mais la réalité est tout autre. Le 15 mai dernier, un résidant de Val-des-Monts écopait de 15 mois de prison pour la possession de plus de 4 000 plants et boutures de mari dans son domicile ainsi que de quatre kilos de cannabis en vrac. L’année précédente, un « poteux » de la même localité recevait six mois pour la possession de 8,8 kilos. En février, encore dans l’Outaouais, un cultivateur de mari se voyait infliger une peine de 19 mois de prison pour une plantation de 17 790 plants, soit une valeur minimale de près de 20 millions de dollars, à maturité. En clair, il faut produire assez gros pour faire de la prison. Depuis la légalisation du cannabis à des fins médicales, en 2001, deux projets de loi visant une dépénalisation partielle sont morts au Feuilleton. Pourtant, dès 1973, une commission fédérale proposait de sortir le cannabis de la liste des drogues interdites. La montée de la consommation et de la production depuis ce temps a imposé une sorte de dépénalisation de fait : la grande majorité des personnes appréhendées pour possession de mari ne sont pas inculpées ou bien reçoivent une libération absolue ou conditionnelle. Roch Côté

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30 inventions qui changeront nos vies

Le corps bionique Un cœur sans battement La machine humaine Le silicium élastique Un exosquelette pour nos vieux jours Des vêtements éclairants ! La guerre aux maladies Un bâillon pour les mauvais gènes L’habitat La vitre chauffe-eau Que la lumière entre Techno-médias L’électricité sans fil Payer avec son cellulaire La réalité synthétique Toujours à l’occasion de son 30e anniversaire, L’actualité vous propose cette fois un tour du monde de demain, à la découverte des technologies les plus susceptibles de changer nos vies. Et on ne parle pas d’un futur lointain. Les prototypes de la plupart de ces inventions existent déjà, et certaines d’entre elles sont même commercialisées à l’heure qu’il est. Commander les objets par la pensée, ça vous dirait ? Et pourquoi pas un exosquelette pour vos vieux jours ? Ou un trottoir qui filtre l’eau ? Vous trouverez dans ce dossier des vidéos et des images de 10 des 30 inventions. Pour découvrir les autres inventions, rendez-vous à la page 23 de votre magazine. Un cœur sans battement L’être humain a-t-il besoin d’un cœur qui bat ? La question semblerait stupide… si elle n’était posée par l’éminent chirurgien cardiaque Bud Frazier, directeur du Centre de recherche sur la transplantation de l’Institut de cardiologie du Texas. Depuis deux ans, il teste un cœur artificiel qui, au lieu de pomper le sang par à-coups, le fait circuler en continu, à la manière d’un turbopropulseur. Grâce à ce petit appareil de conception très simple, le Dr Frazier a maintenu en vie pendant trois semaines des veaux dont on avait retiré le cœur. On ne connaît pas les répercussions à plus long terme de cette technique, mais les animaux semblaient en forme lorsque la machine a été arrêtée. Un bâillon pour les mauvais gènes Quand ils évoquent l’acide ribonucléique interférent (ARNi), biologistes et généticiens ont les yeux brillants. Car cette molécule, à peine connue il y a cinq ans, est aujourd’hui considérée comme une des voies les plus prometteuses pour le traitement de multiples affections : cancers, sida, alzheimer, maladies infectieuses, diabète, alouette ! On sait que l’ADN, dont sont faits les gènes, donne ses instructions aux cellules sous forme de molécules appelées ARN messagers. Or, en 2002, les chercheurs américains Craig Mello et Andrew Fire ont découvert que l’un de ces ARN messagers, l’ARNi, pouvait contraindre les autres au silence et ainsi bloquer les instructions des gènes. En 2006, les deux chercheurs ont obtenu le Nobel de médecine. Des entreprises se sont déjà lancées dans des essais cliniques. L´ARN INTERFÉRENT : une arme nouvelle contre les virus ? Article paru le 24 octobre 2002 sur le site web de la Cité des sciences de La Villette, France. NOVA ScienceNOW – RNAi, Émission du 26 juillet 2005, diffusée à PBS. Extraits vidéo et animation. En anglais. La vitre chauffe-eau Après la vitre autonettoyante, voici la vitre écologique qui chauffe l’eau et rafraîchit la maison ! Conçue par des ingénieurs de la société Robin Sun et de l’Institut national des sciences appliquées de Strasbourg, elle comprend un double vitrage entre lequel des bandes obstruent les rayons du soleil, à la manière des lamelles d’un store vénitien. Ces bandes sont faites de capteurs solaires et de réflecteurs métalliques. Les capteurs concentrent la chaleur du soleil vers un long serpentin de cuivre, dans lequel de l’eau circule jusqu’au chauffe-eau ou au système de chauffage. Les réflecteurs, eux, bloquent une partie des rayons quand le soleil tape et qu’il fait trop chaud dans la pièce. Installée sur des fenêtres orientées au sud, cette vitre permet de diminuer la facture d’eau chaude et empêche la maison de se transformer en fournaise l’été. « La vitre qui fabrique l’eau chaude » Crédits vidéos : M6 – Ministère de la recherche, France Crédits images : Robin Sun Le silicium élastique Après des décennies de rigidité forcée, les circuits imprimés ont commencé à ramollir depuis qu’on a découvert, il y a quelques années, des plastiques semi-conducteurs. Ce sont ces matériaux qui servent à fabriquer du papier électronique (voir Mon journal en plastique , 15 nov. 2006) et des écrans souples. Mais jusqu’à présent, le silicium, dont sont faits presque tous les composants électroniques, restait inflexible. À l’aide des nanotechnologies, John Rogers a réussi à fixer des atomes de silicium aux atomes d’un matériau élastique. Ainsi, plutôt que de former une structure rigide, le silicium peut être étiré et relâché, tout en restant semi-conducteur. Traduction : Le silicone extensible. La plupart des circuits électroniques se présentent aujourd’hui sous la forme de puce de silicone rigide. Cette rigidité vient de la friabilité du silicone utilisé pour les circuits. Par conséquent, les appareils électroniques qui utilisent ces puces sont également rigides. Regardons maintenant l’avenir de l’électronique. Des scientifiques spécialistes des matériaux sont à fabriquer un silicone ultra-mince et « vagué » qui peut s’étirer, se plier, se tordre. Qu’est-ce que ça signifie? Des cellulaires qui s’enroulent et se mettent dans la poche. Du papier-peint digital qui pourrait changer de couleurs ou montrer des films. Des livres électroniques sont on peut tourner les pages. Des gants intelligents pour assister les chirurgiens pendant une opération. Le silicone extensible, l’électronique qui peut aller partout et sur tout. Crédits vidéo : J. Rogers/Univ. Of Illinois Crédits images : J. Rogers/Univ. Of Illinois Un exosquelette pour nos vieux jours Quand la mécanique du corps humain commence à rouiller, le moindre geste peut devenir un calvaire. Pour pallier les déficiences des muscles et des articulations — et aider grand-mère à se relever de son fauteuil ! —, des chercheurs conçoivent des robots « exosquelettes » que l’on revêt comme une combinaison et qui permettent d’accomplir certains mouvements sans effort. Légende : Démonstration du système Lokomat, qui aide les personnes partiellement paralysées ou atteintes de maladies neurologiques à réapprendre à marcher. L’électricité sans fil Déjà, certains appareils usuels, comme les chargeurs de brosses à dents, peuvent générer de l’électricité à quelques millimètres de distance par couplage inductif : dans une base branchée sur le secteur, un courant électrique crée un champ magnétique qui se propage dans l’air et produit à son tour un courant électrique dans un autre conducteur. Takao Someya, de l’Université de Tokyo, a quant à lui fabriqué une plaque « à induction d’énergie » d’un millimètre d’épaisseur qui peut, par exemple, être cachée sous la moquette : on n’a qu’à placer une lampe dessus pour que celle-ci s’allume. Crédit vidéo : Le Figaro Payer avec son cellulaire Depuis 2006, les Tokyoïtes peuvent prendre les trains d’East Japan Railway sans billet ni carte magnétique : dans les 900 gares de la capitale et de sa région, c’est leur cellulaire qui leur sert de titre de transport. Seule condition : utiliser un des 12 modèles de téléphones compatibles avec la technologie Suica. Le mobile Suica est le dernier d’une série de portables équipés d’une carte à puce, modèles courants au Japon et qui permettent de payer ses achats. Des vêtements éclairants ! Un tissu qui mesure le rythme cardiaque ? Ou qui permet de jouer de la guitare en frottant ses doigts sur sa bedaine ? Combinant électronique, chimie et nanotechnologies, les designers et les fabricants de textiles rivalisent d’idées pour créer des vêtements « intelligents ». Le chandail-tambourine Le chandail-guitare Pour visionner la vidéo, cliquer sur le lien « Low Bandwith » ou « Broadband » sur la page (en anglais). Crédits vidéos : Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation (CSIRO) La réalité synthétique Un tas de petites billes posées sur la table du salon se transforment en répliques miniatures de joueurs de hockey et reproduisent le match en cours à des kilomètres de là. De la science-fiction ? Pour l’instant, oui. Mais une trentaine de chercheurs travaillent sur ce concept décoiffant de réalité synthétique. Cette réplique serait faite d’un assemblage d’innombrables petites billes robotisées contenant chacune un microprocesseur, une source d’énergie, des capteurs, un moteur et un moyen d’adhérer aux autres billes. Elle pourrait être animée par un programme informatique, comme on donne vie à un hologramme, mais aussi être manipulée avec les mains, tel un objet en pâte à modeler. Crédits : CMU/ETC (Carnegie Mellon University/Entertainment Technology Center) Que la lumière entre ! Sur le toit du magasin Wal-Mart de McKinney, au Texas, une antenne parabolique capte les rayons du soleil depuis quelques mois. Grâce à un système de miroirs, elle concentre la lumière sur un faisceau de 127 fibres optiques serrées comme une poignée de spaghettis. Ces fibres débouchent au plafond du magasin par paquets d’une dizaine, répartis çà et là près des lampes. Traduction : Éclairage hybride avec des lampes fluorescentes de 3500°K 100% lumière électrique 20% lumière naturelle 80% lumière électrique (câble de fibre optique) Crédits vidéo : Sunlight Direct

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Mont Orford : la saga continue

En 2006, le gouvernement Charest annonçait son intention de vendre à l’entreprise privée le mont Orford, sa station de ski et son terrain de golf, ainsi que deux autres sommets adjacents. En contrepartie, il promettait d’acheter assez de forêts pour accroître la superficie du parc national environnant, faisant passer celle-ci de 58,4 km2 à 100 km2.En mai dernier, après 14 mois de controverse, ce gouvernement aujourd’hui minoritaire a plié devant la pression populaire et les partis d’opposition, en annulant la vente de la montagne et en mettant fin à l’appel d’offres pour la construction de 750 condos sur ses flancs. Cette volte-face du gouvernement libéral réjouit les opposants au projet, mais ceux-ci n’entendent pas baisser la garde, car les trois sommets et le terrain de golf ne font désormais plus partie de l’aire protégée du parc national. Légalement, affirment les écolos, rien n’empêche la MRC de convertir ces terres en parc régional… et donc de les rouvrir au développement.En revanche, le projet d’agrandir la superficie du parc national du Mont-Orford est maintenu. La ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, a d’ailleurs annoncé que son gouvernement poursuivait ses démarches afin d’acquérir près de 5 000 hectares, qui seront par la suite intégrés au parc.