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«Ce que je vise, c’est l’élimination complète des comportements sexuels dommageables et inappropriés»

Le général Jon Vance admet que les Forces canadiennes doivent faire mieux pour combattre les violences sexuelles dans leurs rangs. Voici l’intégrale de l’entrevue qu’il a accordée à L’actualité.

Photo: Fred Chartrand/La Presse Canadienne
Photo: Fred Chartrand/La Presse Canadienne

Le grand patron des Forces armées canadiennes, le général Jon Vance, n’a pas de quoi se péter les bretelles. L’épidémie de violences sexuelles dans les rangs militaires ne s’est pas résorbée depuis son entrée poste, en juillet dernier. Et l’organisation est à peine mieux équipée pour prendre soin des victimes et leur faire justice. «Je ne suis pas du tout satisfait», dit-il.

Le chef d’état-major de la Défense a fait cet aveu lors d’une entrevue exclusive accordée à L’actualité, fin janvier, à l’occasion de la sortie du premier rapport d’étape sur les efforts de l’organisation pour éliminer les agressions et le harcèlement sexuels.

Neuf mois après la parution du rapport Deschamps, qui levait le voile sur la culture sexualisée qui règne dans les Forces et sur la complicité des leaders à cet égard, le général a reconnu que l’institution devait faire mieux.

Flanqué de quelques hauts gradés en uniforme, autour d’une grande table en bois, il a répondu à mes questions pendant plus d’une heure,dans une vaste salle de conférence du campus Carling (l’ancien complexe de Nortel racheté par le ministère de la Défense), à Nepean, près d’Ottawa.

Si vous aviez à donner une note aux Forces armées canadiennes pour la manière dont elles traitent les cas de violences sexuelles aujourd’hui, qu’est-ce que ce serait?

Nous sommes bien partis, mais nous nous sommes pris tard. À l’échelle macro, du point de vue de notre temps de réaction, c’est un échec. Je vais vous dire: je ne suis pas du tout satisfait du point où nous en sommes présentement. Il y a toujours des incidents de comportements sexuels inappropriés qui se produisent. Il y a encore des victimes qui n’ont pas dénoncé ces gestes parce qu’elles ne savent pas à qui faire confiance.

Nous avons été critiqués, avec raison, pour notre culture sexualisée. Changer une culture, ça prend du temps. Je nous donnerais la note de passage pour notre intention, notre ambition, pour l’activité initiale. L’Opération Honour [NDLR: la mission lancée en juillet dernier par le général Vance pour éradiquer l’inconduite sexuelle] a généré toutes sortes d’activités, de la formation supplémentaire à une conscientisation plus vaste en passant par l’engagement du leadership à tous les niveaux, jusqu’au plus bas échelon. Nous avons pris cette question, ce problème, nos failles, et nous les avons mis en lumière.

Mais si vous me demandez où nous en sommes en ce qui a trait à la culture sexualisée, sur la base du nombre d’incidents, nous ne nous sommes pas beaucoup rapprochés de notre objectif. Nous venons à peine de commencer. Nous avons démontré la volonté d’agir. Nous devons maintenant y donner suite, et nous devons être jugés sur le long terme.

 

À quoi ressembleraient concrètement les Forces canadiennes que vous aimeriez voir? Pouvez-vous me brosser le tableau?

Ce que je vise, c’est l’élimination complète des comportements sexuels dommageables et inappropriés.

Est-ce un objectif réaliste?

Il me faut y croire. Ce que je veux comme forces armées, c’est une organisation dont les membres sont heureux et motivés, qui s’occupe bien des familles, où il fait toujours bon travailler, même si on peut à tout moment vous recevoir l’ordre d’aller risquer sa vie. Je vis dans un monde d’attentes irréalistes. Nous sommes censés tenter l’impossible. Je crois que nous pouvons espérer avoir des forces armées où nous nous respectons les uns les autres. Honnêtement, je préfère qu’on m’accuse d’avoir essayé et échoué que de ne pas avoir visé assez haut.

Combien de temps vous donnez-vous pour atteindre ce but?

Un horizon sans limite. Nous allons toujours devoir nous améliorer dans notre façon de traiter les gens. Si nous voulons opérer un changement culturel véritable, sophistiqué, persistant, ça demande un changement de mode vie. Un engagement à temps plein. Pour toujours.

Vous dites que les Forces armées canadiennes ont été insensibles, sourdes au problème des violences sexuelles dans leurs rangs. Comment l’institution en est-elle arrivée là? Comment l’expliquez-vous?

Nous avons négligé de considérer cette question sous un angle opérationnel. Nous n’avons pas vu que ce problème détériorait notre capacité à mettre sur pied des forces efficaces pour accomplir ce que le Canada attend de nous. Nous formons les gens à bien manier leurs armes pour qu’ils puissent se fier sur ces armes. Nous avons été insensibles au fait que si vous n’avez pas confiance dans les gens qui vous entourent, si vous êtes violenté, vous ne ferez pas partie d’une équipe aussi productive qu’elle pourrait l’être.

«Prendre soin des troupes»: on a beau le dire, on oublie parfois de le faire. Et je veux renverser la situation. L’Opération Honour va faire partie d’une plus vaste initiative afin de revoir comment on traite les gens tout au long de leur carrière, du moment où ils songent à s’enrôler jusqu’à ce qu’ils soient morts et enterrés.

Ça peut sembler un non-sens de parler d’un environnement de travail sain et sécuritaire dans les forces armées. Ce n’est pas incohérent du tout. Nous avons besoin de gens qui puissent compter les uns sur les autres, qui ont des bases solides, une éthique, qui travaillent en équipe; c’est seulement à ce moment-là que vous pouvez les placer en situation de danger. Car autrement, vous allez échouer. C’est fondamental pour le succès de nos opérations.

Comment faites-vous pour convaincre les leaders des Forces armées que l’inconduite sexuelle est un problème grave qui doit devenir une priorité – ces mêmes leaders qui fermaient les yeux sur ces comportements pas plus tard que l’an dernier? Prennent-ils la chose au sérieux, comme par magie, juste parce que vous le dites?

Il n’y a pas de magie. C’est à recommencer chaque jour. Il se trouve des gens dans les Forces armées qui ne croient pas que c’est un réel problème. C’est vrai. Mais le fait que le chef d’état-major de la Défense et les hauts dirigeants ont reconnu le problème, que nous en assumons la responsabilité, que nous avons impliqué des partenaires externes, tout ça finira par convaincre les sceptiques.

Nous mettons des choses en place sur le plan de la formation pour nous assurer que les gens, dès qu’ils entrent dans les forces armées et suivent l’instruction de base, sachent comment ils sont censés se comporter. Ces recrues deviendront un jour nos leaders. Et c’est ainsi qu’avec le temps, la culture se transforme.

Ça va prendre des efforts très intenses pendant une longue période pour que ces changements se concrétisent.

Avez-vous vu les comportements évoluer depuis que vous avez lancé l’Opération Honour?

J’ai vu l’intérêt et l’attention accordés à cette question augmenter. L’Opération Honour est un terme connu. Je ne rate jamais une occasion d’en parler, où que j’aille.

Est-ce que j’ai observé une diminution des comportements sexuels dommageables et inappropriés? Il est trop tôt pour le dire. Nous devons mieux comprendre l’état de la situation actuelle. Nous allons mettre au point des méthodes de sondage plus sophistiquées, avec l’aide de Statistique Canada. Pour ma part, dès qu’une agression sexuelle est signalée à la police militaire, j’en suis informé instantanément, je sais quand une enquête est déclenchée.

Je sais que le comportement des hauts dirigeants, lui, a changé. À la suite d’un incident sur le navire HMCS Athabaskan, par exemple, une plainte a été déposée et la chaîne de commandement a réagi instantanément. Le contre-amiral John Newton [commandant de la Force maritime atlantique] s’est impliqué sur-le-champ, la présumée victime a reçu du soutien immédiat et a été séparée de son agresseur présumé. Ce cas va devenir une illustration de la bonne manière de faire les choses, on l’espère. [NDLR: La police militaire a ouvert une enquête sur une allégation d’agression sexuelle à la suite d’un incident impliquant deux matelots de sexe masculin, survenu le 10 novembre dernier à bord du HMCS Athabaskan.]

Je suis toujours en contact avec des hommes et femmes qui ont été agressés ou harcelés sexuellement dans les Forces canadiennes. Ce qui revient dans nos échanges, c’est qu’ils sont incroyablement frustrés du manque de sensibilité auquel ils font face à tous les échelons de l’organisation: que ce soit dans leurs interactions avec la police militaire, leurs tentatives d’obtenir des soins médicaux ou du soutien psychologique, et j’en passe. Le problème des violences sexuelles dans l’armée n’est pas le fait de quelques pommes pourries. L’indifférence est institutionnelle.

C’est vrai. Nous sommes une bureaucratie qui a parfois du mal à composer avec les problèmes particuliers de chaque personne. On met tout le monde dans le même moule, on vous dit quoi faire et votre carrière n’est pas personnalisée le moins du monde. Nous ne voulons plus être ce type de forces armées.

La seule chose que je peux dire à ces personnes, si elles souffrent toujours, si elles ont besoin de tendre la main, c’est de contacter le Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle. Le Centre s’en tire bien et fait des progrès, à mon avis.

Les gens qui contactent le Centre seront simplement référés aux mécanismes de plaintes existants, auxquels très peu d’améliorations ont été apportées. Certaines des pages les plus critiques du rapport Deschamps concernaient ces mécanismes, qu’il s’agisse de la procédure administrative dans les cas de harcèlement sexuel, ou des plaintes à la police militaire dans les cas d’agressions sexuelles. Marie Deschamps condamnait la lenteur et la complexité du processus, les sanctions dérisoires et incohérentes, l’incompétence de la police militaire. Elle racontait que, trop souvent, les victimes ne sont pas prises au sérieux et que les allégations d’agressions sexuelles jugées «mineures» sont balayées du revers de la main. Ce que je constate, c’est que vous insistez encore beaucoup pour dire aux victimes d’avoir confiance dans le système, de porter plainte, et que tout se passera bien ensuite. Que répondez-vous à ça?

Je suis d’accord avec vous dans une large mesure pour dire que nos mécanismes de plaintes ne fonctionnent pas toujours. J’admets que nous devons faire mieux. Et nous faisons des efforts en ce sens. Nous sommes en train de réviser nos politiques en profondeur. En juin prochain, nous aurons des politiques nettoyées, formulées dans un langage plus clair, concis et accessible.

Madame Deschamps avait raison. Il y a eu des gens qui avaient réellement de quoi porter plainte et qui ont été rabroués.

Nous nous attaquons à ces choses au meilleur de nos capacités. La police militaire a modifié le programme de formation de son académie pour que les gens comprennent bien le problème. Une unité spécialisée dans les crimes sexuels sera aussi mise sur pied au sein du Service national des enquêtes [NDLR: la branche de la police militaire responsable des infractions graves]. Nous prenons des mesures concrètes pour nous assurer que toute plainte liée à l’opération Honour reçoive l’attention qu’elle mérite.

Mon défi est de m’assurer que les victimes signalent ces incidents!

Et vous êtes persuadé que si elles le font, les mêmes mécanismes qui ont été si sévèrement critiqués dans le rapport Deschamps il y a moins d’un an seront en mesure de les traiter correctement?

Oui. Si vous appelez le Centre, je suis sûr que vous recevrez l’attention dont vous avez besoin. Si vous venez d’être agressée et que vous souhaitez enclencher une enquête formelle ou quelque autre processus, vous pouvez téléphoner au Centre.

J’aimerais aussi croire que vous pouvez vous adresser à votre chaîne de commandement pour obtenir de l’aide. Mais je comprends que ce ne soit pas mis en pratique uniformément à la grandeur des Forces armées. Si vous avez tenté de les approcher et qu’on vous a envoyé promener, j’aimerais beaucoup en être informé. Parce que j’ai ordonné à la chaîne de commandement, jusqu’au plus bas échelon, de prendre la chose au sérieux. C’est officiel.

Si c’est lié à l’opération Honour, si une victime prononce ces mots devant sa chaîne de commandement et se fait rabrouer, je veux le savoir.

Et vous allez intervenir.

Sans hésiter.

Un lourd fardeau repose sur le nouveau Centre d’intervention sur l’inconduite sexuelle. Pourtant, on est loin de l’autorité centralisée que Marie Deschamps préconisait dans son rapport.

Je ne crois pas qu’on soit si loin. C’est le point de départ.

C’est une ligne d’assistance…

C’est plus qu’une ligne d’assistance. Vous pouvez obtenir des références, la police militaire peut être sollicitée.

C’est une ligne de référence alors. Vous pouvez être redirigé vers des services qui existent déjà, mais le Centre ne détient aucun nouveau pouvoir et très peu de ressources.

Il y a des intervenantes qui peuvent vous donner de l’information, vous appuyer, s’assurer que des mécanismes de soutien sont en place si vous êtes en crise, alors c’est plus que ça.

Mais je reconnais que ce n’est qu’un début. J’ai devancé la mise sur pied du centre parce qu’on avait bel et bien besoin d’une ligne d’assistance, d’un endroit où les gens puissent se confier et obtenir des références. Donc je ne serais pas prêt à le dédaigner pour autant. C’est mieux que ce qui existait auparavant, alors c’est déjà ça.

Le Centre n’a pas encore atteint sa pleine capacité opérationnelle. Nous sommes encore à l’étape de le concevoir, de réfléchir à ce que nous voulons en faire. Le Centre est entré en fonction en septembre dernier. Ce n’est pas long dans la vie d’un organisme qui fera partie de l’institution pour toujours.

Plusieurs observateurs affirment que le système de justice militaire n’est pas le lieu approprié pour juger les crimes sexuels, voire les infractions criminelles en général. Des experts juridiques, tant au sein des Forces canadiennes qu’en dehors, critiquent son manque d’indépendance et d’impartialité. Selon eux, tant que les agressions sexuelles seront jugées en cour martiale, il n’y aura ni justice, ni apparence de justice, et les victimes continueront de garder le silence. Nombre de pays ont d’ailleurs «civilianisé» leur justice militaire en plaçant des civils à des postes clés ou ont carrément aboli leurs tribunaux militaires en temps de paix. Qu’en pensez-vous?

Tant que nous aurons notre propre système de justice – et je m’attends à ce que ce soit le cas encore longtemps – c’est important que les membres des Forces aient confiance en lui.

Ce système est-il digne de confiance, à votre avis?

Je crois que oui. Il n’est pas automatiquement mauvais juste parce qu’on le gère à l’interne. Je rejette catégoriquement l’idée que nous ne pouvons pas enquêter sur nous-mêmes et nous juger nous-mêmes; que parce que nous sommes militaires, nous sommes incapables en soi de nous en occuper.

Ce n’est pas le bien-fondé de la justice militaire qui en cause. C’est son administration.

Je suis d’accord pour dire que le système doit évoluer. Nous devons nous assurer que les gens sont formés adéquatement, que nos forces policières sont excellentes. Nous devons améliorer la façon dont nous gérons les crimes sexuels, tant au chapitre du traitement des plaignants que sur le plan des enquêtes, de la collecte des éléments de preuve et des poursuites. Le Juge-avocat général des Forces armées canadiennes est impliqué à fond, je vous assure. On parle d’efforts déployés à la grandeur de l’institution.

Donc je vous suis. Il y a de nombreux cas où, dans son application, la justice militaire a eu l’air de mal faire son travail ou l’a peut-être effectivement mal fait. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est intrinsèquement mauvaise.

Pourquoi tenez-vous à ce que la justice militaire gère les cas de crimes sexuels commis en sol canadien, et pas seulement ceux survenus lors d’opérations à l’étranger? Pourquoi ne pas diriger ces dossiers vers le système civil? Êtes-vous ouvert à cette possibilité?

Oui! Si une personne compose le 911, que la police civile se présente et que le dossier se retrouve devant un tribunal civil, ça ne me pose aucun problème.

Marie Deschamps recommandait dans son rapport que les souhaits de la victime soient davantage pris en considération quand vient le temps de décider si sa plainte sera traitée devant la justice militaire ou civile.

Je suis de son avis. C’est l’une des recommandations sur lesquelles nous travaillons très fort. Ce n’est pas simple.

Si le ministre de la Défense ou le Parlement décidaient d’adopter des réformes, soit pour «civilianiser» certaines parties du système de justice militaire ou encore pour lui retirer des pouvoirs, quelle serait votre réaction?

Eh bien si le ministre de la Défense ou le Parlement prennent une décision, je suis partant!

Ça va de soi.

La justice militaire n’est pas immuable. S’il y a des inquiétudes qui s’avèrent justifiées et que nous devons modifier la Loi sur la Défense nationale ou une partie du système pour l’améliorer, je veux bien. Mais le préjugé qui veut que dès que vous portez l’uniforme, vous allez automatiquement prendre parti pour la chaîne de commandement, que les victimes ne seront pas bien traitées, je vous dis que ça ne tient pas la route. Parce que la chaîne de commandement, c’est moi, et je vais me ranger du côté des victimes.

Vous avez pris une position ferme sur la question des violences sexuelles dès votre entrée en poste comme chef d’état-major de la Défense, en juillet 2015, en fort contraste avec la réaction ambivalente de votre prédécesseur. Avez-vous vécu une expérience en particulier qui vous a ouvert les yeux et qui a motivé une telle prise de position?

Je me suis toujours efforcé de bien traiter mon monde. Dans l’intervalle entre mon ancien poste et mes fonctions actuelles, j’ai mené mes propres recherches, j’ai parlé à des gens de divers horizons, j’ai réfléchi à la question.

Ces choses-là sont aussi graves que d’essuyer des tirs. Si vous êtes atteint par balle, nous avons tout un système qui se met en marche pour vous aider; mais pas si votre blessure est le résultat de comportements sexuels dommageables et inappropriés. Les victimes d’inconduite sexuelle doivent devenir aussi importantes pour nous que les gens atteints par balle ou blessés en exercice ou sur le terrain de sport. Le pire, c’est de penser que c’est quelqu’un qui leur a fait ça, sans doute délibérément. C’est un poison dans nos rangs.

Vous avez donc fait un travail d’introspection, de réflexion?

Bien sûr.

Et je l’ai déjà dit, les brutes et les prédateurs, on n’en veut pas.

J’ai eu l’occasion de constater que les brutes et les prédateurs ne s’en tirent pas très bien quand les choses se corsent en opération. Je suis arrivé à cette conclusion il y a de nombreuses années. Les valeurs, ça compte quand vous êtes au combat. Vous devez être branché sur ce qui se passe en vous. Ces gens-là s’effondrent parce que leur fondation, ce n’est pas le travail d’équipe.

Certains d’entre eux se cachent derrière l’éthos du guerrier pour justifier leurs actes. It’s absolute bullshit. L’éthos du guerrier implique en fait de se soucier des autres, d’observer le droit des conflits armés, et même de s’occuper de l’ennemi une fois qu’il a capitulé. Mais le plus important, c’est le travail d’équipe. Les guerriers se respectent, prennent soin les uns des autres.

C’est tout ça qui m’a influencé. Alors j’ai utilisé mon podium pour prendre position, le jour de mon entrée en fonction, parce que je voulais galvaniser les gens, les pousser à l’action. Ça a été un moment important pour moi, pour nous. Il va bien falloir faire quelque chose pour changer de cap, n’est-ce pas? Et le chef, c’est moi.