Société

Migrants: quel avenir après les frontières?

Arriver à la frontière n’est que le début du parcours.

(Photo: Mathieu Rivard)
Photo: Mathieu Rivard

Des centaines de personnes ont traversé la frontière de manière irrégulière ces derniers mois, dans l’espoir d’être reconnues comme réfugiées au Canada. Mais y a-t-il crise? Paul Clarke, directeur général d’Action Réfugiés Montréal, fait le point.

Prenez un numéro

Les personnes qui traversent la frontière dans ces conditions sont interceptées par des agents de la GRC, qui les conduisent au poste-frontière le plus près. C’est là qu’elles déposent leur demande d’asile auprès de l’Agence des services frontaliers. Celles qui ne sont pas considérées comme une menace à la sécurité, soit la presque totalité d’entre elles, sont relâchées, munies d’une date d’audience dans les 60 jours à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. En 2015, la Commission a accepté 56 % des demandes de statut de réfugié qu’elle a traitées.

Travailler… plus tard

Dès leur arrivée, les demandeurs d’asile peuvent demander un permis de travail, mais ils devront attendre de quatre à cinq mois avant de le recevoir. Dans l’intervalle, ils sont admissibles à l’aide sociale. «Ils sont encore plus vulnérables que les réfugiés parrainés par l’État ou le secteur privé. Personne n’est responsable de s’occuper de leurs besoins, de les aider à trouver un emploi ou un logement.»

En hausse ou en baisse?

Le nombre de demandes d’asile au Canada est en hausse depuis 2013, mais on est loin d’avoir retrouvé les sommets d’autrefois. De 2000 à 2009, le Canada a reçu en moyenne 31 400 demandes par année. De 2013 à 2015, ce nombre a chuté à 13 300 annuellement. L’an dernier, ce sont environ 21 000 demandes qui ont été présentées, dont le tiers à la frontière.