Décryptage : La ligue centenaire
Sports

Décryptage : La ligue centenaire

La Ligue nationale de hockey célébrera ses 100 ans le 26 novembre. Survol historique d’une machine sportive qui génère aujourd’hui des revenus annuels dépassant les cinq milliards de dollars.

1917 : Conflit fondateur

C’est la pagaille au sein de l’Association nationale de hockey, l’une des deux ligues professionnelles de l’époque. Afin de se débarrasser du fauteur de troubles — le propriétaire d’une franchise de Toronto —, trois équipes sur les cinq claquent la porte pour fonder la Ligue nationale de hockey.

Score du premier match de la LNH, le 19 décembre 1917 : 10-9 pour les Wanderers (l’un des deux clubs de Montréal, avec le Canadien) contre les Arenas de Toronto.

1924 : Débuts américains

Création de la première franchise américaine de la LNH : les Bruins de Boston.

1926 : Ça sent la coupe

La coupe Stanley devient exclusive à la LNH. Au début de la ligue, les équipes rivalisaient pour le trophée O’Brian. La coupe Stanley était alors plutôt remise au vainqueur d’une série entre le club champion de la LNH et celui de l’Association de hockey de la Côte du Pacifique.

24 : nombre de fois où le Canadien a remporté la coupe Stanley, un record. Les Maple Leafs de Toronto suivent loin derrière, avec 13 victoires.

24 : années écoulées depuis la dernière conquête de la coupe par le Canadien, la plus longue période de disette de son histoire.

1942 : Longue rivalité

Après avoir vu de nombreux clubs naître et disparaître, les franchises de la LNH se stabilisent. Les Canadiens de Montréal, les Maple Leafs de Toronto, les Bruins de Boston, les Red Wings de Détroit, les Rangers de New York et les Blackhawks de Chicago s’affronteront pendant 25 ans. Ce sont les « Original Six », même si, du lot, seuls les Canadiens existaient lors de la création de la ligue.

1952 : Et c’est le but !

Photo: La Presse Canadienne

Le premier match télévisé de la LNH est diffusé à Radio-Canada, avec René Lecavalier qui commente une rencontre entre le Canadien et les Red Wings de Détroit. Ainsi commence La soirée du hockey, diffusée jusqu’en 2004. C’est à Lecavalier que l’on doit la plupart des termes français utilisés au hockey.

1957 : So-so-so, solidarité

Insatisfait du secret entourant la gestion de leur fonds de pension, Ted Lindsay, des Red Wings, crée une association des joueurs. Un véritable syndicat prend forme 10 ans plus tard. Les conflits se résument à une grève et trois lockouts.

1958 : Une ligue blanche

Photo: La Presse Canadienne

Première présence d’un joueur noir : Willie O’Ree, originaire du Nouveau-Brunswick, saute sur la patinoire avec les Bruins de Boston.

Aujourd’hui, seuls une trentaine de joueurs sur les 700 que compte la LNH sont noirs, ce qui en fait la plus blanche des quatre grandes ligues professionnelles d’Amérique du Nord.

1967 : Désavantage numérique

La LNH ajoute 6 équipes, portant ainsi le nombre total à 12. Certains craignent que le réservoir de joueurs ne suffise pas, tandis qu’au Canada les amateurs sont outrés du fait que toutes les nouvelles franchises soient américaines.

1971 : Gagner le millions

Bobby Orr est le premier joueur à signer un contrat d’un million de dollars américains — sur cinq ans. L’entente, conclue avec les Bruins de Boston, vaudrait aujourd’hui près de 1,2 million de dollars américains par année.

Les joueurs les mieux rémunérés de la saison 2017-2018 sont Jonathan Toews et Patrick Kane, des Blackhawks de Chicago, qui toucheront chacun 13,8 millions de dollars américains.

1971 : Plaquer la concurrence

Une nouvelle ligue nord-américaine apparaît : l’Association mondiale de hockey (AMH), avec 12 équipes. La LNH riposte en prenant de l’expansion pour atteindre 18 franchises en 1974. À la capitulation de l’AMH, en 1979, quatre de ses clubs se joignent à la LNH, dont les Nordiques de Québec.

1979 : Avec pas d’casque

Après deux morts et d’innombrables blessures à la tête, la LNH rend le port du casque obligatoire. Les joueurs déjà sous contrat peuvent rester cheveux au vent, ce que Craig MacTavish fera jusqu’à sa retraite, en 1997.

1989 : De Stastny à Ovechkin

Photo: Getty Images

Avant la chute du mur de Berlin, les joueurs des pays sous domination soviétique doivent faire défection pour se joindre à la LNH — c’est ce que font les frères Peter et Anton Stastny en 1980 (l’aîné, Marian, les rejoint en 1981). À partir de 1989, les dépisteurs étendent leur terrain de chasse à la Russie et à l’Europe de l’Est, ce qui change graduellement le visage de la ligue.

En 2017, près de la moitié des joueurs de la LNH sont canadiens. En deuxième place viennent les Américains, suivis des Suédois, des Finlandais, des Russes et des Tchèques.

1999 : Bye-bye la Merveille

Après 20 ans dans la LNH, Wayne Gretzky prend sa retraite. La « Merveille » est immédiatement intronisée au Temple de la renommée du hockey, et son numéro, le 99, est retiré de l’ensemble de la ligue, une première qui n’a jamais été répétée.

61 : records détenus par Wayne Gretzky à sa retraite, ce qui constitue aussi un record.

2000 : « O say, can you see… »

Les Blue Jackets de Columbus et le Wild du Minnesota s’ajoutent à la LNH. La ligue compte désormais 30 équipes, dont 24 sont américaines.

2004 : Pas de hockey cette année

La LNH affirme perdre des centaines de millions de dollars par année et veut imposer un plafond salarial. L’Association des joueurs refuse, et le long lockout qui suit force l’annulation de la saison 2004-2005. Le conflit prend fin avec un accord qui comprend… un plafond salarial.

2016 : Viva Las Vegas !

La LNH choisit Las Vegas plutôt que Québec pour l’ajout d’une nouvelle franchise. Les Golden Knights ont joué et remporté leur premier match officiel le 6 octobre 2017.