Analyses et opinions

Affaires et économie

Le tout-puissant dollar canadien

Les deux gouvernements devront intervenir rapidement pour aider les entreprises à sortir indemnes de l’ivresse du dollar canadien. Le huard termine la semaine à presque 1,04 américain. La parité, c’était le mois dernier. Notre devise est maintenant plus forte que le billet vert et devrait le demeurer encore pendant un certain temps. Évidemment, la hausse de 21 % du dollar canadien depuis le début de 2007 s’explique en partie par celle du prix du baril de pétrole qui a atteint les 92 dollars au cours de la journée. Cette inflation devrait se poursuivre et on parle déjà d’un baril à 100 dollars. Le président Bush a fait paniquer les marchés en menaçant l’Iran de sanctions économiques et militaires. Les marchés détestent l’incertitude et sont d’une grande nervosité, nous en avons une autre preuve. Et il y a aussi la décision de l’Alberta de hausser de presque 20 % ses redevances pétrolières et gazières dès 2010. Il fallait que l’Alberta agisse en ce sens. La province ne profitait pas de la hausse du prix de ses ressources et doit assumer un coût considérable en infrastructures (routes, écoles, hôpitaux) pour appuyer son explosion économique et démographique. Cela veut néanmoins dire que le pétrole pourrait coûter plus cher. L’augmentation des redevances de 1,4 milliard de dollars va augmenter les coûts d’exploitation et pourrait diminuer les investissements en Alberta et, conséquemment, l’offre de pétrole sur le marché. Ce serait trop facile de blâmer seulement l’Alberta pour les malheurs de nos manufacturiers. La création d’emplois et le faible taux de chômage au Québec et en Ontario rassurent les marchés et participent également à la force du huart. Mais un dollar à 1,05 ou même à 1,10 devient insoutenable pour nos exportateurs. Quand je parle d’une aide des gouvernements, je parle d’une abolition immédiate de toutes les taxes sur le capital et sur la masse salariale. Faisons en sorte que les entreprises fassent des profits… et taxons par la suite leurs bénéfices.

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Affaires et économie

Le nous et le je

Le débat sur l’identité québécoise m’ennuie profondément. J’ai également peur qu’à force de se gratter le Nous, on oublie qu’il ne peut pas y avoir de force collective sans grandes victoires individuelles. J’en ai assez de l’histoire misérabiliste de porteurs d’eau colonisés que certains n’arrêtent pas de véhiculer. Les Québécois ne sont pas un peuple faible et fragile, menacé d’être converti contre son gré à l’islam ou assimilé à l’anglais en deux générations. Mon Québec n’est pas né avec la Révolution tranquille et il n’a pas besoin de son gros État interventionniste pour s’émanciper. Il existait dès le 19e siècle des banques francophones, des manufactures francophones et des commerces francophones. Du côté paternel, un des mes arrières grands-pères était un notaire qui possédait la petite compagnie de téléphone locale et l’autre était propriétaire de moulins. Certains de leurs contemporains ont fait encore mieux. La Banque du peuple est fondée en 1835, la Banque nationale en 1860, la Banque Jacques-Cartier en 1862. Et il y en a d’autres ! En 1842, Jean-Baptiste Rolland fonde une librairie itinérante avant d’établir une papeterie 40 ans plus tard. La compagnie Rolland appartient aujourd’hui à Cascades. L’ancêtre de la Dominion Textile avait été fondé par Victor Hudon. Charles-Théodore Viau fonde sa biscuterie en 1870. En 1876, Louis-Joseph Forget fonde une firme de courtage en valeurs mobilières qui domine rapidement les marchés financiers. Il est également vice-président de la Montreal Light and Power Company, l’ancêtre d’Hydro-Québec. Son neveu Rodophe Forget fonde sa propre maison de courtage et ouvre même un bureau à Paris en 1900. C’est lui qui construira le Manoir Richelieu. Une centaine d’hommes d’affaires francophones établissent la Chambre de commerce de Montréal en 1887. En 1906, Ernest Ouimet ouvrait le premier cinéma à Montréal. Il y a 100 ans Justine Lacoste-de-Gaspé Beaubien fondait l’Hôpital Sainte-Justine. Alphonse Desjardins a fondé la première caisse populaire en 1900. Au début du 20e siècle, l’un des hommes les plus riches de Montréal était Frédéric-Liguori Beïque. À la même époque, Tancrède Bienvenu prend contrôle de Catelli et de huit fabriques de pâtes au Canada. Il domine également le marché de l’Angleterre. En 1923, Rose-Anna Vachon créé une boulangerie, popularisée par le fameux Jo Louis. Jean Brillant, bien avant Pierre Karl Péladeau – invente la convergence! Il est propriétaire de Québec Téléphone et de stations de radio et de télévision. En 1934, Wilfrid Pelletier et Madame Anatase David créait l’Orchestre symphonique de Montréal. Jean-Louis Lévesque fonde sa maison de courtage en 1937. En 1939, Roland Dansereau et Napoléon Piotte sont à l’origine du regroupement de marchands qui deviendra RONA. En 1941, le Québec comptait 35 046 administrateurs et entrepreneurs francophones. Oui, il y a eu recul. Et vous savez quand ? Quand les forces de l’obscurantisme et du repliement au nom de l’identité canadienne-française ont pris le pouvoir politique avec Maurice Duplessis. Ce sont les mêmes forces qui, au nom de la pureté de la race et de la haine des autres religions, ont obligé les immigrants juifs, grecs et autres non catholiques à opter pour l’école protestante anglaise, la seule qui les acceptait. Ce sont elles aussi qui n’ont pas voulu investir dans l’éducation et qui ont sous-alimenté les universités parce qu’il ne fallait surtout pas accepter des fonds fédéraux. Pour Maurice Duplessis aussi, les droits des individus constituaient un problème et c’était faire preuve de courage que de les bafouer ! Et, comme plusieurs de mes concitoyens, tout était toujours la faute des autres. Sommes-nous en train de revivre cette époque ? Je le crains. (La recherche historique avait été effectuée par Diane Bérard à l’occasion du 100e anniversaire de la Revue Commerce, en 1999. J’étais l’éditeur de ce magazine à l’époque).

Politique

Nordiques : opération résurrection

Je suis tombé l’autre jour, par hasard, sur un chandail des Nordiques. Je l’ai acheté, pour les séances d’entraînement de hockey de mon fils, qui aura bientôt six ans. Mais bon, il m’a donné une bouffée de nostalgie, ce chandail avec le grand « N » et les fleurs de lys. Et un peu de remords, aussi. J’étais au cabinet du premier ministre quand la tentative de sauvetage des Nordiques par Marcel Aubut a échoué. Je n’étais pas chargé du dossier. J’avais suivi la chose de loin. Jacques Parizeau avait fait un effort louable, mais chacun sentait l’échec inévitable. Et fallait-il vraiment, après son départ de Québec pour Denver, en 1995, que l’équipe se venge en remportant, dès l’année suivante, la coupe Stanley ? Pour les plus jeunes, sachez que pendant près de 20 ans les matchs Canadien-Nordiques ponctuaient nos hivers comme autant de tempêtes du siècle. Chacun retenait son souffle. Pendant les retransmissions, les rues étaient désertes. Les billets, hors de prix. Cela attisait la rivalité Québec-Montréal ? Pas du tout, cette rivalité gît dans le code génétique des deux villes. Mais cela la canalisait, lui offrait un exutoire. Et au moins, sur la glace, en fin de troisième période ou de prolongation, on savait clairement qui avait gagné, qui avait perdu, jusqu’à la prochaine fois. Les Nordiques ont survécu de façon subreptice sous la forme de l’équipe fictive du National, dans l’inépuisable série de Réjean Tremblay, Lance et compte (dont la prochaine saison porte sur un affrontement National-Canadien). Les tentatives d’entrepreneurs de Québec pour faire revivre la vraie équipe disent aussi combien elle nous manque, comme un membre qu’on nous aurait coupé, mais que l’on sent encore, dans les moments de grande émotion. On parle beaucoup d’identité ces temps-ci au Québec. De langue, de culture, d’efforts à déployer pour ne pas, comment dire ? dégénérationner. De respect pour le patrimoine culturel, historique, religieux du Québec. Et cela me frappe qu’on ait si peu compris combien l’existence d’une équipe de hockey dans chacune des deux grandes villes québécoises constituait, non seulement pour les gens de Québec, mais pour tous les Québécois, un élément structurant de la vie collective. Cela tenait à la fois du divertissement, de la présence de notre sport national dans nos vies et même de l’aiguisement de notre esprit compétitif. Et du respect de notre langue. Car avez-vous remarqué que le départ des Nordiques a signifié le déclin du français au hockey, même au sein du Canadien ? Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’au moment où le climat se réchauffe et restreint la période où on peut patiner sur les ronds de glace extérieurs (imaginez, il y a maintenant des patinoires extérieures réfrigérées à Montréal !) l’attachement à ce sport se raffermit, plutôt que de fondre au soleil. Le film sur Maurice Richard a contribué à raviver cette flamme (et il est scandaleux que si peu soit fait, à Montréal, pour commémorer le « Rocket », un des seuls grands héros modernes du Québec). L’État québécois dépense à lui seul plus de 600 millions de dollars par an pour la culture, les artistes, les musées, l’opéra. Je suis pour. La culture ne peut pas s’autofinancer. Même nos films les plus courus seraient déficitaires sans aides publiques, car notre marché est trop petit pour absorber tous les coûts. Idem pour les Nordiques. L’État va investir 105 millions dans la construction d’une nouvelle salle pour l’Orchestre symphonique de Montréal. Quelque 1 900 mélomanes pourront y prendre place. Bravo. C’est de la culture avec un grand « C ». Mais pourquoi les 14 000 partisans des Nordiques (l’assistance moyenne à leurs matchs, à l’époque) n’ont-ils pas droit à une somme équivalente pour construire l’aréna qui pourrait faire revenir leur équipe ? (Le Colisée actuel, désuet, fut construit en 1930.) Pourquoi est-il interdit d’investir dans la culture populaire avec un grand « P » — ou avec un grand « H » ou un grand « N », en l’espèce ? Maintenant que le dollar canadien vaut davantage que l’américain, réduisant les coûts, je crois le temps venu de faire un effort collectif pour retrouver le tandem Canadien-Nordiques. La somme totale nécessaire : 260 millions. Que le gouvernement du Québec s’engage à investir, dollar pour dollar, ce que la Ville de Québec y mettra. Que la Ville, de son côté, demande par référendum à sa population si elle désire verser une contribution spéciale pour ramener l’équipe. Qu’une campagne de financement générale soit lancée en plus des aides publiques. Retrouverons-nous la magie des matchs d’autrefois ? Pas du tout. Ce sera mieux. Parce qu’avec les nouvelles règles de la LNH, les Nordiques et le Canadien pourront s’affronter en demi-finale de la Coupe Stanley. Jamais nous n’aurons vécu ce niveau d’intensité. Jusqu’au jour dit, on en rêvera. Lorsqu’il arrivera, on sera en transe. Après, il entrera dans la légende. Divisés pendant cette étape cruciale, les Québécois s’uniront ensuite derrière le vainqueur pour la finale, contre la meilleure équipe du reste de l’Amérique. Pour donner du tonus à l’identité québécoise, la résurrection des Nordiques serait la plus belle mise au jeu.

Affaires et économie

Y a-t-il plus de pauvres ?

J’entendais à la radio aujourd’hui un député du Bloc Québécois affirmer sans nuance ni précaution qu’il y avait de plus en plus de pauvres au Canada. Ce député est dans les patates. Selon Statistique Canada, le nombre d’adultes ayant un faible revenu après impôt est passé de 11,2% en 2001 à 10,8 % en 2005. Au niveau des familles économiques, la proportion est passée de 8,1 % à 7,5 %. La diminution est minime, mais nous ne pouvons pas parler d’une augmentation. De fait, de 1996 à 2005, le nombre de Canadiens ayant un faible revenu est passé de 4,5 millions de personnes à 3,4 millions de personnes. C’est encore beaucoup trop, mais la tendance me semble assez nette. En 1996, 18,6% des enfants de moins de 18 ans vivaient dans le besoin. La proportion n’était que de 11,7% en 2005. On ne tient pas compte de deux phénomènes importants quand on discute de cette question. Le premier touche l’inégalité des revenus. Oui, les riches s’enrichissent plus vite et les salaires versés à quelques grands patrons nous le rappellent constamment. Mais cela ne veut pas dire que les pauvres s’appauvrissent. Quant à l’inégalité, les écarts ne sont pas aussi spectaculaires que certains le prétendent. Les Canadiens faisant partie des 20 % de la population gagnant le plus d’argent obtiennent aujourd’hui 13 fois les revenus avant taxes et impôts des 20 % qui font le moins d’argent. Il y a 10 ans, l’écart était de 12 fois. Mais une fois qu’on tient compte des taxes et impôts, l’écart est exactement le même qu’il y a dix ans (5,6 fois). Le deuxième phénomène touche à la mobilité sociale. Pour les militants de gauche, il y a d’un côté les pauvres, qui sont toujours pauvres, et les riches qui le demeureront de génération en génération. Cela est sans doute vrai pour certaines richissimes familles, mais pas pour l’ensemble de la population. Quelque peut être pauvre à 25 ans, faire partie de la classe moyenne à 35 ans et redevenir pauvre à la retraite, à cause d’un divorce et d’une maigre pension. Une étude américaine (Université du Michigan) affirme même que 37, 5 % des « riches » de 1975 faisaient partie des « pauvres » en 1991. Une étude canadienne du professeur Charles Beach, de l’Université Queen, démontre que sur 100 hommes qui faisaient partie des 25 % de la population à plus faible revenu en 1991, seulement 17,5% d’entre eux se retrouvaient dans la même situation en 1999. Cela veut dire que, pour l’essentiel, il n’y a pas de pauvres à vie. Il y a surtout des personnes qui vivent un passage à vide causé par une perte d’emploi, un divorce ou un problème de santé. On peut parier que la situation de ces personnes va s’améliorer au cours des prochaines années. Voilà pourquoi il faut que l’État puisse donner une aide ponctuelle et efficace pour aider ces personnes. Le problème, c’est quand une personne apte au travail prend un abonnement à l’aide sociale. Là, j’ai un peu plus de problèmes…

Affaires et économie

Le palmarès des grandes puissances économiques

On mesure la puissance économique d’un pays par la richesse totale que ses habitants créent dans une année et par le revenu qui en découle. Au départ, un pays qui dispose de plus de cerveaux et de plus de bras qu’un autre peut évidemment produire plus de richesse. Les pays les plus populeux du monde que sont la Chine, qui a 1,3 milliard d’habitants, et l’Inde, qui en a 1,1 milliard, partent donc avec une longueur d’avance. Mais des pays moins peuplés, comme les États-Unis, avec 300 millions d’habitants, et le Japon, avec 130 millions, ont aussi une chance de gagner la course. Dans ces deux pays, chaque cerveau et chaque paire de bras produisent beaucoup plus de richesse qu’en Chine et en Inde. C’est pourquoi l’économie américaine est plus grande que l’économie chinoise, et l’économie japonaise de même taille que l’indienne. Comparer la richesse totale des pays n’est pas une mince tâche. Chacun a sa monnaie propre, et les prix des biens produits peuvent être très différents d’un pays à l’autre. Mais le Fonds monétaire international (FMI) et d’autres organismes ont trouvé une astuce pour contourner ces problèmes. Ils recalculent ce que serait le revenu total de chaque pays si chaque bien se vendait au même prix (en dollars américains, disons) partout sur la planète. Prenons l’exemple du hamburger : supposons que le Canada en produit 100, qu’il vend deux dollars chacun, ce qui donne 200 dollars en tout, tandis que la Chine en produit 1 000, qu’elle vend 20 cents, ce qui donne aussi 200 dollars. Ce calcul laisserait croire que la richesse totale des deux pays est la même. Mais si on refait le calcul en utilisant un prix uniforme, soit un dollar, la richesse du Canada ne s’élève plus qu’à 100 dollars, alors que celle de la Chine atteint 1 000 dollars. Une telle mesure est utile. Car si le revenu total recalculé de cette manière est plus élevé dans un pays que dans un autre, cela voudra dire qu’il produit et consomme de plus grandes quantités de biens. Ce ne serait pas parce que les prix seraient dopés artificiellement. Le tableau qui suit présente les résultats que le FMI a obtenus pour l’année 2006 en appliquant cette méthode de calcul. Rien d’inattendu au premier rang : les États-Unis y trônent depuis 125 ans. La Chine arrive en deuxième place, non loin derrière. Ce qui est remarquable dans le cas de la Chine, c’est que son économie progresse à la vitesse grand V. Sa croissance économique (de 8 % à 10 % par année) est tellement rapide qu’il est presque sûr qu’elle aura dépassé les États-Unis d’ici cinq ans. La suite immédiate apporte une surprise : l’Inde, dont la croissance économique s’est fortement accélérée ces dernières années, s’apprête à doubler le Japon au troisième rang. Les quatre grands de l’Europe — l’Allemagne, l’Angleterre, la France et l’Italie — suivent, du cinquième au huitième rang. Ces vieux pays perdent peu à peu du terrain au profit des cinq étoiles montantes que sont la Russie, le Brésil, l’Espagne, le Mexique et la Corée du Sud. À des degrés divers, les économies de la Russie, du Brésil et du Mexique sont stimulées par la forte demande mondiale de ressources naturelles. L’Espagne et la Corée du Sud bénéficient plutôt d’un remarquable développement technologique. Le Canada se classe au 13e rang, sur un pied d’égalité avec la Corée du Sud. Mais notre pays va probablement tomber au 14e rang en 2007, car sa croissance économique est plus lente que celle de la Corée du Sud. Parmi les six derniers au classement des 20 pays les plus puissants, il faudra surveiller la Turquie et l’Afrique du Sud. La Turquie connaît depuis quelques années une bonne accélération de sa croissance économique. L’Afrique du Sud est le joyau économique de l’Afrique. Richement pourvue en ressources naturelles, elle a vu son économie remonter après les 20 années de stagnation (de 1980 à 2000) qui ont accompagné la lutte contre l’apartheid et qui ont suivi son abolition, en 1991. Les immigrants venus d’ailleurs en Afrique y affluent. Avec la Chine, l’Inde, le Japon, la Corée du Sud, l’Indonésie et Taïwan en tête, il est indéniable que le 21e siècle économique appartiendra à l’Asie. L’Europe connaît un déclin relatif. Les pays bien dotés en ressources naturelles, comme la Russie, le Brésil, le Canada et l’Australie, seront avantagés. En Afrique, l’Afrique du Sud pourrait surprendre. Rang Pays Revenu total (en milliards $ US) 2006 1 États-Unis 13 020 2 Chine 9 980 3 Japon 4 170 4 Inde 4 160 5 Allemagne 2 560 6 Angleterre 2 120 7 France 1 930 8 Italie 1 790 9 Russie 1 730 10 Brésil 1 700 11 Espagne 1 210 12 Mexique 1 170 13 Corée du Sud 1 160 14 Canada 1 160 15 Indonésie 960 16 Taïwan 690 17 Australie 680 18 Turquie 660 19 Argentine 620 20 Afrique du Sud 610 (Source : Fonds monétaire international)

Affaires et économie

Jean-François Lisée et la « gauche efficace » (suite)

Jean-François Lisée vient de me transmettre des paragraphes non publiés dans L’actualité de son texte sur la « gauche efficace ». «Je me suis dit que ce sont probablement les deux paragraphes qui t’auraient les plus plu. Alors je te les offre, à toi et à tes lecteurs: « Richesse. L’objectif de la gauche efficace n’est pas la création de richesse en soi, mais la qualité de vie, dont la prospérité est une variable essentielle. Donc oui : créons et distribuons, simultanément, la richesse. Mais le gain social doit être tangible et immédiat. Finis les « lendemains qui chantent », soit le futur grand soir socialiste, ou les illusoires retombées économiques positives pour les pauvres d’une augmentation des revenus des millionnaires. Entrepreneuriat. Cette création de richesse passe, indubitablement, par un coup de pouce constant à nos entreprises privées, dont la compétitivité est le socle de notre prospérité collective. Leurs coûts de production doivent rester, au Québec, en deçà de celui de nos compétiteurs occidentaux. C’est un minimum dans le siècle sino-indien qui s’ouvre. C’est donc sans inhibition qu’on doit réduire leur fardeau réglementaire (sauf environnemental et social). Et puisqu’il faut éliminer la taxe sur le capital, obtenons simultanément, en échange, un engagement pour le bien commun, qu’il soit de formation professionnelle, de promotion des minorités en emploi, d’ouverture à la réduction du temps de travail pour les parents et les aidants naturels. Ce doit être donnant-donnant, gagnant-gagnant. Voilà qui est être efficaces, mais de gauche. Le Québec souffre d’un manque de nouveaux entrepreneurs. Il faut faire éclore les créateurs d’entreprises privées, d’économie sociale, d’entreprises publiques, d’entrepreneuriat syndical, en créant le programme de démarrage le plus détaxé, dénormé et profitable qui soit. État. Je n’ai pas parlé ici de la question nationale. Même sans elle, je serais partisan d’un État vigoureux. Mais parce que les Québécois forment une minorité singulière en Amérique, la santé de son premier outil collectif, l’État, est doublement (oserais-je le dire?) capital. L’objectif n’est ni l’État-minceur, ni l’État-obèse, mais l’État fort parce qu’efficace. L’État respecté parce qu’à l’écoute du citoyen et de ses salariés ayant retrouvé le goût du service public. L’État crédible parce que responsable et compétitif. » Amicalement, Jean-François Lisée

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Affaires et économie

La bataille du cellulaire

Plus tard cet automne, le ministre fédéral de l’Industrie, Jim Prentice, rendra publiques les règles qui procèderont à la mise en vente des nouvelles fréquences pour la téléphonie mobile. Les compagnies de télécommunications sont sur le pied de guerre et tentent d’influencer la décision du ministre et de se gagner l’opinion publique. Au Canada, les ondes sont publiques. Cela veut dire que les compagnies qui exploitent un réseau sans fil doivent payer une licence au gouvernement fédéral. Les trois grands joueurs actuels, soit Rogers, Bell et Telus veulent que toutes les compagnies intéressées par les nouvelles fréquences participent au même processus et que celles qui investissent le plus d’argent s’accaparent des nouvelles fréquences. D’autres joueurs comme Vidéotron et Allstream MTS (Manitoba) veulent une vente aux enchères particulière pour les nouveaux arrivants. Cela, disent-ils, assurera qu’il y aura davantage de compétition au pays, ce qui sera à l’avantage des utilisateurs canadiens. Pierre-Karl Péladeau prétend que les trois grands opérateurs actuels se traînent les pieds au niveau technologique et facturent trop cher. De plus, ajoute-t-il, Quebecor n’a pas les moyens de concurrencer les trois telcos dans une enchère ouverte. Pas si vite, répondent les compagnies de téléphone. En créant un processus distinct pour des nouveaux joueurs, le gouvernement fédéral se priverait de dizaines de millions de dollars. Dans La Presse ce matin, la présidente de Telus Quebec, Karen Radford, affirme « que cela n’a aucun sens qu’une compagnie de 10 milliards de dollars (Quebecor) demande aux contribuables de l’aider à entrer dans le marché. » Outre le coup de pouce que réclame Quebecor, ce débat pose deux autres questions. Y a-t-il suffisamment de concurrence au Canada ? Sommes-nous en retard au niveau technologique ? J’ai mes idées sur le sujet, mais je suis curieux de lire vos réactions. P.S. Comme vous le savez ce site est la propriété de Rogers. Quebecor et Telus comptent aussi parmi mes clients.

Affaires et économie

750 millions $ pour McGill !

C’est fou comme les universités et les hôpitaux dépendent de plus en plus des fonds privés pour leur financement. L’Université McGill lance aujourd’hui une campagne de financement de 750 millions de dollars. Si l’objectif est atteint, ce sera un record pour le Québec. La dernière campagne de McGill (1993-1998) avait permis de récolter 206,6 millions $ et celle de l’Université de Montréal (1999-2003), 218 millions $. McGill veut amasser plus du triple dans sa nouvelle campagne ! La somme est colossale, mais l’Université de Toronto avait recueilli plus de 1 milliard $ dans sa dernière campagne et, selon le Globe And Mail, il y a actuellement en cours des campagnes de financement de plus de 1 milliard $ dans 30 universités américaines. Aux États-Unis, la plupart des grandes universités sont privées, il ne faut donc pas se surprendre de cet appel aux diplômés et aux généreux donateurs. Mais au Canada, le sous financement gouvernemental, les faibles frais de scolarité et la concurrence internationale forcent les universités à aller chercher d’autres fonds. Parmi les généreux donateurs, la Fondation Marcelle et Jean Coutu avait versé 12,5 millions $ pour la construction de deux pavillons à l’Université de Montréal en 2002. En 2000, un ancien élève de McGill, Richard Tomlinson, a versé 60 millions $ à l’université. Ce que l’on observe par contre, si on se fie à l’article de Marie-Eve Fournier dans le trimestriel Montréal Centre-ville, c’est que le Québec compte peu de richissimes donateurs. L’essentiel de l’effort est fourni ici par quelques grandes entreprises qui sont très sollicitées. Or, au même moment où McGill mènera campagne, il faudra récolter 300 millions $ pour les deux nouveaux hôpitaux universitaires et l’Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal est au beau milieu d’une campagne de 35 millions $. C’est sans compter tous les bals, tournois de golf et activités organisées par les fondations d’hôpitaux et de recherche ainsi que les musées. Quand je parle du nécessaire enrichissement de notre société, je parle aussi d’accroître le bassin de donateurs individuels ou corporatifs qui pourront nous s’assurer que nos institutions soient aussi bien équipées et aussi performantes que celles de nos voisins.

Affaires et économie

Gérants d’estrade

Je suis toujours abasourdi par la légèreté avec laquelle certains émettent des opinions. Ainsi, les trois partis d’opposition aux Communes reprennent le même refrain : c’est le gouvernement Harper qui a tué l’accord de Kyoto. C’est de la foutaise et un condensé exceptionnel de mauvaise foi. Ce sont les libéraux qui ont signé le Protocole de Kyoto en 1997 (il y a 10 ans !) et l’ont ratifié en 2002. Ont-ils soumis un véritable plan pour que le Canada puisse remplir ses obligations en 2008 ? Je n’ai pas de souvenir non plus d’un programme concret soumis par le NPD et le Bloc pour que les émissions diminuent. Qu’est-il arrivé ? Ce qui était prévisible : les émissions de gaz à effets de serre ont constamment augmenté pendant les années Chrétien-Martin. Et ce sont les mêmes libéraux qui ont donné de généreuses exceptions fiscales pour développer les sables bitumineux de l’Alberta, en 1995. Je suis tanné d’entendre messieurs Dion, Duceppe et Layton répéter« Kyoto » comme si la seule mention de ce nom avait des propriétés magiques. Je comprends le symbole, mais la réalité, c’est que les cibles sur lesquelles le Canada a donné sa parole ne sont plus atteignables. Point à la ligne. Pour que le Canada respecte ses cibles de l’Accord de Kyoto, il faudrait diminuer d’environ 217 millions de tonnes nos émissions…d’ici 77 jours ! C’est presque 30% de moins que ce que nous jetons dans l’atmosphère. Êtes-vous prêts à diminuer immédiatement de 30% votre consommation d’énergie et vos déplacements? Imaginez l’impact sur les entreprises et sur l’emploi. Je trouve que les conservateurs, qui ne croyaient même pas à la science du réchauffement climatique, ne sont pas pressés quant à la diminution des gaz. 2050, cela m’apparaît bien loin. Mais je préfère un programme concret et réaliste à l’incantation quasi religieuse des partis d’opposition.

Affaires et économie

La « gauche efficace » de Jean-François Lisée

C’est au tour de Jean-François Lisée à présenter dans l’édition courante de L’actualité ses propositions pour dynamiser davantage l’économie du Québec. Daniel Audet, dont j’ai déjà commenté la contribution, avait soumis ses «15 idées pour un Québec fort» dans le numéro précédent. Première surprise, je ne suis pas si à droite que je ne le croyais après avoir répondu au jeu-questionnaire soumis par mon collègue et ami depuis plus de 30 ans ! Deuxième surprise, je trouve très intéressantes ses propositions concernant l’aide sociale (favoriser l’emploi plutôt que l’assistance publique, insertion immédiate des jeunes aptes au travail dans un emploi d’utilité publique à plein temps, la notion « d’emprunt d’années de retraite », l’obligation pour les employeurs d’embaucher au moins un prestataire pour toutes les 50 nouvelles embauches). Sa proposition en faveur d’un mouvement intense et général pour accroître l’alphabétisation est brillante. Voilà une très jolie idée. Sa proposition d’augmenter au niveau ontarien les tarifs d’électricité et de diminuer les impôts en conséquence, puis de privatiser 25% d’Hydro-Québec en échange d’une contribution d’au moins 32 milliards $ au fonds des générations ou à la caisse santé, mérite aussi considération. Si je suis étonné de l’étendue des points de convergence, c’est que nous différons sur un point essentiel. Jean-François Lisée est partisan d’un État vigoureux, un État devenu au fil des ans héros-bouclier-redresseur de torts collectif du peuple québécois. Et bien qu’il se réclame d’une synthèse entre l’initiative individuelle et le rôle de l’État (« la gauche efficace »), il a toujours le réflexe d’en appeler à cet État miraculeux et de se méfier « des gens qui foncent, montent des entreprises, prennent des risques ». Ainsi, dans son petit jeu-questionnaire, ceux qui défendent le modèle entrepreneurial perdent des points alors que ceux « qui cherchent la sécurité » n’en perdent pas. Nous divergeons aussi sur autre grande question. Jean-François Lisée s’est fait un devoir au cours des dernières années de montrer que le Québec va extrêmement bien et de donner la réplique à ceux qui sont plus sceptiques. Mon collègue (et toujours ami) considère qu’un bilan trop négatif « choque et divise et que mieux vaut souligner les progrès réalisés par le Québec depuis 40 ans, cerner les carences et aller de l’avant ». Comment être contre cet énoncé ? Seulement voilà, comment peut-on cerner les carences et aller de l’avant quand la critique n’est pas bienvenue ?

Affaires et économie

Une question de valeurs

L’actualité, 1er novembre 2007 Les principaux atouts de la compétitivité des entreprises se trouvent dans les chaînes de production ou prennent l’ascenseur vers leur bureau. Hélas, bien des patrons n’en ont pas conscience. Vous croyez qu’il est impossible d’affronter la concurrence des Chinois dans une usine qui fabrique un produit – une boîte métallique pour interrupteur électrique – vendu un dollar dans les quincailleries ? Stéphane Lamarre, directeur de l’usine montréalaise de la société américaine Hubbell, dans l’arrondissement de Montréal-Nord, se fait un plaisir de prouver le contraire. Je l’ai rencontré, à la fin septembre, au congrès de la Fédération des chambres de commerce du Québec, à Rivière-du-Loup. J’animais un atelier portant sur les atouts de la compétitivité, avec Gaétan Lussier, un administrateur chevronné (il a été sous-ministre à Québec et à Ottawa avant de diriger les Boulangeries Weston et Culinar), et Michael Brossard, vice-président principal au marketing et au développement de Rona. Rapidement, la discussion n’a plus porté que sur les valeurs des entreprises et des dirigeants et sur leurs attitudes envers leurs employés. « La mondialisation a donné un coup de vieux à certains secteurs, dit Gaétan Lussier. Pour se démarquer, les entreprises doivent adopter une nouvelle approche, plus transparente. Les investissements ne servent à rien sans la participation des employés. Il faut leur montrer qu’on les aime, car la solution passe par eux. » L’homme d’affaires n’hésite pas à parler d’une « attitude de l’âme » pour définir son approche de gestion. Stéphane Lamarre, ingénieur de 41 ans, n’est pas du genre nerveux, et la gestion au jour le jour, ce n’est pas exactement son truc. Il préfère déléguer. La centaine d’ouvriers sur les chaînes de montage de son usine déterminent quand, par qui et de quelle façon les commandes seront exécutées. Et ça marche ! Depuis quatre ans, le chiffre d’affaires de Hubbell à Montréal a doublé. Surtout, l’usine est devenue l’une des plus profitables de cette multinationale, qui en compte plus d’une soixantaine. Les ambitions de Stéphane Lamarre sont plus élevées encore : il veut en faire une des meilleures au monde, tous secteurs confondus. « Mon rôle s’apparente à celui d’un chef d’orchestre. Je dois accompagner et encadrer les employés pour qu’ils améliorent leur efficacité », m’explique Stéphane Lamarre. Gaétan Lussier, à 66 ans, se décrit comme un « agent de changement ». Après 18 ans dans la fonction publique et 18 autres à la tête d’entreprises importantes, il siège aujourd’hui aux conseils d’administration de Shoppers Drug Mart (Pharmaprix) et d’Organic Meadow, coopérative canadienne de fermiers ayant opté pour l’agriculture biologique, en plus de présider le conseil de Foragen, un fonds canadien de capital de risque spécialisé dans les technologies agricoles et les biotechnologies. Il préside aussi le conseil d’administration de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires, qu’il a fondé en 2003 afin de conseiller les gouvernements, les agriculteurs et l’industrie canadienne de la transformation alimentaire. Ne lui parlez surtout pas de retraite, car il dit avoir un plaisir fou à communiquer sa vision de l’agriculture canadienne et de la gestion des entreprises. On le croit sur parole, puisqu’il semble incapable de terminer une phrase sans s’esclaffer. Ça ne devait tout de même pas être drôle quand, en 1990, alors qu’il était président des Boulangeries Weston, il a dû licencier les deux tiers de ses employés de Longueuil, mesure rendue nécessaire par l’inauguration d’une usine ultramoderne de 50 millions de dollars. « Quatre-vingt-cinq pour cent des employés étaient analphabètes. J’ai obtenu de mes employeurs l’autorisation de faire passer à 4 % la proportion de la masse salariale consacrée à la formation, pour préserver le maximum d’emplois », raconte-t-il. On a ainsi pu éviter de rompre les relations avec le syndicat, et le passage vers la modernité s’est déroulé sans arrêt de travail. De son côté, Michael Brossard, 53 ans, se définit comme un « bâtisseur de marque ». À ce titre, il pourrait parler pendant des heures de la commandite de Rona aux Jeux olympiques de Vancouver, des 38 athlètes qui bénéficient de l’aide financière de l’entreprise, de l’appui de celle-ci aux équipes de la Ligue canadienne de football. Il pourrait vanter le site Internet de Rona, qui accueille un million de visiteurs par mois, ou s’exclamer devant les bonnes cotes d’écoute de l’émission Ma maison Rona, diffusée sur TVA. Pourtant, c’est à propos des 26 000 employés de la chaîne de quincailleries qu’il est intarissable. Ce sont eux qui constituent les premiers ambassadeurs et défenseurs de la marque de ce géant, dont le chiffre d’affaires dépasse aujourd’hui les six milliards de dollars. « Notre marque est l’une des plus aimées et nous jouissons d’une forte réputation. Tout cela repose sur la qualité du service offert aux clients, ce que nous appelons le « service engagé » », dit-il. Rona s’est bâtie autour de cinq grandes valeurs, qui privilégient les bonnes relations entre les employés et les clients. « La culture et les valeurs constituent la « Crazy Glue » des entreprises de nos jours, dit Gaétan Lussier. Elles donnent un langage commun à tous. » Cette langue commune, les employés de la chaîne de quincailleries l’apprennent à l’Académie Rona, qui reçoit des milliers d’employés par année. Ils y apprennent aussi quelques détails étonnants, mais combien essentiels, sur les habitudes de consommation. Ainsi, un homme seul en magasin se dirigera presque toujours vers les outils, alors qu’une femme seule cherchera plutôt des produits. Quand monsieur et madame se présentent ensemble au magasin, c’est en général qu’ils ont un grand projet de rénovation… et c’est madame qui aura le dernier mot ! Trop souvent, les patrons n’ont pas une connaissance très fine des tâches que leurs employés doivent effectuer. Robert Dutton, le président de Rona, est le fils d’un quincaillier et il a passé sa jeunesse avec les clients du magasin familial. Quand Stéphane Lamarre est arrivé chez Hubbell, en 2003, il a tenu à faire lui-même l’essai du travail de chacun des ouvriers. « Je voulais me mettre à leur place », dit-il. Pour lui, c’était une question de crédibilité. Il a ainsi été à même de prendre conscience de tout le temps qui était gaspillé à déplacer du matériel ou à chercher les bons outils. Cela lui a aussi permis de sceller un véritable pacte avec les travailleurs et leur syndicat. « Je me suis engagé à ne congédier personne s’ils m’aidaient à améliorer la productivité de l’usine », dit-il. Aujourd’hui, celle-ci fabrique plus de 500 produits différents, elle a réduit ses stocks de moitié et s’approche des normes des meilleures usines japonaises. Pourtant, rien n’est gagné. Rona se bat contre des géants américains, comme Home Depot, qui font 15 fois sa taille. L’usine de Hubbell à Montréal-Nord se tire bien d’affaire, mais pourrait-elle résister si le dollar canadien atteignait 1,10 $ ou 1,15 $ US, ainsi que certains économistes le croient ? Chose certaine, ce n’est pas une gestion de type autoritaire qui rendra les entreprises plus performantes et plus compétitives. « Il faut créer de l’enthousiasme et nouer un partenariat avec nos employés. Ça marche, je l’ai vécu », dit Gaétan Lussier, le sourire aux lèvres – comme d’habitude.