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Découvrez ce que Google sait sur vous

Google affirme que j’ai 38 centres d’intérêt, le premier étant «actualités». Pas bête, je suis journaliste. Il ne se trompe pas non plus avec «communautés en ligne», «informatique et électronique», «jeux» et «logiciel». 

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Avez-vous déjà remarqué que les publicités en marge des sites Web semblent liées à vos goûts et préférences ?

Que cela vous choque ou vous plaise, sachez que le grand responsable est Google, qui amasse des données chaque fois que vous entrez une requête dans son moteur de recherche.

Ces informations, dont raffolent les annonceurs, permettent au géant du Web d’asseoir sa position de dominance dans la publicité en ligne, un marché de plus de 140 milliards de dollars qu’il contrôle à au moins 31 %.

Mais par souci de transparence — après tout, le slogan informel de Google est «ne soyez pas malveillant» (don’t be evil) —, l’entreprise de Mountain View vous permet de consulter votre profil numérique. Ça se passe ici.

Si vous partagez votre ordinateur ou votre tablette avec un adolescent gothique, les résultats risquent d’être surprenants. Mais si vous êtes l’unique usager, ils s’avèreront plutôt précis.

Google a ainsi déterminé à juste titre que je suis un homme de 25 à 34 ans — j’en ai 28. Mes langues préférées sont l’anglais, le français et… l’espagnol. Voilà qui est étrange, sachant que j’ai donné des maux de tête à tous les professeurs ayant tenté de m’apprendre à prononcer le «r» roulé.

Je supprime donc cette langue de mon profil. Car oui, Google vous permet de modifier votre portrait numérique, ce qui représente peut-être le plus grand avantage de cet exercice. Continuons.

Google affirme que j’ai 38 centres d’intérêt, le premier étant «actualités». Pas bête, je suis journaliste. Il ne se trompe pas non plus avec «communautés en ligne», «informatique et électronique», «jeux» et «logiciel». Vous comprenez maintenant pourquoi j’alimente le blogue Vie numérique de L’actualité.

À cela s’ajoutent «hygiène et soin des nourrissons», «maison et jardinage» et «planification fiscale», qui trahissent le fait que je serai bientôt papa et que je cherche une maison pour cette petite famille, ainsi que les sous pour réaliser cet achat. Évidemment, ces recoupements sont faciles à réaliser pour moi, mais je ne serais pas surpris que des annonceurs tirent des conclusions similaires avec ces données personnelles.

Les choses se corsent toutefois par la suite. À en croire mon profil, je m’intéresse également au «Mexique central», à l’«Indonésie » et à la «Californie».

Les deux premiers sont vraisemblablement des vestiges de mes recherches pour mon article sur la photographie par drone, puisque deux des photos dans le texte venaient de ces régions. Pour ce qui est du Golden State, je ne sais pas trop. J’efface donc «Mexique central» et «Indonésie», mais je conserve la Californie. Cet endroit m’a toujours attiré.

Vous pouvez faire cet exercice amusant régulièrement, puisque Google met à jour votre profil chaque fois que vous effectuez une nouvelle requête.

Si vous ne supportez pas que votre vie privée soit ainsi soumise aux algorithmes des annonceurs, sachez que vous n’êtes pas sans défense. Tout au bas de votre profil, un petit lien en bleu vous permet de désactiver la publicité personnalisée. Vous verrez toujours des annonces en ligne, mais celles-ci seront générales.

Pour ceux que la pub énerve réellement, téléchargez et installez Adblock ou Adblock Plus, des logiciels qui suppriment automatiquement les annonces sur les principaux navigateurs.

Vous pourriez même aller plus loin en modifiant votre profil pour tromper Google et les annonceurs. Je pourrais par exemple dire que je une femme de 65 ans et plus, qui parle l’azéri et joue aux quilles en écoutant du heavy metal. Mais ça, ce serait «evil», n’est-ce pas ?