Techno

L’internet haute vitesse en vol en 5 questions

L’un des derniers bastions de la vie hors ligne s’apprête à recevoir une mise à jour: l’internet haute vitesse arrive dans les avions. 

Le Wi-Fi à bord des avions n’est pas nouveau. Au Canada et aux États-Unis, de plus en plus de vols offrent l’internet sans fil, et des centaines d’appareils long-courriers dans le monde permettent aussi de lire ses courriels et de naviguer sur le web.

Mais quiconque a déjà payé pour le Wi-Fi en plein vol le sait toutefois: cet accès est souvent lent, parfois au point d’être inutilisable.

Cette réalité changera bientôt, avec l’arrivée l’année prochaine de l’internet haute vitesse par satellite de Gogo, le fournisseur qui équipe notamment les appareils d’Air Canada. Voici tout ce qu’il faut savoir sur cette technologie qui pourrait bien modifier la façon dont on prend l’avion.

Comment fonctionne l’internet dans les avions à l’heure actuelle?
Deux technologies pour accéder à l’internet équipent les avions présentement.

L’internet air-sol, qui est utilisé par Air Canada dans ses vols au Canada et aux États-Unis, fonctionne à l’aide d’antennes cellulaires placées au sol le long des tracés aériens. La vitesse atteinte est lente, surtout qu’elle doit être partagée entre tous les passagers de l’appareil. À bord d’un vol bondé, on se sent rapidement en 1999.

L’autre technologie utilisée, principalement dans les avions long-courriers, est l’internet par satellite. La connexion est plus rapide (similaire à celle de la maison dans le meilleur des cas), mais ralentit quand l’appareil est plein. Le délai afin qu’une page web commence à charger est aussi plus long, à cause de la distance à laquelle sont placés les satellites dans l’espace.

Comment fonctionnera l’internet haute vitesse dans les avions?
Gogo a dévoilé la semaine dernière une version améliorée de son service internet par satellite 2Ku, avec un modem capable d’atteindre une vitesse de 100 Mbit/s, soit plus rapide que la grande majorité des connexions à domicile.

En plus de compter sur un modem plus performant, les avions dotés de 2Ku pourront aussi prochainement se brancher à une nouvelle génération de satellites en basse altitude, ce qui améliorera la connectivité. « 2Ku peut profiter des avancées dans les satellites à mesure qu’ils sont déployés dans l’espace », explique Anand Chari, vice-président et directeur de la technologie chez Gogo.

La connexion sera encore une fois partagée entre tous les passagers, mais la vitesse atteinte devrait néanmoins être supérieure à l’heure actuelle. Les voyageurs auront donc l’occasion d’écouter la télé en direct et des vidéos en ligne à bord des avions, ce qui n’est pas possible présentement.

Notons que le réseau air-sol de Gogo sera aussi mis à jour en 2018, avec des vitesses potentiellement encore plus rapides. « Nous avons récemment atteint 134 Mbit/s en laboratoire », confirme Anand Chari. L’internet haute vitesse ne sera donc pas seulement réservé aux vols intercontinentaux.

Quels avions pourront en profiter?
Tous les avions dotés de l’internet par satellite de Gogo seront mis à jour au cours des prochains mois avec les nouveaux modems de l’entreprise. L’opération est en effet simple, comme changer un modem à la maison.

Au Canada, 20 avions A319 d’Air Canada Rouge ont été équipés d’une connexion internet par satellite de première génération ce mois-ci, et ils seront éventuellement mis à jour avec les modems de seconde génération.

Air Canada prévoit aussi doter prochainement ses appareils long-courriers de cette technologie, mais aucune date précise n’a été avancée pour l’instant. Aucune annonce n’a été faite non plus par rapport aux avions munis de l’internet air-sol en service entre le Canada et les États-Unis.

À l’échelle de la planète, Gogo prévoit que 600 avions seront équipés de l’internet 2Ku d’ici la fin de l’année.

Combien un accès internet haute vitesse coûtera-t-il?
Aucun transporteur n’a annoncé combien il faudra débourser pour accéder à l’internet haute vitesse.

À l’heure actuelle, le prix d’une connexion varie selon les transporteurs, mais aussi parfois d’un vol à l’autre. Un vol de Montréal à San Francisco peut ainsi coûter 12,95 $ à l’aller, et 19,95 $ au retour.

La plupart des entreprises offriront probablement un tarif en fonction de l’utilisation, que ce soit en limitant la vitesse offerte, ou en faisant payer plus cher pour certains usages, comme l’accès au contenu vidéo.

Air Canada n’a toujours pas indiqué comment cet usage sera déterminé, mais la porte-parole du transporteur aérien Isabelle Arthur confirme que des « niveaux de service seront basés sur la façon dont le passager voudra utiliser internet ».

Il est fort probable qu’un accès permettant de regarder du contenu vidéo sera plus cher qu’à l’heure actuelle, mais qu’une connexion limitée pourrait en revanche être plus abordable. 

Quel impact aura l’internet haute vitesse sur les voyageurs?
L’internet à bord des avions est présentement surtout une question d’affaires.

Depuis le 1er janvier 2016, les utilisateurs canadiens du service internet de Gogo ont payé leur accès pour le travail à 67%, contre 20% pour le plaisir et 13% pour les deux, selon des informations fournies par l’entreprise à L’actualité.

L’arrivée de l’internet haute vitesse pourrait évidemment renverser la vapeur. Une connexion rapide, un accès à des vidéos en ligne et peut-être même un coût plus abordable à condition de limiter son usage devraient en effet encourager tous les passagers à profiter du service, et non seulement ceux qui en ont absolument besoin.

Pour ma part, je continuerai probablement de savourer quelques heures de calme à bord de l’avion quand j’en aurai l’occasion. À moins qu’il y ait une partie du Canadien pendant mon vol, bien entendu.