Les mots technos à connaître en 2018
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Les mots technos à connaître en 2018

Connaissez-vous l’informatique de périphérie ? Les failles de sécurité Meltdown et Spectre ? Le cryptominage ? Maxime Johnson propose un glossaire pour ne pas être dépassé par l’actualité techno en 2018.

5G

Après les réseaux 3G et 4G, ce sera au tour des réseaux cellulaires 5G — de cinquième génération — de faire leur apparition. Cette technologie promet notamment des vitesses de transfert d’environ 100 Mbit/s, plus rapides que la grande majorité des connexions Internet filaires au Québec.

Outre leur vitesse accrue, les réseaux 5G offriront une meilleure stabilité et permettront de relier un million d’appareils au kilomètre carré, ce qui devrait en faire une technologie intéressante pour les objets connectés.

Des réseaux d’essai 5G seront déployés en 2018, notamment aux Jeux olympiques de Pyeongchang, mais il faudra attendre encore un peu pour en profiter au Québec.

Les entreprises et les États devront toutefois prendre en considération l’arrivée de ces réseaux dans leurs décisions. La Stratégie numérique du Québec prévoit par exemple l’ajout de 300 millions de dollars dans le programme Québec branché pour améliorer les services Internet haut débit au Québec. Espérons que l’arrivée des réseaux 5G sera prise en compte dans la mise en œuvre du programme.

Assistants vocaux

Les haut-parleurs connectés Echo (Amazon), HomePod (Apple) et Home (Google).

Alexa, Assistant Google, Siri : les assistants vocaux défraient la chronique depuis quelques années déjà. Ces services permettent de commander des appareils intelligents avec sa voix, de poser des questions à un haut-parleur connecté ou d’interagir avec son téléphone.

Une plus grande polyvalence, l’arrivée d’Alexa au Canada, le lancement du haut-parleur HomePod d’Apple, une guerre des prix entre les fabricants et une utilisation dans de plus en plus d’appareils (comme des téléviseurs) devraient faire des assistants vocaux l’une des technologies les plus populaires de 2018.

Bloqueurs de publicités

Le 15 février 2018, Google activera une fonctionnalité de blocage de publicités dans son navigateur Chrome. Les publicités qui ne respecteront pas les barèmes choisis par l’entreprise américaine ne seront plus affichées sur le Web, tout simplement.

Le concept n’est pas nouveau : le logiciel AdBlock a déjà des millions d’utilisateurs. Mais en activant la fonctionnalité par défaut sur le navigateur le plus populaire du monde, Google pourrait faire mal à de nombreuses entreprises, y compris des médias.

Certes, ce ne sont pas toutes les publicités qui seront bloquées, mais l’activation de la fonctionnalité par Google devrait aussi mettre ce phénomène en lumière et inciter certains utilisateurs à télécharger un logiciel similaire plus puissant.

Chaîne de blocs

La chaîne de blocs, ou blockchain, est la technologie à la base du bitcoin et des cryptomonnaies. C’est une sorte de base de données décentralisée, qui existe sur plusieurs ordinateurs en même temps. Un grand livre comptable qui permet d’assurer la validité des transactions en ligne et de conserver une trace des opérations effectuées.

Voilà quelques années que les experts louangent le potentiel des chaînes de blocs, qui va bien au-delà des cryptomonnaies. Cette technologie pourrait par exemple être utilisée pour assurer la fiabilité du vote en ligne ou revoir le traitement des données dans les hôpitaux.

Alors que les usages des chaînes de blocs sont encore surtout théoriques, certaines utilisations concrètes devraient commencer à voir le jour en 2018, ce qui pourrait aider à rendre le tout un peu plus clair pour la moyenne des ours.

Cryptominage

Photo : iStock

Les cryptomonnaies sont décentralisées : elles ne sont pas gérées par un seul organisme unique, comme une banque centrale ou un État, mais par un ensemble d’ordinateurs, qui appartiennent aux utilisateurs de la devise.

Le bon fonctionnement des cryptomonnaies demande une puissance de calcul considérable, qui est répartie entre ces mêmes utilisateurs. Pour les récompenser de leur travail, les utilisateurs qui s’adonnent au cryptominage obtiennent de l’argent (des fractions de bitcoin, par exemple). Un système complexe, mais ingénieux, qui assure par lui-même la pérennité des cryptomonnaies.

Si le cryptominage était auparavant effectué directement sur les ordinateurs des utilisateurs, la puissance de calcul nécessaire a depuis incité des entreprises à construire de véritables centres de cryptominage. À cause de son climat froid et de son électricité abordable, le Québec est un lieu propice pour y installer ces usines nouveau genre, ce qui devrait attirer encore plus d’attention sur le phénomène ici en 2018.

En revanche, la récente explosion du bitcoin et des autres cryptomonnaies devrait aussi inciter certaines entreprises à profiter du concept d’une façon plus ou moins honnête. La maison de recherche Symantec a d’ailleurs publié une étude en décembre qui alertait les internautes de la montée de sites Web qui effectuent des calculs sur les ordinateurs de leurs visiteurs pour miner des cryptomonnaies.

En 2018, on peut s’attendre à ce que des virus et logiciels malveillants, tant sur ordinateurs que sur téléphones intelligents, tentent de faire la même chose.

Informatique de périphérie

L’informatique de périphérie, ou Edge Computing, est en quelque sorte la prochaine évolution du nuage informatique. Avec ce concept qui devrait être en vogue au cours des prochaines années, la puissance de calcul des systèmes informatiques n’est plus concentrée dans un serveur central, comme c’est le cas actuellement, mais elle est aussi en périphérie du système.

Par exemple, une voiture autonome aura besoin du nuage informatique pour analyser ses déplacements, connaître l’état du trafic et apprendre de ses erreurs sur la route, mais les décisions cruciales — freiner ou non devant un passant — devront être effectuées dans la voiture elle-même.

Une ferme moderne pourrait quant à elle traiter une partie des données recueillies par les différents capteurs dans ses champs sur un ordinateur local, et effectuer une analyse plus poussée par la suite dans le nuage informatique.

Traiter ainsi les données à la source permet un temps de réaction plus rapide, en plus de simplifier les communications avec les serveurs.

Intelligence artificielle embarquée

Les téléphones intelligents haut de gamme lancés en 2018 seront généralement munis de puces capables d’effectuer des techniques d’intelligence artificielle sur l’appareil directement, et non dans un serveur, comme c’est généralement le cas. La technologie est d’ailleurs déjà offerte dans l’iPhone X d’Apple, sous le nom de Neural Engine.

Voilà ce qu’on appelle l’intelligence artificielle embarquée. Des puces de ce genre devraient aussi équiper d’autres gadgets, comme des caméras de sécurité, qui pourront apprendre à reconnaître les visages des habitants d’une maison et ainsi sonner l’alarme uniquement lorsqu’un inconnu est seul à l’intérieur.

L’intelligence artificielle embarquée permet une analyse sans connexion Internet, et est plus facile à accepter pour ceux qui sont soucieux du respect de leur vie privée, puisque leurs informations personnelles, comme leur visage dans l’exemple ci-dessus, ne sont jamais transmises par Internet.

Meltdown et Spectre

Si, en 2017, la sécurité informatique a été marquée par les attaques de rançongiciels comme WannaCry, on risque de se souvenir de 2018 comme de l’année des failles Meltdown et Spectre, dévoilées dès la première semaine de janvier.

Meltdown et Spectre sont deux failles d’une ampleur jamais vue. Meltdown touche tous les processeurs de la marque Intel en circulation (la plupart des ordinateurs dans le monde), et Spectre affecte tous les processeurs, que l’on retrouve dans les ordinateurs, les téléphones et même les objets connectés.

De nombreuses mises à jour de sécurité pour Meltdown et Spectre devront donc être appliquées par tout le monde au cours des prochains mois. À cause de la nature des failles, ces mises à jour pourraient avoir un effet important sur la performance des appareils, surtout dans le cas des ordinateurs, qui pourraient ralentir de 5 % à 30 %, selon les premières estimations.

Dans le pire des cas, des pirates pourraient aussi profiter de ces failles pour effectuer une attaque massive et dérober des informations confidentielles. Au moment d’écrire ces lignes, si vous lisez ceci, vous êtes une cible potentielle. 

Niveaux de voitures autonomes

Un concept de voiture autonome du fabricant Volvo. Photo : Volvo.

Les voitures autonomes ne pourront pas nous transporter du jour au lendemain d’un point A à un point B pendant que l’on roupille sur le siège arrière. L’arrivée des voitures autonomes se fera d’une façon graduelle. L’industrie automobile sépare d’ailleurs les véhicules en six niveaux (0 à 5), selon l’importance de leur autonomie.

En 2018, il sera important de distinguer ces niveaux, puisque plusieurs voitures de niveau 2 seront lancées et que les premières voitures de niveau 3 commenceront à faire leur apparition dans certains endroits du monde.

Niveau 0 : aucune fonction autonome.

Niveau 1 : assistance routière simple (toute voiture avec un régulateur de vitesse).

Niveau 2 : autonomie partielle (conduire automatiquement dans une voie sur l’autoroute, à condition de bien voir les lignes, comme avec la Nissan Leaf 2018 ou la Cadillac CT6 2018).

Niveau 3 : autonomie conditionnelle (conduite autonome complète dans certaines conditions, dans un bouchon de circulation, par exemple. Le pilote d’une voiture de niveau 3 n’est pas tenu d’être constamment attentif à la route, contrairement aux voitures de niveau 2. Exemple : Audi A8 2018.).

Niveau 4 : haute autonomie (la voiture peut se conduire d’elle-même dans la plupart des conditions).

Niveau 5 : autonomie complète (la voiture se conduit d’elle-même dans toutes les conditions, et n’est pas tenue d’être livrée avec un volant).

Réalité augmentée

La réalité augmentée devrait poursuivre son ascension en 2018, avec l’arrivée des lunettes de la jeune entreprise techno Magic Leap (voir l’image au haut de l’article).

Tel qu’expliqué en octobre dernier, la réalité augmentée permet pour l’instant d’afficher des éléments virtuels sur des images réelles, pour voir de faux meubles dans son salon par la caméra de sa tablette ou pour obtenir les heures d’ouverture d’un commerce en le filmant avec son téléphone, par exemple. Avec Magic Leap, ces mêmes informations pourront être vues directement au travers de ses lunettes.

La réalité augmentée devrait demeurer marginale en 2018, mais de plus en plus d’usages feront leur apparition au cours des prochains mois et pourraient dicter l’évolution de la technologie pendant les prochaines années.