CES 2018 : cinq tendances technos à surveiller
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CES 2018 : cinq tendances technos à surveiller

Intelligence artificielle, voitures autonomes, écrans : Maxime Johnson présente les tendances du salon de l’électronique Consumer Electronic Show, de Las Vegas. 

Plus de 170 000 participants, 20 000 nouveaux produits et 2,75 millions de pieds carrés consacrés aux nouvelles technologies : au-delà de la démesure, le Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas est l’occasion de découvrir les tendances qui guideront l’industrie techno au cours des prochaines années. En voici cinq.

L’intelligence artificielle à toutes les sauces

Un jouet intelligent pour chats au CES. Photo : Maxime Johnson.

L’intelligence artificielle arrive dans des produits technos très variés cette année, des téléviseurs aux caméras de surveillance en passant par les électroménagers.

Non seulement une forme d’intelligence artificielle a généralement été utilisée dans leur conception, mais ces appareils pourront aussi apprendre d’eux-mêmes avec le temps.

C’est le cas de la gamme ThinQ, de LG, dont les électroménagers utiliseront de l’apprentissage profond pour s’adapter aux besoins des propriétaires. Le nouveau réfrigérateur Instaview pourra ainsi cesser de faire de la glace la nuit et pendant le jour, mais en produire à temps pour le retour à la maison de la famille, à 17 h.

Plusieurs appareils utilisent aussi des techniques d’apprentissage automatique d’une façon locale. La caméra de surveillance ButterflEYE, par exemple, pourra reconnaître un visage et ne pas déclencher d’alarme, même sans accès à Internet.

Les gadgets avec intelligence artificielle intégrée devraient rapidement gagner en popularité au cours des prochaines années. « Les puces qui permettent de faire de l’apprentissage sur les gadgets directement commencent à peine à être plus abordables », explique David Jun, cofondateur de Petronics, une entreprise qui présente au CES un jouet pour chats, une sorte de petit robot qui évite automatiquement la bête qui le pourchasse.

L’appareil est déjà doté d’une forme d’intelligence artificielle, mais les prochaines générations seront encore plus puissantes, afin que le robot apprenne à connaître le chat directement et parviennent à l’éviter encore mieux avec le temps.

Opération séduction pour les voitures autonomes

Un concept d’automobile autonome de Toyota au CES. (Photo : Maxime Johnson)

Voilà plusieurs années que les constructeurs de véhicules profitent du CES pour dévoiler leurs futurs modèles de voitures autonomes et les technologies qui les équiperont. Une autre tendance a cependant retenu l’attention dans le domaine de l’automobile en 2018 : l’acceptabilité sociale des voitures autonomes et leurs interactions avec le public.

« Nous étudions présentement l’élément humain des voitures autonomes », confirme Erica Klampfl, directrice du laboratoire Greenfield Labs, de Ford. L’entreprise teste par exemple à quoi pourrait ressembler la livraison de pizzas avec une voiture sans conducteur. « Jusqu’à quel point est-ce que les gens sont prêts à aller jusqu’au trottoir pour prendre leur pizza ?, demande-t-elle. Et quel est le meilleur moyen pour communiquer avec eux ? C’est le genre de questions auxquelles nous tentons de répondre dès maintenant. »

Plusieurs moyens d’interagir entre les humains (conducteurs comme passants) et les voitures autonomes ont d’ailleurs été présentés au CES. La voiture Concept-I, de Toyota, affiche par exemple des messages sur son parechoc pour dire qu’elle s’apprête à tourner, ou pour indiquer qu’elle a un problème (un message qui est loin d’être rassurant).

L’équipementier Nvidia a pour sa part dévoilé une interface de réalité augmentée, qui permettra éventuellement aux passagers des véhicules autonomes de voir la rue de la façon dont la voiture la perçoit, ce qui permet par exemple de confirmer que la voiture a bel et bien aperçu un cycliste.

De son côté, Mercedes-Benz a profité du salon pour offrir des balades dans Las Vegas à bord des voitures semi-autonomes utilisées par ses équipes de développement, une façon de montrer le sérieux des tests effectués par l’entreprise.

Et les recherches sont intéressantes : lorsqu’une voiture effectue par exemple un ralentissement inhabituel, ou qu’elle se trouve dans une situation inusitée, un ingénieur peut enregistrer les données pendant 30 secondes par les différents capteurs du véhicule. « Ces données représentent 70 000 informations distinctes et occupent 6 Go d’espace en tout », explique l’ingénieur de Mercedes-Benz Jochen Haab. Elles peuvent ensuite être utilisées pour reproduire un incident et effectuer différentes simulations pour améliorer le comportement du logiciel.

Ce genre d’effort de transparence devrait occuper une place grandissante dans les communications des constructeurs automobiles au cours des prochaines années.

Les assistants vocaux partout

Le pavillon de Google au CES de Las Vegas met en vedette l’Assistant Google. Photo : Maxime Johnson.

La guerre des assistants vocaux est lancée, avec l’arrivée des enceintes connectées (Echo, d’Amazon ; Home, de Google ; HomePod, d’Apple) qui permettent d’interagir avec les Alexa, Assistant Google et autres Siri.

Si on se fie au CES 2018, ces assistants ne seront toutefois pas confinés à des haut-parleurs bien longtemps. De plus en plus d’appareils variés sont en effet dotés d’Alexa et de l’Assistant Google (Apple ne permet pas aux constructeurs d’intégrer Siri à leurs appareils).

Du lot, on retient par exemple le détecteur de fumée OneLink, les accessoires pour la cuisson Gourmia, les nouveaux téléviseurs LG et les routeurs Lyra, d’ASUS. 

La stratégie tient la route : les gadgets multifonctions permettent de parler à un assistant n’importe où dans la maison, tout en achetant des appareils dont on aurait besoin de toute façon, et non une enceinte de plus uniquement conçue pour l’assistant.

Certains utilisateurs pourraient toutefois voir d’un mauvais œil la multiplication des microphones dans leur maison, qui écoutent tout ce qui se dit à toute heure du jour et de la nuit.

Les écrans disparaissent des jouets électroniques

Le haut-parleur pour enfants Jooki. Photo : Maxime Johnson.

Voilà plusieurs années que les enfants sont ciblés par les fabricants d’appareils électroniques au CES. De nombreux gadgets présentés cette année se distinguent toutefois en n’intégrant aucun écran.

L’idée séduit. Les jouets électroniques peuvent offrir plusieurs avantages pour les jeunes (ne serait-ce que de capter leur attention), mais les parents doivent en même temps constamment lutter contre le temps que passent leurs enfants devant des écrans, comme les téléviseurs et les tablettes électroniques.

Parmi les jouets à surveiller, notons Primo, un système qui programme un véhicule à l’aide de petits blocs que l’on installe sur une planche de bois. L’appareil permet aux enfants d’apprivoiser des concepts de programmation sans devoir toucher à un ordinateur, mais aussi de se créer des histoires.

Le haut-parleur Wi-Fi Jooki, de MuuseLabs, se démarque aussi. Celui-ci est fourni avec cinq figurines que les jeunes peuvent placer sur l’appareil pour faire jouer une liste de musique ou une chanson.

À l’heure de la musique dématérialisée, un enfant qui n’a pas de téléphone intelligent doit normalement passer par ses parents pour écouter sa musique. Jooki le remet dans le siège du conducteur, et lui permet d’écouter ses chansons préférées aussi souvent qu’il le souhaite, sans passer par un appareil mobile (et ses nombreuses tentations).

Les jeunes enfants qui utilisent l’appareil se mettent souvent à danser, observe Théodore Marescaux, PDG de MuuseLabs. « Il y a un aspect physique et tonique à la musique qu’on perd avec un téléphone intelligent », ajoute-t-il.

Les téléviseurs s’agrandissent

Le téléviseur de 146 po The Wall, de Samsung, au CES. Photo : Maxime Johnson.

Les téléviseurs de 55 po et de 65 po dominent le marché depuis quelques années, mais l’industrie a l’œil sur des formats bien plus grands. C’est notamment le cas de Samsung, qui a dévoilé son téléviseur The Wall au CES 2018. Cet appareil modulaire utilise une technologie MicroLED, qui permet au fabricant de créer des écrans sur mesure, de la taille choisie par l’acheteur.

Samsung avait un impressionnant modèle de 146 po sur place au salon, mais la technologie pourrait être utilisée pour en créer d’autres encore plus grands, qui pourraient couvrir toute la surface d’un mur.

Hisense, le troisième fabricant mondial de téléviseurs, a quant à lui présenté sa nouvelle génération de téléviseurs au laser. Cette technologie intègre un projecteur au laser placé juste devant un écran spécial, qui reflète la lumière projetée par l’appareil, et non la lumière ambiante.

La gamme Laser TV d’Hisense est déjà offerte au Canada avec un modèle de 100 po, mais un prototype présenté au CES permettra aussi d’atteindre une taille de 150 po, suffisante pour se créer un véritable cinéma à la maison.

Pour profiter de ces nouveaux écrans géants, les fabricants devront toutefois augmenter la résolution de leurs appareils, notamment en adoptant la résolution 8K, quatre fois plus grande que la résolution 4K actuelle. Samsung devrait d’ailleurs lancer une télé 8K cette année.

Presque aucun contenu en 8K n’existe toutefois pour le moment, et il faudra probablement attendre encore avant que l’industrie s’y adapte, comme il avait fallu attendre avant l’arrivée du contenu 4K.

Voilà déjà une tendance à prévoir pour le CES 2019.