Apple et Google à la conquête des classes
Techno

Apple et Google à la conquête des classes

De nouvelles tablettes dévoilées cette semaine permettent aux géants technos d’atteindre deux objectifs : apprendre aux jeunes à travailler avec des outils modernes… et fidéliser les consommateurs de demain, explique Maxime Johnson.

Alors que les ventes d’ordinateurs et de téléphones intelligents stagnent depuis plusieurs trimestres, les grands noms de la techno dirigent ces jours-ci leurs efforts vers l’important secteur de l’éducation, avec l’arrivée lundi d’une première tablette Chrome OS, puis mardi d’un nouvel iPad plus abordable.

Chrome OS est un système d’exploitation léger créé par Google et conçu pour faire fonctionner des applications Web. Jusqu’ici réservé aux ordinateurs, le système est maintenant aussi compatible avec les tablettes, avec l’annonce de la Chromebook Tab 10 d’Acer (449 dollars).

Google connaît beaucoup de succès avec Chrome OS dans les écoles, tout particulièrement aux États-Unis, où le système représente près de 60 % des ventes de nouveaux ordinateurs dans les établissements primaires et secondaires. Chrome OS est également le système le plus vendu dans les écoles canadiennes.

Pour reprendre sa part du gâteau, Apple a dévoilé mardi un nouvel iPad, qui fonctionne désormais avec son stylet Apple Pencil pour la prise de notes manuscrites (l’accessoire nécessitait jusqu’ici l’achat d’un iPad Pro, beaucoup plus cher). Le nouvel iPad est vendu aux écoles 399 dollars, soit 30 dollars de moins qu’au grand public.

Le logiciel avant tout

Tant du côté d’Apple que de Google, ce ne sont pas les caractéristiques matérielles de ces appareils qui sont mises en avant, mais plutôt les solutions logicielles qui les accompagnent.

Apple a ainsi lancé « À l’école », une application qui permet aux enseignants de partager du contenu avec les élèves, de leur donner des devoirs et de suivre l’avancement des travaux en direct. L’outil intègre aussi des applications éducatives, qui peuvent ainsi remplacer les traditionnels manuels scolaires.

En plus de dévoiler « À l’école », Apple a annoncé l’arrivée de l’application « En classe » sur Mac (pour savoir notamment ce que chacun de ses élèves fait sur son appareil) et une mise à jour de la suite bureautique iWork.

Ce sont en partie des solutions du genre — avec aussi la possibilité d’acheter des Chromebook abordables — qui ont permis à Google de remporter le marché de l’éducation au cours des dernières années. Ces outils peuvent s’avérer des atouts puissants pour les écoles et les élèves, à condition bien sûr que le personnel enseignant soit formé et désireux de s’en servir correctement.

Un marché à long terme

Le marché de l’éducation est plutôt limité, avec seulement 29 millions d’appareils mobiles vendus dans le monde en 2017. Apple et Google voient toutefois dans la vente de tablettes aux écoles un potentiel beaucoup plus important que l’augmentation du chiffre d’affaires à court terme : ils travaillent à fidéliser leur future clientèle.

La technique ne date pas d’hier. Rappelez-vous les Caisses Desjardins qui ouvraient des comptes bancaires aux élèves du Québec en espérant qu’ils les conserveraient à l’âge adulte.

Les entreprises technos ont cependant un avantage supplémentaire : celui de former les jeunes à leurs outils. Un élève qui passe son enfance à travailler avec les logiciels Web G Suite ne sortira pas seulement de l’école avec un compte Google dans sa poche ; il aura aussi appris des raccourcis, acquis des techniques de travail et maîtrisé la collaboration en ligne avec les outils de Google.

Changer d’écosystème par la suite demandera un effort de taille. Voilà une leçon que l’industrie a bien apprise.