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Tragédie des Broncos: le camionneur est condamné à huit ans de prison

MELFORT, Sask. — Le camionneur qui avait causé l’accident mortel impliquant l’équipe de hockey junior des Broncos de Humboldt, il y a un an, a été condamné vendredi à huit ans de prison. Jaskirat Singh Sidhu, âgé de 30 ans, de Calgary, avait plaidé coupable plus tôt cette année à 29 chefs de conduite dangereuse ayant causé la mort ou des lésions corporelles. Sidhu, debout pour entendre la peine, regardait droit devant lui, vendredi matin, au palais de justice de Melfort, en Saskatchewan. La juge Inez Cardinal a déclaré qu’elle avait déterminé cette peine en sachant très bien qu’on «ne pourra jamais revenir en arrière». Elle a précisé que les remords et le plaidoyer de culpabilité de Sidhu avaient été des facteurs atténuants dans la peine infligée. Mais la juge a aussi expliqué qu’elle devait prendre en compte le nombre de personnes décédées ou gravement blessées, qui étaient confrontées à des défis pour le reste de leurs jours. Sidhu avait omis de respecter un panneau d’arrêt obligatoire et son semi-remorque s’était trouvé devant l’autocar de l’équipe de hockey junior qui arrivait au carrefour d’une route rurale du nord de la Saskatchewan, en avril dernier. Seize personnes ont été tuées et 13 autres ont été blessées — toutes des occupants de l’autocar des Broncos. La juge Cardinal a rappelé que cette collision était évitable. «M. Sidhu aurait eu amplement le temps de réagir (…) s’il avait été attentif [aux panneaux d’arrêt obligatoire], a-t-elle estimé. Il faudra bien un jour mettre un terme à ce carnage sur nos routes.» La Couronne souhaitait que Sidhu purge une peine de 10 ans de prison; la défense soutenait que d’autres causes suggéraient une fourchette allant de un an à quatre ans et demi. Des remords sincères La juge Cardinal a commencé sa lecture, vendredi, en nommant chacune des victimes de la tragédie. Elle a ajouté que la centaine de déclarations d’impact des victimes et de leurs proches avaient été accablantes. La juge a aussi rappelé que les joueurs de hockey morts dans l’accident étaient des athlètes talentueux, alors que d’autres occupants de l’autocar rêvaient de fonder une famille — ou l’avaient déjà fait. «Des familles ont été déchirées; certains sont sujets à la dépression, à l’anxiété ou à des crises», a-t-elle dit. La juge a également parlé des survivants, qui, a-t-elle suggéré, «affichent un visage courageux pour se montrer forts». Les avocats de Sidhu avaient plaidé que le camionneur éprouvait des remords et qu’il risquait d’être expulsé vers son pays d’origine, l’Inde, après avoir purgé sa peine. La juge Cardinal a dit croire que Sidhu était sincère dans ses remords. Une vraie «fusée» Lors de l’audience de détermination de la peine, en janvier, on a appris que Sidhu roulait à une vitesse comprise entre 86 et 96 km/h lorsqu’il est passé devant quatre panneaux l’avertissant d’un croisement imminent — et avant de s’approcher d’un panneau d’arrêt surdimensionné, avec feux clignotants. Le procureur de la Couronne Thomas Healey a plaidé que Sidhu aurait dû voir la route très passante devant lui, mais aussi la voiture arrêtée de l’autre côté de la route, qui attendait comme il se devait le passage de l’autocar des Broncos. Me Healey a décrit le camion comme une «fusée» surgissant à l’intersection, ce qui n’a pas laissé le temps au chauffeur de l’autocar d’éviter la collision. L’avocat de la défense, Mark Brayford, a déclaré que Sidhu avait été embauché par une petite entreprise de camionnage de Calgary trois semaines plus tôt. Il a passé deux semaines avec un autre camionneur avant d’être lancé seul sur les routes. Me Brayford a suggéré que Sidhu avait été distrait par une bâche qui claquait au vent sur son chargement de mousse de tourbe. Un oncle de Sidhu a lu un bref communiqué au nom de la famille à l’extérieur de la salle du tribunal. «J’aimerais exprimer mes sincères condoléances aux 29 victimes, a déclaré Chanan Singh Sidhu. Nous avons une dette envers les familles et la population canadienne pour leur appui, la sympathie et la compréhension qu’elles ont fait preuve envers mon neveu et notre famille.» Les Broncos tournent la page L’équipe de hockey a publié une déclaration juste après le prononcé de la peine. «Le fait que cette cause soit réglée et que la peine soit prononcée constitue un grand pas en avant dans le processus de guérison des survivants, des familles en deuil, de notre organisation et de la communauté de Humboldt et des environs», a déclaré le président des Broncos, Jamie Brockman. «La peine sera sujette à des opinions divergentes, mais ce qui est important, c’est que M. Sidhu ait plaidé coupable, qu’il ait manifesté des remords et qu’il soit tenu responsable de ses actes insouciants.» Chris Joseph, qui a perdu son fils Jaxon dans l’accident, s’est dit deçu de la décision. «Aucune peine ne m’aurait satisfait», a-t-il toutefois reconnu.

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SNC-Lavalin: Jody Wilson-Raybould fournira des textos et courriels

OTTAWA — L’affaire SNC-Lavalin continue à défrayer les manchettes. Cette fois, c’est à la faveur d’une lettre envoyée par Jody Wilson-Raybould, dans laquelle l’ex-ministre de la Justice dit vouloir partager courriels, textos et «des éléments pertinents de faits et de preuves» sur l’histoire. Elle a manifesté son intention de produire ce matériel dans une lettre datée du 21 mars qu’elle a fait parvenir au président du comité permanent de la justice et des droits de la personne, Anthony Housefather, et qui a fait surface vendredi. «Lors de mon témoignage, on m’a demandé de fournir des renseignements supplémentaires. En particulier, on m’a demandé de produire les messages textes et courriels auxquels j’ai fait allusion dans mon témoignage du 27 février 2019», peut-on y lire. «Après délibération, j’ai décidé de produire les messages textes et courriels en question», ajoute l’ex-procureure générale, disant déduire de la décision prise mardi dernier par le comité de boucler l’enquête qu’elle ne serait pas convoquée de nouveau. Et ce n’est pas tout. «À ce même sujet, j’ai aussi en ma possession des éléments pertinents de faits et de preuves qui clarifient certaines de mes déclarations et permettent d’élucider l’exactitude et la nature de déclarations faites par des témoins qui ont comparu après moi», signale-t-elle. Les personnes qui ont témoigné après elle sont Gerald Butts, ex-secrétaire principal du premier ministre, Michael Wernick, ex-greffier du Conseil privé, et Nathalie Drouin, sous-ministre à la Justice. Tous ont offert des versions des faits qui ont remis en doute un certain nombre des éléments du témoignage de Jody Wilson-Raybould. Rappelons que l’affaire SNC-Lavalin a fait rouler les têtes des deux premiers. L’ex-ministre Wilson-Raybould ne précise pas, dans sa missive, quand les textos, courriels et autres documents seront fournis au comité. Dans un échange de courriels avec La Presse canadienne, vendredi, Anthony Housefather a aussi dit l’ignorer. Le tout sera vraisemblablement rendu public, la pratique du comité étant «que les soumissions sont publiques», a spécifié le député libéral. La lettre de Jody Wilson-Raybould a fait surface au lendemain de la publication d’une entrevue explosive de l’ex-présidente du Conseil du trésor, Jane Philpott, qui a elle aussi démissionné du cabinet dans la foulée de cette histoire. Dans un entretien accordé au magazine Maclean’s, elle a prévenu qu’il restait bien des choses à dire sur cette affaire dans laquelle est empêtré le gouvernement de Justin Trudeau depuis maintenant un mois et demi. L’histoire a éclaté le 7 février dernier, quand le Globe and Mail a rapporté que des pressions indues auraient été exercées sur l’ancienne procureure générale afin qu’elle intervienne pour éviter un procès à la firme d’ingénierie en lien avec ses activités frauduleuses en Libye. La Chambre comme tribune? Chez les libéraux, on semble de plus en plus nombreux à se dire en accord avec l’idée que les deux ministres démissionnaires s’expriment aux Communes, où elles jouiraient de l’immunité parlementaire. «Je suis avocate et je comprends qu’il n’y (aurait) pas de problème à le faire dans la Chambre», a argué en point de presse la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, en manifestant une certaine impatience. «S’il y a quelque chose d’autre à dire, c’est bon, (…) mais ça devrait être fait vite parce qu’on a besoin de continuer le travail que nous faisons», a-t-elle soutenu alors qu’elle s’était présentée au micro pour parler du budget déposé plus tôt cette semaine. Il faut dire que cela fait des semaines que l’histoire monopolise presque toute l’attention sur la colline à Ottawa. Le dépôt du budget, mardi, a été complètement occulté par l’affaire SNC-Lavalin — beaucoup en raison des efforts déployés par les conservateurs pour la garder en vie. Chez ces mêmes conservateurs, on ne serait toujours pas satisfait si Jody Wilson-Raybould et Jane Philpott prenaient la parole en Chambre. Ce serait «un écran de fumée» et on n’irait pas «au fond des choses» comme on pourrait le faire en comité, a dit le député Pierre Paul-Hus. Trudeau garde le cap Le premier ministre Justin Trudeau s’est fait poser la question alors qu’il se trouvait à Thunder Bay, en Ontario, mais il n’y a pas répondu. Il a cependant de nouveau signalé qu’il n’avait pas l’intention d’élargir le décret qui a libéré l’ex-ministre Wilson-Raybould de son secret professionnel. «Il y a eu une étude approfondie des enjeux impliquant l’ancienne ministre de la Justice et procureure générale et le dossier SNC-Lavalin au comité de la justice», a-t-il insisté en marge d’une annonce. Les conservateurs réclament que le gouvernement renonce à l’entièreté de son secret professionnel pour faire toute la lumière sur l’histoire. L’opposition reviendra à la charge mardi prochain au comité permanent de l’éthique. Les conservateurs ont annoncé jeudi que le comité, l’un des rares à être présidé par un élu de l’opposition, discuterait de la proposition d’inviter Mme Wilson-Raybould et Mme Philpott à comparaître. Les libéraux disposent néanmoins d’une majorité au comité.

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Un prêtre est poignardé en pleine messe à l’oratoire Saint-Joseph

MONTRÉAL — Il était un peu passé 8h30 et la messe de l’oratoire Saint-Joseph suivait son cours paisible et prévisible pendant qu’à l’extérieur, le ciel n’arrivait pas à décider s’il neigerait ou s’il pleuvrait en ce vendredi matin d’entre-deux saisons. Le père Claude Grou, recteur de l’oratoire, s’apprêtait à lire l’Évangile lorsqu’un homme s’est dirigé d’un pas rapide et déterminé derrière l’autel, a sorti un couteau et l’a porté contre le prêtre de 77 ans à au moins deux reprises, semant une onde de choc et de stupeur non seulement au sein de la cinquantaine de fidèles sur place, mais aussi chez un nombre indéterminé de spectateurs branchés sur le réseau de diffusion Sel et Lumière, qui présentait cette messe en direct sur ses plateformes. «Il est passé devant la balustrade d’un pas rapide. (…) Tout de suite en arrivant dans le choeur, il a levé son coupe-vent pour dégainer un gros couteau. Quand j’ai vu ça, je suis sortie en hurlant pour aller à la sacristie pour alerter la sécurité», a raconté Adèle Plamondon, une bénévole qui venait de terminer une lecture précédant celle de l’Évangile. Un autre témoin, Philip Barrett, a raconté avoir vu l’homme, assis durant la messe, «qui s’est levé et qui, vite, est allé devant, dans le sanctuaire, derrière l’autel où l’abbé Claude Grou était. Personne ne savait ce qui se passait exactement et j’ai vu que le prêtre bougeait un peu, loin de cette personne». À son retour dans le choeur, Mme Plamondon a rapporté que l’agresseur «était à terre et il y avait deux hommes qui étaient par-dessus lui. Il était calme. Je ne l’ai pas entendu crier, je ne l’ai pas entendu rien dire. Il avait juste une détermination. Il voulait faire vite pour aller attaquer le père Grou.» Motif inconnu La vidéo du réseau Sel et Lumière confirme ce témoignage et l’énigme demeure d’ailleurs entière quant au motif de cette agression, puisque le suspect n’a effectivement rien dit. Les agents de sécurité qui ont maîtrisé le suspect ont attendu l’arrivée des policiers à qui ils ont remis le forcené. Selon les policiers montréalais, il s’agit d’un homme de 26 ans ayant des antécédents judiciaires dont la nature n’a pas été rendue publique. Le Service de police de la Ville de Montréal a cependant affirmé sur son compte Twitter «qu’il s’agit d’un geste isolé d’une seule personne» et sa porte-parole, Caroline Chevrefils, a précisé à La Presse canadienne que l’agression n’avait pas été revendiquée et que le suspect n’avait aucun lien connu avec des organisations criminelles, extrémistes, religieuses, politiques ou autre. Il est détenu pour interrogatoire et devrait comparaître samedi au palais de justice de Montréal sous des accusations qui restent à être déterminées, mais qui pourraient aller de voies de fait armées à tentative de meurtre. Le père Grou en état de choc Fort heureusement, l’attaque n’a pas été fatale, selon ce qu’a pu constater Adèle Plamondon. «J’ai vu père Grou après; il est en état de choc. Il a deux blessures superficielles. Il est OK. Les ambulanciers sont venus, se sont bien occupés de lui, l’ont emmené à l’hôpital pour voir à ce que tout soit correct avec lui, mais ce que j’ai vu des blessures, elles ne saignaient pas beaucoup», a-t-elle confié. La porte-parole de l’oratoire, Céline Barbeau, abondait dans le même sens dans les minutes suivantes. «Nous sommes rassurés parce que, quand il a quitté l’oratoire, il était conscient et il pouvait parler, ce qui est pour nous un bon signe.» Mme Barbeau n’avait à cet effet que de bons mots pour son personnel de sécurité. «Les agents de sécurité sont intervenus tellement rapidement… Ç’aurait pu dégénérer en fait, mais ça n’a pas eu le temps de dégénérer parce qu’ils sont intervenus immédiatement.» Mme Barbeau a également précisé que le réseau Sel et Lumière a immédiatement cessé sa diffusion en direct, mais la vidéo avait non seulement été diffusée en direct, mais a aussi été captée et publiée sur le web et diffusée par des grandes chaînes de télévision. En fin d’après-midi vendredi, l’oratoire confirmait par voie de communiqué que les blessures du Père Grou étaient «superficielles» et que celui-ci «devrait recevoir son congé de l’hôpital sous peu» et qu’il prendrait quelques jours de repos par la suite. Sanctuaire et sécurité Malgré cette agression, l’oratoire est demeuré ouvert vendredi et les messes s’y poursuivaient, bien qu’avec des mesures de sécurité additionnelles et dans un autre espace que celui de la messe matinale, ce dernier étant fermé pour permettre aux policiers de mener leur enquête. Selon Céline Barbeau, qui dit n’avoir jamais entendu parler de pareille agression dans l’histoire de l’édifice emblématique qui a ouvert ses portes en 1904, il n’est pas question d’augmenter les mesures de sécurité pour autant dans l’avenir. «Il y a de la sécurité à l’oratoire 24 heures par jour, 365 jours par année, mais nous n’avions pas de détecteurs ou de trucs comme ça. Ce n’est pas le lieu pour ça. C’est quand même un sanctuaire d’accueil et de prière», a-t-elle fait valoir. «Ça ne me surprend pas» Bien que l’oratoire n’ait jamais été ciblé, une attaque dans un lieu de culte n’est plus une anomalie à notre époque. «Tout le monde est au courant du contexte par rapport à l’Église. Ça ne me surprend pas», a laissé tomber Adèle Plamondon en faisant référence à la tourmente qui enveloppe l’Église catholique «qu’on porte douloureusement dans notre coeur, y compris pour toutes les victimes de toute la pédophilie et de tout». Dans un message de soutien, l’Archevêque de Montréal, Christian Lépine, a également reconnu «que les lieux de culte de différentes religions sont des cibles d’actes de violence». «Nous sommes tous en état de choc devant un acte de violence qui se déroule chez nous dans un endroit dédié à la paix», a ajouté M. Lépine en offrant son soutien à la famille du père Grou et à la Congrégation Sainte-Croix, dont il est membre, ainsi qu’aux bénévoles et employés de l’oratoire Saint-Joseph et aux personnes présentes à la messe. De son côté, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi à l’agression sur Twitter. «Quel geste horrible et inexcusable qui n’a aucunement sa place à Montréal. Je suis soulagée d’apprendre que la vie du père Claude Grou, recteur de l’@osjmr, est hors de danger et que son état est stable. Au nom de tous les Montréalais, je lui souhaite prompt rétablissement.» Sur la même plateforme, le gazouillis du premier ministre Justin Trudeau a qualifié d’«horrible» l’attaque à l’oratoire, ajoutant «Père Grou, les Canadiens pensent à vous et vous souhaitent un prompt rétablissement».

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Affaire Meng: la défense obtiendra une copie des données saisies par la GRC

VANCOUVER — Une juge a ordonné vendredi à la GRC de fournir à la défense des copies du contenu de sept appareils électroniques saisis lors de l’arrestation de la dirigeante du géant chinois de la technologie Huawei, le 1er décembre dernier. La juge Heather Holmes, de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, a ordonné vendredi à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) de remettre aux avocats de Meng Wanzhou des copies de toutes les données contenues dans un téléphone intelligent, une tablette, un ordinateur portable, un téléphone Huawei, deux cartes SIM et une clé USB. À l’issue d’une brève audience, la juge Holmes a ordonné à la GRC de soumettre les appareils électroniques à son unité des crimes technologiques d’ici trois jours, afin que le contenu puisse en être extrait et copié sur des supports fournis par Mme Meng. Elle a ordonné que les dispositifs soient «ouverts» en présence de l’un des avocats de la défense. Cet «arbitre» supervisera le travail du technicien de la GRC et recevra une copie des informations ainsi qu’une liste des fichiers. Deux copies scellées de ces données — dont une copie de sauvegarde — devront aussi être transférées sur des supports fournis par la GRC, qui devra ensuite les conserver comme pièces à conviction dans un coffre sécurisé jusqu’à ce qu’ils soient déposés au tribunal, avec tout le matériel électronique saisi. «Les appareils saisis ainsi que la copie de la GRC, et sa copie de sauvegarde, ne doivent pas autrement être rouvertes ou accessibles sans une nouvelle ordonnance de ce tribunal», a précisé la juge Holmes dans son ordonnance écrite. Les appareils électroniques de Mme Meng avaient été saisis le 1er décembre dernier lorsqu’elle a été arrêtée à l’aéroport de Vancouver à la demande des États-Unis, qui souhaitent son extradition pour répondre à des accusations de fraude et de complot. Mme Meng et l’entreprise Huawei ont nié tout acte répréhensible. Le Canada a annoncé plus tôt ce mois-ci que la procédure en extradition contre la directrice des finances de Huawei pourrait suivre son cours. Ce serait toutefois au ministre fédéral de la Justice, David Lametti, de décider ultimement si Mme Meng serait extradée aux États-Unis. Des audiences très courues En attendant l’audition au Canada de la demande d’extradition américaine, Mme Meng a été libérée sous caution le 11 décembre et vit dans l’une de ses deux maisons à Vancouver. Elle porte en permanence un dispositif de suivi électronique et elle est sous la surveillance d’une entreprise de sécurité privée. Mme Meng et son mari ont versé 7,5 millions $ en espèces sur une caution de 10 millions $, le reste étant couvert par quatre répondants — trois qui ont mis leur maison en dépôt et un quatrième qui a soumis à la cour un chèque certifié de 50 000 $. Mme Meng n’était pas au tribunal vendredi, mais ses apparitions précédentes avaient attiré un certain nombre de spectateurs et des agents supplémentaires sont maintenant nécessaires au palais de justice. La juge Holmes a d’ailleurs demandé vendredi à la défense et à la Couronne de lui suggérer comment concilier l’intérêt du public dans cette affaire avec les exigences imposées au personnel des tribunaux dans l’exercice de leurs fonctions habituelles. La semaine dernière, à New York, les avocats de Huawei ont plaidé non coupables aux accusations selon lesquelles l’entreprise chinoise aurait violé les sanctions commerciales imposées à l’Iran. Les procureurs américains accusent Huawei d’avoir utilisé une société-écran de Hong Kong pour commercer avec l’Iran, en violation des sanctions américaines contre Téhéran. Ils allèguent que Mme Meng, la fille du fondateur de l’entreprise, a menti aux banques à propos de ces transactions. Dans un acte d’accusation distinct, Huawei est également accusée d’avoir volé des secrets industriels aux États-Unis, ce que réfutent Mme Meng et le géant chinois.

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Maternelles 4 ans: les coûts sont rendus hors de contrôle, selon Pascal Bérubé

QUÉBEC — Le coût associé au futur réseau de maternelles quatre ans est rendu hors de contrôle, estime le chef par intérim du Parti québécois (PQ), Pascal Bérubé. Le chef péquiste réagissait vendredi, en mêlée de presse, au budget 2019-2020, déposé la veille par le ministre des Finances, Eric Girard. On pouvait y lire que Québec met de côté pas moins d’un milliard $ de fonds publics pour réaliser ce projet d’ici la fin du mandat. Le projet consiste à bâtir 5000 classes de maternelles quatre ans sur tout le territoire d’ici 2023. Voilà, selon M. Bérubé, un engagement électoral «clairement idéologique» du premier ministre François Legault, qui ne répond en réalité à aucun besoin exprimé par la population. Ce n’est «ni souhaité, ni souhaitable, ni réalisable», a-t-il fait valoir, d’autant plus que la facture ne cesse d’augmenter. En campagne électorale, M. Legault avait fixé le coût de cette promesse à 249 millions $, puis en février la facture avait grimpé à 400 millions $, voire 700 millions $ par an, uniquement pour les budgets d’opération, donc sans compter les immobilisations requises. Le gouvernement s’est engagé à ouvrir une première série de 250 classes dès septembre. M. Bérubé dit s’inquiéter de voir le futur réseau des maternelles quatre ans «coûter une fortune» aux contribuables et gruger «toute la marge de manoeuvre» financière du gouvernement. La fréquentation des maternelles quatre ans sera facultative. Il est donc hasardeux pour le gouvernement de deviner l’intérêt des parents pour cet ajout controversé au réseau préscolaire. M. Bérubé assure que, sur le terrain, les parents revendiquent plutôt davantage de places dans les Centres de la petite enfants (CPE).

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Un match de la LNH sera décrit en cri des plaines

Un match de la LNH décrit en cri des plaines constitue une étape importante dans la préservation des langues autochtones, selon un analyste du hockey. Un ancien centre de la LNH, John Chabot, se joindra à l’annonceur Clarence Iron, au musicien Earl Wood et à l’enseignant cri Jason Chamakese, dans un studio de Winnipeg, dimanche. Le panel commentera et analysera un match entre les Canadiens de Montréal et les Hurricanes de la Caroline pour le Aboriginal People’s Television Network (APTN). La seule autre émission de la LNH diffusée dans une langue autochtone canadienne a eu lieu le 30 janvier 2010, lorsqu’un match entre Montréal et les Sénateurs d’Ottawa a été présenté en inuktitut. M. Chabot a disputé 500 matchs dans la LNH en huit saisons à Montréal, Pittsburgh et Détroit. Il a été entraîneur dans la Ligue de hockey junior majeure du Québec et a passé deux saisons en tant qu’entraîneur adjoint des Islanders de New York. Cet événement était attendu depuis très longtemps. «Je ne veux pas m’en plaindre. Il faut plutôt célébrer le fait que nous y sommes finalement. Un match sera décrit dans notre langue», a dit M. Chabot. Il a également été entraîneur de la série de hockey «Hit the Ice» d’APTN. La série télé-réalité met en vedette de jeunes joueurs autochtones de partout au Canada lors de camps et de matches d’essais, avec la possibilité d’être repérés par les ligues junior et professionnelle. La CBC a introduit des langues autres que le français et l’anglais dans les matchs de hockey alors qu’elle détenait les droits nationaux, à commencer par le punjabi il y a plus de dix ans. La CBC a également expérimenté le mandarin, le cantonais et l’italien. «La LNH a fait du bon boulot en vendant son produit aux nouveaux Canadiens», a souligné M. Chabot. La Soirée du hockey en punjabi sur OMNI, détenue par le détenteur des droits actuel Rogers, est maintenant présentée tous les samedis soirs et en séries éliminatoires. Los Angeles, Chicago et Las Vegas sont trois marchés de la LNH offrant une couverture en langue espagnole.

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Un homme a été arrêté pour un meurtre commis il y a près de sept mois

SAINT-JEAN-SUR-RICHELIEU, Qc — Un homme de 25 ans a été arrêté jeudi soir dans le cadre d’une enquête pour meurtre amorcée il y a près de sept mois après une dispute survenue dans un bar de Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie. La comparution du suspect, qui devra faire face à une accusation d’homicide involontaire ayant coûté la vie à Philippe Lareau, a été reportée au 1er avril au palais de justice de Saint-Jean-sur-Richelieu. L’individu a été arrêté par les enquêteurs du Service des enquêtes sur les crimes contre la personne de la Sûreté du Québec et ceux du Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu. Il s’agit d’un résidant de Saint-Jean-sur-Richelieu. Le 24 août 2018, les policiers de Saint-Jean-sur-Richelieu avaient reçu un appel, vers 3 h 15, concernant un individu blessé à la tête au bar Le Petit Laurier. À leur arrivée sur les lieux, la victime, Philippe Lareau, s’y trouvait inconsciente. L’homme a été transporté à l’hôpital, mais a succombé à ses blessures le 31 août, malgré plusieurs interventions médicales.