10 millions $ supplémentaires au communautaire: trop peu, juge Centraide

QUÉBEC — Les 10 millions $ supplémentaires annoncés par le gouvernement Legault mercredi pour aider les organismes communautaires en ce temps de crise sont reçus avec tiédeur et inquiétude par le milieu.

Le programme Soutien à l’Action bénévole passe ainsi de 10,4 à 20,4 millions $: l’enveloppe sera répartie entre les 125 députés, en fonction de l’indice de défavorisation de chacune des circonscriptions, et chaque élu décidera comment il distribuera le montant reçu selon les groupes ou actions qu’il veut prioriser.

Un député reçoit en moyenne 83 000 $ et son enveloppe bondira donc à 163 000 $.

Centraide Québec-Chaudières-Appalaches-Bas-Saint-Laurent n’a pas mis de temps à réagir. L’organisation qui finance une foule d’organismes communautaires a laissé entendre que c’était trop peu, considérant les besoins actuels.

«L’annonce de ce matin est peu au diapason des besoins et des réalités qui se vivent dans les communautés», a fait savoir la directrice des communications, Claudie Côté-Chabot. Centraide plaide qu’il y a non seulement une crise sanitaire, mais aussi une crise humaine. Les organismes sont submergés de demandes, des personnes ont perdu leur emploi et n’ont plus de quoi se nourrir, d’autres sont isolées ou sont en détresse psychologique, etc.

Risque d’arbitraire

En outre, une source du milieu communautaire déplore que la décision de financer ou non un organisme soit laissée à «l’appréciation subjective» des députés.

Ce responsable craint l’arbitraire politique. Il aurait préféré que l’attribution des fonds puisse être coordonnée par les Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) ou les municipalités, qui ont une connaissance plus fine des besoins sur le terrain.

Selon lui, cette décision du gouvernement illustre un «manque de considération pour les petits travailleurs et les plus vulnérables», alors qu’en comparaison, on aurait jamais confié une enveloppe d’aide aux PME à la discrétion des élus.

«Très confiance»

Le premier ministre François Legault a plutôt fait valoir que ces 10 millions $ s’ajoutent aux autres sommes consenties dans d’autres programmes particuliers, par exemple en santé mentale, etc.

Lors de sa conférence de presse quotidienne à l’Assemblée nationale, il a dit qu’il fait «très confiance» aux députés qui «connaissent bien leurs citoyens» et qui «sont au courant de ce qui se passe».

M. Legault a fait valoir que ces fonds peuvent aider un citoyen qui se présente au bureau de circonscription parce que les services gouvernementaux ou les organismes l’ont «échappé», en raison de ses besoins particuliers qui ne correspondent à aucun programme d’aide.