106 millions $ à la Santé publique: Québec se prépare à la deuxième vague

Québec a maintenant les «moyens de réussir à passer à travers une deuxième vague» de COVID-19: le gouvernement Legault accorde 106 millions $ supplémentaires pour embaucher 1000 travailleurs de plus à la Direction de la santé publique (DSP).

Sans garantir expressément aux citoyens que le bilan sera meilleur au terme d’une deuxième vague, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a assuré que «le gouvernement a appris et est capable d’agir rapidement» contre le coronavirus.

Mobilité du personnel

Il a présenté un plan comprenant un bouquet de mesures pour juguler une éventuelle deuxième vague, notamment interdire la mobilité du personnel entre les établissements de soins _ la circulation des professionnels qui allaient d’un CHSLD à l’autre en propageant ainsi le virus a été un des facteurs aggravants qui ont contribué, le printemps dernier, au bilan désastreux du Québec dans la lutte au coronavirus par rapport aux autres provinces canadiennes.

Il reste cependant à discuter avec les directions des établissements de la mise en oeuvre pratique de cette interdiction et les échanges se poursuivront jusqu’au 30 septembre, date à laquelle le plan sera pleinement effectif.  

«On va faire tout en notre possible pour être capable de répondre (à la deuxième vague), parce que maintenant, on a les moyens de réussir à passer à travers la deuxième vague», a dit M. Dubé au cours d’une conférence de presse à Québec.

«J’ai comme l’impression que ça va aller beaucoup mieux», a dit la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, au côté de M. Dubé.

Toutefois, plusieurs problèmes persistent, a convenu le ministre, notamment la pénurie d’infirmières et d’infirmières auxiliaires dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), de même que l’approvisionnement en gants et en masques N95.

Retour aux blocus?

Quant à savoir si une deuxième vague pourrait frapper suffisamment fort pour imposer des mesures allant jusqu’aux blocus routiers, le directeur de la santé publique, Horacio Arruda, n’a rien écarté.

«On espère qu’on n’ira pas jusque là, a-t-il répondu. C’est difficile de dire non. On ne sait jamais ce qui peut arriver.»

M. Dubé a assuré que des efforts considérables avaient été déployés en prévention et contrôle de l’infection, «une de nos plus grandes faiblesses».

L’aide d’urgence de 106 millions $ versée à la santé publique servira à l’embauche de 1000 personnes à plein temps dont le travail sera de réagir aux éclosions et de procéder aux enquêtes de contacts de personnes infectées.

En outre, le gouvernement placera à la tête de chacun des quelque 400 CHSLD un patron qui sera responsable de la gestion de l’établissement. Plusieurs cadres ont déjà été confirmés dans le poste, mais M. Dubé n’était pas en mesure de dire combien des postes avaient été pourvus.

Le gouvernement a fait savoir qu’il resserrera par ailleurs l’encadrement des milieux de vie privés pour personnes âgées cet automne.

Réactions

En conférence de presse, le député péquiste Joël Arseneau a fait remarquer que l’opposition avait recommandé dès le printemps d’interdire la circulation de personnel entre les établissements, mais aussi à l’intérieur des établissements entre les zones dites «chaudes» et «froides».

Il regrette également que le gouvernement n’ait toujours pas annoncé de mécanisme d’investigation comme une commission d’enquête pour faire la lumière sur les ratés survenus pendant la première vague.

Un syndicat du réseau de la santé a par ailleurs sonné l’alarme sur la surcharge de travail de ses membres, dans l’éventualité d’une deuxième vague. L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) réclame le versement de la prime de risque de 8 pour cent  au personnel de laboratoire qui effectue le processus de dépistage.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a salué le plan du ministre, mais elle l’a également appelé à en faire davantage.

«Il faut aussi implanter des ratios sécuritaires qui avec les infirmières, les infirmières auxiliaires et les inhalothérapeutes permettront de contrôler la qualité des soins et la propagation des infections», a mentionné la présidente Nancy Bédard.

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