1,1 G$ pour l’éducation des enfants de 22 communautés autochtones du Québec

KAHNAWAKE — Ottawa accorde 1,1 milliard $ sur cinq ans à 22 communautés autochtones du Québec pour la prise en charge de l’éducation de leurs enfants. 

L’entente historique entre le gouvernement fédéral et les chefs des communautés a fait l’objet d’une cérémonie de signature jeudi à Kahnawake, sur la Rive-Sud de Montréal. 

L’octroi est le résultat de dix ans de négociations entre le gouvernement fédéral et les 22 communautés membres du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN).

«L’histoire nous a montré les nombreuses promesses brisées des gouvernements. La prise en charge de l’éducation par et pour les Premières Nations qu’on célèbre aujourd’hui est notre promesse à nous-mêmes, à nos jeunes envers nos jeunes», a déclaré Daniel Gros-Louis, directeur général du CEPN.

Les sommes permettront, selon lui, «d’offrir l’environnement approprié pour développer les connaissances et les compétences langagières de nos aînés».

«Depuis très longtemps, nos communautés ont été sévèrement sous-financées et ç’a été une longue et difficile route», a fait valoir le chef de la communauté de Gesgapegiag, John Martin. Assis à la même table, le chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a reconnu qu’il avait en effet fallu «beaucoup d’acharnement, beaucoup de patience et de détermination».

La ministre fédérale des Services aux Autochtones, Patty Hajdu, n’a d’ailleurs pas manqué de saluer la résilience et la persistance de ses interlocuteurs. «La détermination des Premières Nations, année après année, de revenir à la table même quand ça semble futile et de travailler avec un partenaire comme le Canada qui n’a pas été un bon partenaire de tellement de façons, est incroyable», a-t-elle dit. 

Selon Daniel Gros-Louis, l’entente représente une reconnaissance que les jeunes Autochtones «ont droit à une éducation de qualité dans un environnement similaire à celui de leurs amis des écoles provinciales».

Il a expliqué que le CEPN «a développé une approche qui permet d’intégrer l’enseignement des langues traditionnelles dans chacune des communautés, qui nous permet d’avoir les professionnels qui vont être capables d’adapter le contenu proposé par le provincial et l’adapter selon la culture et les connaissances locales de chacune des communautés».

Patty Hajdu y voit un exemple on ne peut plus clair des efforts de réconciliation. «Cela signifie que les Premières Nations auront le contrôle de ce qu’apprennent leurs enfants. Cela signifie que les Premières Nations pourront s’assurer que la culture, la langue et l’identité sont au coeur de tout», a-t-elle dit.

«Il nous est permis maintenant de sortir du moule qui est déterminé par d’autres, à l’intérieur de paramètres qui sont déterminés par d’autres. (…) Ultimement, on est en train de décoloniser nos façons de faire», s’est réjoui Ghislain Picard.

Pas question, toutefois, d’adopter une approche mur-à-mur, a fait valoir John Martin. «Les priorités vont varier d’une communauté à l’autre. Toutes les communautés ne sont pas nécessairement au même niveau», a-t-il dit.

Une chose est sûre, toutefois, cet argent permettra aux écoles autochtones, en plus d’instaurer des programmes culturellement adaptés, de financer le transport scolaire adéquatement, d’engager des spécialistes, des pédagogues et d’autres professionnels de l’éducation et surtout, d’offrir à ceux-ci des salaires comparables à ceux offerts ailleurs, un des plus importants obstacles au recrutement dans les communautés autochtones. 

Le CEPN se dit convaincu de pouvoir réaliser des progrès importants en matière de réussite, de persévérance et de diplomation des élèves grâce à ce soutien. 

Le Conseil regroupe 24 écoles primaires et secondaires de 22 communautés représentant huit nations autochtones du Québec. 

Le Québec compte toutefois plus d’une cinquantaine de communautés autochtones. La ministre Hajdu assure que des discussions sont en cours avec plusieurs d’entre elles, que d’autres s’apprêtent à le faire et qu’Ottawa sera prêt à leur venir en aide.

«Nous travaillons avec d’autres communautés et d’autres régions. Chaque communauté et chaque région a un rythme différent», a-t-elle dit.

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