14 opposants arrêtés près du chantier d’un gazoduc comparaissent lundi

VICTORIA — Quatorze personnes arrêtées pour s’être retrouvées présentes dans une zone d’exclusion près d’un controversé chantier de gazoduc dans le nord de la Colombie-Britannique comparaîtront lundi à Smithers devant une cour provinciale, a indiqué une porte-parole de la nation Wet’suwet’en.

Le projet de la compagnie Coastal GasLink qui traverse le territoire autochtone suscite une forte opposition dans plusieurs régions du pays,

Jen Wickham a dit que ces 14 personnes avaient été arrêtées au cours des derniers jours à divers endroits. Elles sont accusées de ne pas avoir respecté une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique.

«Ces 14 personnes ont toutes refusé de signer des engagements parce qu’elles respectent la loi de la nation Wet’suwet’en», a-t-elle relaté lors d’une interview téléphonique à Houston, en Colombie-Britannique.

Samedi, la GRC avait annoncé qu’elle avait arrêté 11 personnes qui s’étaient barricadées à l’intérieur d’un abri situé dans une zone boisée près d’un chantier du gazoduc. Les autres arrestations ont eu lieu la veille dans un autre campement autochtone installé près du tracé de l’infrastructure.

Les chefs héréditaires de la nation Wet’suwet’en s’opposent au gazoduc traversant leur territoire. Les tentatives du gouvernement de la Colombie-Britannique de négocier un accord pour mettre fin aux manifestations ont échoué.

Le premier ministre John Horgan a défendu l’action des autorités en disant que les tribunaux avaient donné leur aval au projet et que l’état de droit devait prévaloir

Les arrestations et la présence continue de la GRC dans la région de Smithers ont déclenché des manifestations de solidarité dans plusieurs endroits au Canada. Des rassemblements se sont déroulés devant l’Hôtel de Ville de Vancouver, l’Assemblée législative de la Colombie-Britannique et des ports. Le trafic ferroviaire a été perturbé à divers endroits, comme à l’est de Toronto.

Par exemple, des opposants au projet ont érigé des piquets de grève devant le port de Vancouver et celui de Delta. L’organisatrice de cette manifestation, Natalie Kngiht, dit que les protestataires voulaient démontrer leur solidarité avec la nation Wet’suwet’en et transmettre un signal aux gouvernements et au milieu des affaires.

«Nous reconnaissons l’importance de perturber le capital, de perturber la circulation de l’argent et des biens qui sortent de la ville de Vancouver en provenance du nord ou qui s’en vont dans le nord ou qui sont envoyés dans le monde entier, a-t-elle lancé. Cela envoie un message très clair aux entreprises et aux gouvernements que nous n’allons pas leur permettre de continuer de mener leurs activités comme avant.»

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