20 % des villes ne sont pas branchées: une formation numérique offerte aux élus

QUÉBEC — La Coalition avenir Québec (CAQ) s’était engagée à brancher l’ensemble du territoire québécois, mais 20 pour cent des villes, surtout en milieu rural, n’ont toujours pas accès à internet haute vitesse.

Lundi, en conférence de presse, le ministre de la Transformation numérique, Éric Caire, a réaffirmé l’engagement de son parti à brancher tout le Québec avant la fin du présent mandat, en octobre 2022.

Il a ainsi contredit son collègue député caquiste d’Orford et adjoint parlementaire du ministre de l’Économie pour la question de l’accès à internet, Gilles Bélanger, qui qualifiait l’an dernier cet objectif d’«utopique».

Dans une entrevue au Devoir, en février 2019, il disait aussi anticiper que le projet «Québec branché» coûterait 50 millions $ de plus que les 400 millions $ prévus au départ.

On estime que quelque 240 000 foyers québécois n’ont toujours pas accès à l’internet haute vitesse.

«Nous allons respecter l’ensemble de nos engagements» y compris celui-là, a affirmé M. Caire lundi, citant le premier ministre François Legault. 

Formation numérique

Même si de nombreuses municipalités ne sont toujours pas branchées, le gouvernement Legault, l’Université Laval et l’Union des municipalités du Québec (UMQ) unissent leurs efforts pour offrir des formations numériques aux élus, gestionnaires et employés municipaux.

Et ce, même si certains n’auront donc pas accès à la formation ou à internet ou aux deux avant quelques années.

Pour les autres, diverses formations en ligne seront mises à la disposition du monde municipal dès cet hiver pour apprivoiser les secrets de la cybersécurité, des technologies numériques et de l’infonuagique, notamment.

«Il ne faut pas attendre que le train soit en gare pour en planifier l’arrivée», a commenté le ministre Éric Caire.

La formation numérique, qui ne sera pas obligatoire, sera offerte tant aux élus qu’aux gestionnaires et employés municipaux.

Le fait qu’elle soit facultative ne trouble pas le responsable du dossier à l’UMQ et maire de Shawinigan, Michel Angers, qui fait valoir le libre choix des municipalités de prendre ou non le virage numérique.

Il voit davantage son rôle comme celui d’un «ambassadeur», estimant qu’il convenait d’abord de combattre «la frayeur» qu’inspire l’univers numérique à bien des gens.

«La frayeur est installée. Il y a des gens qui ont peur de ce virage numérique, parce qu’ils le comprennent moins bien», selon M. Angers.

L’UMQ n’a fixé aucune cible, en termes de pourcentage d’élus à atteindre, ni aucune échéance à respecter pour acquérir cette précieuse formation.

Mais ce sera fait dans un deuxième temps, a promis M. Angers.

Selon le sujet, la durée de ces formations variera beaucoup, certaines ne prendront qu’une heure à acquérir.   

La création du programme a été rendue possible grâce à un partenariat conclu entre l’Académie de la transformation numérique (ATN) de l’Université Laval, le gouvernement du Québec et l’Union des municipalités du Québec (UMQ).

Les différentes formations sont donc conçues par l’université, mais en étroite collaboration avec le monde municipal pour coller à ses besoins et à sa réalité.

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