200 personnes manifestent contre l’accession de Donald Trump à la présidence

MONTRÉAL – La grogne contre l’élection de Donald Trump s’est transportée à Montréal, vendredi, alors qu’un petit groupe d’environ 200 manifestants a marché vers le consulat américain, situé dans un édifice du centre-ville.

Après les allocutions d’usage sur la Place des festivals et une marche pour laquelle les manifestants n’avaient donné aucun itinéraire, ceux-ci ont brûlé le nouveau président américain en effigie devant le consulat, ainsi qu’un drapeau américain.

L’objectif des manifestants était de dénoncer la montée de l’intolérance, du racisme et de la misogynie qu’ils disent voir dans l’accession de Donald Trump à la présidence américaine.

Selon eux, l’élection de M. Trump a ouvert la porte à des discours similaires un peu partout dans le monde, incluant au Canada.

«Il y a des groupes d’extrême-droite avec des politiques très semblables qui opèrent ici au Québec», a déclaré l’une des organisatrices de la manifestation, Nicole Leblanc.

«Il y a des politiciens comme (les candidats à la direction du Parti conservateur) Kellie Leitch, Kevin O’Leary, qui ont été encouragés par la présidence de Trump», a-t-elle fait valoir.

Un étudiant américain, Eamon Toohey, qui participait à la manifestation, n’a pas caché qu’il pourrait rentrer chez lui plus rapidement que prévu.

«Retourner à la maison et travailler contre Trump est la chose éthique à faire», a-t-il dit en entrevue avec La Presse canadienne.

M. Toohey ne cache pas qu’il n’était guère entiché par l’adversaire de Donald Trump, la démocrate Hillary Clinton, mais l’élection de l’homme d’affaires était, selon lui, le pire scénario.

«Je ne suis pas du tout optimiste face à la direction que prendra la présidence, même si je n’aurais pas été très optimiste non plus si ç’avait été Mme Clinton, mais je suis optimiste face aux efforts d’organisation qui vont se mobiliser au cours des quatre prochaines années», a-t-il expliqué.

La manifestation s’est déroulée dans le calme et n’a été marquée que par un incident mineur lorsqu’un individu, qui marchait avec le groupe en tenant un mégaphone dans lequel il transmettait les cris d’un bébé, s’est identifié comme un partisan de Donald Trump.

Certains manifestants s’en sont pris physiquement à lui, mais les policiers sont rapidement intervenus pour le mener à l’écart.

Personne n’a été appréhendé.

Après le passage au consulat, les manifestants ont repris la route pour finalement investir le Complexe Desjardins avant de se disperser, non sans avoir été l’objet d’une grande curiosité des personnes qui s’y trouvaient, dont plusieurs les ont pris en photo.

Donald Trump avait déclaré en novembre, dans une de ses nombreuses sorties sur Twitter après son élection, que les personnes qui brûlent un drapeau américain devraient être emprisonnées ou privées de leur citoyenneté.

La Cour suprême des États-Unis a toutefois déjà statué que de brûler un drapeau est un geste protégé en vertu des articles de la Constitution sur la liberté d’expression.