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Le ministre Martin Coiteux s’excuse d’avoir répondu en français à une question en anglais

QUÉBEC — La communauté anglophone du Québec a eu droit à de rares excuses de la part d’un ministre, mercredi.

Se disant «très très désolé», le ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Martin Coiteux, a expliqué aux journalistes qu’il n’a jamais voulu offenser les anglophones du Québec.

Mardi, le ministre avait répondu en français à une question posée en anglais par Amir Khadir, de Québec solidaire, au sujet du financement politique illégal.

M. Khadir avait justifié sa démarche en disant vouloir aider la communauté anglophone à comprendre toute l’ampleur du phénomène, pour qu’elle puisse porter un «regard plus critique sur son gouvernement».

Le Quebec Community Groups Network (QCGN), qui représente des dizaines d’organismes offrant des services en anglais dans la province, s’était par la suite plaint au bureau de M. Coiteux, et auprès du nouvel employé du bureau du premier ministre, Gregory Kelley, de la situation.  

M. Kelley, qui est le fils du ministre des Affaires autochtones Geoffrey Kelley, a été embauché récemment pour faire le «pont» avec la communauté anglophone et écouter ses doléances.

Le QCGN s’est dit offensé que le ministre ait commencé sa réponse en évoquant la «tradition» à l’Assemblée nationale qui veut que les parlementaires parlent français.

Au contraire, la Constitution de 1867 prévoit que les deux langues peuvent être utilisées en tout temps au Salon bleu. 

Dans un communiqué virulent, le président du QCGN, James Shea, a parlé d’un «affront», puis d’un «faux pas extrêmement décevant» et a rappelé qu’un million de Québécois parlent anglais.

Il s’est dit déçu que M. Coiteux ait «accrédité le mythe périlleux que les anglophones sont des acteurs de second plan dans l’arène démocratique, où nos lois sont débattues et adoptées».

Mercredi, M. Coiteux était repentant. «J’ai fait un préambule et ce préambule a donné lieu à certaines interprétations qui ne correspondent pas à ma manière de voir les choses. Il n’y a pas d’obstacles à l’utilisation de l’anglais à l’Assemblée nationale», a-t-il dit.

«Je n’ai pas choisi les bons mots et ça a permis d’interpréter mes propos comme étant un certain manque de respect, ce qui n’est pas le cas.»

Le ministre, qui représente le comté de Nelligan dans l’Ouest de l’île de Montréal, a répondu à plusieurs questions des journalistes en anglais. 

Il a ajouté qu’il était important pour lui de s’adresser aux gens de sa circonscription dans leur langue. «C’est mon mea culpa», a-t-il dit.

Le vice-président du QCGN, Geoffrey Chambers, s’est dit satisfait des excuses du ministre. «On a eu le résultat qu’on souhaitait.»