Grand-Nord: l'ombudsman des Forces se penche sur la santé des Rangers canadiens
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Grand-Nord: l’ombudsman des Forces se penche sur la santé des Rangers canadiens

OTTAWA — L’ombudsman militaire conclut que la Défense nationale devrait améliorer son offre de soins de santé aux Rangers, qui sont les yeux et les oreilles du Canada dans le Grand-Nord.

Dans son plus récent rapport, le Bureau de l’ombudsman de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes constate que plusieurs Rangers ignorent même les soins de santé auxquels ils ont droit, et ne signalent parfois pas leurs blessures ou leur maladie.

L’ombudsman estime aussi que les services de santé mentale offerts aux Rangers devraient être augmentés.

Les 5000 Rangers sont des réservistes à temps partiel recrutés au sein même des communautés autochtones du Nord pour assurer la souveraineté du Canada dans ces vastes étendues nordiques.

L’ombudsman Gary Walbourne recommande aux Forces armées canadiennes d’informer clairement les Rangers de leurs droits en matière de soins de santé et de prestations de services.

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a indiqué qu’il avait demandé aux Forces de collaborer avec l’ombudsman pour suivre les recommandations du rapport.

«L’armée canadienne est déjà à la recherche de solutions pour éliminer les obstacles et améliorer le soutien et les soins offerts aux Rangers canadiens. Le processus a commencé au printemps de 2015», a soutenu le ministre dans un communiqué.

L’ombudsman estime que les règles entourant la prestation des soins de santé doivent être clarifiées, et que l’armée devrait discuter avec les Rangers afin d’identifier leurs besoins et les obstacles qui les empêchent d’avoir accès aux soins. «La plupart des Rangers canadiens ne sont pas au courant des droits qu’ils ont en matière de soins de santé», lit-on dans le rapport.

Ainsi, près de 90 pour cent des répondants interrogés qui avaient subi une blessure en service n’avaient jamais envisagé de présenter une demande au ministère des Anciens Combattants, note le rapport.

Et les Rangers, «comme les autres réservistes», auraient tendance à ne pas signaler leurs ennuis de santé, ou à négliger d’en assurer un suivi rigoureux. Les Rangers ont cité plusieurs raisons: minimisation de la gravité de la blessure, peur d’être retiré d’une activité ou crainte des conséquences à long terme sur la carrière, obtention de soins auprès d’autres sources.

Le rapport souligne aussi que les Rangers vivent dans plus de 200 communautés éloignées, plusieurs accessibles par la seule voie des airs. Certaines de ces communautés ne reçoivent la visite d’un médecin qu’une fois par mois, et les Rangers qui nécessitent des soins ne sont pas toujours vus par un omnipraticien.