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La C.-B. resserre encore le marché immobilier pour les étrangers

VICTORIA — Afin de lutter contre la crise du logement et la bulle immobilière en Colombie-Britannique, le gouvernement néo-démocrate augmentera la taxe imposée aux acheteurs étrangers de maisons, et créera même à l’automne une nouvelle taxe sur la spéculation foncière.

Dans son budget déposé mardi, la ministre des Finances, Carol James, a reconnu que l’économie va beaucoup mieux, mais elle rappelle que les chances ne sont pas les mêmes pour tous. La ministre a rappelé qu’à cause de cette crise du logement et de cette bulle immobilière, des personnes âgées sont contraintes de vivre dans leur véhicule, et des jeunes professionnels renoncent à s’établir dans cette province.

Le gouvernement de coalition, dirigé par les néo-démocrates mais dans lequel le Parti vert détient la balance du pouvoir, annonce donc, aussi, une enveloppe de plus de 6 milliards $ sur 10 ans pour créer 114 000 unités d’habitation destinées aux familles, aux personnes âgées et aux étudiants.

On promet par ailleurs de consacrer 1 milliard $ sur trois ans pour créer 22 000 places en services de garde autorisés. Les primes mensuelles d’assurance maladie seront abolies le 1er janvier 2020, pour être remplacées par une nouvelle taxe aux employeurs qui ont une masse salariale de plus de 500 000 $. Cette taxe devrait rapporter des recettes fiscales de 1,9 milliard $ en 2019-2020, selon le gouvernement.

En dépit d’une hausse des dépenses, le gouvernement de coalition prévoit un surplus budgétaire de 219 millions $ pour le présent exercice 2018-2019. 

Il s’agit du premier budget de ce gouvernement depuis son arrivée au pouvoir l’été dernier. Lors du scrutin du 9 mai 2017, les libéraux de Christy Clark avaient fait élire 43 députés, les néo-démocrates 41 et les verts trois. Après trois semaines de négociations, le Parti vert accordait finalement son appui au Nouveau Parti démocratique pour former un gouvernement de coalition.

La crise du logement avait été l’un des enjeux de cette campagne électorale, mais les libéraux, au pouvoir depuis 16 ans, ont aussi payé le prix d’une austérité qui a mis à mal les programmes sociaux.

Prestation pour enfants

Le précédent gouvernement libéral avait imposé en 2016 une taxe de 15 pour cent sur l’achat de maisons par les étrangers dans le Grand Vancouver. Les ventes de maisons individuelles ont ensuite ralenti pendant quelques mois, mais les prix n’ont pas vraiment baissé.

À compter de mercredi, la taxe imposée aux acheteurs étrangers de propriétés passera de 15 à 20 pour cent, et elle ne s’appliquera plus seulement au Grand Vancouver, mais aussi à d’autres régions de la province. Une nouvelle taxe sur la spéculation foncière sera de plus mise en place cet automne dans certaines régions pour les propriétaires qui ne paient pas d’impôts en Colombie-Britannique. La taxe sur le transfert de propriétés de plus de 3 millions $ passe de trois à cinq pour cent.

L’abolition des primes mensuelles d’assurance maladie devrait faire économiser 900 $ par année aux particuliers, et jusqu’à 1800 $ aux familles, estime le gouvernement.  À compter du 1er avril, les garderies autorisées recevront aussi des subventions afin d’offrir aux parents une réduction de 350 $ par mois par enfant. De plus, une nouvelle prestation offrira dès septembre à certaines familles jusqu’à 1250 $ par mois par enfant.

Les tarifs sur les traversiers, mode de transport important dans cette province, seront gelés sur les trois principaux trajets, et réduits de 15 pour cent sur les plus petits.

Le gouvernement estime que ses dépenses atteindront 53,6 milliards $ pendant le prochain exercice, une hausse par rapport aux prévisions mises à jour de 51,8 milliards $ pour 2017-2018. On prévoit un taux de croissance de l’économie de 2,3 pour cent en 2018, comparativement à 3,4 pour cent en 2017. Avec un taux de chômage de 5,1 pour cent l’an dernier, la province a été la championne canadienne de l’emploi.