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Guy Leclair du Parti québécois retire sa candidature

MONTRÉAL — Même si son chef l’a ardemment défendu depuis deux jours, le candidat péquiste, Guy Leclair, retire sa candidature en vue de l’élection du 1er octobre — pour ne pas nuire au parti, dit-il. 

Il a fait part de cette décision le jour même où des accusations criminelles ont été portées contre lui, soit conduite avec les facultés affaiblies et refus d’obtempérer à un ordre d’un agent de la paix.

Dans un communiqué transmis tard mercredi soir, le député sortant de Beauharnois écrit qu’il devait agir, car l’élection est plus importante que sa personne. Il ne voulait pas que son cas personnel détourne l’attention de la campagne péquiste et de ses propositions électorales.

Puis, en fin de soirée, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, qui venait à peine de débarquer de son autobus de campagne à Montréal, a exprimé sa déception.

«Je sais que politiquement c’est bon pour la campagne, mais c’est quand même poche. Je trouve ça poche», a-t-il exprimé dans le lobby d’un hôtel.

Il venait tout juste de parler à son candidat. «Je lui ai dit que la politique est bien cruelle».

Le chef qualifie la décision de son candidat «noble», et estime «qu’il a fait un sacrifice pour l’équipe».

«Je ne sais pas comment réagir ce soir, confie M. Lisée. Je sais que politiquement, ça clôt un chapitre, mais c’est pas normal. C’est pas normal qu’un candidat qui a donné depuis 10 ans, qui clame son innocence, à cause de la compression politique qui existe en campagne électorale, doive abandonner son boulot, sa mission, sa vocation.»

Depuis deux jours, M. Lisée répète que la présomption d’innocence tient toujours et que M. Leclair n’a pas été condamné. Il disait refuser de céder à la pression et de larguer son candidat.

Plus tôt en journée, le chef péquiste avait toutefois dû convenir que si M. Leclair était réélu, il ne pourrait faire partie du caucus du parti dans l’immédiat. Il aurait dû siéger comme indépendant jusqu’à la fin des procédures judiciaires.

Mercredi soir, le chef du Parti québécois a assuré ne pas avoir mis de pression sur Guy Leclair, afin de se débarrasser d’une épine douloureuse dans sa campagne.

L’affaire de son candidat monopolisait toutefois ses points de presse.

Jean-François Lisée se retrouve désormais avec un autre candidat à trouver pour Beauharnois, et ce, d’ici 10 jours, date limite des mises en candidature en vue de l’élection.

M. Leclair assure que son chef pourra compter sur son aide. Il ajoute être reconnaissant envers M. Lisée qui a «défendu mon droit de citoyen à la présomption d’innocence».

M. Leclair prétend toujours être innocent.

«Je suis confiant que la justice m’innocentera de l’accusation (sic) portée contre moi aujourd’hui», écrit-il dans son communiqué. Il doit comparaître au palais de justice de justice de Salaberry-de-Valleyfield le 21 septembre prochain.

Guy Leclair était député de Beauharnois depuis 10 ans.

La transparence

Depuis le début de la campagne, M. Lisée affirme haut et fort que le PQ est le parti de la transparence.

Il s’est donc fait demander depuis deux jours s’il n’aurait pas été plus transparent de dévoiler que son candidat avait été arrêté peu de temps avant le déclenchement de l’élection — pour que les électeurs en soient avisés.

Non, a fait valoir M. Lisée, car il n’avait pas encore été accusé: la pratique n’est pas d’aviser les médias lorsque quelqu’un se fait arrêter.

Mais «lorsqu’une accusation est portée, ça devient sérieux. La transparence est de mise.»

Et c’est pour cette raison que dès mardi, «nous avons réagi en toute transparence», soutient le chef.

Pourtant, les gens de son entourage étaient au courant de «l’interpellation de M. Leclair» dans la semaine qui a suivi, soit dès juillet, a admis le chef lors d’une conférence de presse mercredi matin.

Mais lui-même n’aurait pas été avisé. M. Lisée dit ne l’avoir appris que plus tard, le 24 août, donc après le déclenchement de la campagne.