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Revenu de base: Ottawa appelé à la rescousse pour sauver un projet en Ontario

TORONTO — Les maires de quatre villes ontariennes demandent au gouvernement fédéral de récupérer in extremis un projet pilote sur le revenu de base mis sur pied par le précédent gouvernement provincial libéral mais qui sera aboli par les conservateurs en avril, un an avant sa fin prévue.

Dans une lettre commune, les maires de Hamilton, Thunder Bay, Brantford et Kawartha Lakes demandent au ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, de récupérer le projet pilote.

Les progressistes-conservateurs de Doug Ford ont indiqué le 31 août que les 4000 participants au projet recevront leur dernier paiement du gouvernement en mars prochain, à la fin de l’exercice financier. Les maires estiment que le gouvernement a rompu sa promesse, faite lors de la campagne électorale du printemps, de maintenir le projet pilote afin de ne pas perdre des données précieuses qui pourront aider à lutter contre la pauvreté dans la province.

Le projet pilote sur le revenu de base, lancé sous l’ancien gouvernement libéral de Kathleen Wynne en avril 2017, devait durer trois ans, pour un coût de 150 millions $. Les conservateurs nouvellement élus ont soutenu avoir été informés que le projet ne fonctionnait pas, une assertion contestée par les défenseurs de la lutte contre la pauvreté.

Dans le cadre d’un programme de revenu de base garanti, ou revenu minimum garanti, un gouvernement remplace ses diverses allocations sociales, modulées selon la condition de chacun, par une allocation unique. En Ontario, le projet pilote devait durer trois ans et fournir des versements à 4000 personnes à faible revenu dans certaines communautés désignées, y compris Hamilton, Brantford et Thunder Bay.

En août, la ministre des Services à l’enfance et des Services sociaux et communautaires, Lisa MacLeod, a soutenu que le projet pilote s’était traduit par un «coût extraordinaire» pour les contribuables de l’Ontario, et que son application à l’échelle provinciale aurait nécessité, «selon le ministère des Finances, une augmentation de la Taxe de vente harmonisée» qui serait passée de 13 à 20 pour cent.

La ministre a indiqué que son gouvernement s’était engagé à mener un examen de 100 jours des stratégies d’aide sociale et de réduction de la pauvreté dans la province, et qu’un nouveau plan devrait entrer en vigueur le 8 novembre.