Gouvernement Legault: pas de grands changements, ni de grandes réformes en vue
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Gouvernement Legault: pas de grands changements, ni de grandes réformes en vue

QUÉBEC — Avec un gouvernement caquiste, les Québécois auront droit à du «changement» dans la continuité.

Oublions les grands bouleversements politiques, les vastes réformes et le branle-bas de combat sur la colline parlementaire à Québec: si François Legault prend le pouvoir le 1er octobre, il jouera de prudence, se fera rassurant et privilégiera la continuité au changement dans la conduite des affaires de l’État, selon ce qu’a appris La Presse canadienne lundi.

Un éventuel gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), parti autoproclamé du «changement», va donc opter pour le statu quo sur le plan de la gestion de l’État: pas de modification de structure, pas de nouveau ministère, ni d’abolition ou de fusion de ministères, pas de purge non plus au sein de la haute fonction publique.

On évitera en même temps de se lancer dans toutes les directions, renonçant d’emblée à multiplier les réformes controversées ou à déposer de nombreux projets législatifs.

L’objectif poursuivi, surtout si le gouvernement est minoritaire, consistera plutôt à centrer l’action gouvernementale autour de quelques engagements électoraux, pour montrer à la population que M. Legault respecte «la parole donnée».

«Un tremblement de terre»

Le mot d’ordre: assurer une transition en douceur. Pas question «de tout chambarder», indique une source faisant partie de l’entourage du chef.

On se montre bien conscient, autour de M. Legault, que l’élection d’un gouvernement de la CAQ, un parti bien jeune, créé en 2011, et qui n’a jamais gouverné, créerait une onde de choc considérable, «un tremblement de terre politique important».

Pour éviter tout risque de dérapage, on prévoit donc afficher un profil bas, gardant en mémoire que seulement deux des 124 candidats qui gravitent autour de M. Legault peuvent se vanter d’avoir déjà fait partie d’un conseil des ministres: Marguerite Blais, dans le gouvernement Charest, et Jean-François Simard, brièvement ministre junior dans le cabinet de Bernard Landry de 2002 à 2003.

En fait, la grande majorité des candidats caquistes sont en politique depuis à peine quelques mois, voire quelques semaines dans bien des cas.

La plupart d’entre eux n’ont aucune expérience parlementaire.

Appel au rassemblement

Dès son éventuelle victoire le soir du 1er octobre, et dans les semaines suivantes, M. Legault tiendra à se faire rassurant, affirmant sur toutes les tribunes qu’il sera le premier ministre de tous les Québécois. Il lancera un appel au «rassemblement» de tous les citoyens, quelle que soit leur affiliation politique.

La transition d’un gouvernement Couillard à un gouvernement Legault devrait durer environ deux semaines.

Cette délicate opération a été confiée à une ancienne conseillère et attachée de presse de l’ex-premier ministre canadien Stephen Harper, Catherine Loubier.

Elle a reçu en juillet le mandat de préparer le terrain et de proposer au chef quelques scénarios de gouvernance, sans modifier la structure actuelle.

Si tout se passe comme prévu, le conseil des ministres subira cependant une cure d’amaigrissement, comptant entre 20 et 25 membres, au lieu de 30 actuellement, dont 10 à 12 femmes pour assurer la parité.

Francophonie: c’est oui

En cas des victoire, M. Legault, toujours au sommet dans les sondages, n’aura que quelques jours pour procéder aux nominations de ses plus proches conseillers (directeur de cabinet du premier ministre, secrétaire général du gouvernement) et commencer à planifier la composition de son conseil des ministres, avant de s’envoler vers l’Arménie où il subira, sans trop de préparation, son premier test diplomatique dans la peau du premier ministre du Québec en mission à l’étranger.

En août, en entrevue à La Presse canadienne, M. Legault n’avait pas voulu se commettre quand on lui avait demandé s’il avait l’intention de se rendre au Sommet de la Francophonie, les 11 et 12 octobre, à Erevan, s’il devenait premier ministre, malgré l’échéance très serrée.

Tout indique désormais qu’il s’y rendra, a-t-on appris lundi.

Il n’est pas exclu qu’il doive y aller en tant que «premier ministre désigné» si la transition n’est pas complétée et que le nouveau gouvernement n’est pas encore assermenté au moment de son départ.

Pas de chasse aux sorcières

Tous ceux qui assurent actuellement le bon fonctionnement de la «machine» gouvernementale, même s’ils ont fait partie de la famille libérale, peuvent dormir en paix.

Dans le contexte où un gouvernement caquiste présenterait une équipe de néophytes, nullement rompue au fonctionnement de l’État et aux règles du parlementarisme, on s’appuiera sur les hauts fonctionnaires déjà en place, quelle que soit leur couleur politique, pour assurer la suite harmonieuse des choses.

Il n’y aura donc pas de «chasse aux sorcières», ni de sous-ministres associés aux libéraux placés sur une tablette.

Chose certaine, «il n’y a pas de volonté de tout chambarder» en arrivant au pouvoir, assure cette source proche de M. Legault.