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Le chef de l’APNQL Ghislain Picard écrit aux chefs des partis politiques

WENDAKE, Qc — À moins de trois semaines de l’élection provinciale, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) interpelle les chefs des partis politiques pour leur faire part de ses revendications.

Dans une lettre intitulée «Vous ne pouvez plus contourner les Premières Nations», le chef de l’APNQL, Ghislain Picard, écrit que dans les 100 jours suivant sa formation, le prochain gouvernement provincial sera convoqué à une rencontre formelle avec son Assemblée des chefs.

Admettant que les Premières Nations ont jusqu’ici mis de l’avant leurs revendications «peut-être trop discrètement, peut-être trop poliment», M. Picard écrit qu’il a été trop facile pour les gouvernements qui se sont succédé à Québec «de faire la sourde oreille ou de regarder ailleurs».

L’APNQL souhaite donc discuter dès le début du mandat du prochain gouvernement de différents enjeux.

Parmi eux, la droit à la sécurité pour la population autochtone, afin que la sécurité publique «devienne une priorité» et que les services policiers des Premières Nations soient reconnus comme un service essentiel et soutenus à la hauteur de leurs besoins spécifiques. Les Premières Nations s’attendent à un engagement qui permettra aux communautés qui le souhaitent de créer leur propre service de police, plutôt que de devoir recourir aux services de la Sûreté du Québec.

L’APNQL souhaite également l’adoption d’un projet de loi qui inscrive la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones en tant que guide de toutes les mesures gouvernementales provinciales touchant les Premières Nations, et demande au prochain gouvernement de répondre aux appels de la Commission de vérité et réconciliation afin d’assurer les conditions gagnantes pour une coexistence harmonieuse entre les membres des Premières Nations et la société québécoise.

L’Assemblée exigera aussi «un engagement ferme et concret» envers la participation significative des Premières Nations au développement de leur économie, du territoire et des ressources qu’il recèle.

M. Picard écrit également que le gouvernement devra s’engager à donner «toute l’attention nécessaire au rapport que produira la Commission Viens», qui porte sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec.

«Le gouvernement de la province de Québec ne peut plus se cacher derrière le gouvernement fédéral pour échapper à ses obligations envers les Premières Nations», écrit M. Picard.

«Une véritable réconciliation ne pourra se faire sans l’implication concrète des provinces et sans la reconnaissance de nos titres et droits ancestraux et issus de traités, particulièrement en matière d’accès au territoire et aux ressources.»