Parc de Banff: une amende de 2,1 M $ pour avoir abattu des arbres menacés
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Parc de Banff: une amende de 2,1 M $ pour avoir abattu des arbres menacés

CALGARY — Une station de ski albertaine de renommée mondiale a écopé, vendredi, d’une amende d’un peu plus de 2 millions $ pour avoir abattu des arbres en voie de disparition il y a cinq ans.

Le Lake Louise Resort Area, situé dans le parc national de Banff, avait plaidé coupable en décembre dernier, reconnaissant avoir abattu un bouquet d’arbres, dont 38 pins à écorce blanche, en 2013.

«Il y a un effet cumulatif pour les pins à écorce blanche et un risque potentiel de compromettre la survie de l’espèce pour les décennies à venir», a déclaré la juge Heather Lamoureux.

La magistrate a souligné que les arbres avaient été coupés dans un parc national, que la station de ski ne s’était pas assurée que ses employés étaient au courant que le pin à écorce blanche était une espèce en voie de disparition et que les arbres qui avaient été abattus étaient tous sains.

«La Couronne a prouvé hors de tout doute raisonnable que les actions du (Lake Louise Resort Area) et de ses employés étaient irréfléchies compte tenu de leur connaissance des contraintes inhérentes à l’exploitation d’une montagne de ski commerciale dans un parc national», a-t-elle martelé.

«Le risque de dommage était aisément prévisible.»

La juge Lamoureux a accordé un délai d’un an au centre de villégiature pour s’acquitter de l’amende, qui équivaut à environ 55 000 $ par arbre.

Un porte-parole du Lake Louise Resort Area a déclaré que ce dernier porterait probablement l’amende en appel puisqu’elle était deux fois plus élevée que prévu.

Dan Markham a affirmé que, durant l’audience de détermination de la peine, la magistrate semblait ne pas avoir pris en considération les preuves laissant entendre que la coupe des 38 pins à écorce blanche n’aurait aucun impact sur la survie de l’espèce au Canada.

«Il a clairement été démontré en cour, et même la procureure l’a admis, que les pins à écorce blanche abattus auraient zéro impact», a soutenu M. Markham, directeur de la marque et des communications du Lake Louise Resort Area.

«Ne pas inclure ce genre de renseignement et ne pas en tenir compte dans le jugement est quelque chose que devons prendre en considération. Alors, en ce moment, nous avons l’intention d’en appeler de la décision.»

Il a précisé que des mesures avaient été mises en place pour assurer qu’aucun autre pin à écorce blanche ne serait coupé. Cela comprend une meilleure formation du personnel et le marquage des 7000 pins à écorce blanche se trouvant sur le site du centre de villégiature.

Selon un exposé conjoint des faits, une équipe d’entretien des pistes composée de six employés, dont un superviseur, avait commencé à nettoyer, à installer une clôture, à tailler et à carrément couper des arbres sur la crête de Ptarmigan en 2013.

Le personnel de Parcs Canada et du centre de villégiature n’aurait découvert la coupe des pins en voie de disparition que le 12 août 2014, en examinant le site pour y aménager un nouveau sentier.

Une analyse de l’ADN a confirmé que les arbres en question étaient des pins à écorce blanche. L’enquête a été confiée à Parcs Canada et des accusations ont ensuite été déposées.

La procureure Erin Eacott a expliqué, vendredi, que la Couronne avait réclamé une amende de 2,1 millions $ afin d’envoyer un message clair.

«C’est un parc national, ce qui est encore plus grave, alors il faut un moyen de dissuasion fort pour s’assurer que les gens qui travaillent dans les parcs et les gens qui visitent les parcs protègent nos espèces», a fait valoir Mme Eacott.

«Ces arbres mettent 40 ans pour atteindre l’âge à laquelle ils produisent des cônes. Ils mettent ensuite de 60 à 80 ans pour produire un nombre important de cônes, alors la vie est difficile pour cette espèce.»

Le pin à écorce blanche, notamment caractérisé par sa longévité et ses faisceaux de cinq aiguilles, est crucial puisqu’il fournit de la nourriture et un habitat aux animaux, tout en aidant à stabiliser les pentes subalpines abruptes.

Cette espèce croît à haute altitude dans l’ouest du continent, à proximité de la limite des arbres. Elle est présente en Amérique du Nord depuis 100 000 ans et peut vivre de 500 à 1000 ans.