L'ex-sergent d'armes Kevin Vickers songe à se lancer en politique au N.-B.
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L’ex-sergent d’armes Kevin Vickers songe à se lancer en politique au N.-B.

TROUT BROOK, N.-B. — Kevin Vickers, qui était devenu l’ambassadeur du Canada en Irlande après avoir été célébré en héros pour avoir mis fin à l’attentat sur la colline du Parlement en 2014, envisage de faire le saut en politique.

L’ancien sergent d’armes de la Chambre des communes dit songer à l’idée de se présenter dans la course à la direction du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, sa province natale.

M. Vickers dit toutefois être «loin d’avoir pris une décision».

Lisa Harris, députée libérale de Baie-de-Miramichi—Neguac, dit avoir rencontré l’ambassadeur récemment et croit qu’il serait un candidat intéressant pour le parti, en raison de son expérience dans plusieurs domaines.

L’ancien premier ministre Brian Gallant a annoncé vendredi qu’il démissionnait de son poste de chef libéral plus tôt que prévu, expliquant que son parti avait besoin de tourner la page.

En entrevue depuis Trout Brook, au Nouveau-Brunswick, M. Vickers a indiqué qu’il souhaitait perpétuer l’héritage de son père, Bill, qui avait fondé la coopérative laitière Northumberland il y a plusieurs dizaines d’années.

M. Vickers a déclaré que la laiterie Northumberland, avec une autre coopérative gérée par l’ami de son père, avait «créé beaucoup d’emplois et de bons moments» dans la province.

Il a toutefois souligné qu’en mars, il célébrera son 43e anniversaire dans le service public, et qu’il devra bien y penser avant de s’engager pour quatre ans.

«C’est à long terme. Il y a certainement beaucoup de choses à considérer avant de prendre cette décision», a-t-il indiqué lundi.

En janvier 2015, Kevin Vickers avait été nommé ambassadeur en Irlande par l’ancien premier ministre Stephen Harper.

M. Vickers, un Irlando-Canadien du Nouveau-Brunswick, avait une longue carrière au sein de Gendarmerie royale Canada (GRC) derrière lui lorsqu’il s’est joint aux employés de la Chambre des communes en 2005.

L’attentat à Ottawa

Le 22 octobre 2014, le sergent d’armes avait tiré les balles qui avaient tué l’auteur de l’attentat dans la capitale canadienne. Michael Zihaf Bibeau avait fait irruption dans l’édifice du Centre du parlement après avoir tué un soldat au Monument commémoratif de guerre du Canada.

Selon une enquête de la Police provinciale de l’Ontario sur la fusillade, M. Vickers s’était retrouvé derrière le tireur, et une colonne les séparait.

Le sergent d’armes a regardé autour de lui et a vu ce qu’il croyait être un fusil à double canon et a commencé à tirer sur l’assaillant, qui est tombé sur les genoux. M. Vickers avait alors fait une roulade pour atterrir en position assise à un mètre de Michael Zihaf Bibeau et a continué de tirer jusqu’à ce que le chargeur de son arme soit vide. Des policiers de la GRC tiraient en même temps.

«Je me suis retrouvé d’un côté de la colonne et le tireur de l’autre côté», avait relaté M. Vickers en 2015, lors d’une allocution devant des étudiants de l’Université Mount Allison, à Sackville, au Nouveau-Brunswick.

«Il y a eu un moment où je croyais pouvoir l’atteindre et prendre son fusil. Il a tiré. Et au moment où il a tiré, j’ai plongé dans les airs et j’ai fini sur le plancher, juste au-dessus de lui», s’était-il souvenu.

Le jour suivant, avait-il raconté, il s’était retrouvé en larmes dans «l’un des moments de sa vie où il s’est senti le plus seul».

En 2016, l’ambassadeur avait fait les manchettes pour avoir rudoyé un manifestant, Brian Murphy, lors d’une cérémonie pour commémorer les soldats britanniques tués dans l’insurrection de Pâques, en 1916, lors de la Première Guerre mondiale.

Le fils de Kevin Vickers, le constable Andrew Vickers, s’est lui aussi démarqué pour des actes de bravoure dans le cadre de son travail de policier à Miramichi. Il avait secouru une femme qui était tombée dans la rivière Miramichi glacée après un accident de voiture en 2011 et avait empêché une adolescente de se suicider en 2016.